2020 - Coronavirus Outbreak - Covid-19 - SRAS-CoV-2  - Reopening the World -
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Last update : 04/10/2020


Le continent européen devenant l' "épicentre" de la pandémie Covid-19, selon l'l'Organisation mondiale de la santé, ses différentes démocraties se sont une à une emmurées, fermant leurs frontières et  constituant des mises en quarantaine de masse pour des citoyens qui ont tous consentis à restreindre ainsi leurs libertés. La pandémie a complètement bouleversé plus de deux milliards d'existences de part le monde, limitant les déplacements, fermant les écoles, obligeant des millions de personnes à travailler et à se calfeutrer chez eux, les autorités ont mises en place des contrôles pour filtrer les déplacements et les comportements. Mais le confinement, la "Self-Isolation", n'est qu'un chapitre dans cette histoire inédite d'un virus dont la contagiosité brutale et inconnue peut empêcher à lui seul de faire tourner la planète. En fait, il n'est peut-être pas le seul responsable, de multiples causes seront éclaircies avec le temps, mais il semble d'évidence que la mondialisation de nos échanges et de nos économies, que nos systèmes politiques, et les personnalités qui les incarnent, ont leur part dans ce silence soudain, étrange, qui s'impose à notre humanité. Le confinement ne garantit pas moins d'infections, n'arrête pas la pandémie, mais permet à une infrastructure sanitaire sinistrée de résister à la charge d'un nombre potentiellement considérable de patients en extrême souffrance...

Si la signification du terme de "confinement" diffère selon les lieux sur notre planète Terre, c'est dans la mise en application de celui-ci qu'on peut observer les plus grandes variations. Des variations qui ne seront pas sans impact sur la façon dont sera vécue socialement la levée des restrictions. La Chine, fidèle aux intérêts de son parti unique, accentue la pression sociale et met en jeu systématiquement es mécanismes d'obéissance via forces de l’ordre et armée de volontaires. L’Italie, qui a vu plus que tout autre pays, évoluer les règles du confinement et de ses mesures coercitives, déploie des soldats pour s’assurer de son respect. Les forces de l’ordre françaises verbalisent des centaines de milliers de personnes ayant enfreint les restrictions :  en France, on compte au 15 avril plus de 13 millions de contrôles et plus d’un demi-million d’amendes, en Espagne, les propositions d'amendes traitées par l'ensemble des forces de police dépassent les 635 000, mais les avocats espagnols s'interrogent sur le principe de proportionnalité. Aux Etats-Unis, en Allemagne, en Suède, on compte sur la responsabilité et le civisme de la population....

Un dilemme planétaire - Après s'être engagé dans un confinement généralisé surpris par la brutalité de la contagion, le ressac de la pandémie s'avère plus lente que prévu, à moins que la hausse des températures ne nous aide. Mais comment trouver un équilibre pour que la crise économique ne soit pas pire que le désastre sanitaire avec ses deux millions d'infections et 125 000 décès. Aussi depuis le 6 avril, en effet, la plupart des pays européens réfléchissent aux stratégies de déconfinement possibles, un déconfinement bien plus complexe à concevoir que le confinement proprement dit. Si la protection de la santé reste en effet la première priorité de l'ensemble des pays, l'impact du confinement sur l'économie, la stabilité psychologique des citoyens, comme les risques en termes d'ordre public ne peuvent être éludés très longtemps. L'ensemble de planète suit quotidiennement les courbes statistiques et la constitution des fameux "plateaux" indice d'une stabilisation des nouveaux cas, des décès, des guérisons, et s'en remet confusément à la logique des tests de dépistage pour espérer des lendemains meilleurs.

Première quinzaine d'avril, la plupart des dirigeants occidentaux ont cherché à donner une perspective, un horizon, à cette opinion confinée depuis plusieurs semaines qui hésite entre abattement, lassitude, et sourde colère : une date de levée progressive de cette hibernation forcée, a été donnée, ici et là, le mois de mai, la mi-mai s'impose dans le monde entier, mois symbolique et singulier dans l'histoire humaine....

Mais la précipitation, l'équilibre des mesures, le risque d'un rebond de la pandémie sont des risques significatifs. Et ce d'autant plus que nous serons au seuil de l'été, peut-être placés en liberté conditionnelle, dans l'obligation ou la nécessité morale de participer au redressement de la Nation, économiquement et socialement, une re-capitalisation de nos hiérarchies sociales qui, quoiqu'on en dise, n'ont pas été très fortement inquiétées. Et les politiques, qui n'ont guère rassuré tant la gestion de cette pandémie s'est faite tardivement et dans une situation de dénuement absolu, sont sur le chemin critique de cette libération aux effets inconnus.

Le confinement aura sans doute permis d'éviter un écroulement total de nos systèmes de santé, mais, paradoxalement, aura été la période incontournable d'une re-consolidation de ces mêmes systèmes et de nos comportements, une re-consolidation nécessaire pour affronter les déconfinements à venir, une ré-ouverture du monde totalement  inéluctable : "Riaprire o chiudere tutto e morire in attesa che il virus vada via" (Réouvrir ou fermer tout et mourir en attendant que le virus s'en aille), pour reprendre les propos du président de la région de Vénétie le 15 avril… Mais une réouverture qui, à plus ou moins long terme, ne semble pas pouvoir être totale et globale, il y aura sans doute, localement, des retours en arrière, note le virologiste Andrea Crisanti, des zones devront être ouvertes plus tardivement et d'autres refermées, puis réouvertes plus tard...

Situation au 14 avril 2020...


What is the exit strategy?

“We’ve managed to get to the life raft,” says epidemiologist Marc Lipsitch of the Harvard T.H. Chan School of Public Health (HSPH). “But I’m really unclear how we will get to the shore.” (Science, april 2020) - "La réouverture de la société sera un long parcours, marqué par des essais et des erreurs". Le nombre à surveiller dans la prochaine phase ne sera peut-être plus le nombre réel de cas par jour, mais ce que les épidémiologistes appellent le taux de reproduction effectif, ou R0, qui indique combien de personnes la personne infectée infecte à son tour. "Si le R est supérieur à 1, l'épidémie se développe ; en dessous de 1, elle se réduit. Une fois la pandémie maîtrisée, les pays peuvent essayer d'assouplir les restrictions tout en maintenant le R autour de 1".

Estimées le plus souvent rétrospectivement à partir de données séro-épidémiologiques ou en utilisant des modèles mathématiques théoriques, le R se calcule en fonction des paramètres suivants, - 1) la durée de contagiosité (le temps pendant lequel une personne infectée est capable d'infecter), - 2) la probabilité d’infection par contact (les chances que chaque interaction entraîne une infection), - 3) le taux de contact (le nombre d'interactions de la personne infectée avec d'autres personnes), - 4) l'immunité collective (la proportion de la population qui est sensible à la maladie, les taux cibles se situent entre 50 et 70%). Certains chercheurs intègrent également des données sur les schémas de mobilité et le comportement des personnes afin de rendre les estimations plus précises. 

Pour contrôler ce taux, nombre d'épidémiologistes estiment : - 1) il faut détecter puis garantir l'isolement des patients et la recherche de leurs contacts, ce qui nécessite des tests en masse et des traceurs de contact (un traçage sans valeur s'il n'y a pas obligation);  - 2) il faut mettre en place des restrictions aux frontières, pouvant aller jusqu'à interdire tout retour, une mesure qui risque de se généraliser longtemps,:  - 3) il faut organiser la distanciation sociale, la mesure centrale des stratégies mises en oeuvre aujourd'hui, qui agit sur la probabilité de transmission, avec la mise en oeuvre des gestes barrière, du lavage des mains, des masques, de la distance physique. En terme collectif, la géolocalisation permet de repérer presque en temps réel des rassemblements trop importants pour lesquels peuvent s'imposer des mesures de séparation. - 4) L'immunité collective n'est sans doute pas une possibilité à court terme (entre 2 et 4% actuellement, très loin des 60% nécessaire), d'autant que celle du Covid-19 pose encore problème et que toute immunité varie d'un individu à l'autre. La stratégie visant à accélérer la progression de l'immunité en laissant le virus se propager par exemple chez les jeunes, n'est pas dépourvu d'effets collatéraux sur les populations plus vulnérables. Mais des campagnes de tests sérologiques aléatoires devraient permettre de suivre l'étendue de cette pandémie. Ces campagnes permettent non seulement de déterminer le degré d'immunité collective, peut-être permettre d'envisager des formules controversées de permis de circulation ou de travail pour les personnes immunisées, et enfin de découvrir enfin la véritable létalité du virus.
Et si aucune de ces mesures ne fonctionne?
"Il n'est pas facile de savoir comment une mesure particulière affecte R, car les infections qui se produisent aujourd'hui peuvent prendre des semaines avant d'apparaître dans les rapports sur les maladies". En politique, on ne peut rester dans un statuquo et les décisions politiques sont particulièrement difficiles à prendre tant nous manquons de certitudes. La Science, un certain pragmatisme prudent et des comparaisons entre les différentes voies qu'entreprennent les autorités du monde entier sont pour l'heure les seules ouvertures dont nous disposons, sans ignorer les incidences éventuelles de notre biosphère terrestre et du climat....


Chine, du 22 janvier au 8 avril, ???
La pandémie de maladie Covid-19 en Chine pourrait s'être manifestée dès septembre 2019. A partir de décembre, Wuhan, la capitale de la province du Hubei, en Chine, devient un foyer épidémique majeur. A compter du 22 janvier, le gouvernement chinois place sous quarantaine trois villes de la province de Hubei afin de contenir les risques de pandémie : Wuhan, Huanggang et Ezhou.
Le 8 avril 2020, Wuhan, la ville chinoise d'origine de la pandémie de Covid-19,  lève la quarantaine qu'elle avait imposée à ses habitants depuis le 23 janvier. Après deux mois et demi, 11 semaines, 73 jours, cette ville de 11 millions d'habitants a vu effectivement se lever les barrières qui l'isolaient du reste du monde. Mais chaque habitant doit obtenir  un code de santé QR vert pour quitter la capitale, une application mobile qui certifie que le porteur est exempt du virus. Pour des destinations comme Pékin, il est nécessaire de demander une autorisation en ligne, et subir un double test de coronavirus, avant le départ et à l'arrivée à destination , et 14 jours de quarantaine. Et seulement 1 000 personnes par jour sont autorisées à se rendre de Wuhan à Pékin. Les vols internationaux restent suspendus en raison de la fermeture des frontières de la Chine aux étrangers, et, dans les aéroports, pour les vols intérieurs, la température est prise trois fois, à l'entrée, au point de contrôle de sécurité et à la porte d'embarquement elle-même, pour chacun des passagers. Outre les masques omniprésents et obligatoires, beaucoup de personnes arrivent avec des combinaisons de protection ou même des imperméables pour se protéger pendant leur vol. Un signe malgré tout, dans le Hubei avec l'ouverture par les autorités d'une section populaire de l'emblématique Grande Muraille.. La prudence reste donc de rigueur, car un rebond de la pandémie pourrait tout remettre en question. Des cas sporadiques continuent donc singulièrement à apparaître...

Ainsi, au nord-ouest de la Chine, dans la province du Heilongjiang, qui borde la Russie, 25 nouveaux cas confirmés ont été annoncés, alimentés par un afflux de voyageurs porteurs de coronavirus en provenance du pays voisin, et débouchant sur un blocus de la ville de Suifenhe. Au 16 avril, Hong Kong confirme un seul nouveau cas de coronavirus, mais le gouvernement estime qu'il est trop tôt pour assouplir les restrictions. Les dispositions relatives au travail à domicile pour les fonctionnaires devraient rester en vigueur pendant une semaine supplémentaire, tout comme l'interdiction d'ouvrir des lieux de divertissement et de rencontre. Le dernier cas concerne une étudiante de 19 ans qui étudie en Grande-Bretagne et qui est retournée à Hong Kong le 1er avril. Le 10 mai, à Shulan, dans la province de Jilin, qui borde la Corée du Nord, une dizaine de cas sont relevés rapportée à une femme qui n'a pas quitté la province ni eu de contact avec quelqu'un revenant de l'étranger ou d'autres régions de Chine où il y avait eu des cas récents de Covid-19...

Pendant que la Chine montre à la planète entière la réouverture au public de la Grande Muraille de Chine, du National Museum de Pékin ou de la Cité interdite, qu'elle tente d'éteindre les soupçons de l'Occident vis--vis de sa gestion de la pandémie, Pékin reprend sa méthodique prise de contrôle de HongKong : l'hymne de protestation Glory to Hong Kong a de nouveau retentit le 28 avril, le Civil Human Rights Front a repris ses protestations et réunit de 23,000 à 130,000 personnes selon les estimations, violant, dit le gouvernement, les "social-distancing laws"...

"Hong Kong pro-democracy protests resurface" - Au 22 mai, la menace de la pandémie Covid-19 ayant pratiquement disparu, réactive sa loi sur la sécurité nationale pour Hong Kong en réponse aux manifestations pro-démocratiques parfois violentes de l'année dernière qui ont plongé la ville dans sa plus profonde agitation depuis son retour à la domination chinoise en 1997...

A Suivre, début juin…


Corée du Sud, du 18 février au ???
Les premiers cas confirmés viennent de personnalités s'étant rendues à Wuhan, épicentre de la contamination, le premier diagnostic est réalisé le 18 février 2020 auprès d'une personne ayant côtoyé plus d'un millier de personnes au sein de son organisation religieuse, l'église Shincheonji de Jésus. En Corée, où la densité de population et les contacts sociaux sont élevés, l'infection de groupe a été rapidement amorcée et le nombre de nouveaux cas par jour a atteint un sommet le 29 février, avec 909 cas. La stratégie du gouvernement a consisté en une communication hyper-technologisée, la responsabilisation de la population, - une responsabilisation sous emprise - , un dépistage massif de 20 000 tests par jour et un traçage complet du parcours et des contacts de chaque personne positive afin de repérer rapidement les foyers de contamination. Le système d'IA utilisé par le gouvernement métropolitain de Séoul pour surveiller les personnes en auto-quarantaine appelle automatiquement les personnes enregistrées sous surveillance chaque jour et vérifie leur état de santé, y compris leur température corporelle. Le géant coréen des télécommunications KT propose ses données sur les tendances de la mobilité des personnes à travers le pays et analyse les données en utilisant des algorithmes d'IA pour détecter les flux de personnes infectées dans le pays et une éventuelle propagation communautaire. Sans mettre en place de confinement, ces mesures, - peut-on parler d'emprise technologique? - , semblaient permettre d'obtenir l'aplatissement rapide de la courbe de contamination à partir du début du mois de mars autour de 8 000 puis 9 000 cas…..

En ce milieu du mois d'avril, les Coréens du Sud reprennent donc le travail et remplissent les centres commerciaux, les parcs, les terrains de golf et certains restaurants alors que la Corée du Sud assouplit les règles de distanciation sociale dans un contexte de baisse continue des cas de coronavirus. Mais si le nombre de nouveaux cas quotidiens a diminué ces dernières semaines, des infections de petits groupes continuent de se propager dans le pays et le nombre de cas importés de l'étranger augmente également. Les infections en grappes se sont produites principalement dans les établissements médicaux, les services sociaux et les établissements religieux. Le Premier ministre a annoncé que les autorités surveilleront les personnes qui enfreignent les règles d'isolement afin d'arrêter la propagation du coronavirus à l'aide de bracelets électroniques et la Corée du Sud met en garde contre de nouveaux coronavirus positifs chez les patients guéris..

En ce début de mois de mai, Daegu, où s'est déclenchée l'épidémie, tente d'oublier ses épreuves, l'aéroport Gimpo de Séoul se remplit de voyageurs gagnant l'île volcanique de Jeju et ses stations balnéaires, au sud de la Corée, les parcs publics et centres commerciaux s'emplissent de familles et, signe du temps retrouvé, l'église Onnuri, l'une des plus grandes églises de Séoul, ou le Joggye Temple réouvrent à nouveau avec la mise en oeuvre d'une distanciation physique… Mais le 8 mai, la Corée du Sud ferme plus de 2 100 boîtes de nuit, bars à hôtesses et discothèques après que des dizaines d'infections aient été liées aux fréquentations des boîtes de nuit… 

A Suivre, début juin…


Singapour, du 23 janvier au 8 avril ???
Singapour a confirmé son premier cas d'infection par COVID-19 le 23 janvier, plusieurs semaines après que les premiers cas aient été détectés dans la province de Hubei, en Chine. Singapour a été l'un des premiers pays en dehors de la Chine à confirmer des cas d'infection, tous directement liés à leur voisin. Le gouvernement a déclenché le DORSCON (Disease Outbreak Response System Condition) en place depuis l'épidémie de SRAS de 2003. Les systèmes mis en place comprennent la recherche des contacts, l'introduction précoce de contrôles de température et de santé à l'aéroport, ainsi que l'introduction d'une interdiction de voyage à destination et en provenance de la Chine à un stade précoce de l'épidémie. Singapour a également mis en place une application stricte de la quarantaine et de l'auto-isolation pour les personnes ayant eu un contact avec un cas confirmé d'infection.
Le 8 avril, le risque d'une perte de contrôle de la pandémie grandit à Singapour. Singapour, l'un des pays au revenu par habitant le plus élevé du monde, le modèle qui a résisté pendant des semaines à l'imposition d'une quarantaine, traverse une période délicate. Malgré les efforts déployés pour endiguer l'épidémie, le nombre de nouveaux cas augmente depuis le mois de mars : la vague de janvier et février était liée à la Chine, cette seconde est à chercher en Europe et aux Etats-Unis, avec le retour, sans aucun symptôme détectable, de milliers des quelque 200 000 Singapouriens vivant à l'étranger. Mais cette seconde vague est aussi alimentée par cette immense part de la population, les 300,000 invisibles de Singapour qui s'entassent dans les "cramped migrant worker dorms", en grande partie originaires de l'Inde et du Bangladesh et constituent une partie essentielle de la main-d'œuvre construisant gratte-ciel et gigantesques centres commerciaux de la ville-Etat :  : plus de 20 000 de ces travailleurs y ont été mis en quarantaine, (Amnesty International)….

Pratiquement isolée du monde, l'île ne permet plus depuis fin mars le retour de ces Singapouriens, trop tardivement sans doute. En conséquence, le gouvernement a mis en place des mesures de "coupe-circuit"  (circuit breaker) le 8 avril, qui comprennent la fermeture des écoles et des entreprises non essentielles, ainsi que la restriction des déplacements et des rassemblements de personnes dans les espaces publics, et ce jusqu'au 4 mai. La majorité des citoyens de cette nation cosmopolite, où vivent plus d'un million et demi d'étrangers, travaillent déjà chez eux ; seuls les commerces essentiels, parmi lesquels les supermarchés, les pharmacies et les banques, restent ouverts. Les restaurants, toujours en activité, ne peuvent servir que des plats à emporter ou livrés à domicile. Le 14 avril, Singapour signalait 334 nouveaux cas de COVID-19, ce qui porte le total national à 3 252. Un décès était confirmé, un homme de 70 ans, connu sous le nom de cas 128, confirmé comme ayant été infecté le 6 mars, ce qui porte à 10 le nombre de décès dus au nouveau coronavirus....

Le 2 mai, Singapour annonce assouplir progressivement son verrouillage partiel à mesure que le nombre de cas dans la communauté va diminuer, les entreprises devant reprendre leurs activités par étapes à partir du 4 mai. Les cliniques de médecine traditionnelle chinoise seront autorisées à reprendre leurs activités d'acupuncture et de vente de produits, puis les points de vente de nourriture indépendants, les services de blanchisserie et les salons de coiffure à partir du 12 mai. Les écoles en petits groupes à partir du 19 mai. Mais l'un des pays ayant le plus faible taux de criminalité au monde (avec l'Islande, la Nouvelle-Zélande ou l'Autriche), le pays qui se veut le plus vert et le plus propre d'Asie du Sud ("Keep Singapore Clean"), Singapour, l'un des pays les plus riches du monde, est aussi une vitrine technologique du contrôle et de la sanction, les prouesses de Spot, un chien-robot qui se promène dans le parc de Bishan-Ang Mo Kio et rappelle aux gens de respecter la distanciation physique pour leur propre sécurité, ont fait le tour de la planète...

A Suivre, début juin…


"Cases have been ramping up here in Southeast Asia" - L'Asie du Sud-Est court à nouveau le risque de constituer un nouveau "hot spot" du Covid-19 en cette 2e quinzaine du mois d'avril ; la région dans son ensemble a signalé plus de 28 000 cas à la date du 19 avril, l'Indonésie, les Philippines, la Malaisie et Singapour représentant 87,9% de ces cas, selon les données de l'Université Johns Hopkins. Plusieurs études suggèrent que des dizaines de milliers d'infections supplémentaires pourraient ne pas être détectées en raison du faible taux de dépistage dans des pays comme l'Indonésie et les Philippines. À Singapour, le nombre de cas a augmenté de façon spectaculaire au cours des deux dernières semaines, de nouveaux groupes d'infections ayant été découverts parmi les travailleurs migrants vivant dans des dortoirs bondés. La capacité de dépistage du coronavirus varie considérablement en Asie du Sud-Est. Singapour est parmi les premiers au niveau mondial avec 16 203 tests par million de personnes, tandis que le Myanmar est proche du bas de l'échelle avec seulement 85 tests par million de personnes dans la population. Alors que Singapour et la Malaisie ont commencé à identifier des cas dès janvier, auprès de plusieurs personnes qui avaient auparavant visitées l'Indonésie, la quatrième plus grande population du monde avec plus de 270 millions d'habitants et la plus grande économie d'Asie du Sud-Est, n'a signalé son premier cas de Covid-19 que début mars : l'Indonésie semble avoir privilégie l'économie et ne réalise que 154 tests par million d'habitants, le nombre d'infections pourrait atteindre 95 000 à mesure que les tests seront intensifiés. Les Philippines, l'archipel aux 7 641 îles et 109 millions d'habitants, comptent le plus grand nombre d'infections par le Covid-19 en Asie du Sud-Est et près de 40 % des décès connus, le métro de Manille fut l'épicentre de la pandémie : le gouvernement met en place des milliers de tests et doit voir son taux d'infection augmenter considérablement....


Japon, du 14 janvier au 7 avril, 25 mai
28 % de la population japonaise a plus de 65 ans (2018). La pandémie de Covid-19 se propage au Japon à partir du 14 janvier, après le retour dans la préfecture de Kanagawa d'un ressortissant chinois ayant séjourné dans la ville de Wuhan, épicentre de la propagation de la maladie. Le 1er février, un passager qui avait débarqué quelques jours auparavant du Diamond Princess à Hong Kong a été testé positif au coronavirus du Covid-19. Le navire a été immédiatement mis en quarantaine, dès son arrivée dans les eaux japonaises le 3 février, avec 3 711 passagers et membres d’équipage à son bord. Le mois suivant, plus de 700 personnes à bord ont été infectées, dont une infirmière, et pendant des semaines, le navire a abrité la plus grande épidémie en dehors de la Chine. Mi-mars, le gouvernement japonais annonce 1 500 cas de personnes infectées et trente-deux morts. Il ne décrète pas pour autant l'état d'urgence mais renonce à la tenue des Jeux olympiques d'été. Le 24 mars 2020, le gouvernement japonais a annoncé le report des Jeux olympiques et paralympiques d'été de Tokyo 2020. Fin mars, alors que dans de nombreux pays, des restrictions de circulation et de rassemblement et des mesures de confinement, voire de quarantaine, sont imposées aux populations, au Japon, la vie quotidienne reste relativement peu perturbée.
La situation évolue au Japon, interprétée comme une deuxième vague de pandémie, le 7 avril lorsque le gouvernement central constate une augmentation quotidienne record pour la quatrième journée consécutive, 166 nouveaux cas confirmés à Tokyo, ce qui porte le total à 2 068 : le premier ministre annonce l'état d'urgence pour un mois à Tokyo, Chiba, Kanagawa et Saitama, Osaka, Hyogo et Fukuoka, bientôt rejoint par Hokkaido : Hokkaido avait déclaré son propre état d'urgence le 28 février avant le gouvernement et l'avait levé le 19 mars, en citant des signes indiquant que la propagation du coronavirus se ralentissait dans la préfecture, une zone populaire pour les touristes japonais et étrangers...
Le gouvernement exige de tous les citoyens qu'ils restent chez eux dans la mesure du possible et qu'ils réduisent de 80 % leurs contacts avec les personnes extérieures à leur foyer. Au Japon, on comptait au 14 avril, 8100 patients diagnostiqués positifs et 215 décès. Mais on reproche aux autorités de n'avoir pas été en mesure de vérifier où et quand les patients avaient contracté le virus dans 40 % des cas signalés, et à Tokyo, ce chiffre est nettement supérieur à la moyenne nationale. Certains experts craignent que la situation au Japon ne s'emballe comme dans d'autres pays du monde (Untraceable cases in Japan raise fear outbreak spiraling out of control)...

Le Japon, la troisième économie mondiale, serait-il au bord de l'effondrement face au Covid-19? Au 18 avril, le Japon qui semblait avoir contrôlé l'épidémie en s'attaquant à des grappes d'infections dans des endroits spécifiques, généralement des espaces clos tels que des salles de sport, des lieux de réunion, mais aussi ces fameux "hostess clubs" qui posent des difficultés particulières pour la recherche des contacts, se retrouve soudainement confronté à une recrudescence du Covid-19 et à l'effondrement du système médical d'urgence. L'hospitalisation forcée de toutes les personnes atteintes du virus, même celles qui présentaient des symptômes légers, a entraîné une surpopulation et un manque de personnel dans les hôpitaux. Les experts gouvernementaux avertissent que le pays pourrait compter plus de 400 000 décès si des mesures sociales et sanitaires d'éloignement ne sont pas prises.... Le 1er mai, le gouvernement métropolitain de Tokyo a confirmé 165 nouveaux cas de COVID-19, soit plus du triple du chiffre signalé un jour plus tôt et un record depuis le 18 avril, augmentation rapportée au plus grand nombre de passagers de trains et de sorties non essentielles. Le gouvernement a donc décidé de prolonger l'état d'urgence au moins jusqu'à la fin du mois de mai...

Le 25 mai, l'Etat d'urgence est levé dans tout le Japon, permettant ainsi à la troisième économie du monde de redémarrer.

A Suivre, début juin…


Taiwan
Taiwan, un bastion démocratique en Asie d'un peu plus de 23 millions d'habitants, considéré comme le plus politiquement pestiféré au monde par le gouvernement chinois, une île à 180 kilomètres des côtes chinoises et qui a reçu un afflux de touristes de l'autre côté du détroit, 2,7 millions de personnes en 2019 (le virus est apparu juste avant le Nouvel An lunaire, alors que des milliers de Taïwanais rentraient de Chine pour passer les vacances en famille), n'a compté que 427 cas et seulement 6 décès au 23 avril. Fort des douloureuses leçons de l'épidémie de SRAS de 2003, qui a laissé Taïwan traumatisée par la perte de dizaines de vies (73 personnes), le Centre taïwanais de contrôle des maladies (CDC) a pris connaissance du problème à Wuhan aux premières heures du 31 décembre et  a créé dès janvier un centre de commandement pour coordonner la réponse à l'épidémie, surveillant les vols en provenance de Wuhan et établissant des protocoles de quarantaine pour les voyageurs jugés à risque dès le 2 février. Lorsque la gravité de l'épidémie est devenue évidente, le corps législatif a adopté un projet de loi spécial allouant 2 milliards de dollars pour financer les efforts d'endiguement et de contrôle, y compris le contrôle des frontières, les congés payés pour les soignants et les malades, la fabrication d'équipements essentiels comme les masques faciaux, la mise en place de protocoles de traçage des sources d'infection, avec l'intégration des données de l'Administration nationale de l'assurance maladie et de l'Agence nationale de l'immigration pour identifier les personnes à tester qui ont voyagé dans des endroits à haut risque, et la réduction du risque de transmission dans des milieux tels que les écoles, les hôpitaux et les systèmes de transport. Les hôpitaux ont réussi enfin à réduire les transmissions internes entre les patients et le personnel médical, une des principales causes d'infection par le SRAS en 2003. Aucune mesure de mise en quarantaine collective obligatoire ou de confinement n’a été promulguée jusqu’à présent. Le gouvernement taïwanais a toujours reconnu qu’il était crucial de s’appuyer sur l’action volontaire des individus pour résister à la pandémie et de leur donner un niveau d'information suffisamment précis pour leur permettre d'agir par eux-mêmes. Les magasins, les banques et les complexes de bureaux demandent à leurs clients de rester à 1,5 mètre les uns des autres ou de porter un masque. Et Taiwan produit une moyenne de 10 millions de masques par jour depuis le 10 mars. Mais la situation reste toujours sous surveillance, "Local transmission is inevitable. We must make preparations as though we are facing a more serious situation", a déclaré le ministre de la santé...


Italie, du 10 mars au 8 mai, 18 mai?
"Tout a commencé en Italie" - La pandémie de Covid-19 s'est propagée en Italie à partir du 31 janvier 2020, les premiers décès ont été signalés le 22 février. L'Italie fut le deuxième pays en plus grand nombre d'infections (derrière les États-Unis et devant la Chine) et le premier en  nombre de décès. Dix municipalités de l'Italie du Nord sont placées en quarantaine le 25 février. Le 10 mars, les 60 millions d'habitants ont été priés de rester chez eux, et la quarantaine nationale s'installe progressivement à partir du 12 mars. Les écoles, les universités et toutes les entreprises non essentielles ont été fermées. Les supermarchés, les banques, les pharmacies et les bureaux de poste ont été autorisés à rester ouverts. Les voyages à l'intérieur de l'Italie ont été interdits. En Italie, les personnes ne sont autorisées à sortir de chez elles que dans certaines circonstances, notamment pour faire de l'exercice physique en solitaire près de chez elles, faire des courses ou aller chez le médecin. Ils doivent imprimer chez eux un certificat déclarant la raison de leur départ, qui sera contrôlé par la police.
La première vague de la pandémie a atteint son point culminant en Italie (le pic d'utilisation des ressources pour les lits des soins intensifs et les respirateurs) a été atteint le 28 mars.

"Prima le aziende, poi i cittadini" - L'Italie entend gérer la levée du confinement en deux étapes (fase 2), à partir du 4 mai, une ouverture progressive et dépendante de la courbe épidémique, diversifiée entre les Régions, puis le 18 mai : il s'agit de relancer les activités sans augmenter à nouveau le nombre d'infections par des coronavirus (far ripartire le attività senza far nuovamente impennare il numero dei contagi da coronavirus). La stratégie est élaborée avec l'aide d'experts en modèles d'organisation du travail, de sociologues, de psychologues, de statisticiens" pour arriver à des "modèles de vie avec le virus". A minima distance de sécurité et équipement de protection seront obligatoires pour tous ceux qui sont en contact avec le public, Les bureaux et les magasins devront être nettoyés deux fois par jour, les réunions en groupes et manifestations fortement réduites. La réouverture des jardins d'enfants, des écoles et des universités seraient exclues compte tenu du nombre de personnes concernées (12 millions). En ce qui concerne les transports publics, la "phase 2" imposera un contrôle de la température corporelle dans le métro au moyen de scanners thermiques, la mise en place d'hôpitaux exclusivement dédiés au coronavirus et l'utilisation d'applications et de tests technologiques pour contenir la pandémie.
Le 18 mai pourrait voir un certain assouplissement des interdictions de voyage pour les citoyens et une nouvelle liste d'activités commerciales à redémarrer, suivant le taux d'immunité présumé des différentes régions...

L'Italie a enregistré le 13 avril, au moment où s'établissait les grandes lignes de ce plan, sa plus faible augmentation quotidienne de décès en trois semaines, avec 431 personnes tuées par le virus et une augmentation de 1 984 nouveaux cas, soit 2 %. La courbe des infections s'est aplatie depuis une semaine environ, et Walter Ricciardi, le conseiller scientifique du gouvernement italien sur l'épidémie de coronavirus pense que le plateau pourrait se maintenir pendant 20-25 jours avant qu'il n'y ait une diminution définitive.   Le 16 avril, si les infections augmentent en Italie, mais de façon plus limitée (+ 3786 cas, soit 168941 au total, +525 décès, soit 22170 au total), les données passent sous la barre des 3 000 patients en soins intensifs pour la première fois depuis le 22 mars… Mais l'une des grandes difficultés de l'Italie quant à la gestion de ce déconfinement sera la question de la désynchronisation entre les différentes régions : ainsi, si les présidents de Lombardie (65 381 cas, dont 12 050 décès, avec une létalité très élevée, 18,4% des personnes infectées sont décédées) et de Vénétie ((une épidémie contenue plus tôt par des tests massifs avec15 692 cas et une mortalité de 6,7 %) déclarent vouloir ouvrir progressivement leur région sans attendre le 4 mai, le président de la Campanie avertit : "Chiudo i confini della Campania se la Lombardia riapre" (Je fermerai les frontières de la Campanie si la Lombardie rouvre). Quant à Naples, le spectacle de la rue dément toute quarantaine depuis dejà quelques temps...

"Dobbiamo imparare a convivere con il virus" - Au 19 avril, le gouvernement italien, qui estime que le nombre d'infections reste élevé, suit désormais ses experts et tente de résister à la pression du monde économique et industriel, et au désir de nombreux Italiens de quitter leur pays. "Nous devons tenir encore au moins 15 jours, pour éviter de créer de nouvelles épidémies", affirment plusieurs responsables gouvernementaux, car "c'est la seule façon d'éviter la période critique des deux" ponts de vacances et d'atteindre la phase 2. Par conséquent, avant le 4 mai, l'Italie ne rouvrira que peu ou pas du tout. La mobilité entre les régions restent l'un des points les plus complexes à trancher. Le président du conseil italien annonce le 21 avril, «In Italia riaperture dal 4 maggio, entro domenica un piano differenziato per zone»...

La réouverture progressive de l'Italie dans la phase 2 de l'urgence Coronavirus suivra des critères sectoriels pour la reprise des activités de production et des critères territoriaux pour le rétablissement (contrôlé et réduit) de la liberté de circulation des citoyens. Cela signifie que l'Italie sera divisée en trois macro-zones, (Nord, Centre et Sud) et il y a des zones (comme la vallée du Pô) où les mouvements interrégionaux sont très intenses. Le Piémont, la région la plus critique, et la Lombardie représentent 50% des personnes infectées. Comment éviter que la réouverture ne fasse affluer des milliers de citoyens du Nord vers le Sud, avec le risque de générer de nouvelles urgences dans les régions jusqu'ici moins touchées, l'Italie centrale et méridionale ? Mais cela n'aboutirait-il pas à accentuer les déséquilibres des activités productives et à créer de formes de "concurrence déloyale" entre les chaînes d'approvisionnement des différentes régions?

"Dire al mondo intero che l’Italia (pur con prudenza e cautela) riparte" - Alors que le 24 avril enregistre 420 décès par Covid-19, soit une diminution (25969 décès), une baisse des hospitalisations (-803), et une augmentation de cas, +3021 (192994 cas), le gouvernement cède à la pression et décide de mener son déconfinement sur 4 lundi, du 4 mai à la fin du mois, avec suivi, chaque vendredi, de l'indice de contagion R0 dans chaque région et la capacité des établissements de soins à recevoir de nouveaux patients sera contrôlée. Un avertissement clair du premier ministre est aussitôt ajouté : "Non è un libera tutti. Non sono consentiti party privati e ritrovi di famiglia, lo dico ai giovani e agli adulti". L'opposition proteste: "Non si possono trattare gli italiani come bambini" (Matteo Renzi), "Paese agli arresti domiciliari" (Italia Viva)…. 
Le 27 avril, les grandes entreprises stratégiques des secteurs de l'automobile, de la mode et de la production industrielle de machines agricoles rouvriront leurs portes. Le 4 mai, 2,7 millions d'Italiens, sur les 8 actuellement confinés, reprendront le travail, reprise de la construction, des industries du textile et de la mode, des loteries, possibilité de circuler dans sa propre région pour faire des "visites ciblées" aux membres de votre famille, "en respectant les distances et en portant des masques", autorisation des sports de plein air. Les commerces de détail et les musées rouvrent à partir du 18 mai ; les bars, restaurants, coiffeurs et esthéticiens à partir du 1er juin. Les mesures de distanciation, l'utilisation de masques dans les lieux fermés, l'interdiction des rassemblements restent en vigueur....

"Le aperture differenziate"? Ce choix de l'ouverture différenciée suivant les régions posent infiniment de problèmes entre régions d'une part, et vis-à-vis d'un gouvernement central à qui l'on demande de réintégrer la légitimité constitutionnelle : la Vénétie ou la Ligurie permettent les déplacements, la Sardaigne veut un passeport immuntaire, la Calabre entend rouvrir les bars, la Toscane n'entend pas que l'on s'éloigne de sa commune ("Spostamenti, scontro tra regioni"). Le gouvernement italien quant à lui joue le 30 avril  la science contre l'initiative régionale, ("Non ci sarà un piano rimesso a iniziative improvvide di singoli enti locali, ma basato su rilevazioni scientifiche"), l'Etat contre la Région ("iniziative che comportino misure meno restrittive non sono possibili, perché in contrasto con le norme nazionali, quindi sono da considerarsi a tutti gli effetti illegittime"). Le même jour, à Turin, la révolte des blouses blanches, "Abbandonati dalla Regione in prima fila contro il virus"...

Via alla Fase 2, ore 7: riapre a città - "Dal 4 maggio tornano a lavoro in 4,4 milioni, ma il provvedimento è un rischioso paradosso" - 4,4 millions de travailleurs reprennent le travail à partir du 4 mai, tandis que 2,7 millions continueront à rester chez eux en attendant les mesures gouvernementales ultérieures. Sur les 100 personnes qui resteront chez elles à la suite de la suspension des activités, 62,2 % pourront reprendre le travail. Toutefois, la reprise aura des effets inattendus. Il concernera principalement les travailleurs de plus de 50 ans, par rapport aux jeunes, il touchera le nord de l'Italie, plus exposé à la contagion, et favorisera les salariés au détriment des indépendants. Mais le gouvernement a choisi la voie de ne pas faire totalement confiance aux citoyens (Il governo ha scelto la strada di non fidarsi del tutto dei cittadini), en maintenant un cadre dense de règles, d'interprétation souvent ambiguë, aggravé par la présence de spécifications supplémentaires dans les régions. Se promener, voir des amis, aller chercher leurs repas, assister à un service religieux, déménager dans une résidence secondaire, rencontrer des amis : autant d'activités normales, jusqu'à il y a quelques mois, interdites jusqu'à récemment, et maintenant réadmises (niente autocertificazione per lavoro, passeggiate e sport), mais avec de nombreuses limites et règles à respecter. "Congiunti e spostamenti: le risposte del governo" : l'une des singularités italiennes est la mesure relative aux "congiunti", chacun peut rendre visite à un "petit ami" mais pas un "ami", quelqu'un avec lequel nous aurions une "relation affective solide" (persone che sono legate da uno stabile legame affettivo)...

L'Italie entre ainsi dans une nouvelle phase, une phase d'incertitude, écrit Ilvo Diamanti : "La notte del virus continua. E si fatica a vedere la luce, all'orizzonte. Semmai, ci stiamo abituando a muoverci nel buio. O almeno, nella penombra. Peraltro, i fari che hanno illuminato il nostro percorso, nelle ultime settimane, hanno perso un po' di energia. Ma resistono" (La nuit du virus continue. Et vous pouvez à peine voir la lumière à l'horizon. Nous nous habituons à nous déplacer dans le noir. Ou du moins, dans la semi-obscurité. En outre, les phares qui ont éclairé notre chemin ces dernières semaines ont perdu une partie de leur puissance. Mais ils tiennent bon. Sans personne d'autre pour les remplacer). Alors que l'Imperial College London avertit le 5 mai que si l'Italie retrouve seulement 20 % des niveaux de mobilité d'avant son confinement, - la mobilité étant une mesure de la fréquentation du travail, des magasins, des visites aux amis et à la famille, etc. - , le nombre de décès pourrait augmenter à nouveau en trois semaines seulement. Les auteurs avertissent que certaines mesures de distanciation sociale devront rester en place, ainsi que le dépistage, la recherche des contacts et l'isolement des personnes infectées par Covid-19, pour maintenir la transmission sous contrôle et empêcher une résurgence de l'épidémie. Aucune des régions italiennes, y compris la Lombardie, ne présente actuellement d'immunité collective....

"Milano è una bomba, troppi in giro", rischio di un nuovo lockdown, alerte le chef du département des maladies infectieuses Massimo Galli, le 8 mai, «aa situation à Milan, c'est un peu une bombe, car il y a eu beaucoup de personnes qui sont restées enfermées à la maison tout en étant malades» n'ayant pu être testées, et pendant ce week-end du 10 mai la foule envahit les rues de Turin, de Milan, de Rome ou de Naples, et si le masque est présent, la distanciation physique le plus souvent absente, "A causa delle incapacità delle autorità..."

"Primo weekend di «Fase 2»: concentrazione di persone per l’aperitivo sui Navigli (Milano), polemiche, controlli. Secondo weekend di «Fase 2», sabato mattina", rassemblements identiques, dans le marché historique milanais de Viale Papiniano, malgré les contrôles de la police... Après trois mois de confinement et plus de 31 500 décès dus à la pandémie, le 18 juin voit la libéralisation des magasins, bars, restaurants, coiffeurs et autres commerces, la possibilité de se déplacer librement dans les différentes régions, l'assouplissement des règles relatives aux cérémonies religieuses. Mais la levée des restrictions de voyage est reportée à après la fête de la République du 2 juin, afin de limiter les déplacements en masse pendant le long week-end de vacances. L'Italie opte pour une ouverture aux touristes européens à partir du 3 juin, levant la plus grande part des restrictions de voyage à l'intérieur du pays et libérant tous les secteurs de l'économie, à condition que des mesures strictes de sécurité et de distanciation sociale soient respectées. Reste la fameuse question de l'été, "Come saranno le vacanze? Praticamente esclusa la possibilità di andare all’estero, l’estate si trascorrerà in Italia?"...

Le 25 mai, les autorités milanaises s'alarment des foules suscitées par le week-end : «È chiaro che io vorrei evitare chiusure a tutela di chi sta lavorando, però è altrettanto chiaro che questo weekend non è stato “sereno” e che non possiamo immaginarne un altro così»("Il est clair que je voudrais éviter les fermetures pour protéger ceux qui travaillent, mais il est tout aussi clair que ce week-end n'a pas été "serein" et que nous ne pouvons pas en imaginer un autre comme celui-ci"). En Italie, quelques 60 000 "assistenti civici" ont été mis en place par le ministre en charge des relations avec les vingt régions pour parcourir places, promenades, plages et parcs et contribuer à faire respecter les règles d'hygiène et de distanciation, doublant, sans pouvoir de sanction les nombreuses forces de police, police municipale, provinciale, d'État, police des finances et de la circulation et carabiniers qui quadrillent déjà le pays. 

A Suivre, début juin…


Espagne, du 13 mars au 13 avril, 10 mai?
La Pandémie de Covid-19 en Espagne débute officiellement le 31 janvier. Au début de la pandémie, vers les 23-24 février, l'Espagne n'enregistre que deux ou trois cas par jour, la plupart importés par des touristes en vacances dans les îles du pays, et moins de deux semaines plus tard, les 17 régions autonomes espagnoles ont toutes détecté des cas et le nombre d'infections a doublé chaque jour. Le gouvernement espagnol décrète le 13 mars l'état d'alerte sur l'ensemble des communautés et ses 46 millions d'habitants. Les magasins et les écoles non essentiels ont été condamnés à fermer, ainsi que les hôtels et les logements touristiques. L'Espagne a également fermé ses frontières extérieures avec ses voisins européens. Les gens ne peuvent plus quitter leur domicile que pour se rendre à la pharmacie et à l'épicerie. L'exercice en plein air est également interdit, sauf pour promener un chien. Des centaines de milliers de policiers et de militaires font respecter le verrouillage des frontières.

L'épidémie s'est propagée particulièrement rapidement dans la Communauté de Madrid, qui compte sans conteste le plus grand nombre de personnes touchées par la maladie dans le pays. La vitesse inattendue à laquelle la maladie s'est répandue à Madrid au cours des premiers jours de l'épidémie a été telle qu'elle a entraîné un nombre écrasant d'admissions de patients dans les hôpitaux de la capitale. Le nombre total de cas de COVID-19 a rapidement augmenté en Espagne, avec un pic de 146 690 en date du 8 avril. Les nouveaux cas quotidiens ont rapidement diminué depuis leur pic de 8 271 le 26 mars, tombant à 4 748 nouveaux cas signalés le 8 avril. Le nombre de décès dans le pays est monté en flèche pour atteindre 14 673 au 8 avril, le deuxième plus grand nombre au monde derrière l'Italie. Dans l'ensemble, le taux de guérison est en hausse et, au 8 avril, il représentait 75,5 % de tous les cas recensés en Espagne.

"Desescalada del confinamiento en España?" - Le président du gouvernement espagnol répond le 12 avril : "Será progresiva y muy cautelosa". Le 9 avril, le gouvernement obtient l'autorisation du Congrès des députés de prolonger l'état d'alerte pour la deuxième fois,  jusqu'au 26 avril, et malgré une opposition particulièrement critique (le PSOE, le PP, Unidas Podemos, Ciudadanos, PNV, Más País, Compromís ont apporté leur soutien explicite, ERC et JuntsxCat se sont abstenus et Vox et la CUP ont voté contre, Vox acusa al Gobierno de aplicar una “eutanasia feroz” con el coronavirus). Une nouvelle prolongation est envisagée pour ne procéder à la levée du confinement que lors de la deuxième semaine de mai. Le comportement des différentes Communautés ajouteront pour l'Espagne une infinie complexité, aucun plan ne pourra être appliqué sans leur accord...
En attendant, une première étape de déconfinement débute le 13 avril avec la levée de la mesure extrême, celle de l'hibernation économique (la medida extrema de la hibernación económica). Les entreprises dont l'activité était considérée comme non essentielle vont pouvoir refonctionner et le travail reprendre. Ce retour au travail de centaines de milliers de personnes, au moins 300 000 dans la région de Madrid, pour relancer l'économie marque l'entrée de l'Espagne en terre inconnue (España deja atrás la 'senda italiana' contra el Covid-19 y entra en terreno desconocido). La courbe espagnole a augmenté plus rapidement que celle de l'Italie, mais elle s'est également aplatie plus rapidement. Les épidémiologistes supposent qu'il y aura davantage de contagion, mais pensent que cela pourrait s'avérer positif. Cette première journée verra la distribution de 10 millions de masques dans les points les plus fréquentés d'Espagne, afin d'offrir une protection contre les coronavirus à ceux qui utilisent les transports publics, 1 500 points mis en place dans les principales plaques tournantes des transports publics du pays.  Mais la peur semble encore dominante ce premier, seulement 34% de passagers en plus dans le métro de Madrid, des quais et des bus vides, la réouverture d'une partie de l'activité économique va donc s'effectuer très progressivement dans les mentalités mêmes. L'Espagne enregistre le 14 avril une recrudescence des décès avec 567 nouveaux décès mais la contagion continue de diminuer. Les infections à coronavirus ont atteint 172 541 cas, soit une augmentation de 1,8 % en 24 heures, mais la tendance à la baisse se confirme, avec une augmentation quotidienne de 2,1% le lundi et de 2,6% le dimanche. Suite à la levée des restrictions économiques, toutes les provinces ont vu augmenter leur mobilité à partir du 14 avril, tant les villes les plus actives, comme Madrid, La Corogne, Pontevedra, Álava, Saragosse, Valladolid et Barcelone, que dans les pôles industriels interconnectées  comme celui que forme  Pays basque, Navarre, La Rioja, Burgos et Cantabrie….

"Una desescalada diferenciada" : "La desescalada ya será a partir del próximo mes, y podrá ser asimétrica".... -  Le 18 avril, le gouvernement espagnol demandera au Congrès de prolonger l'alarme jusqu'au 10 mai, les enfants pourront sortir à partir du 27-A et le déconfinement commencera dès le mois prochain, par territoires (pas nécessairement par communautés autonomes). Le leader socialiste a déclaré qu'il fera tout son possible pour assurer l'"unité" des forces politiques, des agents sociaux, des communautés autonomes et des conseils municipaux. Les données épidémiologiques sont encore "fragiles", le taux d'infection continue d'augmenter de 3 % par jour et le nombre de décès quotidiens est d'environ 500. Pour préparer la sortie, le gouvernement sera guidé "par un système de marqueurs" (un sistema de marcadores) qui avertira, "à chaque instant, dans chaque territoire", du niveau de propagation du virus et de la "force du système de santé", paramètres fondamentaux pour savoir exactement comment la pandémie évolue, et selon lesquels des mesures seront adoptées "progressivement dans chacun de ces territoires" ("Contemplamos un horizonte de una lenta marcha hacia esa nueva normalidad. Queremos que sea progresiva, con las máximas precauciones y con marcadores evaluables para saber el grado de la pandemia, si está controlada y ver qué pasos podemos dar").  Dans les prochaines semaines, 62 000 personnes de tout le pays seront testées, "un échantillon suffisamment représentatif" pour avoir une idée de la pandémie, de sorte que les deux millions de kits rapides envoyés aux régions autonomes serviront au dépistage dans les zones qui sont le foyer de l'infection. Ces cinq semaines permettront de prendre des décisions et d'entrevoir ces décisions...

25 avril - "La ansiada fase de transición o de desescalada está cerca, el día 10 de mayo, fecha en la que se estima, si no hay cambios negativos en la evolución de la crisis, que las comunidades habrán conseguido garantizar los parámetros establecidos para iniciar el desconfinamiento" - Le 10 mai sera donc sans aucun doute le début de la "desescalada" avec de fortes disparités. Dans les îles Canaries, Murcie et La Rioja, ainsi qu'à Ceuta et Melilla, les cas enregistrés ont augmenté de moins de 1% mais ne dispose d'aucune immunité qui garantirait une protection de groupe : il faut donc renforcer dans toutes les communautés la capacité sanitaire,  celle d'effectuer suffisamment de tests pour surveiller la propagation du virus et assurer un suivi approprié des nouveaux cas et de leurs contacts afin de les isoler immédiatement, déclare le directeur de la santé..

"No habrá movilidad entre provincias o islas hasta alcanzar la normalidad” - Alors que plus de 114 000 personnes ont été hospitalisées en Espagne au titre du Covid-19, que plus de 229 000 personnes ont détectées avec la maladie ou l'ont transmise et que le nombre de décès quotidiens continue à diminuer (301 décès, 23 822 personnes au total), le président du gouvernement espagnol annonce le 28 avril un plan de "désescalade" progressive (la desescalada será gradual) en quatre étapes, qui durera jusqu'à la fin du mois de juin et sera mis en œuvre à un rythme différent dans chaque territoire ("La desescalada no irá al mismo ritmo en toda España, ni siquiera en la Comunidad Autónoma"). Par rapport à d'autres pays, l'exécutif espagnol veut que la levée de toutes restrictions soit effectuée en huit semaines, d'ici la fin juin, sans dates précises pour la réouverture des magasins, des plages ou des bars. Le masque sera recommandé dans les transports publics et les bars, les centres de loisirs et les églises auront une capacité limitée.
La "fase 0" débutera le 4 mai avec l'ouverture ouvrir des centres de service à la clientèle. Certaines îles comme La Graciosa, El Hierro et La Gomera aux Canaries ou Formentera aux Baléares passeront directement à la phase 1. A noter que Asturias, Comunidad Valenciana, Extremadura, Murcia et l'Andalucía ont d'excellentes statistiques, , a contrario de Madrid, Castilla-La Mancha, Castilla y León, La Rioja et la Catalogne. Dans la "fase 1", à partir du 11 mai, débute la mobilité au sein de chacune des régions, l'ouverture des magasins (à l'exception des centres commerciaux et des grandes surfaces), de terrasses de restaurants et d'hôtels, avec des capacités réduites, toutes les activités du secteur de l'agriculture et de la pêche, et la réouverture des lieux de culte d'une capacité maximale d'un tiers.  Dans la "fase 2", s'ouvrent les espaces intérieurs, les restaurants, les centres de loisirs, les centres éducatifs (mais l'année scolaire débutera en septembre), la visite des monuments, avec des restrictions de distance. Enfin, la "fase 3" verra un assouplissement général des mobilités avant retour à la normalité et une ouverture limitée des plages : "El Gobierno prepara la reapertura total de hoteles en julio para salvar el verano…." et la Communauté de Valence avec ses 277km de plages tente de formaliser les contours d'un nouvel été...

1er Mai - "Primer día de paseos y deporte"  - L'Espagne a donc entamé une phase de désescalade permettant aux adultes de quitter leur domicile quotidiennement, mais uniquement à des heures précises, les gens font de l'exercice tôt le matin à Madrid, Barcelone, Séville ou Valence, des personnes âgées se promènent dans les rues en portant des masques...

Le plus grand centre de santé dédié à la lutte contre le coronavirus en Espagne, el gran hospital de Ifema (Madrid), a été fermé le 1er mai après avoir accueilli quelque 4 000 personnes depuis le 21 mars. Deux territoires seront les plus longs à déconfiner : la Communauté de Madrid compte encore plus de 14000 personnes hospitalisées dont 1499 en UCI (61800 positifs, 8222 décès) et la Catalogne, encore plus de 18000 hospitalisés, dont 2249 en UCI (49307 positifs, 5061 décès). D'autre part, le département des transports de la Communauté de Madrid utilise pour la première fois le positionnement des données mobiles pour connaître les déplacements des citoyens, accédant aux informations de deux millions de téléphones portables extraites quotidiennement depuis le 13 avril pour planifier la désescalade des transports..

"Media España entra en la fase 1 de la desescalada: ¿Qué puedo hacer en mi provincia?" - Au 11 mai, la moitié des Espagnols basculent en "fase 1", la deuxième phase du plan de "desescalada", alors que baissent lentement les nombres de cas et de décès quotidiens dus au Covid-19  (373 cas, 123 décès en 24 heures). Les  réunions de dix personnes au maximum sont autorisées (toujours au sein de la même province, île ou unité territoriale (zones sanitaires), la possibilité de mobilité entre municipalités adjacentes pour des activités socio-économiques, la fréquentation des lieux de culte et des églises, l'ouverture de tous les commerces jusqu'à 400m2, l'ouverture des terrasses est autorisée à 50 % des tables autorisées avec une occupation maximale de 10 personnes par table, les musées, les plages d'Andalousie seront ouvertes à 50% de leur capacité...

"La transmisión es muy baja, lo que nos hace pensar que estamos en una situación favorable" - Le 17 mai, alors que l'Espagne, pour la première fois en 2 mois, passe sous la barre des 100 décès Covid-19, que la tendance est globalement à la baisse avec 327 personnes hospitalisées et 28 admises en soins intensifs, "Estamos muy cerca de acabar con la transmisión social", la plupart des infections semblent se produire dans les domaines de la santé. Le chef de l'exécutif demande une dernière prolongation d'un mois pour préparer la fin de la désescalade et assure que les autonomies (las autonomías) "retrouveront leur capacité de décision", la nueva normalidad al "comienzo del verano". Se pose notamment la définition de la stratégie vis-à-vis d'une industrie touristique qui représente 13% de  la production économique nationale et 83,7 millions de touristes. Les Allemands et les Autrichiens seront-ils à revenir aux points les plus chauds avant les Britanniques?

En attendant, les citoyens sont autorisés à marcher sans limites (pasear sin límites) dans 7 378 des 8 131 villes espagnoles, et la "revuelta de las cacerolas",  dans la Calle de Nunez de Balboa, au coeur du quartier de Salamanque, à Madrid, encouragée par le PP et Vox, manifeste son hostilité au gouvernement central. Reste certains territoires qui n'ont pas encore franchi la première phase, la Communauté de Madrid, la région métropolitaine de Barcelone et les capitales provinciales de Castilla y León....

"Vamos a intentar salvar un poco la campaña de verano" - Toute l'Espagne a quitté l' "estadio 0 de la desescalada", ce 25 mai, Madrid, Barcelone et Castilla y León entrent en phase 1, quelque 22 millions d'habitants entrent en phase 2, les espaces culturels sont réouverts et les contacts sociaux autorisés en groupes plus importants. Mais à l'approche des vacances, près de 50 % des Espagnols considèrent que l'été est perdu. Les touristes étrangers peuvent réserver des vacances en Espagne à partir du mois de juillet dans la mesure où la quarantaine de deux semaines imposée aux voyageurs pour lutter contre la propagation du coronavirus devrait probablement être suspendue d'ici là, a déclaré le ministre espagnol du Tourisme....


Allemagne, du 23 mars au 20 avril, 3 mai ???
Exit-Plan - Lockerungs-Plan der Bundesregierung - La pandémie de Covid-19 en Allemagne se répand depuis le 27 janvier 2020, à partir d'un premier cas de maladie à coronavirus 2019 constaté en Bavière. Le nombre de cas a commencé à augmenter rapidement sur une base quotidienne au début du mois de mars 2020 et continue de croître à l'échelle nationale, alors que de plus en plus de membres de la population se font tester pour le virus, beaucoup après leur retour de vacances d'hiver dans d'autres pays européens gravement touchés tels que l'Autriche, l'Italie et la Suisse. Chacun des 16 États fédéraux allemands a confirmé des cas de COVID-19, la Bavière, la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et le Bade-Wurtemberg étant les plus touchés. Les trois villes allemandes les plus peuplées, Berlin, Munich et Hambourg ont été le plus durement touchées par la pandémie. Contrairement à d'autres pays européens, l'Allemagne n'a jusqu'à présent pas ordonné à ses 80 millions d'habitants de rester chez eux, mais a plutôt opté pour des mesures strictes de distanciation sociale qui ont été publiées le 22 mars.

Les décès en Allemagne devraient atteindre un pic au cours de la troisième semaine d'avril, avec 377 décès estimés le 19 avril. Le modèle montre que l'Allemagne disposera de suffisamment de lits et de lits dans les unités de soins intensifs pour répondre à la demande. La gestion comparée du Covid-19 entre la France et l'Allemagne est un incontournable des relations entre les deux pays, force est de constatée que l'Allemagne a su mieux contrôler la pandémie que son voisin, - le bilan humain en témoigne -, sa stratégie de tests fut plus rapide, mieux anticipée, son économie sans doute mieux préservée, et plus encore un climat social plus consensuel, moins autoritaire...
Le gouvernement allemand entend mettre en place un déconfinement progressif à partir du 19 avril, les yeux rivés sur le taux de reproduction du virus, c'est-à-dire le nombre moyen de personnes contaminées par un seul malade, qui doit se maintenir en dessous de 1, soit le seuil en deçà duquel une épidémie recule.

"Die Wissenschaftsakademie Leopoldina hat eine Rückkehr zur Normalität empfohlen", eine neue Normalität - Le 12 avril, l'Académie nationale des Sciences Leopoldina, l'une des plus anciennes sociétés savantes scientifiques au monde (1652),  s'est dit en faveur d'un retour à la normale "par étapes", en émettant toutefois deux conditions : que les chiffres des nouvelles contaminations "se stabilisent à un bas niveau" et que "les mesures d'hygiène soient maintenues". L'Allemagne connaît une situation est moins dramatique que dans d'autres pays européens. Si les données quotidiennes de l'Institut Robert Koch montrent un ralentissement général de la progression de la pandémie, le rapport Leopoldina pourrait maintenant donner l'impulsion finale aux décisions difficiles qui doivent être prises par les autorités. Le document, signé par 26 experts qui comprennent des économistes, des virologistes, des sociologues et des philosophes, entre autres disciplines, appelle à des subventions pour les travailleurs et à une aide immédiate pour les PME, ainsi qu'à un plan d'investissement en infrastructures pour lequel l'État doit disposer d'une plus grande marge de manœuvre compte tenu de l'état de ses comptes publics, dans le cadre d'un changement profond de la politique économique et fiscale à moyen et long terme. Bien qu'il préconise un retour progressif à la vie publique, le texte évite de se prononcer directement sur les secteurs productifs qui devraient reprendre le travail dans les prochaines semaines. Les experts, qui comprennent des économistes, des virologistes, des sociologues et des philosophes, entre autres disciplines, appellent également à une réponse économique coordonnée au niveau européen. Ils considèrent que protection de la santé et la reprise rapide d'une vie publique se conditionnent mutuellement. L'un des piliers de la réactivation progressive est la réouverture des écoles dès que possible. Les experts de Leopoldina soutiennent également l'utilisation obligatoire de masques dans les transports publics, l'utilisation d'"applications" (volontaire) pour suivre la trajectoire des personnes infectées, et encouragent  un "comportement individuel responsable" plutôt que des mesures restrictives. C'est sur la base des conclusions de cette institution très écoutée que la chancelière rencontrera les chefs des 16 États régionaux pour prendre des décisions...

Un succès provisoire fragile (ein zerbrechlicher Zwischenerfolg)  - Man habe zwar etwas erreicht, was nicht von vorneherein absehbar gewesen sei, die Krankenhäuser, die Ärzte und die Pflegekräfte seien nicht überlastet worden. Aber das sei nur ein Zwischenerfolg, "ein zerbrechlicher Zwischenerfolg" - Au 15 avril, l'Allemagne (134000) est le quatrième pays au monde avec le plus de cas de Covid-19, après les Etats-Unis (644000), l'Espagne (182000) et l'Italie (165000), mais le taux de mortalité est le plus bas d'Europe, et au cours des dernières semaines, le taux d'infection a sensiblement diminué : une personne infectée infecte actuellement statistiquement 1,2 à 1,5 autres personnes, au départ, le chiffre était de cinq à sept personnes.
Toutefois, l'Allemagne reste partagée entre deux attitudes, une chancelière et un gouvernement fédéral qui ne cessent d'appeler à la prudence (Einen konkreten Tag zu nennen, wäre "absolut unverantwortlich"), suivant les avis de l'Institut Robert Koch (RKI), le centre national de référence en épidémiologie qui insiste sur le fait que la courbe de contagion n'est pas rompue, et de l'autre, une population qui s'impatiente, une Académie national des sciences qui préconise la levée progressive des restrictions, et des Etats fédéraux qui demandent de revenir à la normalité le plus rapidement possible. La chancelière a donc fait oeuvre de consensus et donc décidé,  en lien avec les 16 premiers ministres des Etats fédéraux, d'une levée du confinement en trois dates,  avec une restriction de contact et de voyage maintenues. Jusqu'au 3 mai au moins...

"Noch lange nicht über den Berg"  - A partir du 20 avril, une ouverture progressive de la vie publique, scolaire et commerciale, à Berlin et dans le Brandebourg, le 22 avril, et en Bavière et en Thuringe, le 27 avril, avec une limitation des contacts sociaux jusqu'au 3 mai, les magasins de détail pourront rouvrir jusqu'à 800m2 de surface de vente, librairies,  concessionnaires de voitures et de vélos, sans restriction de taille, les coiffeurs suivront le 4 mai. Le gouvernement fédéral et les gouvernements des États fédérés recommandent à la population de porter des masques de protection simples dans les transports publics et lors des achats, mais obligation.
À partir du 4 mai, les ouvertures se feront progressivement, avec des différences entre  les États fédéraux, notamment pour les plus touchés: "une réponse immédiate doit être apportée à la dynamique régionale avec un nombre élevé de nouvelles infections et une augmentation rapide du taux d'infection" (auf eine regionale Dynamik mit hohen Neuinfektionszahlen und schnellem Anstieg der Infektionsrate müsse sofort reagiert werden). Les établissements scolaires vont réouvrir (à partir du 11 mai en Bavière), mais  en commençant par les classes de terminale, les classes qui passeront des examens l'année prochaine et les classes supérieures de l'école primaire. Les établissements de restauration, les bars, clubs, discothèques, théâtres, opéras et salles de concert resteront fermés. Les citoyens allemands devraient continuer à s'abstenir de faire des voyages privés et de rendre visite à des membres de leur famille, ainsi que des excursions d'une journée vers des destinations nationales. Les grands événements seront interdits jusqu'au 31 août (la fameuse Oktoberfest reste en suspens) et les services religieux continueront d'être interdits.

Mais la chancelière dès le 20 avril s'inquiète de la rapidité avec laquelle certains Länder (la Basse-Saxe, la Rhénanie du Nord-Westphalie, le Bade-Wurtemberg) lèvent les mesures de restrictions et menacent d'arrêter le processus si les statistiques plongent à nouveau. Les médias contestent son attitude, ses expressions lorsqu'elle critique les "Öffnungsdiskussions orgien" dans certains Etats: "Doch, Frau Merkel! Wir brauchen Diskussionsorgien" (Welt).. "Wie lange hält die Demokratie das aus?"  En attendant, la disparité est la règle et les populations se déplacent au gré des stratégies, le Bade-Wurtemberg s'ouvre et les Bavarois, où presque tout est encore fermé, se frayent un chemin vers la terre promise. Verdict dans 14 jours, le 4 mai…

Schrittweiser Corona-Exit - En Allemagne, la levée des restrictions s'accélère. Depuis le 28 avril, depuis que la Cour constitutionnelle de la Sarre (der saarländische Verfassungsgerichtshof) a décidé que le gouvernement du Land doit immédiatement assouplir les strictes mesures d'ouverture, invoquant des doutes massifs quant à l'efficacité de celles-ci dans toute l'Allemagne : "une comparaison des taux d'infection et de mortalité dans les Länder allemands avec et sans restriction de sortie, ne permet pas de tirer des conclusions sur l'efficacité de la restriction de sortie" (Aus einem Vergleich der Infektions- und Sterberaten in den deutschen Bundesländern mit und ohne Ausgangsbeschränkung, kein Rückschluss auf die Wirksamkeit der Ausgangsbeschränkung ziehen). Les musées, les zoos, les jardins botaniques à Hambourg, les restaurants en Basse-Saxe, dès le 11 mai, s'ouvrent, le Schleswig-Holstein et le Mecklembourg-Poméranie entendent accueillir des touristes, la Bavière autorise les visites des proches parents, ouvre ses écoles, et la frontière avec le Danemark pourrait être progressivement levée à partir de mi-mai. A contrario, le Bade-Wurtemberg et la Basse-Saxe jouent la modération et la coordination fédérale. Gouvernement fédéral et Länder se sont entendus sur un seuil, si l'on atteint 50 nouvelles infections pour 100000 habitants sur 7 jours consécutifs, les restrictions du 20 avril seraient réenclenchées...

"Corona-Lockerungen - Es wird wieder eng in den Einkaufsstraßen" - En ce 10 mai, les rues commerçantes se remplissent à nouveau dans toutes villes allemandes, les parcs tels que Treptower Park à Berlin de même, tandis que la police anti-émeute s'oppose à des centaines de manifestants à Berlin qui scandent "Wir sind das Volk!", "Freiheit!" en signe de protestation contre les restrictions sur les coronavirus, mais aussi à Munich, Stuttgart, Frankfurt. Les distances physiques (Mindestabstand ) sont parfois de loin souvenirs : "Natürlich hält sich nicht jeder an die Abstände. Die Polizei kommt zu uns und sagt: Wir sollen die Leute ermahnen. Aber wir sind keine Kindergärtner." Pourtant, l'Institut Robert Koch dans son rapport quotidien sur la pandémie alerte sur un regain de nombre de cas (Infektionsrate steigt wieder an), - le nombre confirmé de nouveaux cas a augmenté de 667 par jour pour atteindre 169.218, tandis que le nombre de décès par jour avait augmenté de 26 pour atteindre 7.395 -, et attend de voir si la tendance se confirme. En cible, deux districts des Länder de Rhénanie du Nord-Westphalie et du Schleswig Holstein, où le COVID-19 a fait son apparition parmi les travailleurs des usines de transformation de la viande...

Le 4 avril, l'Institut Robert Koch comptabilisait 85 778 cas confirmés, le 6 mai, 32 jours plus tard, ce nombre a presque doublé pour atteindre 164 807 infections à Sars-CoV-2. Début avril, plusieurs études nationales sur les anticorps ont été lancées, censées fournir des informations sur  la contagion au sein de la population, des résultats toujours attendus. En fait, rien ne permet véritablement de justifier les mesures d'assouplissement qui ont été prises, si ce n'est une tendance globale et la volonté populaire, un pays comme la France montre plus de frilosité. Les masques sont désormais obligatoires dans presque tous les États allemands pour faire des achats et dans les transports publics.
"Corona-Proteste, Corona-Diktatur - Wie die Neue Rechte den Verschwörern hinterherläuft" - Venus de l’extrême droite, de l’ultra gauche ou de la mouvance conspirationniste (Verschwörungstheoretiker), des milliers de personnes manifestent les W-E du 16 mai dans plusieurs villes d’Allemagne à Munich, Berlin, Dortmund, Stuttgart (5000 personnes) sous étroite surveillance policière. Ils dénoncent les restrictions restantes face au coronavirus, un mouvement de colère qui prend de l’ampleur et inquiète les autorités. "Wir sind keine Tiere", la protestation se retrouve aussi en Grande-Bretagne.
Pendant ce temps, une autre Allemagne rêve de vacances, voit la frontière avec l'Autriche s'ouvrir le 15 juin et , 7 millions d'Allemands s'interrogent sur la possibilité de pouvoir gagner l'Espagne cet été, der Deutschen liebstes Urlaubsland : Mallorca sin alemanes?, s'interrogent les opérateurs espagnols, "Berlín prepara a sus ciudadanos para unas vacaciones en casa". En attendant l'interdiction d'entrée pour les touristes dans le Schleswig-Holstein ayant été levée depuis le 18 mai, les vacanciers se ruent vers des îles comme Sylt, Föhr ou Amrum....

A Suivre, début juin…


France, du 17 mars au 11 mai, ????
La pandémie de Covid-19 en France est identifiée à partir du 24 janvier 2020.  C'est également en France que le SRAS-CoV-2 a fait sa première apparition en Europe. Trois personnes ont été testées positives et l'une d'entre elles, un touriste de 80 ans, est décédé du COVID-19 le 15 février. L'épidémie a commencé à prendre son essor début mars. Le 14 mars, l'épidémie passe au stade 3 et tous les lieux recevant du public non indispensables à la vie du pays sont fermés. À partir du 17 mars, afin de réduire à leur plus strict minimum les contacts et les déplacements, la population est confinée à domicile sauf pour des motifs autorisés.

Alors que ce dimanche 13 avril, l'épidémie de coronavirus a fait 14.393 morts en France, dont plus de 9.000 en milieu hospitalier, le président français annonce le prolongement des mesures de confinement, semble prendre acte de lacunes dans la gestion de la pandémie, mais surtout fournit une date de sortie progressive, le 11 mai, une date possible parce que la contagion semble marquer le pas, une date certes assortie de conditions, mais que le pays attendait impatiemment. Mais alors que nombre de pays, à date, exception du Royaume Uni, ont déjà tracé les grandes lignes de ce déconfinement au 15 avril, les autorités françaises se donnent encore deux semaines pour concevoir leurs propositions… 

Le 19 avril, alors que l'épidémie poursuit son ralentissement (+395 décès supplémentaires (19718 au total donc 7649 en EMS), +785 cas confirmés (112606), 30610 hospitalisés en cours (7988), 5744 en réanimation), le 1er ministre et le ministre de la santé après deux heures de présentation, de bilan, et d'auto-satisfaction teintée d'humilité, déclarent "ce n'est pas le moment de présenter le plan complet" et renvoient à la fin du mois d'avril : les Français ne retrouveront "pas tout de suite et probablement pas avant longtemps leur vie d'avant"... Trois principes sont affichés, le strict respect des gestes barrières et de distanciation physique, la pratique systématique de tests virologiques lors de l'apparition du moindre symptôme de Covid-19, l'isolement des porteurs de virus. Mais durant toutes ces dernières semaines du mois d'avril, de multiples discussions souvent contradictoires agitent médias et "sommet" de l'Etat, l'opinion reste spectatrice impuissante...

En France, au 27 avril, depuis le début de l'épidémie, 88 712 personnes ont été hospitalisées, on compte 23 293 décès depuis le 1er mars, mais le nombre de personnes hospitalisées et le nombre de personnes en réanimation sont sur une tendance à la baisse. "Si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne dé-confinerons pas le 11 mai" - Le 28 avril, le premier ministre français propose non pas un déconfinement mais un desserrement progressif du confinement avec trois étapes, le 11 mai, le 1er juin et sans doute le 23 juillet, chacune précédée une évaluation de la situation. On retrouve ici nombre de mesures déjà adoptées ou mises en oeuvre par bien d'autres pays (masques, tests, isolements), restent pourtant deux points très spécifiques à la France....

En premier lieu, un fond de discours, difficilement acceptable, réitérant une fois de plus la responsabilité entière dans cette diffusion de la pandémie, au peuple lui-même, un peuple culpabilisé, sous surveillance, et menacé d'être reconfiné en cas de distorsions statistiques, le pouvoir ayant lui-même, ce qu'il rappelle continument, géré le plus correctement du monde cette crise sanitaire. Le contexte mondial (la pénurie), le positionnement des scientifiques (dont les recommandations évoluent constamment) et le français moyen (peu discipliné, peu civique) portent l'entière responsabilité de la pandémie et du risque d'un rebond éventuel... 
Seconde particularité, dans un pays où la moitié des décès se sont produits dans des ehpads, l'exécutif opte pour un déconfinement par département (100km autour de son domicile), des mesures à deux couleurs à observer avec attention : tous les pays possédant de véritables régions font en sorte de ne pas introduire de disparités flagrantes localement, des disparités pouvant conduire à des discriminations de territoires ou des stigmatisations : l'apparente volonté des autorités à jouer la décentralisation dans l'organisation de ce pré-confinement semble plus recouvrir un sentiment de déresponsabilisation dans les semaines à venir (la peur omniprésente d'un scandale sanitaire) que de préoccupation de maintenir une uniformité dans la circulation d'une pandémie qui ne cessera pas d'ici la fin de l'année. A contrario, le gouvernement a décidé de ne pas prolonger sous une forme ou sous une autre le confinement de ces 17 millions de personnes que sont les populations à risques, comme les personnes âgées ou souffrant de maladies chroniques. … "Je donne rendez-vous aux Français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement..."

Une déclaration comme la suivante, - "Notre politique repose sur la responsabilité individuelle et la conscience que chacun doit avoir de ses devoirs à l’égard des autres. Si des contrôles étaient nécessaires, ils seront prévus. L’objectif est de compter sur le civisme de chacun" - peut être interprétée de deux manières selon nos dispositions intellectuelles relativement à la parole politique. On pourrait ainsi répartir les attitudes et réactions à toute annonce gouvernementale en deux postures dominantes, et irréconciliables en profondeur, les "légitimistes", pour qui l'autorité est l'autorité, quelles que soient les quelques contestations que l'on puisse émettre, et les "libertaires" qui estiment qu'il n'y a aucune limite à l'expression critique et que tout est, par définition discutable et contestable… Enfin le 1er mai, profitant de l'impossibilité pour les organisations syndicales de défiler, le président français a non seulement tenu à s'accaparer cette manifestation traditionnelle mais a, comme souvent, laisser échapper la phrase de trop, nous avons "cette volonté forte : retrouver dès que possible les 1er mai joyeux, chamailleurs parfois qui font notre Nation...". 

"La bonne nouvelle, c’est que nous sommes en mesure de valider le déconfinement sur l’ensemble du territoire métropolitain. La moins bonne nouvelle, c’est que certains départements ont des résultats moins bons qu’espéré " - La loi d'urgence sanitaire est prolongée jusqu'au 24 juillet, mais la France entame un déconfinement très progressif à partir du lundi 11 mai, après presque deux mois de confinement, et avec un étonnant respect massif des consignes officielles, malgré les errements initiaux des autorités sur les masques par exemple. La décision de confinement a-t-elle été prise trop tardivement et fallait-il s'engager dans une stratégie de confinement strict, à ces deux questions, les gouvernants français répondent avoir pris toutes les bonnes décisions et dans les délais requis, les dirigeants des autres pays européens, sous la pression de leurs médias et oppositions, font preuve d'un peu plus de retenue.
Depuis le 18 mars, près de 100 000 personnes atteintes du Covid ont été hospitalisées en France, dont une sur six en réanimation ou soins intensifs,  137 779 cas confirmés de Covid-19, plus de 25 987 décès (dont plus de 16 000 patients à l’hôpital, et de 9000 en ehpad). Le 6 mai, près de 24 000 personnes sont encore hospitalisées en France, dont 2911 en réanimation, et 278 décès ont été enregistrés dans les dernières 24h. La France se dit prête pour tester massivement, à raison de 700 000 tests par semaine, les personnes présentant des symptômes ou susceptibles d’avoir attrapé le virus, et instaure une nouvelle attestation pour les déplacements au-delà de 100 km (calculé à "vol d'oiseau', particularité française), le port du masque obligatoire dans les transports en commun, une stratégie de tests et isolement en cas de résultat positif, et se prépare à accueillir plus d'un million d'écoliers dès la première semaine. Il est désormais possible de retourner au travail mais le télétravail reste encouragé. 453 800 emplois ont été supprimés dans le secteur privé sur le premier trimestre de l'année...

Semaine du 17 mai, alors que la tendance à la baisse de poursuit, que depuis le 1er mars, on déplore 27.625 décès liés au Covid-19 (17.412 dans les hôpitaux et 10.213 dans les établissements sociaux et médicosociaux, alors que la France vit son premier week-end de déconfinement, alors que depuis le déconfinement 25 foyers épidémiques ont été identifiés et traités, l'Etat d'urgence sanitaire règne en France à l'encontre des Droits de l'Homme : la mesure limitant les déplacements à 100km de son domicile est présentée comme une mesure sanitaire justifiée, bien que s'opposant à la liberté fondamentale d’aller et venir, composante de la liberté personnelle protégée par les articles 2 et 4 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. En 1936, les congés payés étaient une conquête sociale, en 2020, les vacances seront une conquête sanitaire, se risque un membre du gouvernement, les congés estivaux "seront une conquête sanitaire", propos inimaginable, les mesures évoquées étant plus politiques que véritablement sanitaires.

La population française semble en majorité consentir à ces restrictions, inconnues des autres démocraties européennes qui sont pour la grande majorité des sociétés décentralisées (Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni). Le gouvernement poursuit ses mises en scènes quotidiennes, promet des médailles et des primes pour les personnels soignants (« Si vous n’en voulez pas, vous ne la prenez pas ! », 15 mai), avoue "On a sans doute fait une erreur dans la stratégie" et promet une accélération de la mise en chantier du « plan massif » en faveur de l’hôpital promis le 25 mars à Mulhouse. Et tandis que le président français entend honorer « l’esprit de résistance » de Charles de Gaulle et poursuit une savante théâtralisation de sa personne, exemple unique dans les démocraties européennes, les Français jouent, dans leur espace de 100km, la consommation, un semblant de liberté retrouvée, le tourisme de proximité, la bataille de l'ouverture des plages, et le premier ministre leur promet des vacances d'été...

"Les résultats sont bons sur le plan sanitaire" - Il faut attendre le 2 juin pour que le déconfinement franchisse en France une étape décisive avec l'ouverture des parcs et jardins et la levée de la limite des 100km, l'ouverture des restaurants en zone verte : les commentateurs évoquent une stratégie de déconfinement réussie. Au 28 mai, la France compte 149 071 cas positifs au coronavirus depuis le début de l'épidémie. Le bilan est de 15 208 personnes hospitalisées pour une infection COVID-19 (vs 17 583 il y a une semaine le 21/05) et 253 nouvelles admissions ont été enregistrées en 24 heures (vs 271 il y a une semaine). 1 429 malades atteints d'une forme sévère de COVID-19 sont hospitalisés en réanimation (vs 1 745 il y a une semaine). 36 nouveaux cas graves ont été admis en réanimation (vs 28 il y a une semaine). On compte au moins 46 «clusters» identifiés ce qui indique que le virus circule sur tout le territoire. Selon des données de l'Insee dévoilées mercredi 27 mai, le PIB de la France pourrait connaître une chute "d'environ 20%" au deuxième trimestre, malgré un "rebond" de la consommation des foyers français pendant la première semaine du déconfinement...


Autriche, du 15 mars au 14 avril, début mai, mi mai?
"Zurück zu ein bisschen Normalität : Nach vier Wochen folgt die "gesicherte Teilöffnung" des Landes - mit Maskenpflicht in Öffis und offenen kleinen Geschäften" (Quatre semaines après le confinement, le pays est "partiellement ouvert", avec des masques obligatoires dans les lieux publics et l'ouverture de petits magasins.)
La pandémie de Covid-19 se propage en Autriche à partir du 25 février 2020 lorsque deux premiers cas sont détectés à Innsbruck. Les établissements d'enseignement sont fermés le 11 mars, le Tyrol, le Pays de Salzbourg, le Vorarlberg, la Carinthie et la Haute-Autriche interrompent prématurément la saison de ski : Ischgl, station de ski célébrissime située dans la région tyrolienne du Paznaun, a contribué à la propagation du nouveau coronavirus dans plusieurs pays européens (Norvège, Allemagne, Danemark) en maintenant ses activités malgré les autorités (CNN). Le confinement de la population a été décidé le 15 mars, avec un appel au bon sens et à la responsabilité des individus. A date, l'augmentation des nouvelles contaminations est en recul, sur 8,8 millions d'habitants, on compte 14000 cas, 368 décès.
L'Autriche est l'un des premiers pays d'Europe à oser faire un pas vers la normalité. Le gouvernement a décidé d'assouplir les restrictions en vigueur pour lutter contre le nouveau coronavirus à partir du 14 avril, avec distanciation physique et masque obligatoire (protecteur buccal et nasal) dans les supermarchés et les transports publics (contrairement aux supermarchés, aucun masque n'est distribué ou vendu dans les trains, les bus et les trams). Les petits magasins d'une superficie maximale de 400 mètres carrés ainsi que les magasins de bricolage et les jardineries sont autorisés à rouvrir. Cela doit se faire dans le cadre de règles de sécurité strictes et avec un nombre limité de clients (un client par 20 m2) : force est de constater que dès le premier jour, les magasins ont bien été pris d'assaut ("Die Baumärkte bleiben offen. Man muss nicht alles heute besorgen") et le port du masque rigoureusement observé (Maskenpflicht: Fahrgäste sehr diszipliniert). Des tests nationaux de détection des coronavirus sont planifiés en commençant par les maisons de retraite… ... L'impact politique reste encore partagé : "es war leicht zu sagen "Wir sperren das Land jetzt zu!" Die viel, viel schwierigere Aufgabe, das Land geordnet wieder hoch zu fahren, scheint die Regierung jetzt zu überfordern..."

Le 1er mai, ouverture de tous les magasins, centres commerciaux et coiffeurs Puis  par étapes à partir du 15 mai, les restaurants et les hôtels. Une évaluation quotidienne permettra éventuellement d'ajuster ces mesures. Le chancelier fédéral a déclaré le 19 avril que si l'objectif était de ême de "rétablir progressivement la liberté de voyager", la priorité serait toutefois accordée aux voisins ayant un taux d'infection aussi faible que l'Autriche, soit l'Allemagne et la République Tchèque...

Le 1er mai, les gens se promènent à Vienne ou dans la rue commerçante "Getreidegasse" dans la vieille ville de Salzbourg...

A Suivre, début juin…


Pays nordiques, du 13 mars au 15 avril, ???? 
Les sociétés nordiques n'ont pas réagi de la même façon à la pandémie Covid-19. Dans les pays nordiques, le premier cas de coronavirus a été confirmé en Laponie, en Finlande, à la fin du mois de janvier 2020, chez une touriste revenant de Wuhan, en Chine. Le nombre de cas confirmés de coronavirus en Finlande a commencé à augmenter de manière significative au début du mois de mars, et a augmenté de 96 nouveaux cas le 13 mars, ce qui représente le plus grand nombre de cas en une seule journée jusqu'à présent. Le pays a fermé ses frontières aux non-citoyens et aux non-résidents le 18 mars, et ce jour-là, le nombre de cas avait atteint un total de 319. La région dynamique d'Uusimaa, où se trouve Helsinki, fut la plus grande source de contagion de la covid-19 dans le pays. La Norvège a connu le plus grand nombre de cas confirmés du virus. Le premier cas confirmé dans le pays a été enregistré fin février 2020, mais les chiffres ont commencé à augmenter sensiblement début mars. Le plus grand nombre de cas confirmés en une seule journée a été enregistré le 11 mars 2020, avec 228 nouveaux cas confirmés. Le pays a décidé de fermer ses frontières à partir du 16 mars 2020. Le Danemark a été le premier des pays nordiques à fermer ses frontières aux non-citoyens et aux non-résidents le 14 mars 2020, également pour prévenir la propagation du coronavirus. Le premier cas dans le pays a été confirmé fin février 2020, et le nombre de cas a commencé à augmenter rapidement en mars.
Par rapport à ses pays voisins, la Suède a pris des mesures moins drastiques vis-à-vis du monde extérieur pour prévenir la propagation du coronavirus. Le pays garde ses frontières ouvertes pour les autres membres de l'Union européenne. Le premier cas de coronavirus dans le pays a été confirmé fin janvier 2020, et aucun pic significatif n'a été enregistré avant la fin février. Comme dans les autres pays nordiques, le nombre de cas a augmenté rapidement à l'arrivée du mois de mars. 

Le nombre de cas au Danemark a augmenté de manière significative au début du mois de mars. Le 14 avril 2020, le nombre de cas confirmés dans le pays avait atteint un total de 6 496. Le Danemark ouvre le 15 avril des crèches, des jardins d'enfants et des écoles pour  soulager les familles dont les parents travaillent. Le Premier ministre parle d'une "première phase prudente" de l'ouverture. En parallèle, il a prolongé de quatre semaines toutes les mesures en place. Les frontières resteront fermées jusqu'au 10 mai. Il en va de même pour les restaurants, les cafés, les pubs, les théâtres et les installations de loisirs. Les réunions de plus de dix personnes restent interdites, et les grands événements sont interdits jusqu'à la fin du mois d'août.  Le Danemark est l'un des rares pays, avec la Suède, à ne pas suivre les recommandations de l'OMS et de l'ECDC de mettre en quarantaine les personnes ayant été en contact étroit avec une personne infectée et leur permet de se déplacer librement. Au 27 avril, avec 8 643 personnes infectées (y compris celles des îles Féroé et du Groenland) et une courbe nettement descendante des cas actifs, le Danemark peut déjà dire qu'il sort du tunnel....
Les droits individuels ont toujours été beaucoup plus au centre du débat en Finlande et surtout en Norvège qu'au Danemark et en Suède, et la constitution joue dans ces deux pays un rôle particulier. Le Danemark et la Suède préfèrent souligner la primauté de la politique sur le droit. La Norvège adopte comme le Danemark un assouplissement prudent des mesures, mais les Norvégiens seront à nouveau autorisés à séjourner dans leurs maisons de week-end à partir du 20 avril, et d'autre part, les coiffeurs, les physiothérapeutes et les psychologues, entre autres, pourront bientôt commencer à retravailler fin avril et les écoles rouvrir. Les frontières du pays restent fermées. Les Norvégiens qui rentrent chez eux devront passer 14 jours en quarantaine. Le maintien de la fête nationale le 17 mai avec application des mesures de distanciation est un des challenges du gouvernement du premier ministre conservateur norvégien. 
La Finlande, plus collective et mieux équipée que tous les autres pays nordiques en ce qui concerne les stocks d'urgence, a suivi la Norvège tant dans sa stratégie de confinement que dans celle d'un retour progressif à la normal, mais la question de la reprise de l'école reste en suspens. L'interdiction de rassembler plus de 500 personnes en un même lieu restera en vigueur jusqu'en juillet, ce qui aura des répercussions sur les vastes festivals d'été du pays.
C'est précisément dans ces tests massifs que l'Islande - et en partie la Norvège, où 20 000 tests sont effectués quotidiennement - s'est distinguée ces dernières semaines d'avril. L'île atlantique, qui compte 360 000 habitants -, a commencé le 31 janvier à tester le covid-19 pour tous ceux qui le souhaitent, qu'ils présentent ou non des symptômes, qu'ils soient en contact avec une personne positive ou non, qu'ils soient du personnel. Le Danemark en a pris note et, dans le cadre de sa stratégie de sortie du confinement, a déjà annoncé 20 000 tests par jour. En Suède, comme dans de nombreux autres pays, les autorités se limitent à tester les personnes présentant des symptômes, le personnel médical ou la police.

Depuis le débit du mois d'avril, et plus encore depuis le 23 avril, la "Lockdown-free Sweden" voit ses courbes de nouveaux décès et de contagion Covid-19 repartir à la hausse. L'épidémiologiste Anders Tegnell reste confiant et toujours à la manoeuvre. C'est lui, idole du grand tabloïd Aftonbladet, qui est à l'origine de la stratégie suédoise, une stratégie d'immunisation, différente de celle envisagée par le Royaume-Uni et  qui fait sensation dans le monde entier, tour à tour louant sa "sérénité exemplaire" ou décriant une "expérience dangereuse". Pour l'épidémiologiste, le Danemark et la Norvège sont entrés dans le cycle plus préoccupent d'un déverrouillage qui peut enclencher très rapidement des vagues d'infections. La Suède a enregistré à ce jour 17 567 cas de coronavirus et 2 152 décès, avec un record d'infection de 812 cas. "The corona curve is going in the wrong direction" (Aftonbladet). Le gouvernement suédois tient en réserve une série de mesures différentes visant à limiter la propagation du virus COVID-19 et à en atténuer l'impact économique : "It's a myth that life is going on as normal," déclare le gouvernement, qui menace le 24 avril de fermer restaurants et bars si la population ne respecte pas la distanciation sociale. Le 30 avril, Anders Tegnell admettait que le virus était plus imprévisible que prévu… A contrario, la Norvège, qui l'un des premiers pays européens à se mettre en quarantaine le 12 mars, prévoit le 8 mai de lever presque toutes les restrictions d'ici le 15 juin après avoir réussi à aplatir la courbe de l'infection, avec seulement 8 034 cas signalés....

A Suivre, début juin…


Royaume-Uni, du 24 mars au ???
"No exit strategy… do it yourself?" - La pandémie de Covid-19 au Royaume-Uni a officiellement débuté le 31 janvier 2020. Bien qu'étant touché, le pays faisait état principalement de cas importés et n'était pas considéré jusqu'à mi mars, comme un foyer épidémique à la différence de l'Italie, de la France, ou de l'Allemagne. Le nombre de cas au Royaume-Uni a considérablement augmenté fin février. C'est le 24 mars que le Royaume-Uni met en place très tardivement et après en avoir d'abord nié le bien-fondé un "confinement national" qui ne sera jamais strict. Londres est la région la plus touchée du Royaume-Uni, suivie par les Midlands, puis le Nord-Ouest. Les décès au Royaume-Uni devraient atteindre un pic au cours de la troisième semaine d'avril, avec 2 932 décès estimés le 17 avril. Le modèle montre que le Royaume-Uni n'aura pas assez de lits et de lits d'USI pour répondre à la demande...

"Everybody wants to know what the future looks like" - les principaux experts du gouvernement avertissent que les restrictions ne pourraient être assouplies tant que des tests de masse ne seraient pas mis en place. Le 16 avril, le nombre de morts au Royaume-Uni augmente pour la cinquième journée consécutive avec 861 morts (13729 décès au total) et 4604 cas (103000 au total), le ministre de la santé et le gouvernement prennent alors la décision de prolonger le confinement de trois semaines et écartent tous les appels à révéler une "stratégie de sortie" (exit strategy)...

"The Covidiocy Chronicles: who are this week’s biggest celebrity fools? " (The Telegraph, 14 avril) - L'esprit libéral traditionnel du Royaume-Uni a fait que les restrictions ont été imposées plus tard et que les autorités n'ont jamais imposé un confinement aussi rigide qu'en France, Espagne ou Italie : la police surveille les mouvements de population à l'aide de drones, met en place des barrages routiers, interroge le comportement de ceux qui prennent des bains de soleil dans les parcs ou qui font du jogging en groupe, autant de photographies jugées laxistes qui ont fait le tour du monde. Si les autorités ont été dans l'obligation de détailler ce qui était permis et ce qui ne l'est pas (Brits could be allowed to meet up with 10 of their closest family or friends under one idea to relax the coronavirus lockdown), tous les pays anglo-saxons, du Royaume-Uni à l'Australie et aux Etats-Unis, ont vu s'imposer un nouveau terme, un type de comportement assez proche celui du touriste type anglo-saxon souvent dénoncé par les médias espagnols, le "Covidiot" (celui qui ne tient pas compte des recommandations sanitaires des autorités, celui qui ne respecte pas les distanciations physiques, celui qui stocke des denrées alimentaires et n’en laisse pas pour les autres)… "Ten things you're allowed to do outside in lockdown" : Drive to the countryside for a walk, Exercise more than once per day, Stop to rest or have lunch while on a long walk, To buy tools and supplies for maintenance and upkeep, To move in with a friend to "cool off" after an argument, To provide support to a vulnerable person, To attend a funeral or visit a cemetery or graveyard, To take pets to the vets, To buy non-essential goods such as luxury items and alcohol, To travel to work if you cannot work from home (The Daily, Mirror)

Au 19 avril, le gouvernement britannique a préparé un plan en trois phases pour lever progressivement le verrouillage de Covid-19. Boris Johnson, qui se remet actuellement d'une infection au coronavirus lors de la retraite du pays, a l'intention de rentrer avant le 11 mai, date à laquelle la fermeture prolongée doit prendre fin et les écoles rouvrir. Le Royaume-Uni est au plus fort de la pandémie avec 15 464 décès, après en avoir ajouté 888 de plus hier que la veille, ce qui a obligé les autorités à prolonger les mesures d'enfermement à domicile jusqu'au 7 mai.
Dans la première des trois phases du plan (phase verte), les écoles rouvriront le lundi 11 mai, d'abord pour les adolescents qui auront les deux examens les plus importants de l'éducation britannique, puis certains magasins vendant des produits non essentiels, train et autobus reviendront également à la normale, les passagers devant porter des masques. La deuxième partie du plan, appelée "ambre", commencerait fin mai ou début juin, avec la réouverture d'autres magasins, l'activité commerciale et le retour des employés au travail. Les bars, restaurants et événements sportifs ou concerts ne pourront pas rouvrir avant juillet . La dernière phase, la phase "rouge", les plus de 70 ans et les plus vulnérables à la propagation du coronavirus devront rester chez eux pendant des mois, jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible, ce qui pourrait les obliger à être confinés jusqu'à l'année prochaine. L'université d'Oxford, en Angleterre, travaille sur un vaccin contre Covid-19, dont les essais cliniques devraient être achevés à la mi-août.

Le 24 avril, alors que le nombre de décès dans les hôpitaux britanniques a augmenté de 616 à 18.738, que le pic des infections semble avoir été atteint, et que le gouvernement recommande toujours de rester chez soi et d'aider à sauver des vies (to stay home and help to save lives), le trafic sur les routes britanniques est en hausse pour la première fois depuis le début du confinement, avec des niveaux allant jusqu'à 10 % : le pays se remet au travail avec la réouverture des magasins, des chantiers et des usines, après un week-end qui a vu les Britanniques continuaient à bafouer les mesures de restriction en envahissant les plages et les parcs du Royaume-Uni....

UK braces for lockdown until June - Le 1er mai, alors qu'environ 6 000 nouveaux cas sont signalés chaque jour au Royaume-Uni, le premier ministre déclare ne pas souhaiter suivre le relâchement de la distanciation qu'il observe en Allemagne et que le confinement restera en place tant que le nombre de nouveaux cas quotidiens ne sera pas tombé en dessous de 1 000. Quant au gouvernement qui souhaite tant que le pays retourne au travail, il semble constater que la forte préconisation "stay at home" a été si bien intégrée par la population qu'une véritable "coronaphobia" se développe au Royaume Uni (UK public is nervous about starting to resume normal life despite huge economic damage).... Le 5 mai, avec plus de 32 000 morts, le Royaume-Uni compte désormais plus de victimes que l'Italie et n'est devancé que par les États-Unis, résultat d'une stratégie qualifiée de, par l'éditeur du Lancet medical journal, “the biggest science policy failure in a generation”....

Alors que des scientifiques avertissent le Royaume-Uni que 100 000 personnes pourraient mourir d'ici 2021 si les restrictions sur les coronavirus sont levées trop tôt, le Premier ministre change de slogan le 10 mai, le "stay alert" remplace le "stay at home", introduisant un système d'alerte à base de code de couleur, puis atténuant son propos alors que la première ministre écossaise conteste le nouveau slogan. Le Royaume-Uni est divisé, le nombre de morts a dépassé les 31000, 90 % de la population dit craindre une levée trop rapide des restrictions cette semaine., ce qui n'empêche pas de voir parcs, marchés et plages bondés le week-end, et le lundi 11 mai, pour la première fois depuis que les 66 millions d'habitants du Royaume-Uni ont été invités à rester chez eux le 23 mars dernier, des embouteillages importants sur les grandes routes, des bus et trains bondés à Londres...

The first Saturday since lockdown was eased  - Le 16 mai, alors que la Grande-Bretagne enregistré 244 autres décès dus à des coronavirus, ce qui porte le nombre officiel de décès au Royaume-Uni à 34 242, que le directeur général du NHS éclate que les médecins traitent encore environ 9 000 patients atteints de coronavirus par jour en Angleterre, contre 19 000 au plus fort de l'infection en avril, que l'université de Nottingham suggère que les cas de coronavirus ont chuté de façon spectaculaire après le mois d'avril le plus ensoleillé jamais enregistré, avec une forte lumière UV tuant le virus et la vitamine D renforçant le système immunitaire, que des échauffourées entre la police et les manifestants anti-lockdown éclatent à Hyde Park et dans tout le Royaume-Uni, l'office du tourisme de Blackpool se rebaptise sur Twitter "Ne visitez pas Blackpool" au lieu de "Visitez Blackpool", et la police rurale craint que les locaux ne s'en prennent aux citadins. En ce premier week-end qui a vu un allègement des restrictions, la  police tente d'endiguer le flux de près de 15 millions d'adeptes du soleil et de la nature. Plus de 237 000 personnes ont été officiellement diagnostiquées avec la maladie virale, mais l'ampleur réelle de l'épidémie en Grande-Bretagne est considérablement plus importante, les responsables gouvernementaux suggérant que jusqu'à 6,6 millions de personnes ont probablement contracté la maladie rien qu'en Angleterre....

"I will not be masked" - Alors que des centaines de personnes participent aux manifestations contre les restrictions dans tout le Royaume-Uni, à Hyde Park, à Londres, à Southampton, Cardiff, Glasgow et Nottingham, le 10 mai prend fin  le mouvement #ClapForOurCarers qui a vu, tous les soirs, les Britanniques taper dans des casseroles et applaudir, comme dans d'autres pays européens,  médecins et infirmières qui s'occupaient des patients atteints de coronavirus. Mais les temps ont évolués...

May 30th, on Britain's 68th day enduring the coronavirus lockdown - "The country could see mass rule-breaking ahead of lockdown restrictions being relaxed on Monday" - Et si chacune des quatre nations composant le Royaume-Uni ont mis en place des restrictions différentes pour lutter contre la pandémie, toutes vont vivre un dernier week-end de mai et premier week-end de juin à risque avec la hausse des températures, les foules envahissent campagnes et plages (Boscombe Beach in Bournemouth) : "we're at a very dangerous moment", alerte en vain le gouvernement. Le taux de reproduction du virus "R" se situe juste en dessous de 1 entre 0,7 et 0,9...


Belgique, du 18 mars au 11 mai ???
 "Notre objectif : organiser le déconfinement progressif pour le début du mois de mai" - À l’instar de la France, les autorités belges se sont lancées très tardivement dans la bataille. La pandémie de Covid-19 en Belgique commence le 4 février 2020, lorsqu'un premier cas est confirmé, un homme asymptomatique de 54 ans, qui a été l'un des neuf Belges rapatriés le 1er février du Hubei (Chine). La très décriée ministre de la Santé  déclare le 5 mars :"On parle ici d’une nouvelle, mais légère grippe qui va continuer à voyager autour du globe et ensuite deviendra une grippe saisonnière comme on vient d’en avoir une" (cf sa lamentable réaction aux alertes scientifiques, des "dramaqueens" (tragédiennes)), l'Italie compte 148 morts et la France 7 décès. On apprendra de même un peu plus tard que le stock stratégique de masques de la Belgique a été détruit, car périmé, sans être remplacé...

Le 17 mars, Sophie Wilmès, à la tête d'un gouvernement formé en urgence, annonce un confinement de la population qui sera effectif le lendemain, 18 mars. En Belgique, la région la plus sévèrement touchée est la Flandre, suivie de la Wallonie et enfin de la région de Bruxelles-Capitale. Le 10 avril, le nombre de morts a inquiété la Belgique et là encore nombre d'experts s'accordent à regretter les réponses tardives des autorités.
Le 15 avril, la Belgique comptait 34800 cas depuis le début de la pandémie et 4850 décès, 5 309 lits d’hôpital dont 1 182 lits en unité de soins intensifs étaient occupés par des patients confirmés COVID-19 et  868 patients nécessitaient une assistance respiratoire. Le même jour, la Première ministre annonçait la prolongation des mesures de confinement jusqu’au 3 mai inclus : "Si aujourd’hui, tout laisse à penser que la progression du virus ralentit, il est très clair que cette crise n’est pas terminée. Il est tout aussi clair qu’il faut poursuivre ces efforts, sans les affaiblir." Pour que "cette prolongation soit supportable pour tous", ont été décidée la réouverture des jardineries et des magasins de bricolage, tout en veillant au respect par leurs clients des distances de sécurité déjà appliquées dans les magasins alimentaires. Les résidents vivant en maisons de repos ou de soins ou dans des centres pour personnes handicapées pourront à nouveau recevoir des visites d’un proche. Les chantiers peuvent aussi continuer à être menés à condition que les distances de sécurité soient respectées. Les écoles restent fermées jusqu'au 3 mai. Les festivals seront annulés jusqu'au 31 août. "Aujourd’hui, personne ne peut dire quand nous pourrons enfin reprendre le cours normal de nos vies. Le chemin est encore long", mais le Conseil national de sécurité aura pour objectif d’élaborer de manière plus précise la prochaine étape du déconfinement...

Les commerces "non essentiels" rouvre à partir du lundi 11 mai, sous de strictes conditions et les regroupements de famille et amis sont autorisés : mais, particularité de la Belgique, seuls quatre amis ou parents sont autorisés à se rendre à votre domicile : "Un ménage, peu importe sa taille, est autorisé à accueillir à son domicile jusqu’à quatre personnes. Ces quatre personnes sont toujours les mêmes. Celles-ci font partie ou non d’un même ménage. Quand une personne d’un ménage est invitée au domicile d’une autre personne, c’est l’ensemble de son ménage qui s’engage et même si elle se rend seule au rendez-vous. Les membres du nouveau ‘groupe’ ainsi constitué ne peuvent pas recevoir à leur domicile d’autres personnes ou être reçus par d’autres personnes. Pour l’application du présent article, on entend par ‘ménage’ : des personnes vivant sous le même toit...." Comment choisir ses quatre invités d’honneur fait ainsi l'objet de nombreux guides parus dans la presse puis qu'en effet une multitude de questions se posent : ai-je le droit d’inviter chez moi 4 personnes de familles différentes ? Puis-je retourner chez eux en échange ? Dans une colocation, chaque membre a-t-il le droit d’inviter 4 personnes ? Où puis-je me déplacer si ma famille comporte plus de quatre membres ? etc... Une tendance se confirme donc à la veille du 11 mai, moins de personnes sont hospitalisées pour causes de Covid-19 qu’il y a de structures hospitalières dans le pays (103) et,  en un peu plus de deux semaines, l’occupation des services de soins intensifs a baissé de moitié (2.381 patients sont hospitalisés, dont 502 se trouvent en soins intensifs). 36.000 procès-verbaux ont été dressés pour une infraction à la loi Covid-19...

Le 16 mai, la Première ministre visitant les hôpitaux Chirec-Delta et Saint-Pierre, à Bruxelles, pour témoigner de son soutien au personnel des soins de santé, se voit opposer une haie singulière, "Les infirmiers et urgentistes ayant choisi de tourner le dos à la cheffe du gouvernement" pour protester contre les coupes budgétaires dans le domaine des soins de santé, du temps où elle était ministre du Budget. Un collectif Initiative citoyenne s'interroge de même sur les modalités de gestion de cette crise, pénurie de masques, comptage des décès, mesures de tracking et libertés individuelles. Le mois de Juin verra prendre fin un gouvernement aux pouvoirs spéciaux, un nouveau gouvernement devra être formé...

A Suivre, début juin…


Pays-Bas, du 16 mars au 20 mai ???
"Intelligent lockdown" - Les Pays-Bas ont évité jusqu'à présent les sombres scénarios italien et espagnol, principalement parce qu'ils ont introduit des mesures de distanciation sociale à un stade plus précoce de l'épidémie. La distanciation sociale permet bien de ralentir le taux d'infection. Dans le cas des Pays-Bas, le nombre de tests positifs a triplé entre le 9 et le 13 mars, immédiatement après que les premières mesures d'éloignement social aient été prises, mais avant qu'elles n'aient eu le temps de produire leurs effets. Si ce niveau avait été maintenu, il y aurait eu près de 30 000 cas confirmés au début du mois d'avril, soit deux fois plus que le nombre réel...

La pandémie de Covid-19 se propage aux Pays-Bas à partir du 27 février 2020 (Tilbourg), un premier décès survient le 6 mars à Rotterdam. Le 16 mars, les Pays-Bas ferment toutes leurs écoles, garderies, bars, restaurants, clubs de sports, maisons closes et coffee shops. Des contrôles aux frontières sont instaurées au 20 mars, notamment pour endiguer des flux émanant de la Belgique, les règles de confinement étant en effet moins strictes aux Pays-Bas. Au 22 mars, le bilan aux Pays-Bas est de 4 204 cas, dont 179 morts pour 17 millions d'habitants. Le 24 mars, les casinos sont également fermés et tous les rassemblements publics interdits. La distanciation physique est recommandée. Le gouvernement rappelle que la population doit rester chez elle autant que possible. Pris entre l'immunité collective (Herd Immunity) et le confinement national (National Lockdown), les Pays-Bas sont durement touchés par le Covid-19. Les chiffres publiés par le RIVM (Institut national pour la santé publique et l'environnement) des Pays-Bas révèlent un total de 12 595 cas confirmés, dont 845 nouveaux cas au cours des dernières 24 heures, 1039 décès au total, dont 175 nouveaux décès au cours des dernières 24 heures, 1 124 patients en soins intensifs, et des milliers d'autres hospitalisés.
Le 31 mars, le gouvernement décide de prolonger l’ensemble des mesures jusqu'au 28 avril. Avec plus de 6 000 cas, la province du Brabant-Septentrional, qui abrite de grandes villes telles qu'Eindhoven, Breda, Tilburg et s'Hertogenbosch, a enregistré le plus grand nombre de cas dans le pays.  Les provinces les plus atteintes sont ensuite la Zuid-Holland et la Noord-Holland, où se trouvent Rotterdam et Amsterdam. Au 15 avril, les Pays-Bas comptent 29200 cas (+ 1061) et 3300 décès (+181) depuis le début de la pandémie. Le 19 avril, le nombre de décès causés par le nouveau coronavirus aux Pays-Bas a augmenté de 83, ce qui représente la plus faible augmentation quotidienne signalée depuis le 26 mars.
Les Pays-Bas envisageaient un assouplissement des mesures après la fin de la prolongation actuelle, le 28 avril, les écoles seraient la priorité absolue, après quoi il serait "concevable" (goed denkbaar) que les restaurants, les cinémas et les salles de sport puissent rouvrir progressivement. Mais le gouvernement a décidé le 21 avril de prolonger la plupart des mesures de verrouillage jusqu'au 20 mai, et d'interdire les événements organisés jusqu'au 1er septembre, a suscité des réactions mitigées de la part des secteurs les plus touchés par ces changements. Mais les mesures appliquées par les Pays-Bas restent moins strictes que dans d'autres pays, il est rare de voir la police circuler dans les quartiers et même dans le centre ville pour exiger le respect des mesures, de sorte que la surveillance est pratiquement inexistante. Il n'est pas non plus obligatoire de porter un masque dans la rue et vous pouvez sortir à tout moment de la journée pour marcher, faire du sport et même emmener les enfants jouer dans le parc. La mesure la plus stricte de cette nouvelle normalité sociale est la "1,5 meter-maatschappij", en contrepartie, le citoyen peut aller et venir quand et où il veut, à la libre "la responsabilité de chacun". Le Premier ministre ne surestime-t-il pas la capacité des Néerlandais à se contrôler? ...

A Suivre, début juin…


Tchéquie, du 22 mars au 15 avril puis 20 avril, 11 mai ???
Le nombre de coronavirus dans la République tchèque, comme dans la plupart des pays d'Europe centrale, est beaucoup plus faible que dans les pays plus à l'ouest, en partie en raison de la mise en œuvre rapide de mesures de confinement strictes. La pandémie de Covid-19 en République tchèque se propage à partir du 1er mars 2020, date à laquelle trois personnes sont revenus d'Italie du Nord. Depuis lors, le nombre de patients n'a cessé d'augmenter, atteignant son maximum le 27 mars. Le 12 mars, le gouvernement déclare l'état d'urgence avec des restrictions sur la vie publique telles que la fermeture de toutes les espaces publiques, des magasins, à l'exception, entre autres, des épiceries, des pharmacies, des drogueries, des stations d'essence, des magasins d'électricité, des restaurants et des pubs, et l'interdiction des événements de plus de 30 personnes. Un confinement est appliqué le 16 mars. Dès le 19 mars, la République tchèque décide de rendre le port du masque obligatoire dans l'espace public, suivi par trois autres pays d'Europe centrale, la Slovaquie (25 mars), la Slovénie, et l'Autriche (1er avril), des pays qui pratiquent de plus une distanciation physique par nature. Pour une population de 10M6, la Tchéquie comptait au 15 avril 6 216 cas confirmés COVID-19 et 166 patients décédés. 
Le vice-ministre de la santé ayant déclaré que le taux de reproduction ou de transmission du virus, appelé "R", était désormais inférieur à 1, le gouvernement entendait lever les restrictions très progressivement via un plan particulièrement détaillé à partir du 20 avril.
Les magasins de vélos et de bricolage ont rouvert avant le week-end de Pâques et, malgré les signes d'une augmentation du nombre de personnes bafouant les règles de port de masque et de distanciation sociale, le gouvernement a maintenant établi un calendrier pour la relance de l'économie et des écoles. Les autorités ont ainsi décidé de rouvrir à partir du 20 avril les petits magasins, les plus grands suivront le 11 mai, les marchés de producteurs et les salles d'exposition de voitures. Les contrôles aux frontières avec l'Allemagne et l'Autriche dureront jusqu'à minuit le vendredi 24 avril. Le fonctionnement des écoles doit être suspendu au moins jusqu'à la fin du mois de mai. L'ouverture des "beer gardens" est fixée au 25 mai. Dans la dernière phase, provisoirement prévue pour le 8 juin, toutes les entreprises seront autorisées à rouvrir, y compris les bars, les cafés, les restaurants et les hôtels. Les Tchèques, comme les Slovaques, devront continuer à porter des masques faciaux jusqu'à nouvel ordre. Enfin, singularité tchèque, le 24 avril, le gouvernement lève l'interdiction faite à ses citoyens de se rendre à l'étranger pour des raisons autres que le travail, mais tout retard nécessitera d'être , COVID négatif, avec preuve par un test, deux semaines en quarantaine. En fait, une mesure "only theoretical" mais destinée pour le pouvoir à montrer que "the Czech Republic managed the epidemic very well and is one of the ‘world leaders’ in this fight..."

La Slovaquie voisine n'a enregistré que 1 161 cas et 12 décès au 19 avril, ce qui en fait l'un des pays les moins touchés d'Europe. Les fermetures de frontières et les restrictions de mouvement et de rassemblement ont été introduites bien plus tôt que dans les pays plus à l'ouest. Un effort concerté pour persuader les citoyens de la République tchèque et de la Slovaquie de porter un masque facial pourrait également avoir contribué à cette situation. Mais le déconfinement révèle ici une certaine prudence fortement critiquée qui n'envisage pas de mesures conséquentes avant le mois de juin : "le paradoxe est qu'en Europe centrale, où les chiffres sont plus bas, nous allons probablement assister à une sortie de confinement beaucoup plus prudente...."


Suisse, du 16 mars au 27 avril, 11 mai???
Contrairement à certains de ses voisins européens, la Suisse n'a pas instauré un confinement strict à sa population. La pandémie de Covid-19 se propage en Suisse depuis le 25 février 2020, et les dix premiers cas de contaminations sont tous en lien avec l'épidémie sévissant en Italie. Le 28 février, puis le 16 mars, le Conseil fédéral déclare l'état de « situation extraordinaire » et prend des mesures uniformes de restrictions pour tout le pays. le canton suisse le plus touché est le canton de Vaud francophone. Le Tessin, dans la partie italienne du pays, a le taux d'infection le plus élevé pour 100 000 personnes. Au total, au moins 3128 personnes ont été hospitalisées en lien avec le COVID-19 et environ 206 400 tests ont été effectués pour le SARS-CoV-2, virus du COVID-19, dont 15% étaient positifs. La Suisse aura connu une vague de mortalité particulièrement importante, près du double de décès (+98%) par rapport à la moyenne à la même période entre 2015 et 2019 au Tessin, et +72%  à Genève, alors que seulement 5,5% de la population a été exposée au virus...

Alors que les nouveaux cas de coronavirus en Suisse ont augmenté de 315 en un jour. soit un total de 26732 cas confirmés depuis le début de l'épidémie de Covid-19, et que 1017 personnes testées positives sont décédées, soit plus de 40 de plus en 24 heures, le Conseil fédéral a présenté le 16 avril un plan de déconfinement lent et progressif en trois étapes, avec, en fond, une Suisse romande et le Tessin plus touchés par le Covid-19 que la Suisse alémanique, qui plaide pour une reprise rapide. Le 27 avril, réouvertures de certains commerces et des crèches, les cabinets médicaux, les salons de coiffure et de massage et les instituts de beauté, les magasins de bricolage, les jardineries, les pépinières et les fleuristes, à condition toutefois de garantir la sécurité des clients et des employés. Exception helvétique, le canton du Tessin, canton italophone situé au sud de la Suisse abritant Bellinzona et Lugano, va prolonger ses mesures restrictives jusqu’au 3 mai pour se maintenir une cohérence avec la région  italienne de Lombardie, travailleurs frontaliers oblige, puis "la nostra vita riprenderà il suo corso" avec toujours en fond cette question : y-a-t-il un juste milieu dans la confusion du moment ? Si c'est à nous tous, en effet,  de respecter les mesures de sécurité que nous avons apprises par cœur, vous ne pouvez pas faire reposer sur les épaules des citoyens une grande partie de la responsabilité de ce qui pourrait arriver.... 

En Suisse, les mesures sanitaires prises pour enrayer l'épidémie ont donc été assouplies plus tôt que prévu.

Le 11 mai, réouverture de toutes les écoles obligatoires, et des autres magasins (dont les marchés), des bibliothèques et musée. Après Zurich, les exploitants de cafés et restaurants de Neuchâtel pourront étendre ou créer des terrasses et les restaurants pourront rouvrir à condition de respecter une série de mesures élaborées par la branche et les offices fédéraux concernés : consommer assis à quatre au plus, et laisser ses coordonnées, que l'établissement devra détruire après 15 jours, cette dernière mesure modifiée après bien des protestations et rendue possible que sur la base du volontariat.
Le 8 juin, réouverture des écoles professionnelles et du secondaire, des musées, zoos, jardins botaniques. Le Conseil fédéral n'envisage pas le port du masque obligatoire. Il recommande de s'en tenir aux mesures d'hygiène des mains et de distance de sécurité.


Portugal, du 16 mars au 4 mai, 18 mai, 1er juin
À aucun moment le Portugal n'a imposé de quarantaine obligatoire à la population et son économie ne fut jamais véritablement arrêtée. La pandémie de Covid-19 s'est développée au Portugal officiellement depuis le 2 mars : un mois et demi plus tard, le pays ne compte plus que 18 000 cas et 599 décès, en dépit d'une population vieillissante (le pays compte plus d'habitants de plus de 80 ans que tous les autres pays de l'UE, à l'exception de l'Italie et de la Grèce) et d'un système de santé plus fragile que l'Espagne (4,2 places en soins intensifs pour 100 000 habitants, le chiffre le plus bas d'Europe), le Portugal ne compte qu'un dixième des cas de contagion du pays voisin (un taux de mortalité de 20 décès par million d'habitants au Portugal, contre près de 2400 décès par million d'habitants en Espagne, soit 120 fois plus).
Le 12 mars, le Portugal décrète l'état d'alerte, les écoles sont fermées le 16 mars et les salariés priés de rester chez eux, l'Espagne et le Portugal décident de fermer leur frontière (la seule et unique frontière pour le Portugal). Le 19 mars, le Président de la république déclare l'état d'urgence alors que le pays ne compte que 246 cas confirmés dans le pays et aucun décès. Un plan de mitigation de l’épidémie a réparti la population en 4 catégories, les personnes présentant des symptômes légers, qui doivent rester chez elles, les personnes présentant des symptômes légèrement plus graves, qui sont dirigées vers les centres de santé, les personnes présentant des symptômes graves, qui ont prises en charge et dirigées vers les urgences hospitalières, enfin les cas les plus graves qui seront hospitalisés. Le 30 mars, le nombre de décès dépasse le seuil symbolique de 100.
L'exceptionnalité portugaise serait attribuée à sa rapidité d'intervention, sa géographie, l'unité de sa classe politique, l'autodiscipline de la population. Le plus grand nombre de cas est recensé à Porto, la deuxième ville du pays, et non à Lisbonne : l'industrielle Porto a révélé ses premiers cas positifs chez des patients qui revenaient d'un salon de la chaussure dans le nord de l'Italie. Lisbonne, plus touristique, était alors en basse saison.
Reste qu'en quelques semaines, le Portugal a vu s'effacer les sacrifices consentis pour rétablir le budget après la crise des années passées. L’état d’urgence a été prorogé jusqu’au 2 mai 2020 et les frontières fermées jusqu'au 14 mai...
Le Portugal compte au 17 avril, 19000 cas et 657 décès, au 3 mai, 25280 cas recensés et 1043 décès, le taux d'infection est au plus bas depuis le 16 mars et le taux de mortalité sur le déclin. A noter que, côté espagnol, Murcie et les îles Canaries comptent moins de cas et de décès pour 100 000 habitants que le Portugal...
"Voltar à normalidade de um modo gradual, progressivo e seguro" - Trois dates de réouverture progressive, le 4 mai, le 18 mai et le 1er juin. Le 4 mai,  à condition que les clients portent des masques, réouverture des petits commerces, des salons de coiffure, des librairies, des concessionnaires d'automobiles, autorisation des activités sportives individuelles et réouverture possible des universités. Le 18 mai, si les contagions par Covid-19 n'enregistrent pas un bond significatif, poursuite du mouvement avec les restaurants, des espaces commerciaux supplémentaires, certains espaces culturels, des classes pur les plus âgés. Enfin, au 1er juin, les grandes surfaces, les crèches, l'école maternelle....


Etats-Unis, du 13 mars au 3 mai ???
La pandémie de Covid-19 aux États-Unis commence lorsque le premier cas confirmé de COVID-19 est annoncé le 21 janvier 2020. Les États-Unis sont le pays où la pandémie progresse le plus rapidement. Le 12 mars, Donald Trump annonce interdire l'entrée des Européens provenant de l'espace Schengen sur le sol des États-Unis. Le 26 mars, les Etats-Unis dépassent la Chine, d'où l'épidémie est partie en décembre, et l'Italie, épicentre en Europe, pour devenir le pays le plus touché par le coronavirus. L'état d'urgence sanitaire nationale est déclarée le 13 mars. De nombreux États ont ordonné des fermetures complètes, ordonnant la fermeture de bars et de restaurants, interdisant les rassemblements publics, fermant les écoles et obligeant les résidents à rester chez eux sauf en cas d'absolue nécessité. Malgré ces mesures strictes, le 31 mars, le groupe de travail de la Maison Blanche sur les coronavirus a déclaré qu'entre 100 000 et 200 000 Américains pourraient mourir à cause du COVID-19.

Après avoir longtemps hésité, jusqu'au 22 mars, New York a mis en place des "zones de confinement" pour contenir les points chauds locaux, où toutes les écoles de la région ont été fermées, et les rassemblements religieux et autres grands rassemblements ont été interrompus. L'Eta de New York a de même réorganisé radicalement ses hôpitaux, augmentant leur capacité, renonçant aux frais d'assurance maladie et lançant un appel aux médecins. Le gouverneur de New York a annoncé que la fermeture générale de l'État durerait au moins jusqu'au 15 mai, tandis que celui de l'Ohio prévoyait de commencer à lever les restrictions sur les activités publiques à partir du 1er mai, et que le gouverneur du Wisconsin déclarait que les résidents devaient rester chez eux jusqu'au 26 mai. Le gouverneur de Californie a été le premier gouverneur à émettre le "stay at home", après que plusieurs grandes zones métropolitaines de son État aient pris cette mesure, et a contribué à convaincre certaines des grandes entreprises technologiques de son État de faire don de masques de protection indispensables au personnel médical. Le gouverneur de Floride a d'abord ignoré la menace puis changea d'avis le 1er avril.

"Opening Up America Again" - Alors que 5,2 millions d'Américains supplémentaires ont demandé des allocations de chômage, portant le nombre total de personnes mises au chômage au cours des quatre dernières semaines à 22 millions, événement sans précédent dans l'histoire de la première puissance mondiale, et alors que le nombre de décès dus au coronavirus a augmenté de plus de 2 000, pour un total de plus de 30 000, le président publie le 16 avril une série de directives non contraignantes (guidelines for governors to reopen their states) qui prévoient un retour progressif à la normale en trois étapes.

En préquis, des programmes de dépistage pour les travailleurs de la santé à risque, des hôpitaux disposant de suffisamment d'EPI pour traiter les patients. Dans la première phase du plan de M. Trump, les écoles et les bars resteront fermés, mais les lieux plus importants tels que les cinémas, les églises pourront commencer à rouvrir si des mesures strictes de distanciation sociale sont mises en place. Les groupes à risque, tels que les personnes âgées et les personnes souffrant de problèmes de santé sous-jacents, doivent continuer à rester chez eux. Pendant la deuxième phase, les déplacements non essentiels peuvent reprendre, mais les personnes vulnérables seront toujours invitées à rester confinées, les écoles peuvent reprendre les cours et les bars peuvent rouvrir, les employeurs étant priés de continuer à encourager leur personnel à travailler à domicile. Dans la troisième phase, les groupes à risque peuvent commencer à sortir en public à condition de suivre des mesures de distanciation sociale, les bureaux et autres lieux de travail peuvent également revenir à la normale sans restrictions.
Contrairement à ce que pouvaient craindre certains gouverneurs, ce n'est pas Washington qui décidera du calendrier de ce déconfinement, mais la décision sera prise Etat par Etat. Les gouverneurs, principalement républicains, des États du Sud et de l'Ouest qui n'ont pas été aussi durement touchés par la pandémie pourront rouvrir plus tôt. New York et les autres États du nord-est, ainsi que les États du Midwest et de l'ouest, qui ont connu de grandes épidémies, devraient restés fermés pendant des semaines. "You’re going to be calling the shots. We’ll be standing right alongside of you, and we’re going to get our country open and get it working. People want to get working", réitère le président aux gouverneurs...

Mais le 17 avril, après que le gouverneur démocrate de New York ait annoncé qu'il ne pourrait pas rouvrir complètement son économie sans un test plus généralisé et l'aide du gouvernement fédéral, le président américain se déchaîne et encourage ouvertement les protestations les gouverneurs démocrates ayant imposé des restrictions strictes en matière de distanciation sociale (Liberate Michigan! Liberate Minnesota! Liberate Virginia!, save your great 2nd Amendment). Les protestations à l'encontre des "stay-at-home orders" de ces Etats font le tour des médias. En Floride, Atlantic Beach, Jacksonville Beach et Neptune Beach sont, ce 17 avril, parmi les premières plages de l'État à rouvrir depuis les décisons prises de fermeture pou Covid-19. Les heures et les activités restent limitées, la distance physique obligatoire (six feet of social distancing), les activités de groupe interdites, tout comme les bains de soleil, seules possibilités, la marche, la course, la natation, le surf. Au 18 avril, les Etats-Unis compte plus 672300 personnes positives, au moins 33 325 personnes décées des suites du virus, dont 14 832 à New York, 3 518 dans le New Jersey, 2 093 dans le Michigan, 1 156 en Louisiane, 1 073 dans l'Illinois et 973 en Californie....

"Quarantine fatigue is setting in" : au 27 avril, alors que l'on compte plus de 978 000 cas de coronavirus aux États-Unis, qui sont responsables de plus de 55 000 décès, les États ont commencé à autoriser certaines réouvertures et le tracker de mobilité d'Apple montre que les Américains en ont assez des semaines de quarantaine et commencent à sortir davantage alors que les foules envahissent les plages et les parcs ensoleillés, de New York à Los Angeles, de Chicago à Miami...

"The U.S. loosens restrictions, even as it nears 100,000 deaths" - Mais il faut attendre le 25 mai, alors que le pays atteint les 100 000 morts et que près d'un quart de la population active a perdu son emploi, pour voir les différents gouverneurs assouplir enfin les restrictions en cours. Au lieu des articles, photos ou graphiques qui font normalement la une du New York Times, le journal publie le dimanche 24 mai 2020 une longue liste solennelle de personnes dont la vie a été perdue à cause de la pandémie de coronavirus. Le week-end du Memorial Day marque le début de la saison balnéaire et déclenche habituellement une migration massive de la ville de New York vers Long Island, le littoral de Jersey et, dans une moindre mesure, le Connecticut. Mais l'ouverture des plages est ici retardée jusqu'au mois de juin, situation bien différente dans le reste du pays, les Beachgoers  affluent à Huntington Beach, California, Venice Beach, Southern California, Myrtle Beach, South Carolina, Ocean City, Maryland,...

A Suivre, début juin…


La Grèce, du 10 mars au ????
"menoume spiti" - La Grèce, qui a été la proie d'une crise de la dette qui a duré dix ans et qui a laissé de profondes cicatrices, , qui a vu son système de santé décimé (de nombreux médecins et travailleurs de la santé ont émigré vers d'autres pays européens, 4 200 nouveaux médecins ont été recrutés) et connaît un des pires ratios de lits de soins intensifs de toute l'Europe (5,2 lits pour 100 000 personnes, contre 29,2 en Allemagne, une augmentation de 565 à 910 a été réalisée au mois de mars), près d'un quart de sa population de plus de 60 ans (derrière l'Italie), une forte dépendance au tourisme (la Grèce a reçu 27,2 millions de visiteurs en 2019) et une véritable bombe à retardement avec ses milliers de personnes entassées dans des camps de réfugiés (cinq camps de réfugiés de 40 000 personnes maintenues dans un vide juridique et sanitaire absolu), a réussi à endiguer la contagion au Covid-19 comme peu de pays en Europe. Et traditionnellement, alors que les Grecs quittent les centres urbains pour la campagne et les îles pour célébrer la date la plus sacrée du calendrier orthodoxe, celle de Pâques, la population s'est soumise cette année aux rigueurs des mesures gouvernementales.

Fin février, la Grèce détecte son premier cas Covid-19, l'Italie annonce déjà 453 cas et 12 décès. Le 10 mars, comptant près de 90 personnes contaminées par le Covid-19, le ministère de l'Éducation et des Religions grec annonçait la fermeture de toutes les universités, écoles, et crèches du pays pour les deux semaines à venir et une quarantaine obligatoire de 14 jours pour tous les arrivants internationaux. Un confinement était mis en place le 22 mars, du 23 mars au 27 avril, à cette date la Grèce comptait 624 cas confirmés et 15 décès, le Royaume-Uni a annoncera le même jour sa propre fermeture avec 6 650 cas confirmés et au moins 335 décès. Les frontières terrestres avec l'Albanie, la Macédoine du Nord et la Turquie étaient fermées, et les vols de la Grèce vers l'Italie, l'Espagne, la Turquie, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et l'Allemagne sont suspendus jusqu'au 15 mai. Les hôtels et les centres de villégiature saisonniers, ainsi que les hôtels ouverts toute l'année, étaient fermés jusqu'au 30 avril. Le 21 avril, le pays comptait 2 401 cas, au 22 avril, et 121 décès pour une population d'un peu plus de 10 millions d'habitants : à pays équivalents, on note   la Belgique (40 957 cas et 5 998 décès), les Pays-Bas (34 134 cas et 3 916 décès) ou la Suède (15 322 cas et 1 765 décès). Pas de tests massifs, pas de déploiement technologique à la coréenne, mais des mesures prises très rapidement (dès janvier le gouvernement élaborait un plan, début février des contrôles de température dans les aéroports étaient organisés), un choix délibéré de sacrifier l'économie et une population aux liens familiaux étroits et respectueuse des personnes âgées qui se prend en main et connait parfaitement l'état de son système de santé, une caractéristique culturelle de l'opinion grecque. Plus à l'est, la Turquie, qui n'a enregistré son premier cas de COVID-19 que le 11 mars, compte désormais plus de 90 000 infections et 2 140 personnes sont mortes à cause du virus.

Mais l'inquiétude  vis-vis des conséquences économiques reprend progressivement le dessus, car malgré le faible nombre de cas et de victimes, la Grèce sera l'un des pays les plus touchés en Europe, avec une baisse de son PIB estimée jusqu'à 10 %, soit plus que l'Espagne ou l'Italie, et la clé de cette nouvelle récession est le tourisme, un secteur qui, selon les estimations, représente entre 25 et 30 % du PIB du pays. Le gouvernement doit donc commencer à assouplir les restrictions au début du mois de mai et réfléchir aux restrictions de voyage dans l'UE… Dès le 11 mai, réouverture des magasins de détail et des entreprises, dès le 18 mai, réouverture des plages payantes, et le 1er juin, des hôtels et restaurants, la Grèce met fin à un dispositif de confinement de 6 semaines et mise maintenant sur un retour du tourisme :  les voyageurs étrangers pourraient être autorisés à venir à partir du 1er juillet, goûter à nouveau Paradise, l'une des plages mondialement connues de Mykonos,...


Australie, Nouvelle-Zélande, du 21 janvier au ???
New Zealand wants coronavirus "elimination", Australia wants COVID-19 "suppression" - L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont toutes deux un faible nombre de cas de COVID-19 et de décès par rapport aux autres grands pays industrialisés. La Nouvelle-Zélande a commencé à imposer des restrictions aux voyages des semaines avant d'enregistrer ne serait-ce qu'un seul cas de coronavirus sur son territoire : son premier cas Covid-19 fut un citoyen néo-zélandais qui s'est rendu en Iran, cas déclaré le 28 février, le gouvernement néo-zélandais avait dès le 3 février limité l'accès aux personnes qui s'étaient rendues en Chine continentale.
Dès le 23 janvier, les responsables australiens de la biosécurité avaient commencé à contrôler les arrivées des trois vols hebdomadaires de Wuhan à Sydney, et c'est le 25 janvier que le premier cas d'infection fut signalé, celui d'un citoyen chinois arrivé de Guangzhou le 19 janvier. Le même jour, trois autres patients ont été testés positifs à Sydney après leur retour de Wuhan. Le 27 janvier, un cinquième cas en Australie (quatrième en Nouvelle-Galles du Sud) a été signalé, patient de 21 ans revenant de Wuhan. Le 6 février, le nombre de cas était passé à 15, avec trois autres cas dans le Queensland, un groupe de trois personnes revenant d'un voyage organisé à Wuhan. Le 27 février, le Premier ministre mettait en œuvre le plan d'intervention d'urgence du secteur de la santé. Le 29 février, le gouvernement étendait la quarantaine forcée aux personnes revenant d'Iran, leur imposant de passer quinze jours dans un pays tiers avant d'être autorisées à entrer en Australie. Le 1er mars, premier décès de COVID-19, un homme de 78 ans de Perth et passager du Diamond Princess. Le 20 mars, les frontières sont fermées à tous les non-résidents, des règles de distanciation sociale sont imposées le 21 mars et les gouvernements des États ont commencé à fermer les services "non essentiels". Le nombre total de nouveaux cas a par la suite fortement augmenté pour se stabiliser à environ 350 par jour vers le 22 mars, et a commencé à baisser début avril.  Au 23 avril, l'Australie compte 6600 cas et 75 décès pour une population d'un peu plus de 25 millions d'habitants. L'Australie a décidé le 23 avril de maintenir l'interdiction des voyages internationaux pour au moins trois ou quatre mois supplémentaires...

Le confinement total n'est pas une condition préalable à la réussite, mais il a néanmoins été la voie choisie par la plupart des pays, et a entraîné une baisse du taux de mortalité après deux à quatre semaines. Et lorsque l'Australie se tourne vers la Corée du Sud, le Japon et Singapour pour éclairer sa stratégie de sortie, c'est pour remarquer que ces pays ont certes réussi au départ à maintenir leur courbe plate grâce à des tests agressifs, à un petit nombre de fermetures ciblées et à une distanciation sociale volontaire des citoyens, mais à partir de la mi-mars, ont commencé à interdire les petits rassemblements et à fermer des entreprises. Taïwan est parvenu à contrôler l'épidémie sans verrouillage national strict : la clé semble avoir été un traçage et une mise en quarantaine rapides, des mesures telles que des points de contrôle de la température et le respect par les citoyens. Plus de 200 économistes australiens ont signé une lettre ouverte exhortant le gouvernement à ne pas faire marche arrière trop rapidement. Tous les regards sont tournés vers la Nouvelle-Zélande (1451 cas, 16 décès pour près de 5 millions d'habitants), qui réduira son niveau de verrouillage (lockdown) le 27 avril....

Au 3 mai, un seul nouveau cas de COVID-19 a été signalé dans le Queensland au cours des dernières 24 heures, la propagation du virus ralentissant, les habitants peuvent désormais quitter leur domicile à des fins de loisirs, l'Australie revient lentement à la normale avec des foules immenses sur la plage de Burleigh Heads sur la Gold Coast, des plages bondées dans le Queensland, des hipsters qui prennent leur café à Melbourne et des sunbakers à Bondi, sous l'oeil de la police omniprésente pour éviter les rassemblements illégaux... La situation est différente pour la New South Wales dont le nombre de cas reste important (plus de 3000) et qui n'assouplira aucune restriction majeure avant le mois de juin...