Félix Vallotton (1865-1925) - František Kupka (1871-1957) - Georgette Agutte (1867-1922) - ..

Last update : 11/11/2016

Félix Vallotton (1865-1925)

1900-1910 - Oeuvres picturales

Hors des courants artistiques de l'époque, spectateur sans complaisance d'un monde bourgeois qu'il rejette et dont il extrait avec une précision photographique les scènes les plus inattendues, Vallotton s'adonne à la gravure sur bois, puis à la peinture, et enfin à la littérature. Issu de la bourgeoisie protestante de Lausanne, il décide de se consacrer à la peinture à l'âge de dix-huit ans et s'inscrit à Paris à l'académie Julian. Dès 1893, il participe au Salon des indépendants avec un Bain au soir d'été, qui fait scandale par son érotisme caricatural et froid, sa technique lisse et son dessin contourné. À partir de la même année, il expose avec les Nabis, ses amis de l'académie Julian, mais ne fait vraiment partie du groupe qu'en 1897. Au cours de cette période, il exécute de nombreuses gravures sur bois qui connaîtront très vite un succès international. Ses peintures de jeunesse comme celles de la période nabi ou les œuvres plus tardives sont toujours d'un réalisme quasi photographique, rendu par une technique lisse. Il se fait naturaliser français en 1900. Vallotton est également l’auteur pendant la Première Guerre mondiale de toiles très colorées, à l’esthétique futuriste soulignant la violence des  combats. 

Works: Musée d'Art et d'Histoire de Genève (Back from the Sea, 1924; Hatred, 1908) * Musée d'Orsay, Paris (The Ball, 1899; Interior, 1900; Interior, Woman in Blue Searching in a Cupboard, 1903; The Poker Game, 1902; Verdun (sketch), 1917) * Kunsthaus, Zurich (The Bath, Summer Evening, 1892; Interior with Woman in Red from Behind, 1903; Madame Felix Vallotton at Her Dressing Table, 1899; Nude Playing Cards, 1912; The Visit, 1899) * Kunstmuseum Winterthur, Switzerland (The Five Painters, 1902-1903; Models Resting, 1905; The Pont Neuf, 1901) * The State Hermitage Museum, St Petersburg (Interior, Bedroom with Two Figures, 1903-1904; Lady at the Piano, 1904; Woman with a Black Hat, 1908) * Villa Flora, Winterthur (La Blanche et la Noire, 1913; Model Sitting on the Studio Couch, 1904; The Purple Hat, 1907) * Baltimore Museum of Art (The Lie, 1898) * Musée cantonal des beaux-arts de Lausanne (Self Portrait at 20, 1885; Torse au rideau jaune, 1911) * Musée de Grenoble (Nude Seated in a Red Armchair, 1897) * Metropolitan Museum of Art, New York ( Street Corner) * Musée d'Art et d'Histoire de Genève (The Turkish Bath, 1907)...


 

Félix Vallotton réalise le numéro du 1er mars 1902 de l'hebdomadaire satirique, L'Assiette au Beurrehebdomadaire de seize pages tiré en couleurs qui fut publié du 4 avril 1901 au 15 octobre 1912, au moment où émergeaient en France des mouvements radicaux antimilitaristes, anticléricaux, ou se réclamant du syndicalisme révolutionnaire. Chaque numéro de l'Assiette au beurre, lancé par  Samuel-Sigismond Schwarz avec une forte tendance anarchisante,  est consacré à un thème précis traité sous forme d'accusation, parfois très virulente, et est assumé par un artiste particulier : «La prostitution», par Kees Van Dongen, 26 octobre 1901,  «L'argent», par François Kupka, 11 janvier 1902, «Crimes et châtiments», par Félix Vallotton, 1er mars 1902, «Bêtes et gens», par Benjamin Rabier, 6 décembre 1902, «La police», par Camara, Grandjouan, D'Ostoya, Fourment, Lengo, 23 mai 1903,  «Asiles et fous», par Delannoy, 23 juillet 1904, «La grève», par Bernard Naudin et Grandjouan, 6 mai 1905....

 


František Kupka (1871-1957)

Formé à Prague et à Vienne, préoccupé de philosophie, d'occultisme et de symbolisme, Kupka vient s'installer à Paris en 1896, à Montmartre, lieu où se concentre la bohème de l'époque, artistes et poètes. À partir de 1901, et jusqu'en 1907, il collabore intensément à L'Assiette au beurre, hebdomadaire satirique à tendance anarchisante, et prend une orientation anti-cléricale et anti-monarchiste, qui l'éloigne de la théosophie et du spiritisme de ses jeunes années. Il réalise trois numéros - L'argent (11 janvier 1902), Religions (7 mai 1904) et La Paix (20 août 1904) - et dénonce avec férocité les profiteurs, les oppresseurs, les marchands cupides. Ses dessins sont beaucoup plus élaborés que ceux des autres peintres qui ont participé à la revue. Installé à Puteaux en 1906, avec Eugénie Straub et à côté de chez son ami Jacques Villon, il est directement touché par la libération chromatique du fauvisme.

En 1910 survient la première rupture stylistique, Kupka s'oriente vers l'art non-figuratif. Au Salon des Indépendants, Kupka est exposé avec les peintres cubistes, mouvement qui l'intéresse beaucoup, mais il refuse d'y être assimilé : « Les expériences réalisées par Picasso et Braque sont intéressantes comme tentatives pour approcher la nature autrement que n'avaient fait les peintres du passé. Mais elles n'aboutissent qu'à une interprétation de plus ».

En 1913, il publie « La Création dans les arts plastiques », un recueil de textes écrits directement en français depuis 1910 : « On peut qualifier "d'atelier spirituel" le domaine subjectif où se projettent les images de la vie intérieure, miroir magique d'une réalité recréée, peuplée de visions dont l'origine semble voilée d'un secret insondable. Le secret de ce monde intérieur, c'est l'énigme des processus psychiques, énigme qui souvent demeure irrésolue aussi bien pour le protagoniste - l'artiste - que pour son entourage. »

Dès la déclaration de guerre d'août 1914, bien qu'il fréquente les milieux anarchistes parisiens et soit antimilitariste, Kupka s'engage comme volontaire, et se retrouve sur le front dans la Somme, dans la même compagnie que le poète Blaise Cendrars. En 1915, il tombe gravement malade et est évacué à Paris. En 1918, il est à nouveau mobilisé, et sert sous les ordres du maréchal Foch. Après la guerre, il réoriente son style vers une peinture plus figurative. En 1931, il participe à la fondation du mouvement « Abstraction-Création » créé en opposition à la peinture de la « Nouvelle Objectivité » allemande et au surréalisme.  

Works : Centre Pompidou, Musée National d'Art Moderne, Paris (Crimson, 1908; Lipstick, 1908) * Národní galerie v Praze, Czech Republic, Prague (The Gallien girl, 1910; Self-Portrait, 1905; Self-Portrait with Wife, 1908) * Museum of Fine Arts, Houston (The Yellow Scale, 1907)...


Georgette Agutte (1867-1922) 

Fille de peintre, Georgette Agutte s'initie à l'art chez un sculpteur. Elle commence de bonne heure sa carrière artistique et participe régulièrement au Salon des Indépendants et au Salon d'automne. De 1908 à 1919 elle expose à plusieurs reprises dans les galeries les plus prisées du moment, celles de Georges Petit, Druet et Bernheim-Jeune. Coloriste avant tout, elle peint des paysages , des portraits et des nus d'où se dégagent les influences des artistes qu'elle admire, en particulier les impressionnistes, les néo-impressionnistes, et les fauves. En 1897 elle épouse Marcel Sembat, député de Montmartre, futur ministre, amateur d’art et humaniste. Toute sa vie, elle restera très complice avec Matisse, comme en témoigne sa correspondance, ainsi qu’avec Monet qu’elle considère comme son maître. En septembre 1922, douze heures après le décès inattendu de Marcel Sembat, Georgette décide de ne pas lui survivre et se suicide.