Fauvisme - Pierre Bonnard (1867-1947) - Henri Lebasque (1865-1937) - Louis Valtat (1869-1952) - ..

Last update: 11/11/2016

Pierre Bonnard (1867-1947) 

Un "post-impresionniste égaré au XXe siècle", le peintre français n'a jamais fait l'unanimité. Pourtant Bonnard est l’une des figures les plus marquantes du mouvement nabi qui fut par ailleurs animé par des artistes comme Vuillard et Vallotton. Ils s’intéressent autant à la vie urbaine, aux scènes de rue qu’à la représentation de l’intimité, de plus ils cherchent à diffuser leurs oeuvres et mettent en valeur la lithographie, en réalisant des affiches très parlantes et Bonnard connaîtra ses premiers succès dans ce domaine. Après avoir été l'une des figures majeures du mouvement nabi, Bonnard ne suivra pas les péripéties de la vie artistique du début du siècle le fauvisme et le cubisme notamment. Il va tracer son propre cheminement en approfondissant quelques motifs centraux. Bonnard a de préférence situé ses figures dans des intérieurs ou dans une confrontation entre l'intérieur et l'extérieur en peignant des terrasses et des fenêtres. Le nu occupe une place essentielle chez Bonnard. L’audace des mises en scène, l’éclat du coloriste permet de le comparer aux plus grands peintres Titien ou Rembrandt. 

 


Henri Lebasque (1865-1937)
Entre Matisse et Bonnard, Henri Lebasque est le peintre de la vie heureuse dans les villas, les jardins, les plages de la Côte d'Azur (Vue de Saint-Tropez, 1906, Saint-Tropez, musée de l'Annonciade). Il étudie à l’Ecole des beaux-arts de Paris en 1885 et intègre comme tant d'autres artistes l’atelier de Léon Bonnat. En 1902, il rencontre Pissaro qui aura une grande influence sur lui. En 1903, il fonde avec Matisse et d’autres peintres le Salon d’automne qui se déroulera au Petit Palais à Paris, et suivant les Fauves qui s'exposent en 1912, Lebasque change sa façon de travailler, en créant des aplats de formes et de couleurs, qui donnent une toute autre subtilité à ses œuvres. En 1924, il se rend au Cannet où son ami artiste Bonnard et lui partageront le même modèle pour leurs études picturales. La critiques d’art qualifie Henri Lebasque de "peintre de la joie et de la lumière". Les sujets plaisants qu’il affectionne et la joie évidente qui transpire dans sa manière de traiter formes et couleurs lui valent estime et admiration. Une première rétrospective de son œuvre ne lui sera consacrée que vingt ans après sa mort, au musée des Ponchettes à Nice, suivi d'une très importante vente de ses tableaux à l'hôtel Drouot en 1983.


Louis Valtat (1869-1952)
Natif de Dieppe, Louis Valtat rencontre Pierre Bonnard et Albert André au sein de l’Académie Julian où enseigne Jules Dupré, expose en 1889 au Salon des Indépendants, découvre la côte méditerranéenne au début des années 1890, rejoignant Edmond Cross près du Lavandou, passant ses hivers, pour raison de santé, jusqu’en 1914 au Roucas-Rou, à Agay et Anthéor avec sa femme Suzanne. Si dans ses vues d’Agay il recourt à une gamme de couleurs de plus en plus restreinte (bleu, vert, rouge), on reconnaît en Valtat un fauve qui s'ignore, ouvert essentiellement à ses expériences de coloristes qu'il partage avec nombre de ses contemporains comme Georges d’Espagnat, Paul Gervais, Armand Guillaumin, René Seyssaud…