Le Sud-Ouest de la France
Le Sud-Ouest que nous évoquons ici intègre l'Aquitaine, le Périgord, le Quercy, la Gascogne, Bordeaux et Saint-Émilion, Sarlat-la-Canéda, Périgueux et la Dordogne, mais ni Pau, revu au titre des "Pyrénées" comme un ensemble à part entière, ni Collioure, Narbonne, ou Carcassonne, souvent évoqués comme partie intégrante du Sud-Ouest imaginé, mais intégrés dans le chapitre "Midi", et nous détacherons la Charente-Poitou du Grand Ouest traditionnel pour débuter notre parcours. Nous irons ainsi de La Rochelle aux limites de Toulouse, en passant bien évidemment par Bordeaux…
Last update: 05/05/2019


Le Poitou
La région comporte les départements de la Vienne, de la Vendée et la majeure partie des Deux-Sèvres. De l'estuaire de la Gironde à la Loire, les terres Poitevines et Charentaises, étagées d'Est en Ouest, s'inclinent progressivement vers des plages qui sont parmi les plus belles de la Côte Atlantique....

Le Poitou tient sa richesse à une situation exceptionnelle, entre le Bassin Aquitain et le Bassin Parisien, à la limite de la langue d'oc et de la langue d'oïl. Elle est devenue au fil du temps une des grandes voies commerciales de la France. Le Poitou abrite, outre sa capitale, Poitiers, à 220km de Bordeaux, une grande diversité de sites et paysages. Le département de la Vienne est décrit comme le seuil du Poitou. L'axe Châtellerault- Poitiers concentre tout le dynamisme de la région. Poitiers est une ville de contraste, entre Futuroscope et Moyen-Age, la cathédrale Saint-Pierre édifiée au XIIe siècle, le Baptistère Saint-Jean, doyen des édifices chrétiens de Gaule, son Palais de Justice, ancienne résidence des comtes du Poitou et des ducs d’Aquitaine, l’église Notre-Dame-la-Grande, joyau de l’art roman, sa façade sculptée est sans équivalent. La cité médiévale de Chauvigny, à 25km de Poitiers, quatrième agglomération du département derrière Poitiers, Châtellerault et Loudun, doit sa renommée à ses cinq châteaux qui forment un véritable ensemble fortifié et à son Spectacle du château des Aigles qui draine jusqu'à 25 000 visiteurs...

Si le département Charente-Maritime est le plus peuplé des quatre départements de la Poitou-Charentes, seules quatre villes dépassent les 10 000  habitants, La Rochelle, Rochefort, Saintes et Royan. En bordure de l’océan Atlantique, les ports historiques de La Rochelle, la ville la plus importante entre l'estuaire de la Loire et l’estuaire de la Gironde, la plus touristique avec ses 4 millions de visiteurs l'an, trois ports, un port de pêche industrielle, un port de commerce de La Pallice, à l'ouest de la ville, le port de plaisance installé dans le vieux port, avec une tour Saint-Nicolas, forteresse qui regarde la mer, et la tour de la Chaîne, toutes deux construites au XIVe siècle, reconstruites depuis, emblématiques au même titre que la porte de de la Grosse-Horloge, quai Duperré, la tour de la Lanterne, la cathédrale Saint-Louis qui symbolise la victoire des catholiques sur les protestants au siège de 1628...

A 35km de La Rochelle, Rochefort, ville et Arsenal construit au XVIIe siècle sous Louis XIV et Colbert sur la rive droite de la Charente et à une vingtaine de kilomètres de la mer par le fleuve ( l'Arsenal, la Corderie Royale). Le Château de La-Roche-Courbon attira Pierre Loti. Deuxième ville du département derrière La Rochelle, Saintes fut au bord de la Charente la capitale de la province de Saintonge, un bastion du protestantisme au XVIe siècles, elle est aujourd'hui un centre touristique fréquenté tant est riche son ensemble patrimonial gallo-romain, médiéval et classique (la basilique Saint-Eutrope, qui  possède l'une des plus vastes cryptes romanes d'Europe, la cathédrale Saint-Pierre, dont le clocher coiffé d'un dôme en cuivre culmine à 58 mètres, l’un des amphithéâtres les mieux conservés de ce qui fut la province de Gaule aquitaine ou l'arc de Germanicus, bâti vers l'an 18 sous le principat de Tibère). L'Abbaye aux Dames remonte à la fin du VIe siècle quand un premier sanctuaire est construit par l'évêque de Saintes, sa façade et son clocher sont emblématiques du roman saintongeais, l'ensemble a été converti en centre culturel...

A l'ouest, face au golfe de Gascogne, entre la presqu'île d'Arvert et Meschers, s'étalent les longues plages de sable et stations balnéaires de la "Côte de Beauté", St Palais, Vaux-sur-Mer, St Georges de Didonne, Royan, et les cinq îles de l'Archipel charentais, l'île de Ré, à 1,7km du port de La Rochelle, l'île d'Oléron, au large de Rochefort, la plus grande île française métropolitaine après la Corse, avec 30 km de long, les îles d'Aix, de Madame et de Nôle, qui gardent la vaste embouchure de la Charente. L’île d'Oléron est reliée au continent par le pont de l'île d'Oléron, long de 2862 m, troisième plus long pont de France après celui de l’île de Ré et celui de Saint-Nazaire. Avec 460 km de côtes et d'importants lieux de séjour balnéaire le long du littoral, la Charente-Maritime est le deuxième département touristique de France pour la fréquentation : la population du département double presque en été, pour avoisiner le million d'habitants....

Royan, située à l'entrée droite de l'estuaire de la Gironde, assume le rôle de capitale de la Côte de Beauté, renommée pour ses deux plages de sable, les 2km de la Grande Conche et Pontaillac, et son port de plaisance, étant parvenue à se relever des bombardements qui la détruisirent en septembre 1944-avril 1945...

Niort, ancien port fluvial, est la principale porte d'entrée du Marais poitevin, un célèbre et imposant marais, fréquenté, situé à l'extrême nord de la Charente-Maritime, à proximité de La Rochelle, à la lisière de la Vendée et des Deux-Sèvres. Quadrillé de 4.000 km de digues et de canaux (Coulon, Arçais), c'est un ancien golfe marin d'où ont émergé quelques îlots de calcaire jurassique autour desquels s'est déposée la terre de bri, fertile. Mais il a depuis a subi par endroits de forts assèchements de zones humides..
A noter, entre Niort et Poitiers, l'église saint-Hilaire de Melle est un trésor  de l'art roman poitevin…

Plus à l'ouest, dans les terres, le département de la Charente correspond à l'Angoumois, et  l'agglomération d'Angoulême s'assume principal centre culturel en regroupant près du tiers de la population départementale.  Au long de la vallée de la Charente, qui prend sa source dans la dans la Haute-Vienne pour gagner l'océan Atlantique entre Port-des-Barques et Fouras nous traversons Angoulême, Cognac, Jarnac et son église Saint-Pierre, Bassac et son abbaye Saint-Etienne, Verteuil-sur-Charente, dominé par la silhouette des tours de son splendide château. Aubeterre, au bord de la Dronne, à l'extrême sud-est du département de la Charente, abrite l'une des principales églises monolithes de France, avec l'église monolithe de Saint-Émilion et la chapelle de l'ermitage Saint-Martial de Mortagne-sur-Gironde, l'église monolithe Saint-Jean, et tout proche l'église Saint-Jacques, une imposante façade de style roman saintongeais...
Proche de la Charente-Maritime, les côteaux de Cognac sont célèbres pour leur eau-de-vie éponyme : son secret de fabrication est de brûler le vin en alambic et son indispensable vieillissement a sauvé l'économie charentaise  au XIXe siècle quand le fléau du phylloxéra frappa les vignobles cognaçais et bordelais. Le traité de commerce entre la France et l’Angleterre en 1860 sous l’autorité de Napoléon III permit au Cognac un croissance exponentielle, celui-ci étant en effet essentiellement un produit créé pour l'exportation....


L'Aquitaine
La région comporte les départements de la Dordogne, Gironde, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques...
A retenir: les terroirs vénérés par les amateurs de vin et les gastronomes, le Médoc, le Grave, le Sauterne, le bassin d'Arcachon, l'Île de Ré, la dune du Pilat...
Pour Mauriac, l'Aquitaine, au sud de Bordeaux, était "une terre bien-aimée en partie rêvée et qui existe dans notre mémoire plus encore que sur les cartes", celle de Montaigne et de Montesquieu (à Saint-Michel de Montaigne en Gascogne et à La Brède en Gironde), celle des châteaux-abbayes isolés comme des caravelles immobilisés sur la mer des vignes. La forêt landaise et la vallée de la Garonne la sépare du Périgord et des Pyrénées. L'Aquitaine, qui comporte un exceptionnel patrimoine architectural, peut être décomposée en quatre régions, la Gironde atlantique, la Gironde intérieure, Bordeaux, la vaste forêt des Landes… 

Le département de la Gironde doit son nom à la Gironde, estuaire commun de la Garonne et de la Dordogne. Ici, près de 75 % des habitants sont des citadins, notamment de Bordeaux et dans la moitié orientale, 25 000 exploitants récoltent, selon les années, de 2,5 à 6 Mhl de vin sur 100 000 ha. 40 000 ha sont plantés au nord de la Dordogne et de la Gironde.
La Gironde atlantique se définit autour de son estuaire et du Bassin d’Arcachon, 39,5 km de plages océanes, le lac de Cazaux, le 2e plus grand plan d’eau de France, dix petites villes à moins d'une heure de Bordeaux, Arcachon, La Teste de Buch, Gujan-Mestras, Le Teich, Biganos, Audenge, Lanton, Andernos-les-Bains, Arès et Lège-Cap Ferret, le phare du Cap Ferret accessible au bout de 258 marches. Le site principal est ici la célèbre et singulière dune du Pilat, la plus haute dune d’Europe, 109 mètres de haut, 2 700 mètres de long, 500 mètres de large, 60 millions de mètres cubes de sable, qui attire plus de 2 millions de visiteurs chaque année...

La Gironde intérieure est couverte de vignobles universellement connus, 120 000 hectares de vignes, dont 80% en rouge et 20 % en blanc, s'étendant sur les coteaux et les terrasses alluviales qui bordent  l'estuaire de la Gironde, et qui porte les vignobles du Médoc, des Graves et du Sauternais, les rives de la Garonne et de la Dordogne. La région bordelaise produit environ 60 à 70 millions de caisses de vin par millésime (12 bouteilles de 750 ml par caisse). Bordeaux compte plus de 9 000 viticulteurs et 60%  de ces producteurs produisent le vin dans leurs propres installations, tandis que les autres confient cette tâche à une cinquantaine de coopératives.
Les cépages principaux sont, pour les vins rouges, le Cabernet-sauvignon, le Cabernet franc et le Merlot ,et pour les vins blancs, le  Sémillon , le Sauvignon et la Muscadelle. On distingue six régions viticoles, la région du Médoc, la région du Blayais-Bourgeais (la citadelle de Blaye, l’île Bouchaud, l'une des  îles de l'estuaire de la Gironde), la région des Graves et de Pessac-Léognan, la région de Cérons, Barsac et Sauternes, la région de l'Entre-Deux-Mers, la région du Libournais avec Saint-émilion, Pomerol, Fronsac, Castillon-la-Bataille, dominé par Libourne au confluent de l'Isle et de la Dordogne, et les Côtes-de-Francs. La route des vignobles de Bordeaux à Margaux, Saint-Estèphe et Pauillac, est emblématique...

La ville de Bordeaux, "the capital of wine, and therefore the ideal place if you wish to experience a great wine-tasting experience", les adresses de plus renommés "wine-barbordelais, " sont un incontournable du marketing bordelais, encouragé par les quelques 720 millions de bouteilles vendues par an dans le monde, mais aussi, faut-il reconnaître, sous ses airs froids et parfois hautains, le dynamisme de la septième agglomération et du septième port maritime français, le fameux Port de la Lune, classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO (au 18e, le port de la Lune fut le plus important de France), - "lune" pour décrire le large méandre en forme de croissant que décrit la Garonne lorsqu'elle passe dans la ville. Bordeaux c'est aussi plus de 3 millions de touristes l'an venant admirer le plus important secteur sauvegardé et la plus grande façade néoclassique du XVIIIe siècle de toute l’Europe (cf.infra, place de la Bourse). Sa «vieille ville» s'identifie avec les quartiers compris entre la Garonne et ses anciens quartiers populaires en bordure du fleuve, Saint-Michel, Saint-Pierre, les Chartrons, le Pont de Pierre (1821), les petites maisons de pierre sans étage mais profondes, les échoppes bordelaises des XVIIIe et XIXe...

Il est possible de découvrir Bordeaux en suivant le cours de la Garonne, du pont Saint Jean, non loin de la gare Bordeaux-Saint-Jean, au pont Chaban Delmas et en nous situant sur la Rive Gauche (Bordeaux Rive Droite, c'est la Bastide, quartier qui se dynamise loin du tourisme). Du pont Saint Jean (1965), entre les quais Sainte Croix et le boulevard des frères Moga, au Pont de Pierre (le premier pont de Bordeaux qui a permis de traverser la Garonne pour relier le centre ville aux quartiers de la rive droite), la rive gauche déploie un premier quartier, le quartier Saint-Michel, délimité par le Cours de la Marne, la place de la Victoire,  et la rue Sainte Catherine. Le quartier du centre ancien de Bordeaux s'est construit, cosmopolite et populaire, - la rue Mauriac y est, dit-on, la plus petite rue de la soif du monde -, autour de l'imposante basilique de style gothique Saint Michel, mais abrite de même l'Eglise Sainte-Croix, bâtie dans la première moitié du Xe siècle par Guillaume le Bon, duc d'Aquitaine, le marché des Capucins, le plus grand marché de Bordeaux, la place Canteloup…

Autre visage de Bordeaux, de la place de la Victoire à la place de la Comédie où se situe le Grand Théâtre, qui abrite l’Opéra National de Bordeaux, la rue Sainte-Catherine croise pratiquement toutes les artères principales du centre ville de Bordeaux et offre sur plus d'un kilomètre un déroulé de commerces et de boutiques unique à Bordeaux, pour ne pas dire en France...
Le quartier Saint Pierre succède en bordure de la Garonne au quartier Saint Michel, après le Pont de Pierre (1821) et la Porte de Bourgogne. Parmi ses lieux emblématiques, la Porte Cailhau (1496), face à la place du Palais, renommée pour son point de vue sur le pont de Pierre et sur les toits de la ville, l'un des monuments les plus visités de Bordeaux, après la tour Pey Berland, l'Eglise Saint-Pierre, la place du Parlement (1760), vaste quadrilatère baigné de soleil, ses restaurants (salade de gésiers ou entrecôte bordelaise avec sauce marchand de vin), ou la dégustation d'un cannelé,  l’une des spécialités de Bordeaux, petit gâteau à la robe caramélisée et au cœur moelleux, parfumé de vanille et de rhum. Dans son prolongement, le quartier Saint-Paul, construit autour de l’église Saint-Éloi, le marché de la place Fernand Lafargue, le collège de Guyenne fréquenté par Montaigne, la maison de naissance de Mauriac, ancienne demeure des ducs d’Aquitaine, et la monumentale porte Saint-Éloi qui ouvre sur le cours Victor Hugo…

Le coeur monumental de Bordeaux fait face à la Garonne - Au Quartier Saint Pierre, cœur historique de la ville, avec ses vieilles ruelles pittoresques, succède l'ensemble monumental qui donne son visage des plus classiques à Bordeaux : la place Saint-Projet, la plus ancienne place de Bordeaux, la place de la Bourse et son Miroir d'Eau face à la Garonne alternant effet miroir et brume, demi-rectangle qu'encadrent l'hôtel des Douanes et le Palais de la Bourse, un joyau du XVIIIe. Puis, entre le Cours du Chapeau Rouge et la rue Esprit des Lois, le Grand-Théâtre (1773-1780), les Allées de Tourny,  bordée d'immeubles à façades Louis XV, l'église Notre-Dame, construite dans un style baroque à la fin du XVIIe siècle, centre du Triangle d'Or, le quartier le plus prestigieux de Bordeaux et qui abrite une concentration extraordinaire de belles architectures, de monuments historiques et d’œuvres d’art...
En nous éloignant de la Garonne et du Palais de la Bourse, remontant la rue de la Porte Dijeaux, nous gagnons la place Gambetta, l'âme de la ville, dit-on, avec ses cafés et boutiques de luxe. La rue Bouffard mène à la magnifique cathédrale Saint-André, achevée en 1440, et la tour Pey Berland, la tour séparée de la cathédrale dont on escalade les 233 marches, sa vierge au sommet est tournée vers le village de Saint Raphaël, situé dans le Médoc. Les quartiers Pey Berland et Saint Christoly accueillent le Palais Rohan, siège de la mairie de la ville depuis 1835, et sa galerie sud accueille le musée des Beaux-Arts, qui expose un ensemble de peintures couvrant le  XIXe s. (Delacroix, "La Grèce sur les ruines de Missolonghi", 1826, Jean-Baptiste-Camille Corot, Narcisse Dìaz de la Peña, Odilon Redon, la fameuse "Danae", de Charles Auguste Émile Durand) et deux peintres bordelais, Albert Marquet (Nu fauve, 1898) et André Lhote (L'entrée du bassin à flot à Bordeaux, Le port de Bordeaux, 1912)...

Au détour du paisible quartier résidentiel de Saint Seurin - Fondaudège, on se surprend à rencontrer les vestiges du palais Gallien, un amphithéâtre romain, et place des Martyrs de la Résistance, le berceau du christianisme bordelais : la basilique Saint-Seurin,  construite sur une nécropole antique au début du XIe siècle, et dont la crypte compterait nombre de saints, sainte Véronique, sainte Bénédicte, natives de Gironde, saint Martial, patron de l’Aquitaine, saint Fort, martyrisé au VIe siècle et adulé par les Bordelais. La "Résurrection des Morts", sculptée sur le linteau supérieur du portail roman, est magnifique…

Si nous poursuivons le cours de la Garonne, au-delà du Palais de la Bourse, nous atteignons l'esplanade des Quinconces (1820), le monument des Girondins et les statues de Montaigne et de Montesquieu. Nous poursuivons quai Louis XVIII, laissons à notre gauche le Jardin public pour atteindre le quartier des Chartrons qui suit un coude la Garonne, le fief historique des négociants en vins: le quartier s’articule autour de sa très haute église Saint-Louis-des-Chartrons, la rue Notre-Dame regorge d’antiquaires et de brocanteurs et la Halle des Chartrons entend être un lieu culturel majeur de Bordeaux.  Plus loin, le Bassin à Flots et le pont Chaban Delmas...
Mais la richesse de Bordeaux métropole ne ruisselle pas à plus de 20 kilomètres, elle s’arrête, dit-on, à Libourne...

La vaste forêt des Landes de Gascogne, c'est un million d'hectares de pins plantés du XVIIIe au XIXe siècle sur une terre hostile, ensablées sur le littoral, marécageuses à l’intérieur,  de la Gironde à l'Adour et Nérac, atténue l'influence océanique et protège les vignobles du Médoc, des Graves et de Sauternes des vents provenant de la côte atlantique. Sur la façade Atlantique, Biscarosse, capitale de l'hydraviation (lieu mythique de l'ancienne base Latécoère), sa longue plage et ses étangs, et plus au sud, Mont-de-Marsan et Dax, qui représente 15% du marché national du thermalisme français…

 

Agen, à mi-chemin de Bordeaux et de Toulouse, Marmande, Nérac, et Villeneuve-sur-Lot sont les principales petites villes qui définissent le Lot-et-Garonne, haut lieu du tourisme vert, pays de coteaux et de valons, viticole et agricole. On y visite le Château de Bonaguil, le dernier des grands châteaux forts français, le village médiéval de Penne-d’Agenais et la bastide du  village de Monflaquin, à environ 15 km au nord de la vallée du Lot, et le Château de Duras, construit du XIIe au XVIIe siècle, à 20km de Marmande. Agen, au bord de la Garonne, que longe l'esplanade du Gravier, ou que franchit par un pont-canal un canal latéral à la Garonne, s'anime autour de la place des Laitiers, des arcades de la rue des Cornières, sous les maisons anciennes à colombages et à encorbellement de la rue Beauville. La cathédrale Saint-Caprais et le musée des Beaux-Arts complète ce tableau.
A 26km d'Agen, la vieille ville de Nérac, capitale de l'Albret, est cité gallo-romaine, médiévale, et Renaissance, nichée sur les bords de la Baïse, un petite qui enchante par son pittoresque et ses si nombreux monuments, hôtels du XVIIe, un pont vieux qui remonte au XVIe. Le château de Nérac, édifié du XIVe au XVIe siècle, fut l'ancien fief des seigneurs d'Albret, puis résidence du futur roi Henri IV et de son épouse la reine Margot de 1577 à 1582. "Le Chevalier de Pardaillan", de Bernard Borderie, y fut tourné en 1962....


Périgord, Quercy et Gascogne
La région comporte les départements de la Dordogne, du Lot, Tarn, Haute-Garonne, Tarn-et-Garonne, Gers, l'Aveyron...
A retenir: la Dordogne, la grotte de Lascaux, Sarlat-la-Canéda, Beaumont-du-Périgord, le Gouffre de Padirac, le musée Toulouse-Lautrec d'Albi, l'Abbaye Saint-Pierre de Moissac, Cordes-sur-Ciel...
L'ensemble du "Périgord, Quercy et Gascogne" fut habité il y a fort depuis longtemps : musée de la Préhistoire aux Eyzies-de-Tayac, grotte de Lascaux à Montignac, l'une des plus importantes grottes ornées du Paléolithique longue de quelques 235m, témoignage de 400 siècles de présence humaine sur les rives de la Vézère. Plus d'un million de personnes visitèrent la grotte entre 1948 et 1963, les dégradations furent telles que des répliques furent construites à quelques centaines de mètres pour accueillir le flux touristique (Lascaux, c'est aujourd'hui plus de 2 millions de visiteurs l'an)...

Le département de la Dordogne correspond essentiellement au Périgord, il s'étend à la fois sur le Bassin aquitain et la frange occidentale du Massif central et comporte une série de petits pays qui gravitent autour de Périgueux. Si la Dordogne est la seule rivière en France a être classée par l'UNESCO Réserve mondiale de biosphère, le Périgord se répartit volontiers en 4 appellations touristiques du Périgord. La Dordogne est le premier département touristique de l’intérieur en Nouvelle-Aquitaine, en cinquième place derrière les départements du littoral (Charente-Maritime, Gironde, Landes et Pyrénées-Atlantiques) et la clientèle étrangère représente plus d'un tiers de la fréquentation ("National Geographic" recommande particulièrement cette destination en France : "the picturesque, historic region is a worth trip").

Le "Périgord Vert", riche en forêts de chênes clairs et châtaigniers, autour des vallées de la Dronne, du Bandiat, de l'Isle et de l'Auvézère, des petites villes de Ribérac, la capitale du Périgord vert, à une trentaine de kilomètres à l'ouest de Périgueux, Nontron, Thiviers, Saint-Jean-de-Côle, Tocane-Saint-Apre. A 24km de Périgueux, Brantôme, la "Venise du Périgord", est un petite cité médiévale ceinte par la Dronne, le principal affluent de l'Isle, elle-même affluent de la Dordogne, et abritant au pied d'une falaise en croissant, surmonté d'un écrin boisé,  une église abbatiale réputée, vestige de l'Abbaye bénédictine Saint-Pierre de Brantôme fondée en 769...

Le "Périgord blanc", drainé par l'Isle et l'Auvézère, "blanc" parce que domine le calcaire blanc de nombre de bâtisses regroupées autour de sa capitale culturelle et touristique, Périgueux, une ville gallo-romaine (Vesunna, le Site-musée gallo-romain de Périgueux) au centre de laquelle domine, roman-byzantine, la Cathédrale Saint-Front et ses cinq imposantes coupoles, des murs habillés de vitraux, un ensemble construit dès le XIe, qui affrontera guerres de Religion, Fronde et  Révolution, pour être rénovée au XIXe, une ville qui garde mémoire d'une certaine prospérité acquise au XVe siècle (rue Limogeanne, Maison du pâtissier, Hôtel de Lure, Maison des Consuls, Maison Estignard). Au Nord de Périgueux, Sorges, la capitale de la truffe noire, le château des Bories (1497-1604), à Antonne-et-Trigonant. A égale distance de Brive-la-Gaillarde et de Périgueux, le château de Hautefort (XVIIe), l'un des plus imposants châteaux de Dordogne, où André Hunebelle tourna "Le Capitan" en 1966 avec Jean Marais. Au Sud, l'une des rares églises à être millénaire, l'église Saint-Martial de Paunat. A l'ouest, les vestiges de l'abbaye Notre-Dame de Chancelade fondée au XIIe siècle...

Au sud-est de la Dordogne, le "Périgord Noir",  pays de chênes verts qui s'articule autour des vallées de la Dordogne et de la Vézère, autour de la préhistoire, la grotte de Lascaux, la grotte de Tourtoirac, les gisements préhistoriques et le musée des Eyzies-de-Tayac, autour des petites villes de Terrasson-Lavilledieu, La Roque Gageac, en bordure de la Dordogne et dominée par énorme falaise calcaire (un jardin exotique révélateur de son micro-climat),  Castelnaud-la-Chapelle et  son château du XIIe bâti sur un éperon rocheux (236 000 visiteurs), face à la photogénique forteresse de Beynac, son éternel rival médiéval, aux jardins du Château de Marqueyssac, et de Sarlat-la-Canéda, magnifique petite cité médiévale qui allie ruelles (rue de la Liberté, rue Fénelon, rue Montaigne, rue des Consuls) et petites places de marché (place de la Liberté, place du Peurou), bonne chère (foies gras, confits) et pierre de couleur ocre typique de toutes ses constructions du XVIe, l'hôtel de La Boétie, où naquit, en 1530, Etienne de La Boétie, écrivain et ami de Montaigne, l'hôtel Selve-de-Plamon, l'hôtel de Gisson, l'Hôtel de Vassal, l'ancienne église Sainte-Marie, la cathédrale Saint-Sacerdos qui domine de son singulier clocher à bulbe les toits de lause de la ville. Saint-Cyprien est quant à lui réputé pour son marché . Enfin, depuis 1903, la fête la plus importante du Périgord Noir qui tourne annuellement dans tel ville ou village, la Félibrée (Felibrejada), attire plus de 20000 visiteurs, fête occitane animée avec costumes traditionnels, défilés, danses et guirlandes de fleurs. Parmi les sites touristiques emblématiques que le Périgord Noir a su proposer, à noter le parc à thème du village du Bournat et le plus grand aquarium d'eau douce privé de France (6000 poissons), tous deux dans la commune du Bugue (270000 visiteurs chaque année)....

Enfin, au sud-ouest, le "Périgord Pourpre", plus doux et plus lumineux, regroupé autour de Bergerac, la cité de Cyrano, à 48 km au sud-ouest de Périgueux, dans sa ville médiévale, la place Pelissière et ses terrasses de restaurants, le cloître des Récollets. Alentour, des vignes et des vergers, les vignobles bien connus de Monbazillac (le château de Monbazillac, Issigeac), de Pécharmant, de Bergerac, Rosette, Saussignac, Montravel. A 30km de Bergerac, la Bastide anglaise de Beaumont-du-Périgord, fondée en 1272, et son église fortifiée, à deux tours, l'Église Saint-Laurent-et-Saint-Front , construite fin XIIIème siècle, Monpazier, la Bastide la plus célèbre et la mieux conservée du Périgord, fondée en 1284, le village de Limeuil, au confluent de la Vézère et de la Dordogne, Villamblard, à mi chemin entre Périgueux et Bergerac...

Le département du Lot s'étend principalement sur les causses du Quercy, plateaux de 300 à 400 m d'altitude, karstiques et arides (vallées sèches, rivières souterraines comme à Padirac, cañons comme à Rocamadour), mais souvent  entaillés par des vallées plus verdoyantes (Dordogne, Lot), où se concentrent activités agricoles et population. L'action de trois rivières, l'Aveyron, le Lot avec le Célé et la Dordogne, ont ainsi entraîné la distinction de quatre causses, du nord au sud, causse de Limogne, causse de Saint-Chels, causse de Gramat et causse de Martel. Le causse de Limogne, entre l'Aveyron et le Lot, au sud de Cahors dans les départements du Lot et du Tarn-et-Garonne, avec Limogne-en-Quercy et Lalbenque. Le causse de Saint-Chels, entre le Lot et le Célé, à l’est de Cahors dans le département du Lot, avec Carayac, Faycelles, Gréalou et Saint-Chels. Le château de Larroque-Toirac, construit entre le XIIe siècle et le XVe siècle, domine la vallée du Lot entre entre Figeac et Cajarc...

Causses du Quercy et Causse de Limogne englobent donc la vallée du Lot, Cahors en est la capitale : le pont Valentré, pont médiéval à 3 tours du XIVe siècle, et la majestueuse cathédrale médiévale de Saint-Étienne (1119), surmontée de deux coupoles et abritant la Sainte Coiffe du Christ (l’une des cinq reliques du Christ au moment de sa mise au tombeau, dit-on), sont emblématiques de la vieille ville aux toits de tuiles. Au cœur d'une agglomération d'un peu plus de 40 000 habitants, Cahors est aussi célèbre pour son vignoble, -  le cépage auxerrois utilisé (dit malbec dans le bordelais) est responsable de la teinte du vin, un vin noir, couleur encre, très puissant) -,  et sa gastronomie (truffes, foie gras). La route des vins de Cahors s'étend de Cahors à Puy-L’évêque en passant par Luzech et Prayssac.

A 30km de Cahors, le photogénique village de Saint-Cirq-Lapopie domine du haut de son rocher la vallée du Lot, abritant les  de trois châteaux et l'église Saint-Cirq-et-Sainte-Juliette, puissante église gothique fortifiée du XVe siècle qui se dresse au bord de la haute falaise, André Breton y séjourna...

A 70km de Cahors, Figeac, sur les rives du Célé, si proche de l'Aveyron et du Cantal, est une petite ville d'arcades, de ruelleset de maisons médiévales en son centre, abritant de belles églises romanes remaniées au XVIIe, l’église Saint-Sauveur (1092) et l’église Notre-Dame-du-Puy sur la place du Forail. Jean-François Champollion (1790-1832), le père de l'égyptologie, naquit à Figeac, sa demeure familiale abrite le Musée Champollion-Les Ecritures du Monde et sur  la place des Ecritures de dresse une immense dalle de granit noir portant des hiéroglyphes et représente la fameuse «pierre de Rosette». Louis Malle réalisa "Lacombe Lucien" en 1974 à Figeac. Les passionnés de vieilles pierres ne peuvent passer outre deux villages particulièrement comblés à ce sujet et dont l'histoire a laissé nombre de vestiges, à 4 km de Figeac, le village de Capdenac le Haut (donjon, remparts, du XVe, église du XVIIIe...), et à 10km, celui de Cardaillac (maisons anciennes, tour de l'Horloge du XIIIe)....

Le causse de Gramat, limité par le Célé, le Lot et la Dordogne, est le plus important des causses du Quercy, c'est un  immense plateau calcaire aride qui s'ouvre sur le canyon de l'Alzou entre Gramat et Rocamadour, creusé en sous-sol par de nombreux gouffres, igues et dolines, typiques du territoire. Dans cette campagne sèche et rocailleuse, la principale activité agricole reste l'élevage de brebis de race caussenarde. Le paysage est jalonné de d'ouvrages en pierre, granges, caselles, murets, puits, croix, dolmens (la Pierre Martine, à Livernon), de grottes préhistoriques ouvertes au public et parfois longues de plusieurs kilomètres (grotte du Pech Merle à Cabrerets, grotte des Merveilles à Rocamadour, grottes de Cougnac près de Gourdon). La chapelle des mammouths, le panneau dit des chevaux ponctués, le panneau dit des femmes-bisons, et celui de 'l'homme-blessé", ont rendu célèbre les 1 200 m de galeries ouvertes au public de la grotte du Pech Merle (le nombre de visiteurs à la journée est limité à 700 personnes en juillet et août). C'est aussi la région des gouffres, le gouffre de Padirac (à 103 mètres de profondeur, coule une rivière souterraine qui parcourt plus de 40 kilomètres) et le gouffre des Vitarelles (14 km)….
Séparé des causses de Gramat par la vallée de la Dordogne, le causse de Martel est le moins élevé et le plus septentrional des Causses et se situe dans le département du Lot, au nord de la Dordogne et au sud de la Corrèze. 

C'est dans cette partie du Haut-Quercy que la superbe cité médiévale de Rocamadour surplombe à 120m de hauteur le canyon de l'Alzou, une cité de 689 habitants qui attire plus d'un million de visiteurs chaque année, l'un des plus visités de France après Le Mont-Saint-Michel, la cité de Carcassonne, la Tour Eiffel et le château de Versailles. Rocamadour est à 62km de Cahors, chacun se situant de part et d'autre du Parc régional des Causses du Quercy. Site touristique par excellence, Rocamadour est cité médiévale avec ruelles tortueuses, ses portes fortifiées, son escalier monumental, et lieu de pèlerinage réputé depuis le XIIe siècle consacré à la Vierge noire et au tombeau de saint Amadour. 216 marches conduisent à la cité religieuse, la basilique Saint-Sauveur, la crypte Saint-Amadour, les chapelles Sainte-Anne, Saint-Blaise, Saint-Jean-Baptiste, Notre-Dame, dominés par le palais des Évêques de Tulle. Le Grand Pardon de Rocamadour ponctue certaines années…

Ville du nord du département du Lot, cité de la vallée de la Dordogne, Souillac est une ville de carrefour, à 23km de Rocamadour, à 65 km au nord de Cahors, et à 26 km à l'est de Sarlat, cité emblématique du Périgord, mais tout autant réputée pour son église abbatiale Sainte-Marie de style romano-byzantin (un style  à rapprocher de la cathédrale Saint-Front, à Périgueux, ou de la cathédrale Saint-Étienne, à Cahors), ouvrage du XIIe siècle qui abrite le fameux "pilier de Souillac", un singulier enchevêtrement de monstres qui se mordent et se battent et dont ignore la symbolique...

Le département du Tarn se tient aux confins du Massif central et de l'Aquitaine, à l'écart des grands axes de circulation passant à l'Ouest, vers Toulouse,  ou à l'Est, vers le Languedoc. Au sud, au pied des forêts de la Montagne Noire et des rochers granitiques du Sidobre, Castres, à une heure de Toulouse et Carcassonne, borde la rivière de l'Agout, son quai des Jacobins se pare de vieilles maisons colorées, d'anciennes maisons de tanneurs et de teinturiers. Cette petite ville où naquit Jean Jaurès (la Place Jean-Jaurès, lieu de toutes les manifestations) est particulièrement riche en évènements culturels et festifs, abritant une impressionnante cathédrale baroque, la Cathédrale Saint-Benoit, des hôtels particuliers du XVIe (l'hôtel de Viviès),  un musée Francisco de Goya, contenant la plus grande collection de peintures hispaniques en France, après le musée du Louvre, depuis 1840 (Autoportrait aux lunettes, Portrait de Francisco del Mazo, la Junte des Philippines, mais aussi Le Christ servi par les anges dans le désert (1515-16), chef-d’œuvre de Francisco Pacheco..)....

Entre le bassin aquitain et le Massif central, Albi expose au bord du Tarn, l'un des plus anciens ponts de France, son impressionnante cathédrale fortifiée Sainte-Cécile, qui abrite plus de 120 statues et le plus vaste Jugement dernier que nous ait légué le Moyen Age, son palais de brique de la Berbie, en face de l'imposante tour Mage. La place du Vigan est le centre de l'activité albigeoise depuis la création du Pont-Neuf, la rue Mariès prolonge la rue Timbal et relie passé et présent. Ville natale d'Henri de Toulouse-Lautrec, Albi abrite à proximité de la cathédrale Sainte-Cécile, dans le palais de la Berbie, un des musées les plus fréquentés de la région (175 000 visiteurs) et consacré au peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901), il s'agit de la plus grande collection qui lui soit dédiée de part le monde ( 219 peintures, 563 dessins, 183 lithographies, 31 affiches, à noter le Musée d'Orsay à Paris qui possède parmi ses oeuvres les plus remarquables), certains de ses contemporains lui sont associés, Emile Bernard (1868-1941), Maurice Denis (1870-1943), Pierre Bonnard (1867-1947) : Le Salon de la rue des Moulins (1894), Le docteur Gabriel Tapié de Céleyran (1894), Femme qui tire son bas (1894), Les deux amies (1894)...

Aux environs, le fameux pays des bastides albigeoises, des petites villages fortifiés du XIIIe siècle , Castelnau de Montmiral, résista aux Anglais qui, menés par le prince noir lors de la Guerre de 100 ans,  le village et château de Penne et de son château perché au-dessus des Gorges de l’Aveyron et de la forêt de Grésigne. Et à quelques 20km, la médiévale Cordes-sur-Ciel, la ville aux Cent ogives, constitue un impressionnant haut lieu du catharisme, ses quelques 1000 habitants accueillent ainsi près d'un million de touristes chaque année (la maison du Grand Fauconnier, la maison Prunet et la maison du Grand Veneur)…

On ne peut parcourir le Tarn sans passer par les vignes de Gaillac, à 27km d'Albi, un vignoble de  3 900 hectares, des rouges, en majorité, charpentés, des blancs secs ou perlés, des rosés légers et fruités, réalisés à paritr de cépages locaux (duras, baucol, mauzac, l’en de l’el, ondenc) ou plus courants dans le Sud-ouest (merlots, les cabernets syrah et gamay, muscadelle, sauvignon blanc, sémillon). L'abbaye Saint-Michel de Gaillac, communauté bénédictine qui remonte au Xe siècle, reconstruite au XVIe siècle, est à l'origine du vignoble : le Musée de la vigne et du vin de Gaillac y a maintenant élu résidence…

 

Le département de Tarn-et-Garonne, l'un des plus petits départements, entre Tarn à l'est, Haute-Garonne au sud, Gers au nord, est traversé par trois grands cours d'eau que sont l'Aveyron, le Tarn et la Garonne, est fortement rural et sous l'influence de la large agglomération de Toulouse. Son patrimoine touristique est principalement composé de petites villes médiévales (Bruniquel, Caylus et Saint-Antonin-Noble-Val), et d'une abbaye classée au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'Abbaye Saint-Pierre de Moissac, fondée au VIIe siècle :  ses extraordinaires sculptures romanes, telles que la prise de Jérusalem par les chrétiens, le tympan de son portail d'entrée, réalisé entre 1110 et 1130, qui évoque l'Apocalypse de Jean, une Mise au Tombeau du XVe siècle, et son cloître, le plus beau d'Europe, 76 arcades, suscitent la curiosité de quelques 60000 visiteurs. Le chasselas de Moissac est de même l'une des production de l'abbaye...

Montauban, capitale du Tarn-et-Garonne à 55km de Toulouse, près de 60 000 habitants, outre les arcades de sa place Nationale, le Vieux Montauban, qui abrite  l'église Saint-Jacques, le Pont Vieux du XIVe siècle et ses sept arches ogivales qui enjambent les eaux du Tarn, l'hôtel Lefranc de Pompignan, la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption, un musée Ingres, installé dans l'ancien palais épiscopal du XVIIe siècle, près du Vieux Pont, Jean-Auguste-Dominique Ingres (1780-1867) étant natif de la ville (Portrait de Caroline Gonse, 1852). Située dans la vallée de la Lère, affluent de l'Aveyron, Caussade fut la ville du fameux canotier, et Castelsarrasin vaut pour son église romane construite en briques rouges, l'Église Saint-Sauveur.

Les gorges de l'Aveyron, entre Bruniquel et Saint-Antonin-Noble-Val,  attirent de nombreux touristes pour ses paysages et les activités proposées....

Le département du Gers est une région rurale drainée par les affluents de la Garonne nés sur le plateau de Lannemezan, Save, Gers, Arrats, Gimone et Baïse, et la majeure partie de son territoire s'identifie avec l'Armagnac, notamment le Bas Armagnac (ou Armagnac noir, sa capitale Eauze), réputé pour un alcool élevé en fût de chêne, qui existe depuis le début du 15ème siècle et qui titre au minimum 40°, issu des cépages Colombard, Ugni Blanc (le Cognac est issu à 97% de l’Ugni-Blanc), et Folle Blanche, le cépage du raffinement. L'Armagnac est très peu exporté, à la différence du Cognac. Le Gers est de tradition une terre de la bonne chère produisant foie gras, confit de canard ou d'oie et poulet fermier…

Réputée capitale historique de la Gascogne, Auch est à 69 km à l'ouest de Toulouse, à 63 km d'Agen, à 62 km de Tarbes et 92 km de Mont-de-Marsan. Le Gers sépare la ville en deux, la haute-ville, sur la rive gauche, correspond à la cité médiévale, on y trouve la cathédrale Sainte-Marie, édifiée du XVe au XVIIe siècle, l'une des plus vastes cathédrales de France, avec ses plus de 100 mètres de long et 35 mètres de large (le chœur contient un ensemble de 113 stalles en chêne massif représentant plus de 1 500 personnages), la tour d'Armagnac, ancienne prison du XIVe siècle, d'une hauteur de 40 mètres, des ruelles en escalier appelées pousterles, et un escalier monumental de 374 marches reliant la ville haute à la ville basse sur 35 mètres de dénivelé, et abritant une statue en bronze de Charles de Batz, alias d'Artagnan...

La petite ville de Lectoure, à 36km d'Auch, la deuxième commune la plus vaste du département du Gers après Condom et l'une des plus dynamiques, possède un centre médiéval riche en bâtiments, la cathédrale Saint-Gervais-Saint-Protais des XVe et XVIIe siècles, qui conserve les reliques de saint Clair d'Aquitaine, la rue Nationale bordée d'hôtels particuliers, la fontaine de Diane, réaménagée au XIIIe siècle, et des remparts médiévaux…

Entre Condom et Auch, Valence-sur-Baïse est une bastide défensive fondée en 1274 et assise sur un banc rocheux, à la confluence de la Baïse et de l'Auloue, dominant toute la vallée de plus de 50 mètres. L'Abbaye de Flaran, fondée en 1151, y est l'une des abbayes cisterciennes les mieux préservées du sud-ouest de la France : avec près de 50 000 visiteurs par an, l'abbaye est devenue le site le plus visité du Gers. A 18 km à l'ouest de Fleurance et à 20 km au nord-ouest d'Auch, l'imposant château de Lavardens, ancienne forteresse médiévale reconstruite au XVIIe,  domine de sa masse le village, village jadis fortifié et dont il ne reste que quelques tours…