Le désir de couleur et les joies de l'existence... 

Le Fauvisme (1905-1907) Le fauvisme apparaît en France à la même période que l’expressionnisme en Allemagne. Mais si l’expressionnisme allemand se caractérise par une atmosphère tourmentée, parfois violente, la forme d’expressivité du fauvisme est tout autre. La dynamique de ce groupe est beaucoup plus positive et pleine de vitalité, et c'est avant tout un mouvement spontané et fervent, qui, de par son exaltation même, ne durera que le temps d'une flambée.. Le fauvisme naît avec "L'intérieur à Collioure" (1905) de Matisse, où sujet et composition sont métamorphosés en tâches colorées : la tache verte-bleue d'une robe sur la tache rose d'un drap. Le jeu des couleurs chez Matisse n'aura jamais la virulence de celles de Derain, mais ses Notes d'un Peintre révèlent une technique dont se réclame l'ensemble du fauvisme : "Si, sur une toile blanche, je dispose des sensations de bleu, de vert, de rouge, à. mesure que j'ajoute des touches, chacune de celles que j 'ai posées antérieurement perd de son importance. J'ai à peindre un intérieur; j'ai devant moi une armoire, elle me donne une sensation de rouge bien vivant, et je pose un rouge qui me satisfait. Un rapport s'établit entre ce rouge et le blanc de la toile. Que je pose à côté un vert, que je rende le parquet par un jaune, et il y aura encore, entre ce vert ou ce jaune et le blanc de la toile, des rapports qui me satisferont. Mais ces différents tons se diminuent mutuellement. Il faut que les signes divers que j'emploie soient équilibrés de telle sorte qu 'ils ne se détruisent pas les uns les autres. Pour cela, je dois mettre de l'ordre dans mes idées : la relation entre les tons s'établira de telle sorte qu 'elle les soutiendra au lieu de les abattre..." (Matisse, Notes d'un peintre, La Grande Revue, 1908).

Au Salon d'Automne. (1905) exposent  Matisse, Marquet, Camoin, Mauguin, qui viennent de l'atelier de Gustave Moreau, Friesz et Dufy, originaire du Havre, Derain et Maurice de Vlaminck (1876-1958), de Chatou, Kees van Dongen (1877-1968), de Montmartre, tous, rejetant perspective et valeurs de l'art classique, exaltent la couleur, une couleur qui atteint, à travers l'exaltation fauviste, aux limites supportables du paroxysme... 

A la même époque : Pierre Bonnard (1867-1947), et bien des peintres goûteront à cette liberté fauviste... 

 

The desire for colour and the joys of life... 

Fauvism (1905-1907)  - Fauvism appears in France at the same time as expressionism in Germany. But while German expressionism is characterized by a tormented, sometimes violent atmosphere, the form of expressiveness of Fauvism is quite different. The dynamic of this group is much more positive and full of vitality, and it is above all a spontaneous and fervent movement, which, by its very exaltation, will only last for the duration of an outbreak. Fauvism was born with Matisse's "L' intérieur à Collioure" (1905), in which subject and composition were transformed into coloured spots: the green-blue spot of a dress on the pink spot of a sheet. The play of colours in Matisse's paintings will never have the virulence of Derain's, but his Notes d' un Peintre reveals a technique claimed by the whole of Fauvism:"If, on a white canvas, I have sensations of blue, green, red, as I add touches, each of those I have previously posed become less important. I have to paint an interior; I have a wardrobe in front of me, it gives me a very lively red feeling, and I put a red one that satisfies me. A relationship is established between this red and the white of the canvas. That I lay next to a green, that I return the parquet floor by a yellow one, and there will still be, between this green or yellow and the white of the canvas, reports that will satisfy me. But these different tones diminish each other. The various signs I use must be balanced so that they do not destroy each other. To do this, I have to put order in my ideas: the relationship between the tones will be established in such a way that it will support them instead of destroying them" (Matisse, Notes d' un peintre, La Grande Revue, 1908).

El deseo de color y las alegrías de la vida....

Fauvismo (1905-1907)  - El fauvismo aparece en Francia al mismo tiempo que el expresionismo en Alemania. Pero mientras que el expresionismo alemán se caracteriza por una atmósfera atormentada, a veces violenta, la forma de expresividad del fauvismo es muy diferente. La dinámica de este grupo es mucho más positiva y llena de vitalidad, y sobre todo es un movimiento espontáneo y fervoroso, que, por su propia exaltación, sólo durará durante un brote. El fauvismo nace con "L' intérieur à Collioure" de Matisse (1905), en la que el tema y la composición se transforman en manchas de color: la mancha verde-azulada de un vestido sobre la mancha rosa de una sábana. El juego de colores en las pinturas de Matisse no tendrá nunca la virulencia de Derain' s, pero sus Notes d' un Peintre revelan una técnica reivindicada por el conjunto del fauvismo:"Si, sobre un lienzo blanco, tengo sensaciones de azul, verde, rojo, a medida que añado toques, cada uno de los que he planteado anteriormente se vuelve menos importante. Tengo que pintar un interior; tengo un armario delante de mí, me da una sensación de rojo muy vivo, y pongo uno rojo que me satisface. Se establece una relación entre este rojo y el blanco del lienzo. Que me acuesto junto a un verde, que devuelvo el suelo de parquet por un amarillo, y todavía habrá, entre este verde o amarillo y el blanco del lienzo, informes que me satisfarán. Pero estos diferentes tonos se disminuyen entre sí. Las diversas señales que utilizo deben ser equilibradas para que no se destruyan unas a otras. Para ello, tengo que poner orden en mis ideas: la relación entre los tonos se establecerá de tal manera que los sostenga en lugar de destruirlos" (Matisse, Notes d' un peintre, La Grande Revue, 1908).

 


Le Fauvisme, qui réunit pour quelques années quelques-uns des principaux peintres du XXe s., correspond plus à une phase commune de recherches, en quelque sorte scellée par le succès de scandale, qu'à un véritable mouvement esthétique doté d'un programme. Le Salon d'automne de 1905 consacre une peinture existant de fait depuis près de cinq ans, œuvre de jeunes artistes qui, souvent, ne se connaissaient pas. Cette peinture s'était affirmée par poussées successives, " d'abord discontinues, intermittentes, qui finalement convergent et s'embrasent en brève et somptueuse flambée " (J.Leymarie).

Si l'on veut définir ce qu'ont de commun et de nouveau les toiles fauves, on parvient à des données très simples : exaltation de la couleur pure, rejet de la perspective et des valeurs de l'art classique, rejet également de l'espace, de la lumière et du naturalisme impressionnistes. Pourtant, plus que d'une explosion spontanée, le Fauvisme naît au point de rencontre de trois traditions apparemment contradictoires du Post-Impressionnisme : Gauguin, le Néo-Impressionnisme et Van Gogh.

 

Au cours de son voyage à Tahiti, Gauguin découvre la splendeur des couleurs du pays. Cherchant lui aussi à exprimer l’éclatement et l’intensité de ces teintes et lumières magiques qu’il observe, il aboutit à une simplification du dessin.Vers la fin de sa vie, Gauguin aboutit à des peintures où la couleur prend indéniablement le pas sur le dessin et s’exprime avec une intensité et une virulence encore jamais observées. Les peintres fauves vont poursuivre cette voie ouverte et aller encore plus loin dans cette démarche. Le dessin tend alors à disparaître et laisse place à des taches colorées, surfaces posées en touches épaisses et larges de couleurs pures. Dès lors la forme se dessine directement par l'étendue colorée. C’est une expression sensuelle et spontanée.

 

Où rencontrer nos peintres fauves ? Where to meet our Fauvist painters?  ¿Dónde conocer a nuestros pintores Fauvist? 

- Braque "Paysage à l’Estaque", 1906, Art Institute of Chicago     

- Derain « Le Bassin de la Tamise à Londres », 1906, huile sur toile, Tate Gallery, Londres.

- Derain « La Femme en chemise », 1906, huile sur toile, Statens Museum for Kunst, Cologne

- Derain, Trois personnages assis dans l’herbe, 1906, Musée d’Art Moderne de la ville de Paris

- Derain « Le Port de Collioure », 1905, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

- Dufy « Les Affiches à Trouville », 1906, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris

- Dufy « La Dame en rose », 1908, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris

- Othon Friesz « La Ciotat », 1905, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris

- Manguin « 14 juillet à Saint-Tropez », 1905, huile sur toile, 61 × 50 cm, collection particulière

- Marquet « Le 14 juillet au Havre », 1906, huile sur toile, Musée de Bagnols-sur-Cèze

- Matisse, Luxe, calme et volupté, 1904-1905,  Paris, Musée d’Orsay

- Matisse « La Femme au chapeau », 1905, huile sur toile,  Museum of Modern Art, San Francisco

- Matisse « Madame Matisse à la raie verte », 1905, huile sur toile, Statens Museum for Kunst, Cologne

- Matisse « Nature morte à la chocolatière", 1900, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou, Paris.

- Matisse « Portrait d'André Derain », 1905, huile sur toile, Tate Gallery, Londres.

- Matisse, La joie de vivre, 1905-1906, Merion, Pennsylvanie, Fondation Barnes

- Marquet, Fête foraine au Havre, 1906, Bordeaux, Musée des Beaux-Arts

- Kees van Dongen, Portrait de femme, Fernande Olivier, 1905 (Collection particulière)

- Metzinger « Paysage coloré aux oiseaux aquatique », 1907, huile sur toile, Musée d’art moderne de la Ville de Paris.

- de Vlaminck « Les Arbres rouges », 1906, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou.

- de Vlaminck « Les Coteaux de Rueil », 1906, huile sur toile, Musée d'Orsay, Paris.

- de Vlaminck « Intérieur de cuisine », 1904, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou.

- Van Dongen « Saltimbanque au sein nu», 1908, huile sur toile, Musée national d'art moderne, Centre Georges-Pompidou.

 

À partir de 1907, beaucoup d’artistes à l’origine du mouvement choisissent des voies différentes. Georges Braque, aux côtés de Pablo Picasso, privilégie l’espace et sa construction dans le mouvement cubiste naissant. Derain, fauve flamboyant, ne laissera de son œuvre tardive qu’une palette éteinte, respectueuse d’une tradition « classique » de la peinture. Et si Dufy ou Rouault semblent perpétuer le rôle majeur de la couleur, ils exprimeront tous deux des oppositions de plus en plus marquées en réintroduisant l’importance de la ligne dans leurs compositions.

Pour notre part, nous parcourons dans le cadre de cette thématique, les oeuvres de Derain, Manguin, Marquet, Matisse, George Rouault, Kees van Dongen, Maurice de Vlaminck, Dufy ... et Bonnard.