FEMALE NUDE ART & PORTRAITS - Le désir de la chair ….

"Art is never chaste. It ought to be forbidden to ignorant innocents, never allowed into contact with those not sufficiently prepared. Yes, art is dangerous. Where it is chaste, it is not art..." (Pablo Picasso)

Nous savons que le Nu occupe un rôle essentiel tant dans la création artistique que dans sa diffusion: Renoir n'aurait jamais été Renoir, avouera-t-il, sans cette obsession du corps féminin qui le hantait constamment, à l'instar d'Edvard Much, Bonnard, Matisse, Rodin, Egon Schiele... Pourtant, sur les 10.000 peintres quelque peu reconnus que notre Terre a abrités, sur les quelques millions d'oeuvres picturales qui furent ainsi générées, on ne compte véritablement qu'une centaine de représentation de nus jugés d'importance esthétiquement ou sensuellement parlant. Le Nu est en effet un exercice pictural d'une plus grande complexité que la simple photographie d'un corps, l'artiste façonne un corps, l'intention vitale et sensuel de ce corps, avec la préoccupation essentielle de le livrer au regard, à l'interprétation de ce regard, à la sensibilité du corps qui soutient ce regard.

Il est d'usage de débuter l'histoire du nu par la volonté d'exprimer la perfection humaine, de restituer un idéal de beauté que seules la mythologie ou la tradition biblique sont en mesure de concevoir. Au cours des siècles suivants, le nu devient une oeuvre qui s'érotise sous différentes intentions : libertinage du XVIIIe, nu académique ou exotisme du XIXe,reconstruction du surréalisme ou de l'art abstrait.

De même, il est d'usage de contester l'image de la femme que nous présente l'art du nu : cette image traduit l'emprise de l'homme sur une représentation de la femme purement objet de désir masculin. Pourquoi faudrait-il le nier? La femme est objet de désir de la plupart des hommes, et sa représentation engage effectivement la sensualité masculine. Le nombre des femmes peintres ne cessera d’augmenter régulièrement à partir du XIXe, et la femme qu'elles restitueront sera en grande majorité la mère, et ce jusqu'aux années 1920s. Entre-temps, la femme que l'artiste masculin représente sera progressivement l'image d'une femme "réelle", de chair et de sang, modèle, amante ou épouse, privilégiant ainsi de plus en plus le charnel, la sensualité assumée, renonçant définitivement à utiliser des critères de beauté qui se voudraient intemporels. L'art du nu est devenu, doit devenir, art du désir assumé, de la sensualité sous ses aspects les plus divers, interprétation sans retenue d'une sensibilité artistique qui se veut au plus proche du quotidien de notre existence ... 

 

We know that the Nu plays an essential role in both artistic creation and its diffusion: Renoir would never have been Renoir, he admits, without this obsession with the feminine body that constantly haunted him, like Edvard Much, Bonnard, Matisse, Rodin, Egon Schiele... Yet, out of the 10,000 painters who were somewhat recognized by our Earth, out of the few million pictorial works that were generated, only a hundred or so representations of nudes judged to be aesthetically or sensually important can really be counted. The Nude is indeed a pictorial exercise of greater complexity than the simple photography of a body, the artist shapes a body, the vital and sensual intention of this body, with the essential preoccupation to deliver it to the look, to the interpretation of this look, to the sensitivity of the body that supports this look.

It is customary to begin the history of the nude by the will to express human perfection, to restore an ideal of beauty that only mythology or biblical tradition can conceive. Over the following centuries, the nude becomes a work of eroticism with different intentions: libertine from the 18th century, academic nude or exoticism from the 19th century, reconstruction of surrealism or abstract art.

Similarly, it is customary to challenge the image of the woman presented to us by nude art: this image translates the man's hold on a representation of the woman as a purely masculine object of desire. Why should we deny it? Women are the object of desire of most men, and their representation effectively engages male sensuality. The number of women painters continued to increase steadily from the 19th century onwards, and the women they returned to painters were mostly mothers until the 1920s. In the meantime, the woman that the male artist represents will gradually become the image of a "real"woman, flesh and blood, model, lover or wife, thus favouring more and more the carnal, the assumed sensuality, giving up definitively to use criteria of beauty that would be timeless. The art of the nude has become, must become, art of the assumed desire, of sensuality in its most diverse aspects, interpretation without restraint of an artistic sensibility which wants to be as close as possible to the everyday life of our existence... 

Sabemos que el Nu juega un papel esencial tanto en la creación artística como en su difusión: Renoir nunca habría sido Renoir, admite, sin esta obsesión con el cuerpo femenino que lo perseguía constantemente, como Edvard Much, Bonnard, Matisse, Rodin, Egon Schiele... Sin embargo, de los 10.000 pintores reconocidos por nuestra Tierra, de los pocos millones de obras pictóricas que se generaron, sólo un centenar de representaciones de desnudos juzgados estética o sensualmente importantes pueden realmente ser contados. El Desnudo es en efecto un ejercicio pictórico de mayor complejidad que la simple fotografía de un cuerpo, el artista forma un cuerpo, la intención vital y sensual de este cuerpo, con la preocupación esencial de entregarlo a la mirada, a la interpretación de esta mirada, a la sensibilidad del cuerpo que soporta esta mirada.

Es costumbre empezar la historia del desnudo por la voluntad de expresar la perfección humana, para restaurar un ideal de belleza que sólo la mitología o la tradición bíblica pueden concebir. A lo largo de los siglos siguientes, el desnudo se convierte en una obra de erotismo con diferentes intenciones: libertario del siglo XVIII, desnudo académico o exotismo del siglo XIX, reconstrucción del surrealismo o arte abstracto.

Del mismo modo, es costumbre desafiar la imagen de la mujer que nos presenta el arte del desnudo: esta imagen traduce el asimiento del hombre en una representación de la mujer como un objeto puramente masculino del deseo. ¿Por qué deberíamos negarlo? Las mujeres son el objeto del deseo de la mayoría de los hombres, y su representación atrae efectivamente la sensualidad masculina. El número de mujeres pintoras siguió aumentando constantemente a partir del siglo XIX, y las mujeres que volvieron a pintar eran en su mayoría madres hasta la década de 1920. Mientras tanto, la mujer que el artista masculino representa se convertirá paulatinamente en la imagen de una mujer "real", carne y sangre, modelo, amante o esposa, favoreciendo cada vez más la sensualidad carnal, la supuesta sensualidad, renunciando definitivamente a utilizar criterios de belleza que serían intemporales. El arte del desnudo se ha convertido, debe convertirse, en arte del deseo asumido, de la sensualidad en sus más diversos aspectos, de la interpretación sin restricción de una sensibilidad artística que quiere estar lo más cerca posible de la vida cotidiana de nuestra existencia... 


L'ATELIER ...

Gustave Courbet (1819-1877)

L'Atelier du peintre. Allégorie réelle (1855)

Musée d'Orsay, Paris

Courbet, au centre de la composition, peint une toile qui représente symboliquement sa conception de la "réalité" en peinture. Le modèle nu incarne une femme non idéalisée, une femme réelle. Tout autour d'eux, objets et personnages constituent des éléments artistiques peuplant tous les ateliers, à prendre ou à laisser. La foule des amis, des collectionneurs s'oppose à un petit paysan  dont l'opinion semble l'emporter sur celles des amateurs d'art. L'allégorie montre l'importance pour les artistes d'observer et de représenter la beauté de "la réalité", et pour le spectateur d'apprendre à voir le monde qui l'entoure comme s'il avait à le redessiner en l'état de ce qu'il en a perçu ..

Richard Bergh (1858-1919)

1884 - After the Sitting

Malmö Konsthall  

(Sweden - Malmö)

Carl Jaensson, expatrié à Paris avec le peintre suédois Sven Bergh, joue du violon après une séance de peinture d'après modèle. La jeune femme passe comme distraitement l'un de ses bas, entourée de divers objets de matériel artistique. Bergh va ainsi insuffler à l'art suédois, alors trop académique, un style romantique plus à même de restituer dans des paysages à venir la lumière si singulière des contrées nordiques.


Londa Freiin von Berg fut au centre de la vie du peintre expressionniste allemand Conrad Felixmüller (1897-1977) : "Liebespaar im Regen" (1922, Kunstsammlungen Chemnitz, Museum Gunzenhauser), "Selbstbildnis des Künstlers mit Ehefrau Londa, als Aktmodell" (1933)....


LE MODELE ...

George Grosz (1893 - 1959) - Maler und Modell 1939-1940

Un coin d'atelier - Edouard-Joseph Dantan - 1880-1881


L'autoportrait ...

C'est lors d'un troisième séjour à Paris, en 1906, que Paula Modersohn-Becker Becker (1876-1907) entreprend, pour la première fois dans l'histoire de la peinture, de réaliser des autoportraits où elle se représente nue. Née à Dresde, très proche du poète Rainer Maria Rilke avec qui elle entretient une longue correspondance, elle est considérée, à travers son traitement de la forme et de la couleur notamment dans son approche de l'intimité, comme précurseur de l'expressionnisme allemand.

 

Works : Self-Portrait - Paula Modersohn-Becker Museum - Museen Böttcherstraße  (Germany - Bremen) ; Mère et enfant (Mutter und Kind) 1906 1907 -  Musée Paula Modersohn-Becker, Brême.