1660-1680 - Lectures XVIIe Chronologie/Timeline

Last update 12/31/2016

XVIIe - Oeuvres 1660-1680 - Molière, L’École des femmes (1662) - Baruch Spinoza, Traité pour la réforme de l'entendement (1662) - Pierre Nicole, De La Logique, ou l'Art de penser (1662) - Samuel Butler, Hudibras (1662) - Cyrano de Bergerac , L’Autre Monde ou Histoire comique des Etats et Empires du Soleil (1662) - François de La Rochefoucauld, Maximes (1664) - Molière, Dom Juan ou le Festin de pierre (1665) - Asai Ryoi, Les Contes du monde flottant (1665) - Molière, Le Misanthrope (1666) - Jean Racine, Andromaque (1667) - John Milton, Paradise Lost (1667) - Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen, Simplicius Simplicissimus (1668) - Jean de La Fontaine, Fables (1668-1694) - Molière, Tartuffe (1669) - Jean Racine, Britannicus (1669) - Gabriel de Guilleragues, Lettres portugaises (1669) - Jacques-Bénigne Bossuet, Oraisons funèbres (1669-1687) - Blaise Pascal, Pensées (1669-1670) - Jean Racine, Bérénice (1670) - Molière, Le Bourgeois gentilhomme (1670) - Ihara Saikaku, Ikutama manku (1673)  - Jean Racine, Iphigénie (1674) - Nicolas Boileau, L’Art poétique (1674) - Nicolas Malebranche, De la recherche de la vérité (1674) - Aphra Behn, L'Écumeur ou Les Cavaliers bannis (1676) - Baruch Spinoza, Ethique (1677) - Jean Racine, Phèdre (1677) - Baruch Spinoza, Tractatus Theologico-Politicus (1677) - John Dryden, All for Love (1677) - John Bunyan, The Pilgrim's Progress (1678) - Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves (1678)...

1660, le triomphe de l'absolutisme et du classicisme? Alors que l'Angleterre assiste à la Restauration des Stuarts et que l'Autriche devient une grande puissance, en France, Louis XIV prend le pouvoir (1661-1715), il a 22 ans et entame un règne personnel d'une durée totale de 55 ans, durée pendant laquelle la France sera en guerre pendant 30 ans, après en avoir terminé avec les troubles de la Fronde. La marque distinctive de son règne, la monarchie absolue, par laquelle l’autorité est un droit divin, et le roi le représentant de Dieu sur terre. Il va s’entourer de ministres dévoués et brillants, issus de la grande bourgeoisie plutôt que de la noblesse (Colbert, Louvois, Vauban). Et cette volonté absolutiste va s'incarner dans ce que l'histoire, littérature ou peinture, dénomme le "classicisme" (1660-1685). Il y a des classiques dans toutes les littératures et dans toutes les langues et cette lente évolution qui semble aller du baroque des années 1600 au classicisme du Roi-Soleil n'est qu'apparente. Le baroque est toujours présent et les premiers maîtres reconnus du classicisme sont encore atypiques, Nicolas Poussin et Claude Gelée, dit le Lorrain, ont fait carrière à Rome, Philippe de Champaigne, peintre proche du pouvoir sous Louis XIII et la Régence, se rapprochera du jansénisme persécuté par Louis XIV. A contrario, les peintres Pierre Mignard, Charles Le Brun, Hyacinthe Rigaud, les sculpteurs François Girardon et Antoine Coysevox, les architectes François Mansart, Louis Le Vau, Libéral Bruant, Claude Perrault, André Le Nôtre, Jules Hardouin-Mansart, tous se disputant les faveurs du mécénat royal pour participer aux réalisations les plus  prestigieuses du régime. Versailles sera l'œuvre phare et emblématique du classicisme, miroir et théâtre de la monarchie absolue, dont l'immense chantier occupera tout son règne.

Ce que l'on peut observer à partir de 1660, c'est qu'un nouveau public mondain a pris corps, que le divertissement côtoie la tradition savante, et que l'on sait désormais écrire et composer, des romans, du théâtre, de la musique, au sens de ce que nous connaissons plus de 4 siècles plus tard, et après avoir conçu des essais philosophiques parfaitement structurés dans les deux décennies précédentes. Depuis 1660, le "Discours de la méthode" a été écrit il y a trente années de cela, il y a une à deux génération de littérateurs. Le premier "véritable roman", la Princesse de Clèves",  est écrit en 1678, par Marie-Madeleine Pioche de La Vergne, comtesse de La Fayette,  dite Madame de La Fayette (1634-1694), l'investigation psychologique devient source d'intrigue tout au long d'une narration aussi simple que précise..

1668, Pierre Patel, Vue du Château de Versailles,1668

Le Classicisme français (1660-1685) - En Europe, dans cette seconde moitié du XVIIe siècle, s'impose un idéal de mesure, de clarté que symbolise le classicisme français, des contraintes formelles qui font naître des chefs-d'oeuvre, les tragédies de Corneille (1606-1684), première génération, et de  Racine (1639-1699), deuxième génération, la comédie et finesse d'analyse des moeurs du temps avec Molière (1622-1673), La Fontaine (1621-1695), et La Bruyère (1645-1696).

Il est d'usage de placer le XVIIe siècle français sous le signe de la "grandeur", de la "raison lucide", de l'ordre et de l'autorité, avec le tournant de l'échec de la Fronde (1652) qui révèle la suprématie de la prérogative royale sur les prétentions des grands féodaux. Le sort du peuple ne changera guère, mais tandis que les nobles se partagent entre l'armée et la cour, les bourgeois deviennent ministres ou historiographes comme Racine et Boileau, ils sont pensionnés par l'Etat, et tire tout espoir de reconnaissance, voire de subsistance, de leurs relations au pouvoir. Et le triomphe du classicisme est dès lors totalement rattaché à la personne même de Louis XIV et d'un public, encore une élite, qui s'étoffe, se structure, se divertit et s'instruit. On en oublie quasiment le contenu des oeuvres et le génie de certains grands auteurs. "L'écrivain classique est un honnête homme qui écrit pour les honnêtes gens...". 

Mais une querelle qui agite tant les milieux littéraires comme celle des Anciens et des Modernes, et qui transparaît réellement dans les années 1680s, nous révèle un milieu littéraire plus diversifié qu'il n'y paraît : au moins deux partis, des auteurs et poètes admirateurs de l'Antiquité, dont l'humanisme moral est tourné vers la rigueur et l’éternité de l’œuvre, et de l’autre, un ensemble de doctes et de poètes galants qui prônent le respect des règles de la haute société pour survivre quoiqu'il arrive, générant au fil des querelles et débats un premier public, parisien, qui s'enflamme parfois au gré des subtilités...

Un classicisme français altéré dans son apparente grandeur par des courants littéraires et philosophiques que tout semble opposer, le libertinage et le scepticisme, le jansénisme et la prédestination, la religion n'est peut-être pas un mal si nécessaire que cela, ou la volonté de l'homme sans le secours divin n'est capable que du mal...

Nombre d'écrivains semblent ainsi partagés entre le courant libertin, dont les audaces furent durement réprimées au début du siècle et qui autorise à ne pas trop espérer de la nature raisonnable de l'être humain ("la parfaite raison fuit toute extrémité / Et veut que l'on soit sage avec sobriété", écrit Molière, "La raison du plus fort est toujours la meilleure", ajoute La Fontaine), et le pessimisme janséniste qui conquiert de La Rochefoucauld, Racine ou Pascal, révèle une raison impuissante face aux passions, destructrices, qui s'emparent inexorablement de tout être humain. Les échecs de la guerre de Succession d'Espagne et la misère du royaume vont diminuer le prestige de l'autorité et du religieux dans quelques consciences éclairées de cette fin du XVIIe siècle...

1668-1678 - La querelle des "poussinistes" et des "rubénistes" montre une fois de plus la grande diversité des tempéraments tant en peinture qu'en littérature  - Un débat esthétique s'empare du milieu de la peinture à la fin du XVIIe siècle, le dessin, jusqu'alors considéré comme la plus juste expression de l'aspect intellectuel de la peinture, semble devoir être désormais supplanté par la couleur. Poussin représente l'art intellectuel, équilibré, rigoureux, Rubens, la sensualité. Roger de Piles (1635-1709), théoricien de l'art, suscitera la polémique dans son "Dialogue sur le coloris" de 1673, en privilégiant un certain nombre de peintres pour la qualité de la couleur et de l'imagination de leur composition, Rubens, bien entendu, mais aussi Sebastiano del Piombo, Bassano, Giorgione, J. Jordaens, Pordenone, Rembrandt, Véronèse, Titien, Van Dyck. Critiquant Nicolas Poussin (1594-1665) qu'il juge obsédé par l'Antiquité et piètre coloriste, il va susciter la réaction des "poussinistes, de Philippe de Champagne, qui préfère Poussin au Titien (1671), puis d'André Félibien (1619-1695). Un débat qui se prolongera en France jusqu'au début du XIXe siècle, mais en 1717, la réception du "Pèlerinage à Cythère" d'Antoine Watteau, puis les oeuvres si "délurées" de Fragonard marque le triomphe d'une nouvelle peinture, de composition plus libre et plus colorée...

En Angleterre, la "Restauration" (1660-1700) - La Restauration des Stuarts en Angleterre couvre les règnes de Charles II (1660-1685), la succession de Jacques II, catholique, en 1688, la Seconde révolution d'Angleterre (1688-89), dite Glorieuse Révolution, le débarquement de Guillaume III d'Orange, stathouder des Provinces-Unies en Angleterre et la fuite de Jacques II, l'acceptation par Guillaume III et Marie de la "Bill of Rights" (1689) équilibrant les pouvoirs entre monarchie et Parlement. C'est avec comédie, anti-puritaine et aristocratique, que la Restauration répond au puritanisme. Celui-ci s'est en effet imposé comme force religieuse conservatrice et strictement moralisatrice sous le règne d'Elizabeth I et a fait de son combat contre l'ouverture des théâtres un symbole de sa cause : de fait, en 1642, le Parlement anglais émettra une ordonnance qui ferme tous les théâtres et en 1644, le théâtre du Globe de Shakespeare sera complètement démoli. Mais, sous la Restauration, se développent nombre de comédies de mœurs avec des dramaturges du talent tels que George Etherege (1635-1692), John Dryden (1631-1700), William Wycherley (1640-1716), William Congreve (1670-1729).. De même la satire acquiert une grande  popularité, comme en témoigne le succès de Samuel Butler (1612-1680) avec "Hudibras" (1662, 1664, 1677).

A la fin du XVIIe siècle, la représentation satirique de la vie anglaise par comédie des moeurs interposée faisait place au portrait sentimental d'un Colley Cibber (Love's Last Shift, 1696). Cette époque voit de plus s'imposer des écrivains et penseurs tels que Aphra Behn (1640-1689), la première femme anglaise connue à gagner sa vie en écrivant ("Oroonoko", 1688), John Bunyan (1628-1688), l'interprète de la génération puritaine qui refusait de reconnaître l'autorité royale et l'Église anglicane après le retour des Stuarts en 1660 (The Pilgrim's Progress, 1678), et John Locke (1632-1704), dont "L'Essai sur l'entendement humain" (1690), en s'opposant à l'innéisme de Descartes et en établissant empiriquement les fondements de la connaissance, eut une importance considérable dans la constitution de l'esprit des Lumières. De plus, sa théorie politique s'oppose à l'absolutisme qui se met alors en place en France et qui échoue à s'imposer en Angleterre...


1660

- Restauration des Stuarts en Angleterre - Le général Monk restaure la monarchie - Début du règne de Charles II (1660-1685), 30 ans, élevé à la cour de Louis XIV. Son imitation de l'absolutisme français et sa persécution des puritains va provoquer l'opposition du Parlement.

- Mariage de Louis XIV et de l'infante d'Espagne Marie-Thérèse d'Autriche, alors même que la France et l'Espagne sont en guerre depuis 1635 et que d'interminables négociations ont agité les deux parties pendant plus de vingt ans...

- Début d'une période de gouvernement minoritaire en Suède avec l'accession de Charles XI (1655-1697) : pendant douze ans, le pouvoir est partagé entre le régent, le chancelier Magnus Gabriel de la Gardie et un petit nombre d'aristocrates de haut rang. 

- Mary Barrett Dyer, devenue quaker, est pendue à Boston, dans la colonie de la baie du Massachusetts..

- Andreas Cellarius (v. 1596-1665), "Harmonia Macrocosmica ", un des plus importants atlas céleste, avec des gravures des systèmes cosmologiques de Claude Ptolémée, Tycho Brahé et Nicolas Copernic...

- Vers 1660, Blaise Pascal (1623-1662) poursuit un projet d’Apologie de la religion chrétienne et se propose d’écrire un ouvrage destiné à exposer les raisons de croire à la révélation apportée par la religion chrétienne, mais ne laissera à sa disparition que des manuscrits préparatoires que sa famille et ses amis de Port-Royal décideront de regrouper et de publier avec d’importantes corrections. En 1670, publication de la première édition des "Pensées" de M. Pascal sur la religion et sur quelques sujets, qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers...

"Qu'est-ce que l'homme dans la nature? Un néant à l'égard de l'infini, un tout à l'égard du néant : un milieu entre rien et tout. Infiniment éloigné de comprendre les extrêmes, la fin des choses et leur principe sont pour lui invinciblement cachés dans un secret impénétrable; également incapable de voir le néant d'où il est tiré, et l'infini où il est englouti. 

Que fera-t-il donc, sinon d'apercevoir quelque apparence du milieu des choses, dans un désespoir éternel de connaîtra ni leur principe ni leur fin? Toutes choses sont sorties du néant et portées jusqu'à l'infini. Qui suivra ces étonnantes démarches? L'auteur de ces merveilles les comprend; tout autre ne le peut faire.

Manque d'avoir contemplé ces infinis, les hommes se sont portés témérairement à la recherche de la nature, comme s'ils avaient quelque proportion avec elle...."

- "Grammaire générale et raisonnée", d'Antoine Arnauld (1612-1694), l'un des chefs de file du jansénisme, et de Claude Lancelot (1616-1695).

- Andrew Marvell (1621-1678), "To His Coy Mistress" (À Sa Timide Maîtresse )

- Baruch Spinoza ( 1632-1677), "Court Traité sur Dieu, l'Homme et sa Félicité" (1658-1660), le premier des écrits du philosophe hollandais.

- Molière (Jean-Baptiste Poquelin, 1622-1673), "Sganarelle ou le Cocu imaginaire"

- Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704) prêche le carême aux Minimes.

- Ninon de Lenclos (1620-1705) tient salon à compter de 1667, au 36, rue des Tournelles à Paris.

- Samuel Pepys (1633-1703), "Journal" (Diary, 1660-1669) - "Portrait de Samuel Pepys" John Hayls, 1666 National Portrait Gallery, Londres.

- Bartolomé Estéban Murillo (1617-1682) découvre en 1640 la peinture flamande et devient en 1660 le chef de file de l’école de Séville qui rivalise avec celle de Madrid. - "Deux femmes à la fenêtre" (1655-60), National Gallery of Art, Washington.

- Peter Lely (1618-1680), peintre d’origine hollandaise, portraitiste attitré de la famille royale, "Two Ladies of the Lake Family", Tate Gallery, London.

- Jacob van Ruisdael (1628-1682), "Le coup de soleil" (1660), musée du Louvre, Paris. 

- Pieter de Hooch (1629-1684), "La chambre" (1658-60), Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe. - "Femme et servante dans la cour" (1660), National Gallery, Londres.

- Gabriel Metsu, "L’intrus" (v. 1660), National Gallery of Art, Washington. - "Le duo - Le corset bleu" (v.1660), National Trust Collection, England. - "Leçon de musique" (v. 1660), musée du Louvre, Paris.

- Johannes Vermeer (1632-1675), "La laitière" (1660), Rijksmuseum, Amsterdam, le plus célèbre des tableaux de Vermeer et le seul dont le sujet soit une servante.

- Pierre Patel (1605-1676), "Moïse enterrant sous le sable l’Égyptien qu’il avait tué" (1660), musée du Louvre, Paris.


1661

- Louis XIV prend le pouvoir (1661-1715), il a 23 ans, il poursuit une hégémonie européenne et l'agrandissement du royaume au Nord et à l'Est, sur un règne personnel d'une durée totale de 55 ans, la France sera en guerre pendant 30 ans. Inspirateur et promoteur d'une politique économique interventionniste et mercantiliste, le roi s'appuie sur Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), dont la nomination en tant que contrôleur général des finances (1665-1683)marque ainsi l'apogée de la dynastie de grands marchands internationaux, banquiers et financiers dont il est issu. 

- Louis XIV confie la construction du château de Versailles à Le Vau, Le Brun et Le Nôtre.

- Restauration antipuritaine en Angleterre (1661-1665) avec le code Clarendon (Edward Hyde, premier comte de Clarendon), une série de quatre lois adoptées entre 1661 et 1665 qui rétablissent la suprématie de l'Église anglicane après l'intermède du Commonwealth de Cromwell et mettent fin à la tolérance des religions dissidentes.

- Arrestation de Nicolas Fouquet (1615-1680), procureur du roi au parlement de Paris et surintendant des Finances, Nicolas Fouquet, mécène fastueux qui a construit Vaux-le-Vicomte, le premier Versailles du Grand Siècle, pensionné La Fontaine, découvert Molière, Lebrun, Le Nôtre : destitué et arrêté sur l'ordre de Louis XIV en 1661 pour malversations, il est condamné à la confiscation de ses biens et au bannissement hors du royaume en 1664...

- Le 17 février 1661, Kangxi (1654-1722), le fils Mandchous du fondateur de la dynastie Qing, devient empereur de Chine et va porter en 62 ans de règne, il l'empire à son zénith. Il va repousse les frontières de l'empire jusqu'en Mongolie et au Tibet, restaurer la souveraineté de Pékin sur l'île de Taïwan et chasser les Hollandais qui y étaient installés depuis 30 ans. Au nord, il s'opposera aux Russes dont les avant-gardes ont atteint l'océan Pacifique....

- Baruch Spinoza (1632-1677), "Éthique" (1661-1665) - « L'esprit s'efforce de persévérer dans son être pour une durée indéfinie et […] comme il est nécessairement conscient de soi par les idées des affections du corps, il est conscient de cet effort […]. Le Désir est l'appétit avec la conscience de soi-même »..

- Arnold Geulincx (1624-1669), philosophe flamand né à Anvers, métaphysicien et moraliste, chassé de Louvain en 1658 pour ses critiques de la scolastique, attaque dans son enseignement la physique scolastique à partir des principes cartésiens...

- Jean de La Fontaine célèbre Fouquet, son protecteur, au temps de sa faveur (le Songe de Vaux) et le soutient lors de sa chute (Elégie aux Nymphes de Vaux, 1661, Ode au roi, 1663). 

- Claude le Petit (1638-1662), athée, libertin et libre-penseur, est brûlé en place de grève en 1661 pour avoir publié un "Bordel des Muses" et pour la mise en cause des mœurs de la famille royale et de Mazarin...

- Molière s'installe au Palais-Royal. Dom Garcie de Navarre - L'Ecole des maris - Les Fâcheux

- Pierre Corneille (1606-1684), "La Conquête de la Toison d'Or" (dernière tragédie "à machines" de Corneille)

- Asai Ryoi (1612-1691), "Musashi abumi", un kana-zōshi publié en l'an 4 de l'ère Manji (1661) et traitant du grand incendie de Meireki qui dévasta Edo en 1657.

- Rembrandt (1606-1669), "Portrait de Jacob Trip" (1661), National Gallery, Londres. - "Portrait de Marguerite de Geer" (1661), National Gallery, Londres.

- Gabriel Metsu (1629-1667), "Le marché aux herbes d'Amsterdam" (1660-61), musée du Louvre, Paris - "Portrait de l’artiste et de sa femme Isabella de Wolff dans une taverne" (1661), Gemäldegalerie, Dresde.

- Gaspard Dughet (1615-1675), "Les chutes de Tivoli" (v. 1661), Wallace Collection, Londres - "Paysage avec Madeleine pénitente" (v. 1660), musée du Prado, Madrid.

- Johannes Vermeer (1632-1675), "Vue de Delft" (1660-61), Mauritshuis, La Haye. Au XVIIe siècle, les peintres néerlandais vont se se spécialiser dans les  vues détaillées et précises de villes... - "La leçon de musique interrompue" (1658-61), Frick Collection, New York. - "Le verre de vin" (1658-61), Staatliche Museen, Berlin. - "La ruelle" (1657-61), Rijksmuseum, Amsterdam. - ..


1662

- Fondation de la Manufacture des Gobelins - Michel Le Tellier, Colbert et Hugues de Lionne deviennent ministres de Louis XIV.

- 1662-1672, publication à Amsterdam de l'Atlas Maior, la version finale de l'atlas de Joan Blaeu, en latin (11 volumes), français (12 volumes), néerlandais (9 volumes), allemand (10 volumes) et espagnol (10 volumes), contenant 594 cartes et environ 3 000 pages de texte, le chef-d'œuvre de l'âge d'or de la cartographie néerlandaise..

- Restauration de l'Eglise anglicane (Act of Uniformity) en Angleterre.

- Soulèvement populaire à Moscou contre la hausse des prix due à l'introduction de la monnaie de cuivre.

- Dynastie Mandchoue (1644-1911) en Chine - K'ang-hi, empereur lettré (1662-1722) qui tolère les jésuites pour leurs connaissances scientifiques (Ferdinand Verdienst).

- Baruch Spinoza (1632-1677), "Traité pour la réforme de l'entendement" (1662) - «Voilà la fin vers laquelle je tends : acquérir cette nature supérieure et tenter que d'autres l'acquièrent avec moi […]. Pour y arriver, il est nécessaire de comprendre assez la Nature pour acquérir une telle nature humaine, puis de former une société capable de permettre au plus grand nombre d'arriver aussi facilement et aussi sûrement que possible à ce but. Ensuite il faut s'appliquer à la philosophie morale et à la science de l'éducation des enfants […] ; il faudra élaborer une médecine harmonieuse […] et ne mépriser aucunement la mécanique. Mais avant tout il faut réfléchir sur le moyen de guérir l'entendement, pour qu'il comprenne les choses facilement, sans erreur, et le mieux possible. Par où l'on peut déjà voir que je veux diriger toutes les sciences vers une seule fin et un seul but, à savoir, arriver à la perfection humaine suprême..».

- Pierre Nicole (1625-1695), "De La Logique, ou l'Art de penser"

- Molière (1622-1673), "L'École des femmes", innove en traitant l'institution du mariage et l'éducation des filles. Le succès emporta toute querelle, la Critique de «l'Ecole des femmes» et "l'Impromptu de Versailles" tournèrent en dérision ses détracteurs...

- Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), "Sermon sur la mort".

- Pierre Corneille (1606-1684), "Sertorius"

- La Rochefoucauld (1613-1680), "Mémoires"

- Cyrano de Bergerac (1619-1655), "L’Autre Monde ou Histoire comique des Etats et Empires du Soleil"

- Mme de La Fayette (1634-1696), "La Princesse de Montpensier"  

- Samuel Butler (1612-1680), "Hudibras", long poème écrit en octosyllabes et satire burlesque et impitoyable du puritanisme et de l'obscurantisme. Les les deuxième et troisième parties de l'œuvre parurent en 1664 et 1677.

- Philippe de Champaigne (1602-1674), "La Mère Catherine-Agnès Arnault et la sœur Catherine de Sainte Suzanne de Champaigne", dit Ex-voto de 1662, réalisé pour le couvent de Port-Royal des Champs...

- Rembrandt (1606-1669), "Le Syndic de la Guilde des Drapiers" (1662), Rijksmuseum, Amsterdam, le dernier grand portrait de groupe de Rembrandt...

- Johannes Vermeer (1632-1675), "La leçon de musique" (1662-64), Buckingham Palace, Londres. - "La femme à la balance" (1662-65), National Gallery of Art, Washington. - "La femme au luth" (1662-1665), Metropolitan Museum of Art, New York. - "La Femme en bleu lisant une lettre" (1662-65), Rijksmuseum, Amsterdam. 

- Meindert Hobbema (1638-1709), "Les voyageurs" (v. 1662), National Gallery of Art, Washington. - "La ferme dans les bois" (1662), musée du Louvre, Paris.

- Heinrich Schütz (1585-1672), "Die Sieben Worte Jesu Christi am Kreuz" (1662), "Matthäuspassion" (1664), le plus grand compositeur allemand antérieur à Jean-Sébastien Bach..


1663

- Début de l'assaut turc contre l'Europe centrale (1663-1699) et séries de guerre austro-turques.

- Le Québec devient une colonie de la couronne de France.

- Charles II d'Angleterre accorde une charte à la colonie de Rhode Island, qui reconnaît le principe de la liberté de conscience.

- Staple Act, obligation est faite aux coloniaux d'acheter dans la métropole toutes les marchandises anglaises ou étrangères et de les faire transporter par des navires anglais. 

- Baruch Spinoza (1632-1677), "Principes de la philosophie de Descartes" (1663)

 

- Molière (1622-1673), "L'Impromptu de Versailles"

- Molière, "La Critique de l'École des femmes"...

« URANIE : Mais, de grâce, Monsieur Lysidas, faites-nous voir ces défauts, dont je ne me suis point aperçue.

LYSIDAS : Ceux qui possèdent Aristote et Horace voient d'abord, Madame, que cette comédie pèche contre toutes les règles de l'art.

URANIE : Je vous avoue que je n'ai aucune habitude avec ces messieurs-là, et que je ne sais point les règles de l'art.

DORANTE : Vous êtes de plaisantes gens avec vos règles, dont vous embarrassez les ignorants et nous étourdissez tous les jours. Il semble, à vous ouïr parler, que ces règles de l'art soient les plus grands mystères du monde; et cependant ce ne sont que quelques observations aisées, que le bon sens a faites sur ce qui peut ôter le plaisir que l'on prend à ces sortes de poèmes; et le même bon sens qui a fait autrefois ces observations les fait aisément tous les jours, sans le secours d'Horace et d'Aristote. Je voudrais bien savoir si la grande règle de toutes les règles n'est pas de plaire, et si une pièce de théâtre qui a attrapé son but n'a pas suivi un bon chemin. Veut-on que tout un public s'abuse sur ces sortes de choses, et que chacun ne soit pas juge du plaisir qu'il y prend ?

URANIE : J'ai remarqué une chose de ces messieurs-là : c'est que ceux qui parlent le plus des règles, et qui les savent mieux que les autres, font des comédies que personne ne trouve belles.

DORANTE : Et c'est ce qui marque, Madame, comme on doit s'arrêter peu à leurs disputes embarrassantes. Car enfin, si les pièces qui sont selon les règles ne plaisent pas et que celles qui plaisent ne soient pas selon les règles, il faudrait de nécessité que les règles eussent été mal faites. Moquons-nous donc de cette chicane où ils veulent assujettir le goût du public, et ne consultons dans une comédie que l'effet qu'elle fait sur nous. Laissons-nous aller de bonne foi aux choses qui nous prennent par les entrailles, et ne cherchons point de raisonnements pour nous empêcher d'avoir du plaisir.

URANIE : Pour moi, quand je vois une comédie, je regarde seulement si les choses me touchent; et, lorsque je m'y suis bien divertie, je ne vais point demander si j'ai eu tort, et si les règles d'Aristote me défendaient de rire.

DORANTE : C'est justement comme un homme qui aurait trouvé une sauce excellente, et qui voudrait examiner si elle est bonne sur les préceptes du Cuisinier français.

URANIE : Il est vrai; et j'admire les raffinements de certaines gens sur des choses que nous devons sentir nous-mêmes. »

 

- Samuel Butler (1612–1680), "Hudibras", satire dénonçant l'hypocrisie puritaine.

- Charles de Saint-Évremond (1614-1703), "Réflexions sur les divers génies du peuple romain"

- Colbert décide en 1663 d’imposer un certain dirigisme dans le domaine de l’art en France et  Charles Le Brun (1619-1690), premier peintre de la cour de Louis XIV, est ainsi nommé directeur de l'Académie fondée en 1648 sous la régence d’Anne d’Autriche. Il s'agit de réguler la production artistique par la définition de règles de l’Art et du bon goût, l’enseignement de la peinture et de la sculpture. Si une grande partie de la doctrine de Le Brun est empruntée aux conceptions de Nicolas Poussin (1594-1665), - pour qui le dessin, production de l’esprit, est supérieur à la couleur, inspirée par les sens -, il y ajoute un pseudo-rationalisme et un ensemble de règles rigoureises qui vont constituer jusqu’à la fin du 19e siècle un référentiel officiel d’évaluation. Les artistes du passé sont ainsi classifiés, les genres sont hiérarchisés, et le dessin prend le pas sur la couleur. La peinture historique, les sujets religieux ou mythologiques sont placés au-dessus du portrait et du paysage, et de la scène de genre. Les défenseurs de la couleur, les "rubénistes" (de Rubens) et Vénitiens, s'imposeront à la fin du règne de Louis XIV (1715)...

- Reconstruction de la Galerie d'Apollon du musée du Louvre (1661-1677), à Paris, Louis Le Vau (1612-1670) en est l'architecte et la décoration est confiée à Charles Le Brun. 

- Pieter de Hooch (1629-1684), "L'armoire à linge" (1663), Rijksmuseum, Amsterdam. - "Femme épluchant des pommes" (1663), Wallace Collection, Londres.

- Gérard Dou (1613-1675), "La femme hydropique" (1663), musée du Louvre, Paris.

- Pieter Saenredam (1597-1665), "Place et église Sainte Marie à Utrecht" (1663), Musée Boijmans Van Beuningen, Rotterdam, un chef-d'œuvre du peintre...

- Bartolomé Estéban Murillo (1617-1682), "Le songe du patricien" (1663), musée du Prado, Madrid. - "Explication du songe du patricien par le pape Libère" (1663), musée du Prado, Madrid.

- Elisabetta Sirani (1638-1665), "Madeleine pénitente" (1663), musée des Beaux-arts et d’Archéologie, Besançon. "Portia se blessant à la cuisse" (1664), collection particulière. - "Judith tenant la tête d’Holopherne" (1655-65), The Walters Art Museum, Baltimore.

- Pedro de Mena (1628-1688), Saint François d'Assise, cathédrale de Tolède - Madeleine pénitente, Valladolid. - Avec Alonso Cano (1601-1667), série de quatre statues célèbres du musée des Beaux-Arts de Grenade, provenant de l'église del Ángel..


1664

- Guerres entre Ottomans et Habsbourg - Victoire des impériaux sur les Ottomans à Saint-Gotthard.

- Colbert fonde la Compagnie des Indes orientales.

- le gouverneur de la Nouvelle-Néerlande, Pieter Stuyvesant, signe la reddition de La Nouvelle-Amsterdam qui est prise par les Anglais et devient New York..

- "L’Homme de René Descartes et un traité de la formation du fœtus du même auteur, avec les remarques de Louis de la Forge, docteur en Médecine, demeurant à la Flèche, Sur le Traité de L’Homme de René Descartes, & sur les Figures par lui inventées", Paris, Charles Angot, 1664.

- De 1664 à 1671, Louis XIV commande à Molière quinze pièces de théâtre, et la troupe ne cessa de faire des séjours à la cour, y donnant près de deux cents représentations (les Amants magnifiques, 1670, le Bourgeois gentilhomme, 1670, Psyché, 1671, la Comtesse d'Escarbagnas, 1671).

- Molière (1622-1673), première représentation du "Tartuffe", à Versailles, pièce dans laquelle il critique l’hypocrisie des faux dévots, mais qui fait scandale : la pièce est interdite par le roi sous la pression des dévots qui se sentent visés. Madame Pernelle, rangée du côté de son fils Orgon, s'emporte contre son entourage mal disposé envers Tartuffe, personnage pieux et respectable selon elle, un faux dévot selon les autres...

- Pierre Nicole (1625-1695), "Lettres sur l'hérésie imaginaire", ou "Imaginaires" (1664-1665), suivies de huit Visionnaires (1665-1666).

- Kenelm Digby (1603‑1665), "Demonstratio immortalitatis animæ rationalis"

- Charles Le Brun (1619-1690) met toute son énorme capacité de travail au service de la monarchie absolue, premier peintre du roi pendant la période la plus prospère et la plus glorieuse du règne de Louis XIV, il entend magnifier par l’art la splendeur et la puissance du souverain. - "Entrée d'Alexandre dans Babylone" (1664), Musée du Louvre, Paris. - "Pierre Séguier, chancelier de France" (1655-1661), musée du Louvre, Paris. - "Portrait de Louis XIV" (1661), musée national du château, Versailles. - "Alexandre et Porus" (1665), musée du Louvre, Paris..

- Rembrandt (1606-1669), "Femme avec un œillet" (1664), Metropolitan Museum of Art, New York.

- Gabriel Metsu (1629-1667), "Jeune femme composant de la musique" (v. 1664), Mauritshuis, La Haye - "Femme lisant une lettre" (1662-65), National Gallery of Ireland, Dublin. 

- Frans Hals (1580-1666), "Les régents de l'hospice des vieillards" (1664),  Frans Halsmuseum, Haarlem. - "Les régentes de l'hospice des vieillards" (1664), Frans Halsmuseum, Haarlem.  

- Nicolas Poussin (1594-1665), "Les quatre saisons" (1660-64), Musée du Louvre, Paris, les plus beaux paysages du classicisme...


1665

- La Peste règne à Londres qui compte à cette époque près de 500 000 habitants et provoquera 70 000 décès.

- Jean-Baptiste Colbert (1619-1683), Contrôleur général des finances pendant dix-huit ans (1665-1683), principal instigateur des idées mercantilistes en France..

- 2e guerre anglo-hollandaise (1665-1667), au traité de Breda, New Amsterdam (New York) est échangée contre Surinam.

- Guerre de Scanian (Scanian War, 1674-1679), ou «guerre suédo-brandebourgeoise», qui oppose la Suède, alliée de la France, au Danemark, allié des Provinces-Unies, et à l' électorat de Brandebourg : elle marque le début du déclin de la Suède en tant que grande puissance..

- Robert Hooke (1635-1703), "Micrographia, or SomePhysiological Descriptions of Minute Bodies Made by Magnifying Glasses", le concepteur du microscope.

- Marcello Malpighi (1628-1694), médecin italien et l'un des premiers à utiliser le microscope, identifie en 1661 et décrit les capillaires qui relient les artérioles aux petites veines, confirmant la théorie de la grande circulation du sang développée par William Harvey en 1628. 

- Philippe Quinault (1635-1688) enchaîne succès mondains et sur la scène avec son chef d'oeuvre, la comédie "La Mère coquette" (1665), des tragédies, Astrate (1665), Pausanias (1668), Bellérophon (1671), qui font pleurer le Tout-Paris, et des «opéras», genre nouveau, Thésée, Alceste, Roland, etc.., que lui demande le compositeur Lully...

- Le succès d’Alexandre le Grand, en 1665,  apporte à Jean Racine (1639-1699) le soutien du jeune roi Louis XIV. 

- Molière (1622-1673), "Dom Juan ou le Festin de pierre", tragi-comédie en cinq actes crée le 15 février 1665.

- François de La Rochefoucauld (1613-1680), "Réflexions ou sentences et maximes morales" (Maximes). Ses oeuvres comprennent ses Mémoires (1662) et ses Maximes (1665). Rédigées dans le salon de Mme de Sablé, celles-ci eurent de son vivant cinq éditions (1665, 1666, 1671, 1675, 1678), toutes remaniées et augmentées. "Ces grandes et éclatantes actions qui éblouissent les yeux sont représentées par les politiques comme les effets des grands desseins, au lieu que ce sont d'ordinaire les effets de l'humeur et des passions".

- Jean de La Fontaine (1621-1695), Contes. 

- Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), "Histoire amoureuse des Gaules", sur les mœurs de la cour de France du Grand Siècle.

- André Félibien (1619-1695), "Entretiens sur les vies et sur les ouvrages des plus excellents peintres anciens et modernes" (1665-188), la littérature artistique connaît en France un véritable essor à partir des années 1660..

- Premier numéro à Paris du "Journal des savants", le 5 janvier 1665 : «faire savoir ce qui se passe de nouveau dans la république des lettres»  et «faire en sorte qu'il ne se passe rien dans l'Europe, digne de la curiosité des gens de lettres, qu'on ne puisse apprendre dans ce journal». Fondé par Denis de Sallo, le Journal est suspendu au bout de quelques mois sous la pression des Jésuites, il faut attendre  Colbert et l'abbé Gallois pour le voir réapparaître en janvier 1666, avec un ton plus modéré...

- Henry Muddiman (1629-1692) publie The London Gazette, le plus vieux journal britannique existant.

- Asai Ryoi (1612-1691), écrivain japonais et moine bouddhiste, «Les contes du monde flottant» (Ukiyo monogatari, 1665), à qui l'on attribue la première apparition du terme "ukiyo" dans l'univers artistique japonais...

- Pieter de Hooch (1629-1684), "Intérieur avec personnages" (1663-65), Metropolitan Museum of Art, New York.  

- Gérard Dou (1613-1675), "Jeune fille avec une bougie allumée à une fenêtre "(1658-65), musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. - "Baigneuse" (1660-65), musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg.

- Gabriel Metsu (1630-1667), "Femme lisant une lettre" (1662-65), National Gallery of Ireland, Dublin.

- Johannes Vermeer (1632-1675), "La jeune femme à l'aiguière" (1662-65), Metropolitan Museum of Art, New York. - "La dame au collier de perles" (1662-65), Staatliche Museen, Berlin. - "Jeune femme écrivant une lettre (1665-66), National Gallery of Art, Washington. 

 

1663-1665 - Hampton Court abrite les "Windsor Beauties" de Sir Peter Lely (1618-1680), qui représentent les plus belles dames de la cour du roi Charles II d'Angleterre, une génération plus tard Godfrey Kneller exposera les Hampton Court Beauties, à ceci près que ces dernières seront au service de de la reine Mary, les Windsor Beauties étant les maîtresses du roi, Frances, Duchess of Richmond and Lennox (1648-1702), Elizabeth, Countess de Grammont (1641-1708),Jane Myddelton (1646-1692), Margaret, Lady Denham (1647-67), Mary, Countess of Falmouth and Dorset (1645-79), Henrietta, Countess of Rochester (1646-1687), Barbara, Duchess of Cleveland (1641-1709), Anne, Countess of Sunderland (1646-1715), Elizabeth, Countess of Northumberland (1646-1690)...


1666

- Grand incendie de Londres, du 2 au 5 septembre 1666, détruisit 80% de la ville de l'époque. 

- Lancement de la grande «recherche des usurpateurs du titre de noblesse» sous Louis XIV.

- Alors que la population de Paris croit fortement, de 300 000 habitants en 1600, à 500 000 en 1680, Nicolas Boileau, en 1666, dans ses Satires, dresse une description restée célèbre des «embarras de Paris», où «tout conspire à la fois à troubler [son] repos»...

- Naissance en Inde de Guru Gobind Singh (1666-1708), le dernier des dix Gurus du sikhisme et le créateur du Khalsa, l'ordre chevaleresque des sikhs.

- Patriarche célèbre de l'Église russe, Nikita Nikon (1605-1681), avec l'appui du tsar Alexis, entreprend de purifier gestes et textes liturgiques en prenant pour modèle les usages grecs contemporains, mais sa brutalité soulève l'opposition des "vieux-croyants" (starovery), tenant d'une sacralisation des mots et des gestes et profondément russes . A leur tête, Petrovitch Avvakum (1620-1682) qui finira brûlé vif à Poustozersk en 1682, dans le nord de la Russie, après des années de captivité...

- Mulay al-Rachid, sultan du Maroc (1666-1672) et fondateur de la dynastie alawite, s'empare de Fès en 1666 et de Marrakech en 1669.

- Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716), "De arte combinatoria"

- Louis de La Forge (1632-1666), "Traité de l’esprit de l’homme, de ses facultés et fonctions et de son union avec le corps, selon les principes de René Descartes"

- Géraud de Cordemoy (1626-1684), "Dix Discours sur la distinction et l’union du corps et de l’âme"

- Molière (1622-1673), "Le Misanthrope", comédie en vers créée le 4 juin 1666, Alceste, épris de Célimène, jeune femme mondaine et coquette, désire fuir cette société pour laquelle il ne serait pas fait, et tente de la convaincre de renoncer au monde par amour pour lui...

- Molière (1622-1673), "Le Médecin malgré lui", comédie qui traite tant du couple que de la médecine.

- Antoine Furetière (1619-1688), "Le Roman bourgeois", une satire du roman galant et précieux.

- Boileau (1636-1711), "Satires I à VII" 

- John Bunyan (1628-1688), "Grace Abounding to the Chief of Sinners", l'autobiographie spirituelle de l'interprète de toute une génération puritaine qui refuse de reconnaître l'autorité royale et l'Église anglicane après le retour des Stuarts en 1660.

- Johannes Vermeer (1632-1675),"L'Art de la peinture" (1665-66), Kunsthistorisches Museum, Vienne.

- Meindert Hobbema (1638-1709), "Moulin à eau" (1666), Rijksmuseum, Amsterdam.

- Hendrick Mommers  (1623-1693), "The Louvre from the Pont-Neuf, around 1666" (Louvre)


1667

- Guerre de Dévolution (1667-1668) de la France contre l'Espagne, qui se déroule en Flandre, puis en Franche-Comté,  la première guerre du jeune Louis XIV, elle prendra fin le 2 mai 1668 par la signature du traité d'Aix-la-Chapelle par les différents belligérants.

- Paix de Bréda, fin de la deuxième guerre anglo-néerlandaise, signé par l’Angleterre, la république des Provinces-Unies, la France et le Danemark.

- Partage de l'Ukraine entre la Russie et la Pologne.

- Les Hollandais évincent de la Guyane les Anglais qui avaient fondé des établissements.

- Jean Racine (1639-1699), "Andromaque", inaugure une décennie de sept tragédies consacrées par l'histoire de la littérature, Britannicus (1669), Bérénice (1670), Bajazet (1672), Mithridate (1673), Iphigénie (1674) et Phèdre (1677)...

- Pierre Corneille (1606-1684), "Attila"

- Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), "Oraison funèbre d'Anne d'Autriche"

- John Milton (1608-1674), "Paradise Lost", "Le Paradis perdu", le plus grand poème épique de langue anglaise qui raconte l'histoire biblique de la chute d'Adam et Eve, et donc de l'humanité...

- Thomas Sprat (1635-1713), "Histoire de la Royal Society de Londres"

- Gabriel Metsu (1629-1667), "Portrait de Lucia Wijbrants" (1667), Minneapolis Institute of Art.

- Rembrandt (1606-1669), "La fiancée juive" (1667), Rijksmuseum, Amsterdam.

- Johannes Vermeer (1632-1675), "La jeune fille à la perle" (1665-67). Huile sur toile, Mauritshuis, La Haye, "la Joconde du nord" - "Le concert" (1664-67), Isabella Stewart Gardner Museum, Boston. - "La maîtresse et la servante (1666-67), Frick Collection, New York.

- Claude Lorrain (1600-1682), "Vue côtière avec l’enlèvement d'Europe" (1667), Royal Collection, Londres. 


1668

- Traité d'Aix-la-Chapelle, 2 mai 1668, qui met fin à la guerre de Dévolution.

- Triple alliance de La Haye (Suède, Angleterre, Hollande) contre Louis XIV.

- Le Japon interdit l'exportation d'argent, privant la Compagnie des Indes orientales du métal monnayé employé à payer aux Indes les exportations vers l'Europe.

- Assassinat le 26 mai 1668 du marquis de Camarassa, vice-roi de Sardaigne.

- Molière (1622-1673), "L'Avare ou l’École du mensonge",  comédie en prose, créée au théâtre du Palais-Royal, Harpagon, vieil avare tyrannique et veuf, a entrepris de réduire le train de vie de sa maison où vivent ses deux enfants, sa fille Élise et son fils Cléante...

- Molière (1622-1673), "George Dandin ou le mari confondu" - "Amphitryon".

- Saint-Evremond (1614-1703), "Seconde partie des oeuvres meslées" (1668)

- Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables (livres I à VI) - (La Cigale et la Fourmi, Le Corbeau et le Renard, La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Boeuf, Le Rat de ville et le Rat des champs, Le Loup et l’Agneau, La Mort et le Bûcheron, L’Homme entre deux âges et ses deux Maîtresses...)

- Boileau (1636-1711), "Satires VIII et IX."

- Jean Racine (1639-1699), "Les Plaideurs"

- Bartolomé Estéban Murillo (1617-1682), "Adoration des bergers" (1668), Wallace Collection, Londres.

- Pierre Patel (1605-1679), "Vue du château et des jardins de Versailles, prise de l'avenue de Paris (1668), musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, Versailles. 

- Johannes Vermeer (1632-1675), "L'astronome" (1668), musée du Louvre, Paris. 

- Claude Gellée, dit le Lorrain (1600-1682), "Le  Reniement d'Agar."

- Début du remaniement de Versailles par Louis Le Vau (1612-1670). Après le Grand divertissement royal de 1668, Louis XIV confie à Le Vau, premier architecte du roi depuis 1654, l'extension du palais de brique et de pierre construit par son père Louis XIII.  


1669

- Interprétation restrictive de l’édit de Nantes en France avec la Déclaration royale en trente-neuf articles «portant règlement des choses qui doivent être gardées et observées par ceux qui font profession de la Religion prétendue reformée»..

- Korybut Wiśniowiecki est élu le roi de Pologne le 19 juin 1669 face au candidat français, Henri-Jules de Bourbon-Condé, duc d'Enghien, le premier Polonais sur le trône de Pologne depuis 1572.

- Promulgation des Constitutions fondamentales des Carolines, rédigées par John Locke.

- Le corsaire anglais Henry Morgan détruit la flotte espagnole à Maracaibo (Vénézuela)

- Isaac Newton (1642-1727), "De analysi per aequationes numero terminorum infinitas"

- Jean Racine (1639-1699), "Britannicus"  

- Nicolas Boileau (1636-1711), Épîtres I et II.

- Jean de La Fontaine (1621-1695), "Les Amours de Psyché et de Cupidon"

- Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), "Oraison funèbre d'Henriette de France".

- Hans Jakob Christoffel von Grimmelshausen (1622-1676), "Les Aventures de Simplicius Simplicissimus" (Der Abentheurliche1 Simplicissimus Teutsch), le plus grand roman du dix-septième siècle allemand.

- Gabriel de Guilleragues (1628-1685), "Lettres portugaises", l'un des premiers romans épistolaires..

- Rembrandt (1606-1669), "Le retour de l'enfant prodigue" (1669), Musée de l'Ermitage, Saint-Pétersbourg.

- Johannes Vermeer (1632-1675), "Le géographe" (1669), Städelsches Kunstinstitut, Francfort-sur-le-Main. - "La lettre d'amour" (1669-70), Rijksmuseum, Amsterdam. - "La dentelière" (1669-70), musée du Louvre, Paris.


1670

- Enregistrement par le Parlement de Paris le 26 août 1670, de l'Ordonnance criminelle dite de 1670, Code de procédure pénale français entrera en vigueur jusqu'à la Révolution française. L'emprisonnement ne constitue pas une peine, mais une mesure préventive en attendant un jugement ou un châtiment, les beaux jours de la lettre de cachet débutent...

- Pierre Corneille, protégé par Fouquet, puis par Louis XIV, entend persévérer dans le théâtre, mais Racine a désormais les faveurs du public. En 1670, les deux auteurs se trouvèrent en rivalité directe lorsqu'ils donnèrent simultanément des pièces sur le même sujet antique. Racine triomphe avec sa "Bérénice", face au "Tite et Bérénice" de Corneille, qui ne rencontra qu'un succès mitigé. Dès lors, le temps de Corneille était terminé, et ses deux dernières créations, Pulchérie (1672) et Suréna (1674), furent des échecs qui le poussèrent à cesser son activité de dramaturge...

 

- Molière (1622-1673), "Le Bourgeois gentilhomme", comédie-ballet en prose représentée pour la première fois devant la cour de Louis XIV, au château de Chambord, la musique est de Jean-Baptiste Lully. L'origine de l'œuvre est liée au scandale provoqué par l'ambassadeur turc Suleyman Aga qui, lors de sa visite à la cour de Louis XIV en 1669, avait affirmé la supériorité de la cour ottomane sur celle du Roi-Soleil. Afin de devenir un homme de qualité, Monsieur Jourdain a engagé un maître de musique, un maître à danser, un maître de philosophie et un maître d’armes qui sont chargés de lui enseigner leur savoir et d’en faire un homme instruit...

 

- Baruch Spinoza (1632-1677), "Traité théologico-politique" (1670), Spinoza expose les principes d'un christianisme rationnel et du libéralisme politique, qui suscita dans les diverses Églises chrétiennes des attaques de la dernière violence et lui fit ajourner la publication de l'Éthique.

 

- Jacques-Bénigne Bossuet (1627-1704), "Oraison funèbre d'Henriette d'Angleterre". 

- Jean Racine (1639-1699), "Bérénice", son cinquième acte fut admiré par Voltaire, ainsi Titus y parle des mérites de celle qu'il aime, "Enfin, tout ce qu'amour a de noeuds plus puissants, / 

Doux reproches, transports, sans cesse renaissants, / Soin de plaire sans art, crainte toujours nouvelle, / Beauté, gloire, vertu, je trouve tout en elle.  / Depuis deux ans entiers, chaque jour je la vois, / Et crois toujours la voir pour la première fois..."

- Aphra Behn (1640-1689), "The Forced Marriage" (Le mariage forcé, pièce) 

- Madame de La Fayette  (1634-1693), "Zaïde, histoire espagnole " (1670-1671)

« Zaïde, dit Sainte-Beuve, tient en quelque sorte un milieu entre l'Astrée et les romans de l'abbé Prévost et fait la chaîne de l'un aux autres. Ce sont également des passions extraordinaires et subites, des ressemblances incroyables de visages, des méprises prolongées et pleines d'aventures, des résolutions formées sur un portrait ou un bracelet entrevus. Ces amants malheureux quittent la cour pour des déserts horribles où ils ne manquent de rien; ils passent les après-dînées dans les bois, contant aux rochers leur martyre, et ils rentrent dans les galeries de leurs maisons, où se voient toutes sortes de peintures. ils rencontrent à l'improviste sur le bord de la mer des princesses infortunées, étendues et comme sans vie, qui sortent du naufrage en habits magnifiques et qui ne rouvrent languissamment les yeux que pour leur donner de l'amour. Des naufrages, des déserts, des descentes par mer et des ravissements : c'est donc toujours plus ou moins l'ancien roman d'Héliodore, celui de d'Urfé, le genre romanesque espagnol, celui des nouvelles de Cervantes. La nouveauté particulière à Mme de La Fayette consiste dans l'extrême finesse de l'analyse"..

- Salomon van Ruysdael (1602-1670), "Paysage d’hiver avec patineurs et traîneaux" (1660-70), musée Thyssen-Bornemisza, Madrid. - "Champs de blé" (1670), Metropolitan Museum of Art, New York. - "La place Dam à Amsterdam" (1670), Staatliche Museen, Berlin. - "Paysage avec une vue de Haarlem" (1670-75), Staatliche Museen, Berlin. 

- Johannes Vermeer (1632-1675), "Une jeune femme assise au clavecin" (1670), collection particulière. - "Une dame écrivant une lettre et sa servante" (1670-71), National Gallery of Ireland, Dublin. - "Une femme jouant de la guitare" (1669-72), Kenwood House, Londres. - "Une dame debout au clavecin" (1670-73), National Gallery, Londres.

- Bartolomé Estéban Murillo (1617-1682), "Le retour de l’enfant prodigue (1667-70). Huile sur toile, 236 × 262 cm, National Gallery of Art, Washington.


1671

- Exécution le 15 juin 1671, à Cagliari du marquis de Cea, chef du complot sarde.

- Ecrasement de la révolte contre le pouvoir russe des Cosaques du Don sous la conduite de Stenka Razine.

- Début de la correspondance de Mme de Sévigné (1626-1696) avec sa fille, des lettres qui ne doivent rien à la tradition littéraire d'un Guez de Balzac ou aux lettres galantes de Voiture. 

- Molière (1622-1673), "Les Fourberies de Scapin", comédie qui s’inscrit dans la tradition de la comédie italienne mais on lui reprochera la grossièreté de ses procédés comiques et l'immoralité du sujet...

- John Dryden (1631-1700), "The Conquest of Granada", tragédie héroïque

- Molière, Corneille et Quinault collaborent à la création de "Psyché", une tragédie-ballet transformée en opéra par Lully.

- Répondant à une requête de l'Université au Parlement de Paris souhaitant un arrêt officiel contre l'enseignement dans les Ecoles d'autres principes que ceux d'Aristote, et donc contre Descartes, Boileau rédige anonymement un célèbre "Arrêt burlesque"...

- Début de la construction de l'hôtel des Invalides. 

- Fondation par Colbert de l'Académie royale d'architecture.

- Abraham Lambertsz van den Tempel (1622–1672), "Portrait de Jan van Amstel et d'Anna Boxhoorn" (Museum Boijmans Van Beuningen, Rotterdam) - "David Leeuw et sa famille" (Rijksmuseum).


1672

- Louis XIV franchit le Rhin le 12 juin 1672.

- Guerre de la France contre la Hollande (1672-1678) - La situation politique et économique des Provinces-Unies se dégrade en 1672, la République est à la fois la cible de l’armée française de Louis XIV et de la flotte anglaise. Pour protéger Amsterdam de l’ennemi, les terres situées sous le niveau de la mer sont inondées. Assassinat à La Haye, le 20 août 1672, de Jean et Cornelis de Witt...

- En Angleterre, nombre de catholiques, dont le prince héritier Jacques d'York, frère du roi, occupent de très hautes positions dans l'administration, l'armée et la marine, d'où la décision royale de 1672 de concéder l'« indulgence » à tous les sujets catholiques et non-conformistes du royaume ...

- Mesure de la distance de la Terre au Soleil par J.D.Cassini, J.Picard et J.Richer.

- Porte Bab el-Mansour, une des portes monumentales donnant accès à la médina et à la cité impériale de Meknès (Maroc), dernière œuvre commandée par le sultan Moulay Isma'il, achevée en 1732, l'une des plus belles portes d'Afrique du Nord.

- Samuel von Pufendorf (1632-1694), "Du droit de la nature et des gens" (De jure naturae et gentium, 1672) - "De officiis hominis et civis juxta legem naturalem" (1673), théoricien du droit naturel.

- Jean Racine (1639-1699), "Bajazet". 

- Gilles Ménage (1613-1692), "Observations sur la langue française" (1672-1675)

- Molière (1622-1673), "Les Femmes savantes", comédie de mœurs sur l'éducation des filles, créée au Théâtre du Palais-Royal

- Fondation à paris du "Mercure galant", qui deviendra en 1724 le "Mercure de France", fondé par Donneau de Visé, afin de fournir au public parisien et provincial des nouvelles de la Cour et de la ville, et de rendre compte de tous les événements, mondains..

- Luca Giordano  (1634–1705), "L'apothéose des Médicis de Luca Giordano" (palais Medici-Riccardi, Florence)

- Claude Lorrain (1600-1682), "Paysage avec Enée à Délos (1672). Huile sur toile, 100 × 134 cm, National Gallery, Londres. 

- Gérard Dou (1613-1675), "L’épicerie" (1672), Royal Collection of the United Kingdom, Londres.

- Salomon van Ruysdael (1602-1670), "Le moulin à vent de Wijk près de Duurstede" (1668-72), Huile sur toile, Rijksmuseum, Amsterdam, le tableau le plus connu du peintre. - "Vue d'Amsterdam, rivière Amstel et Hogesluis" (1675-80), Fitzwilliam Museum, Cambridge.


1673

Le "Test Act", porté par lord Shaftesbury, voté par le Parlement de Londres et promulgué par Charles II, entend opposer une barrière inexpugnable à toute tentative de restauration catholique en Angleterre, mais aussi à tous les dissidents protestants : tous les candidats à des fonctions publiques dépendant de la Couronne doivent désormais faire la preuve de leur orthodoxie religieuse en prêtant serment d'allégeance, en allant communier au sein de l'Église anglicane et en souscrivant à une déclaration niant le dogme de la transsubstantiation. La loi sera ensuite portée en Ecosse en 1681. Il faudra attendre 1828...

- Dynastie Mandchoue (1644-1911) en Chine - Lutte contre le parti Ming et protection de 'l'Empire du Ciel" par une ceinture de marches frontières contre les Mongols. Domination de l'empire par une hiérarchie de fonctionnaires, le durcissement du confucianisme, l'introduction forcée de la natte mandchoue...

- Création de la Compagnie du Sénégal, à la demande de Louis XIV, l'une des nombreuses compagnies coloniales françaises et la seconde des compagnies européennes fondées au XVIIe siècle à viser directement la traite négrière: la France veut, comme les Anglais en 1672, se lancer dans le très rentable commerce triangulaire, monopolisé par les Hollandais. Le nombre d'esclaves en Martinique doublera pour atteindre 4 900 en 1680...

- Jean Racine (1639-1699), "Mithridate", le succès fut immense. 

- Molière (1622-1673), "le Malade imaginaire", la dernière comédie écrite par Molière, qui meurt le 17 février, une comédie-ballet représentée au Théâtre du Palais-Royal qui puise son inspiration dans la commedia dell'arte, avec une musique de Marc-Antoine Charpentier.

ARGAN : Monsieur Purgon m'a dit de me promener le matin dans ma chambre, douze allées, et douze venues ; mais j'ai oublié à lui demander si c'est en long, ou en large.

TOINETTE : Monsieur, voilà un.

ARGAN : Parle bas, pendarde : tu viens m'ébranler tout le cerveau, et tu ne songes pas qu'il ne faut point parler si haut à des malades.

TOINETTE : Je voulais vous dire, Monsieur.

ARGAN : Parle bas, te dis-je.

TOINETTE : Monsieur.

Elle fait semblant de parler.

ARGAN : Eh ?

TOINETTE : Je vous dis que.

Elle fait semblant de parler.

ARGAN : Qu'est-ce que tu dis ?

TOINETTE, haut : Je dis que voilà un homme qui veut parler à vous.

ARGAN : Qu'il vienne.

Toinette fait signe à Cléante d'avancer.

CLÉANTE : Monsieur.

TOINETTE, raillant : Ne parlez pas si haut, de peur d'ébranler le cerveau de Monsieur.

CLÉANTE : Monsieur, je suis ravi de vous trouver debout et de voir que vous vous portez mieux.

TOINETTE, feignant d'être en colère : Comment " qu'il se porte mieux " ? Cela est faux : Monsieur se porte toujours mal.

( Le Malade imaginaire - Acte II, scène 2)

 

- Jean de La Fontaine (1621-1695) s'établit chez Mme de La Sablière.

- Ihara Saikaku (1642-1693), "Ikutama manku" (1673) premier recueil du grand maître du genre dit ukiyo-zōshi (texte du monde flottant) et l'un des trois grands écrivains de son époque avec le poète Bashō et le dramaturge Chikamatsu Monzaemon. 

- Joseph Heintz the Younger  (1600–1678), "Competition on the Ponte dei Pugni in Venice" (Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg)

- Gerrit Adriaenszoon Berckheyde  (1638–1698), "Groote Market in Haarlem" (Hermitage Museum)


1674

- Louis XIV (1638-1715) devient en 1674 un monarque absolu et  prend ses distances avec Colbert . 

- Le commerce triangulaire,  la "traite négrière" qui relie l'Europe, l'Afrique et l'Amérique, prend son essor à partir de 1674, l'année où Français et Anglais commencent à disputer aux Hollandais le monopole du transport des esclaves de la côte africaine vers les Amériques, où la Jamaïque et Saint-Domingue et Martinique, la Guadeloupe et la Barbade deviennent la principale zone mondiale d'importation des esclaves. 

- Sous l'impulsion de François Martin, fondation du comptoir français de Pondichéry.

- Leibniz publie en 1674 ses travaux sur le calcul infinitésimal, initiés par Newton (1669).

- Nicolas Malebranche (1638-1715), "De la recherche de la vérité" (1674-1678), pour ce disciple de Descartes, c'’est la même sagesse divine qui se manifeste par la révélation et par notre raison.

- Pierre Corneille (1606-1684), "Suréna"

- Jean Racine (1639-1699), "Iphigénie"

- Edme Mariotte (1620-1684), "Discours sur la nature de l'air"

- Boileau (1636-1711), "L'Art poétique", Boileau condamne le "faste pédantesque" de la poésie du XVIème siècle et salue en Malherbe l'initiateur de l'ordre et de la mesure en poésie: "Enfin Malherbe vint, et, le premier en France, / Fit sentir dans les vers une juste cadence, / D'un mot mis en sa place enseigna le pouvoir, / Et réduisit la muse aux règles du devoir. / Par ce sage écrivain la langue réparée / N'offrit plus rien de rude à l'oreille épurée. / Les stances avec grâce apprirent à tomber, / Et le vers sur le vers n'osa plus enjamber...."

- Philippe de Champaigne (1602-1674), peintre ultime du grandiose "Christ en croix",  Louvre, Paris.

- An unidentified artist near Boston between 1670 and 1674, "Elizabeth Clarke Freake (Mrs. John Freake) and Baby Mary", about 1671 and 1674 (Worcester Art Museum)...


1675

- Début du règne personnel de Charles II (1665-1770) en Espagne, un long règne, qui débute avec la régence de sa mère (1665-1675), suite d'intrigues de cour, de conspirations et de guerres avec la France (guerre de Dévolution et guerre de Hollande) à l'issue desquelles l'Espagne devra céder à Louis XIV la Franche-Comté et plusieurs places en Flandre, en Hainaut et en Cambrésis (traités d'Aix-la-Chapelle [1668] et de Nimègue [1678-1679]. Sa mort sans successeur provoquera la guerre de la Succession d'Espagne...

- Philipp Jakob Spener (1635-1705), "Pia desideria", le texte fondateur du piétisme face aux maux du luthéranisme, son formalisme et son dogmatisme....

- Apparition du quiétisme, en Italie, prêché par un prêtre espagnol, Miguel de Molinos (1628-1696), qui expose cette doctrine dans son "Guide philosophique" (1675), doctrine condamnée en 1687 par le pape Innocent XI, «accusée de mépriser l'autorité ecclésiastique et de prôner une morale relâchée»..

- Naturaliste hollandais, Anton van Leeuwenhoek (1632-1723) observe avec les microscopes qu'il construisait lui-même de nombreux types de cellules (cellules sanguines, spermatozoïdes, bactéries.)...

- La cathédrale Saint Paul, à Londres, par Christopher Wren (1675-1710), célèbre pour son rôle dans la reconstruction de Londres après le Grand incendie de 1666...

- Baruch Spinoza (1632-1677), "Traité politique" (1675-1677)

- Le 9 décembre 1675, Isaac Newton (1642-1726) communique à la Royal Society "Hypothesis explaining the Properties of Light" et "Explanation of the Colors of Thin Plates and of Natural Bodies"..

- Mme de Villedieu (1640-1683), "Les Désordres de l'amour", des thèmes proches de ceux de La Princesse de Clèves...

- George Etherege (1635-169), "L'Homme à la mode, ou Sir Fopling Flutter" (The Man of Mode, or Sir Fopling Flutter en anglais) une comédie qui s’inscrit dans l’esprit de la littérature de la Restauration anglaise.

- John Dryden (1631-1700), "Aureng-Zebe", une tragédie inspirée de l’ "Histoire de la dernière révolution des États du Grand Mogol" de François Bernier (1670).

- William Wycherley (1640-1716), "La Provinciale" (The Country Wife)

- Ihara Saikaku (1642-1693) compose en 1675 ses mille haiku à la mémoire de sa femme, morte à vingt-cinq ans...

- Johannes Vermeer (1632-1675), "Portrait d'une jeune femme" (1665-74), Metropolitan Museum of Art, New York. - "L'Allégorie de la foi" (1671-74), Metropolitan Museum of Art, New York. - "Une dame assise au clavecin" (1670-75), National Gallery, Londres.

- Apollon servi par les nymphes, groupe en marbre des jardins de Versailles, par F. Girardon (1666-1673).


1676

- Fédor III (1676-1682), tsar de Russie.

- Mouvement messianiste du kabbaliste juif Sabbatai Zevi (1626-1676) qui se présenta en 1676 comme le Messie, le plus important des mouvements qu'ait connu le judaïsme depuis la destruction du Temple de Jérusalem et la révolte de Bar Kokhba..

- Chapelle des Invalides, à Paris, par J. Hardouin-Mansart (1676-1706)

- John Speed (1551-1629), l'un des cartographes anglais les plus connus, avec Christopher Saxton, du début de la période moderne.

- "L'Homme franc" (The Plain-Dealer), une comédie de la Restauration écrite par le dramaturge anglais William Wycherley (1641-1715) et jouée le 11 décembre 1676.

- Aphra Behn (1640-1689), une prolifique dramaturge et romancière de la Restauration dont la pièce, "L'Écumeur ou Les Cavaliers bannis" (The Rover ou The Banish'd Cavaliers), lui assure la célébrité. 


1677

- En Angleterre, Algernon Sidney (1622‑1683), qui soutenait les idées républicaines et  le régime de Cromwell et s'était exilé lors de la restauration de la monarchie, revient à Londres en 1677 et rédige plusieurs ouvrages dans lesquels il critique la monarchie absolue de Charles II, affirmant le droit de se révolter contre le souverain. Il sera décapité pour trahison...

- Nicolas Malebranche (1638-1715), "Conversations chrétiennes" (1677)  

- Jean Racine (1639-1699), "Phèdre", un des chef d'oeuvres de racine, la dernière tragédie inspirée de la mythologie grecque, les deux suivantes, Esther et Athalie, traiteront de sujets bibliques. La passion incestueuse que Phèdre, l'épouse du roi d'Athènes Thésée, voue à son beau-fils, Hippolyte, mais qui aime une autre femme. Après Phèdre, Racine se retira du théâtre à trente-sept ans, laissant inachevée une "Iphigénie en Tauride", dont il avait dressé le plan, et une "Alceste", écrite en partie..

- John Dryden (1631-1700), "All for Love", la pièce la plus connue et la plus jouée de Dryden..

- Anne Conway (1631-1679), "The Principles of the Most Ancient and Modern Philosophy" (1671-1677).

- Pieter de Hooch (1629-1684), "Couple jouant aux cartes avec servante" (1670), Metropolitan Museum of Art, New York. - "Fête musicale dans une cour" (1677), National Gallery, Londres.


1678

- Traité de Nimègue, le 10 mai 1678, qui met fin à la guerre de Hollande.

- Jules Hardouin-Mansart commence la construction de la galerie des Glaces à Versailles (1678-1684).

- Publication d’une nouvelle édition des "Pensées" de M. Pascal sur la religion et sur quelques sujets, qui ont été trouvées après sa mort parmi ses papiers. Nouvelle édition augmentée de plusieurs pensées du même auteur.

- Jean de La Fontaine (1621-1695), Fables (livres VII à XI). 

- John Bunyan (1628-1688), "The Pilgrim's Progress from This World, to That Which Is to Come", l'une des œuvres de fiction religieuse les plus importantes de la littérature anglaise.

- Mme de La Fayette (1634-1696), "La Princesse de Clèves"

Souvent partagé entre la passion et le devoir, le héros classique choisit toujours de rester maître de lui-même. Dans son Traité des passions de l'âme, Descartes définit cette morale hautaine de l'individu qui manifeste une « libre disposition » à « ne manquer jamais de volonté pour entreprendre toutes les choses et exécuter toutes les choses qu'il jugera être les meilleures; ce qui est suivre parfaitement la vertu. »....

Mme de Clèves a avoué à son mari l'inclination qui la porte vers le duc de Nemours. Torturé par la jalousie, et abusé par de fausses rumeurs, le prince de Clèves en meurt. Libre désormais, la princesse décide néanmoins de se retirer du monde, non sans avoir avoué sa passion à Nemours :

« - Je veux vous parler encore avec la même sincérité que j'ai déjà commencé, reprit-elle, et je vais passer par-dessus toute la retenue et toutes les délicatesses que je devrais avoir dans une première conversation, mais je vous conjure de m'écouter sans m'interrompre.

  Je crois devoir à votre attachement la faible récompense de ne vous cacher aucun de mes sentiments, et de vous les laisser voir tels qu'ils sont. Ce sera apparemment la seule fois de ma vie que je me donnerai la liberté de vous les faire paraître; néanmoins je ne saurais vous avouer, sans honte, que la certitude de n'être plus aimée de vous, comme je le suis, me paraît un si horrible malheur, que, quand je n'aurais point des raisons de devoir insurmontables, je doute si je pourrais me résoudre à m'exposer à ce malheur. Je sais que vous êtes libre, que je le suis, et que les choses sont d'une sorte que le public n'aurait peut-être pas sujet de vous blâmer, ni moi non plus, quand nous nous engagerions ensemble pour jamais. Mais les hommes conservent-ils de la passion dans ces engagements éternels ? Dois-je espérer un miracle en ma faveur et puis-je me mettre en état de voir certainement finir cette passion dont je ferais toute ma félicité ? Monsieur de Clèves était peut-être l'unique homme du monde capable de conserver de l'amour dans le mariage. Ma destinée n'a pas voulu que j'aie pu profiter de ce bonheur; peut-être aussi que sa passion n'avait subsisté que parce qu'il n'en aurait pas trouvé en moi. Mais je n'aurais pas le même moyen de conserver la vôtre : je crois même que les obstacles ont fait votre constance. Vous en avez assez trouvé pour vous animer à vaincre; et mes actions involontaires, ou les choses que le hasard vous a apprises, vous ont donné assez d'espérance pour ne vous pas rebuter.

  - Ah ! Madame, reprit monsieur de Nemours, je ne saurais garder le silence que vous m'imposez : vous me faites trop d'injustice, et vous me faites trop voir combien vous êtes éloignée d'être prévenue en ma faveur.

  - J'avoue, répondit-elle, que les passions peuvent me conduire; mais elles ne sauraient m'aveugler. Rien ne me peut empêcher de connaître que vous êtes né avec toutes les dispositions pour la galanterie, et toutes les qualités qui sont propres à y donner des succès heureux. Vous avez déjà eu plusieurs passions, vous en auriez encore; je ne ferais plus votre bonheur; je vous verrais pour une autre comme vous auriez été pour moi. J'en aurais une douleur mortelle, et je ne serais pas même assurée de n'avoir point le malheur de la jalousie. Je vous en ai trop dit pour vous cacher que vous me l'avez fait connaître, et que je souffris de si cruelles peines le soir que la reine me donna cette lettre de madame de Thémines, que l'on disait qui s'adressait à vous, qu'il m'en est demeuré une idée qui me fait croire que c'est le plus grand de tous les maux.

  Par vanité ou par goût, toutes les femmes souhaitent de vous attacher. Il y en a peu à qui vous ne plaisiez; mon expérience me ferait croire qu'il n'y en a point à qui vous ne puissiez plaire. Je vous croirais toujours amoureux et aimé, et je ne me tromperais pas souvent. Dans cet état néanmoins, je n'aurais d'autre parti à prendre que celui de la souffrance; je ne sais même si j'oserais me plaindre. On fait des reproches à un amant; mais en fait-on à un mari, quand on n'a à lui reprocher que de n'avoir plus d'amour ? Quand je pourrais m'accoutumer à cette sorte de malheur, pourrais-je m'accoutumer à celui de croire voir toujours monsieur de Clèves vous accuser de sa mort, me reprocher de vous avoir aimé, de vous avoir épousé et me faire sentir la différence de son attachement au vôtre ? Il est impossible, continua-t-elle, de passer par-dessus des raisons si fortes : il faut que je demeure dans l'état où je suis, et dans les résolutions que j'ai prises de n'en sortir jamais.

  - Hé ! croyez-vous le pouvoir, Madame ? s'écria monsieur de Nemours. Pensez-vous que vos résolutions tiennent contre un homme qui vous adore, et qui est assez heureux pour vous plaire ? Il est plus difficile que vous ne pensez, Madame, de résister à ce qui nous plaît et à ce qui nous aime. Vous l'avez fait par une vertu austère, qui n'a presque point d'exemple; mais cette vertu ne s'oppose plus à vos sentiments, et j'espère que vous les suivrez malgré vous.

  - Je sais bien qu'il n'y a rien de plus difficile que ce que j'entreprends, répliqua madame de Clèves; je me défie de mes forces au milieu de mes raisons. Ce que je crois devoir à la mémoire de monsieur de Clèves serait faible, s'il n'était soutenu par l'intérêt de mon repos; et les raisons de mon repos ont besoin d'être soutenues de celles de mon devoir. Mais quoique je me défie de moi-même, je crois que je ne vaincrai jamais mes scrupules, et je n'espère pas aussi de surmonter l'inclination que j'ai pour vous. Elle me rendra malheureuse, et je me priverai de votre vue, quelque violence qu'il m'en coûte. Je vous conjure, par tout le pouvoir que j'ai sur vous, de ne chercher aucune occasion de me voir. Je suis dans un état qui me fait des crimes de tout ce qui pourrait être permis dans un autre temps, et la seule bienséance interdit tout commerce entre nous. »

- Bartolomé Esteban Murillo  (1617–1682), "L’Immaculée Conception" (Museo del Prado, Madrid)


1679

- Premières persécutions contre les jansénistes, une hérésie dangereuse pour Louis XIV, pour l'unité de la foi dans le royaume et suivant les conseils de l'ordre des jésuites. Le grand Arnauld se réfugie aux Pays-Bas.

- En Angleterre, écriture de l’Habeas Corpus Act (1679) - sous le règne de Charles II, après l’arrestation de nombreux catholiques et l’exécution sans procès de trente‑cinq d’entre eux, le parlement décide de voter l’Habeas Corpus Act le 27 mai 1679, une protection contre les arrestations arbitraires. Deux partis se forment au Parlement, les Whigs, adversaires des Stuarts, et les Tories, anglicans et fidèles au roi.

- Dans une France hantée par la sorcellerie et la magie noire, l'affaire des poisons, entre 1679 et 1682, vient secouer Paris et la Cour ...

- Antoni van Leeuwenhoek (1632-1723) est le premier à décrire des "animaux de sperme" (spermatozoïdes) dans un éjaculat en 1677, et en 1679, découvre la présence de spermatozoïdes dans le canal déférent et le tissu testiculaire: "l'homme ne vient pas d'un ovule mais d'une animalcule dans la semence masculine", écrit-il, et chaque spermatozoïde contient à la fois une personne en miniature et une âme persistante et vivante...

- P'ou Song-ling (1640-1715), "Liao-tchai tcheyi" (Contes extraordinaires du Pavillon du Loisir, chin.)

- Pierre Mignard (1612-1695), "Persée et Andromède" (Musée du Louvre)