Metaphysics - Buddhism -  Bouddhisme Theravada (Inde) - Bouddhisme Mahayana (Inde) - Bouddhisme Terre Pure (Chine) - Bouddhisme Tibétain (Tibet) - Bouddhisme Zen (Japon) - Bouddhisme Tantrique (Inde) - Bouddhisme de Nichiren (Japon) - ...

Last update: 2018/12/12

En 2010, huit personnes sur dix s’identifient à un groupe religieux, selon la dernière étude démographique du Pew Forum on religion & public life, un centre de recherche indépendant basé aux États-Unis. 5,8 milliards d’individus, soit 84 % d’une population mondiale estimée à 6,9 milliards de personnes, se déclarent membres de l’une des cinq grandes religions, bouddhisme, christianisme, hindouisme, islam, judaïsme.  Les chrétiens sont majoritaires et représentent 32 % de la population mondiale. Viennent ensuite les musulmans (23 %), les hindous (15 %), les bouddhistes (7 %) et enfin les juifs (0,2 %). Ceux qui ne se reconnaissent dans aucune religion forment toutefois le troisième groupe le plus important, juste devant les hindous, du point de vue du nombre (16 %). Quelque 400 millions d’individus, soit 6 % de la population mondiale, sont attachés à une religion traditionnelle,  africaine, chinoise, amérindienne, aborigène… Et Un peu moins de 1 % évoque d’autres croyances, comme le sikhisme, le shintoïsme, le taoïsme ou encore le zoroastrisme. Le bouddhisme, répandu dans de nombreuses partie du monde, est né dans Nord de l'Inde voici plus de 2500 ans avec les enseignements de Siddharta Gautama. Il a pour but de guider l'individu vers la libération spirituelle de son être matériel, l'illumination. En étendant son influence, il s'est diversifié et s'est adapté aux traditions religieuses locales...

"Vaincre la souffrance" (Life is suffering) - Le bouddhisme est considéré davantage comme une philosophie plus que comme une religion, une philosophie ancrée dans une expérience vécue qui part du fait que toute vie n'est que souffrance, et qui énonce, aussi par expérience vécue, qu'il est possible de parvenir à une véritable fin de la souffrance dans ce monde. Son fondateur, Siddharta Gautama, le Bouddha, l'Eveillé, ne formalise pas son enseignement à partir d'une vision mystique mais sur des conclusions issues d'une longue période d'expérience et de pensée, une illumination plus qu'une révélation. C'est plus tard que des branches du bouddhisme sont devenues plus théistes. Dans l'Inde du VIe siècle av. JC, le nord de l'Inde, les bouleversements sont alors importants, et la religion védique, formelle et conformiste, requérant le maintien des différentes classes, se voit contester par des maîtres errants qui optent pour la simplicité et le dénuement comme moyens de développement spirituel. Né en 563 av.JC dans la famille régnante du clan Shakya, marié à 16 ans, père d'un fils, Siddhartha Gautama se retire du monde à 29 ans, connaît l'illumination et va attirer nombre d'adeptes dans les villes de la plaine du Gange et instaurer des communautés de moines et nonnes. Gautama veut rompre le cycle du samsara, de la naissance et de la renaissance, non par les pratiques religieuses hindoues, culte ou rituel, mais par le mode de vie, la fameuse "Voie du milieu". "Se sentant menacés par le danger, les hommes se réfugient dans les esprits, les sanctuaires et les arbres sacrés, mais ce ne sont pas de vrais refuges" (Dhammapada)...

La "Voie du milieu" (Middle Path, Majjhimāpaṭipadā (Pali), Madhyamāpratipad (Sanskrit), "Dharmachakra", the wheel of dharma, partagé par Hindouisme, Jaïnisme et Bouddhisme) -Gautama suggère une voie médiane entre deux types de vie, ni le confort matériel, ni l'austérité extrême ne nous protègent de la souffrance, ni le désir de vie éternelle, ni le scepticisme absolu. L'obstacle principal pour éviter le cycle du samsara est la souffrance humaine, issues des désirs et des attachements impossibles à satisfaire. Gautama expose ses "Quatres nobles vérités" (The Four Noble Truths, cattāri ariyasaccāni), qui fondent la doctrine centrale du bouddhisme. Elles expliquent la nature de la souffrance et comment la surmonter. La "Dukkha" est la "vérité de la souffrance" (toute vie implique la souffrance), "Samudaya, la "vérité de l'origine de la souffrance" (la "soif" du monde, le désir insatiable d'attachement), "Nirodha", la "vérité de la fin de la souffrance" (mettre fin à la souffrance en se détachant de l'envie et du désir), et enfin "Magga", la "vérité du chemin vers la fin de la souffrance", à cette étape, le moyen d'arrêter le désir est de suivre le "Noble Sentier octuple". Gautama rejette la nature éternelle du moi, élément clé de la spiritualité hindoue, de la religion védique qui identifie l'atman avec le brahman comme réalité divine fondamentale sous-tendant toutes choses. Gautama rejette aussi ce qu'il a lui-même expérimenté, la voie de l'ascétisme, la purification du corps, le rejet de tout ce que le monde considère comme doté de valeur.

La "roue de la vie" (The wheel of life, Buddhism Bhavachakra), l'univers et le cycle dans fin de mort et de renaissance dans lequel tout être humain est piégé - Gautama met en évidence trois caractéristiques de l'existence. Tout dans la vie découle de causes et de conditions, lorsque celles-ci cessent, les éléments qui en dépendent n'agissent plus. "Pratitya samutpada" signifie "des choses s'intensifiant ensemble", nous vivons dans un monde d'interdépendances, rien n'y est sa propre source. La "dukkha" traduit notre frustration existentielle, la vie ne nous donne pas ce que nous attendons. "Anatta" nous montre que  notre monde est en constante évolution, rien n'a d'essence fixe, tout est en flux constant. Pour le bouddhisme, la connaissance ne procède non pas d'une spéculation abstraite, mais d'une analyse de l'expérience. Le moi est ainsi exploré comme une entité ni simple, ni éternelle, et sujet à changement.

"Il y a une Voie du milieu qui mène à la paix, à la connaissance directe, à l'illumination, au nirvana. Et quelle est cette Voie du milieu? C'est juste ce Noble Sentier octuple..." (The Eightfold Path) - Il y a quatre sortes d'attachement, énonce le Sammaditthi Sutta: "l'attachement aux plaisirs des sens, l'attachement aux vues, l'attachement aux rituels et observances, l'attachement à une doctrine du moi." Le "Noble Sentier octuple" énonce en retour huit principes que nous devons encourager en nous-mêmes pour mettre fin à nos souffrances : Sammā ditthi ou Vue juste, Sammā san̄kappa ou Intention juste (pour traduire notre compréhension et engagement), Sammā vācā ou subsistance juste, Sammā kammanta ou action juste (pour traduire nos pratiques étiques), Sammā vāyāma ou effort juste, Sammā sati ou attention juste, Sammā samādhi ou concentration juste (pour assurer notre entraînement de l'esprit).

Le Canon Pali - C'est au Ier siècle av.JC, bien après la mort de Gautama, que ses enseignements sont écrits, -  sur de fines tranches de bois (manuscrit à feuilles de palmier ou bambou) maintenues l'une sur l'autre par des bâtonnets minces, puis conservée dans une boîte. Ils forment le Tipitaka (les 'Trois corbeilles"), sont écrits en pali, un dialecte sri-lankais, et non en sanskrit, langue des érudits. Trois sections les composent, le Vinaya Pitaka (les conseils sur la vie monastique), le Sutta Pitaka (paroles de Bouddha et récits d'évènrements de sa vie), l'Abhidharma Pitaka (analyse philosophique des enseignements de Bouddha). Le bouddhisme voue un profond respect à Bouddha et certaines traditions valorisent un maître de lignée, mais si le maître est indispensable, c'est bien la conviction et l'expérience personnelle qui sont au centre de l'acquisition de la sagesse. "S'il y a une pratique qui est suffisante pour parvenir à la bouddhéité, ajoute le Dalaï-lama, c'est la pratique de la grande compassion".

"On m'appelle Nagasena, mais en fait il n'y a pas d'âme là-dessous, ce n'est qu'une appellation" - A contrario des Upanidshad hindoues qui font une distinction entre le corps physique, le "moi" constitué de pensées et d'expérience, et un "moi" éternel, le Buddha affirme que le moi, comme le tout, est en constante évolution, rien n'a d'essence fixe. Corps, sensations, perceptions, idées et intentions, consciences, les cinq skandhas interdépendants qui compose l'être humain selon les bouddhistes,  sont en constante évolution, au fond, nous ne pouvons pas dire ce qu'est une personne. Cette question est traitée dans un écrit anonyme du Ier siècle ap.JC, les Questions de Milinda (le Milindapañha), qui relate les discussions entre un sage bouddhiste du Cachemire, Nagasena, et le roi Ménandre (Milinda), l'un des rois indo-grecs les plus connus des auteurs classiques de l'Occident et de l'Inde qui régna pendant à peu près vingt ans sur le territoire qui s'étendait de la vallée de Kaboul à l'ouest jusqu'à la Ravi à l'est. Nagasena est cité comme l'un des seize arhats, ces êtres parvenus à un très haut niveau de réalisation spirituelle. "Ce que nous sommes aujourd'hui provient de nos pensées d'hier et nos pensées présentent construisent notre vie de demain : notre vie est la création de notre esprit" (Bouddha). Il y a donc certes une vérité, mais elle est conventionnelle et non pas absolue...

 

Nagarjuna, né au IIe siècle apr.JC, dans une famille de brahmanes, dans le Sud de l'Inde (Andhra Pradesh), est le plus important philosophe bouddhiste après Bouddha lui-même. Auteur de nombreux sutras et du Traité du Milieu (Madhyamaka shastra), il soutient que tout est vide d'existence inhérente, que rien au monde n'a de "moi" et donc d'essence sous-jacente. La finalité de la méditation est donc de voir au-delà de nos sens et des idées acquises par eux.

Bouddhisme mahāyāna (grand véhicule) 

Le bouddhisme au travers de ses enseignements, les Quatres nobles vérités et le Noble Sentier octuple, semble construit sur des arguments rationnels que viennent compléter l'expérience et l'entraînement mental. Pourtant ce bouddhisme initial va progressivement être redéfini pour s'acclimater aux attentes religieuses, permettre une diffusion plus large en fournissant un corpus pouvant aider au développement spirituel. Vers la fin du premier siècle av. J.-C., le bouddhisme mahāyāna apparaît dans l'Empire kouchan et dans le Nord de l'Inde, d'où il se répand rapidement au Tibet et en Chine, avant de se diffuser dans le reste de l'Extrême-Orient, un Bouddhisme Mahayana ou "grand véhicule", pour désigner un enseignement pouvant amener le plus grand nombre vers l'éveil (à opposer à la tradition antérieure, hinayana ou "petit véhicule", de portée trop restrictive). Ce bouddhisme va progressivement utiliser des images élaborées et du rituel, des images de maîtres bouddhistes et de bouddha, introduire des spéculations sur les vies antérieures de Bouddha lui-même (le Sutra du lotus), soutenir l'idée de "bodhisattva", un être capable d'illumination, un être éclairé qui reste dans le monde via plusieurs vies, pour aider toutes les autres créatures. L'image la plus vénérée est celle d'Avalokiteshvara, le bodhisattva de la compassion, appelé Chenrezig par les Tibétains, Kannon au Japon. En méditation, un adepte doit ainsi visualiser l'image choisie de bouddhas ou de bodhisattvas...

Bouddhisme en Inde

Le bouddhisme a débuté dans les régions correspondant à l'Inde et au Népal, a disparu vers le Xe siècle pour renaître via la diffusion de techniques de méditation, la "Vipassanā" (la "vue profonde", la fameuse "lumière intuitive qui apparaît brusquement et révèle la Vérité sur l'impermanence, sur la misère et sur l'impersonnalité de tous les phénomènes corporels et mentaux de l'existence"), seconde pratique de la méditation qui suit la "Samatha" (la pacification de l'esprit), ou par l'intermédiaire du mouvement de conversion des Dalits, ou Intouchables, qui a commencé à la fin du XIXe siècle pour échapper au système de castes. Aujourd'hui seulement 7,5 millions de personnes pratiquent le Bouddhisme  en Inde, un Buddha considéré comme le neuvième avatar de Vishnu. La plupart des bouddhistes indiens vivent dans la région himalayenne ou dans le sud de l'Inde ou près de la frontière du Myanmar. Dans le Nord de l'Inde, le bouddhisme pratiqué est principalement le bouddhisme tibétain, similaire à la forme pratiquée au Tibet. Au Sud, s'impose le bouddhisme Theravada, similaire à la forme pratiquée au Sri Lanka, en Thaïlande et au Myanmar. C'est en Inde que Siddhartha Gautama a débuté son parcours, quatre lieux saints du Bouddhisme sont ainsi vénérés....

A Bodh-Gaya, dans l'État du Bihar, à une centaine de kilomètres au sud de Patna, Siddharta Gautama a atteint l'illumination et l'état de Bouddha. Le site comporte un complexe bouddhiste, comprenant le "Mahabodhi Temple", avec le trône de diamant (Vajrasana) et l'arbre de la Bodhi (pipal), complété par des temples ou des monastères édifiés par les communautés bouddhistes du monde entier.

A Sarnath, à une dizaine de kilomètres au nord de Varanasi dans l'État de l'Uttar Pradesh, Bouddha a prononcé son premier sermon, un site qui fut rasé par les musulmans, reste des ruines en cours de restauration, le "Dhamekha Stupa", construit en l'an 500 après JC, attire chaque année des milliers de pèlerins,  et le site abrite nombre de temples construits par des communautés bouddhistes du monde entier....

A Kusinagar, petite ville de l'Uttar Pradesh, Gautam Buddha termina son existence physique (Parinirvana) et fut incinéré près du fleuve de Hiranyavati, le "Ramabhar Stupa Temple" en marque l'endroit. Reste des ruines restaurées et de nombreux temples édifiés par des communautés du monde entier (chinois, japonais, thaïlandais, sri lankais), dont le "Parinivara Temple", petit temple du XIXe en forme de dôme qui abrite une statue dorée de six mètres de long représentant Bouddha couché sur le côté. Le "Wat Thai Temple",  l'une des principales attractions touristiques depuis 2001, a été construit pour célébrer l'accession au trône du roi de Thaïlande Bhumibol. Le Meditation Park and Japanese Garden et le Nirvana Temple complètent l'offre touristique du lieu.


Le bouddhisme tibétain

est souvent présenté comme un "véhicule" distinct du le Petit véhicule (Hinayana) et du Grand véhicule (Mahayana), "Vajrayana" (véhicule de diamant),  parfois comme une nouvelle forme de Mahayana, ses thèses étant proches de celles du Grand Véhicule.  Durant le VIIIe siècle ap .JC , la coexistence entre bouddhisme et hindouisme semble avoir développé des rituels colorés et imaginatifs. Au début du VIIIe siècle, Padmasambhava (Guru Rinpoche), révéré comme le fondateur du bouddhisme tibétain, instaure au Tibet une forme inspirée par la tradition mahayana et celle de la dévotion de l'hindouisme. Pour le bouddhisme tibétain, l'adepte doit en effet s'impliquer tant intellectuellement qu'émotionnellement, ce qui lui permet d'éprouver ce qu'il ressentirait s'il était illuminé. Le véhicule du diamant ne peut être pratiqué que sous la direction d’un maître spirituel, ou lama (le "tulku" ou "lama réincarné", au sommet duquel se trouve la forme incarnée d'Avalokiteshvara, bodhisattva de la compassion, le dalaï-lama). Pour purifier ses perceptions et les transformer en "vision pure", le pratiquant ne fait pas que visualiser une divinité d’élection et son environnement sacré (mandala), en récitant mantras et en effectuant des gestes symboliques, mais va s'imaginer être lui-même un bouddha, et ainsi entrer dans un processus qui va permettre la fusion totale de soi avec sa propre nature de bouddha...

Bylakuppe, ville de l'État du Karnataka en Inde abrite le plus grand centre d'enseignement Nyingmapa dans le monde (la plus ancienne des traditions du bouddhisme tibétain et la plus orientée vers les aspects ésotériques du tantrisme), le monastère de Namdroling (Namdroling Nyingmapa Tibetian Monestary) et le "Golden Temple" célèbre pour ses trois statues d'or de 12m de hauteur, représentant Bouddha, Padmasambhava (maître bouddhiste du VIIIe siècle, vénéré comme un second Bouddha à travers le Tibet, le Népal, le Bhoutan et les états himalayens de l'Inde) et Amitayus (le bouddha des bouddhas, très populaire en Chine, en Corée, au Japon, au Tibet).


Ladakh est une région située dans la partie orientale de l'État indien du Jammu-et-Cachemire, les hautes vallées de l'Himalaya, 3 500 mètres d'altitude en moyenne que dominent des sommets dépassant les 6 000 mètres, coincées entre les plus hautes chaînes du monde, au sud, l'Himalaya, au nord, le Karakorum. A l'est, le Tibet bouddhiste, à l'ouest, le Cachemire musulman, au-delà, l'immensité de l'Asie centrale, une région donc également partagée entre bouddhisme tibétain et islam, avec Leh, ville qui mélange les cultures et qui voit surgir quelques touristes dits routards. Les temples, le plus souvent intégrés dans des monastères bouddhistes, sont ici d'une grande beauté. Ainsi les singulières images du temple de Manjushri (Jam-dpal lHa-khang), situé à Alchi, en basse-terre, à 67 km de Leh, mélange de bouddhisme et d'hindouisme, part d'un monastère, un  vaste complexe de plusieurs temples qui possède les fameux Chörten (stūpa indien), réceptacle du corps des saints Tibétains, et d'immenses statues du Bouddha. Le "Chamba Lhakhang" marque l'attente de la réincarnation de Bouddha, Maitreya, le Maître des maîtres, c'est en effet un de ces temples construits autour d'un immense Bouddha coloré qui incarne le futur bouddha annoncé. Le "Serzang Temple", près de Basgo et du Bazgo Gompa, connu pour sa grande statue en cuivre de Bouddha Maitréya et ses peintures murales, "Matho Temple", fondé par le Lama Dugpa Dorje. "Vajra Bhairav Shrine", un sanctuaire situé à Spituk (Jammu & Kashmir), à 3 307m d'altitude, dédié à une divinité tantrique aux pouvoirs jugés surnaturels, proche du monastère de Spituk au sein duquel le "Paldan Lumo Temple", consacré à Vajrabhairava, une statue géante  de Palden Lhamo (Kali) et des icônes du Bouddha (thangkas)...

... "Tara temple", situé  dans le monastère de Thiksay à 3 600 m d'altitude et à 17km de Leh, consacré à Tara, Bodhisattva féminin particulièrement populaire, la Libératrice et la Mère de tous les Bouddha, bienveillante et protectrice. Le monastère de Diskit (Diskit Gompa), le plus ancien et le plus grand monastère bouddhiste dans la vallée de Nubra au Ladakh, qui abrite une statue de Maitreya, un Mahābodhisattva ou prochain Bouddha à venir. Plus loin encore le "Rangdum Monastery" (Himachal Pradesh), véritable petite  citadelle située à 4000m dominant la vallée Kargil Suru Valley, à  130 km de Kargil, lieu de tension historique entre Inde et Pakistan. A environ 45 km de Kargil, en direction de Leh, s'élève la célèbre statue de Chamba dans le village de Mulbekh, un énorme un Bouddha Maitréya debout, Bouddha à venir,  sculpté dans la paroi rocheuse...

A 1,675 m d'altitude, le monastère de Namchi, le monastère de Ralang et la colline de Tendong sont des centres de pèlerinage bouddhiste tibétain (partagé avec l'hindouisme), situés à 80 km de Gangtok, la capitale de l'État montagneux du Sikkim, au nord de l'Inde. La plus grande statue du monde (36m) de la Padmasambhava bouddhiste se dresse sur la colline Samdruptse (La colline des rêves), en face de Namchi...

Le bouddhisme tibétain est une religion en exil, chassée de sa patrie lorsque le Tibet fut conquis par les Chinois : lors de la révolution culturelle, 95% des monastères furent détruits.  On peut distinguer quatre écoles du bouddhisme tibétain : Nyingmapa, les Kagyüpa, les Gelugpa et l'école Sakyapa. La figure la plus connue du bouddhisme tibétain est le Dalaï Lama (titre du chef de l’école Guélougpa) qui vit en exil en Inde depuis qu'il a fui l'occupation chinoise de son pays en 1959, et reconnu par toutes les écoles bouddhiques tibétaines (six millions de bouddhistes, soit 2% des bouddhistes dans le monde) comme guide spirituel et dirigeant politique. Les Lāmas représentent ce Bouddhisme du Nord qui, à la différence du Bouddhisme du Sud, prétendent que le Sutta Pitaka, les enseignements du Bouddha transmis oralement, puis couchés par écrit probablement au Ier siècle av. J.-C, ne contiennent pas toutes les Paroles, et qu'il y manque beaucoup des enseignements yogiques du Bouddha, enseignements transmis ésotériquement jusqu'à aujourd'hui...

Le palais du Potala, construit par le 5e dalaï-lama, au XVIIe siècle à Lhassa, dans la région autonome du Tibet (Chine), est devenu un musée livré aux flux touristiques. Tsuklakang, le temple de Jokhang, le premier temple bouddhiste construit au Tibet, est un des hauts-lieux touristiques de Lhassa, mais surtout est le cœur spirituel du Tibet, vénéré pour sa statue dorée représentant le jeune Bouddha, ses 800 sculptures, non visibles, ses milliers de rouleaux peints (thangkas)....

La ville-monastère de Drepung, situé au pied du mont Gephel, mais à 3 850m d'altitude, à 5 km à l'ouest de Lhassa, était le plus grand monastère du monde lorsque survint l'invasion chinoise, le berceau des Dalaï-lamas. Les moines eurent à choisir, au fond, entre militer pour la libération politique du Tibet ou préserver les institutions bouddhistes tibétaines et leur extraordinaire culture. Aujourd'hui, Drepung abrite environ 700 moines et attire des pèlerins et des touristes du monde entier, attirés par le Shoton Festival, au cours duquel se dévoile le le gigantesque Bouddha Thangka, une gigantesque tapisserie traditionnelle tibétaine peinte, ou participant à la kora, route rituelle de circumambulation autour du monastère...

Le Bardo Thödol (le livre tibétain des morts, the Tibetan Book of the Dead), La libération par l'écoute dans les états intermédiaires,  est un des textes du bouddhisme tibétain les plus connus en Occident. Il a pour sujet la description des états de conscience et les perceptions se succédant pendant la période qui s’étend de la mort à la renaissance. La lecture du Bardo Thödol accompagne les rites funéraires pour réaliser une meilleure réincarnation. L'ouvrage ressemble suffisamment au Livre des Morts égyptien pour ne pas suggérer une relation de culture entre eux....


Le bouddhisme tantrique, parfois appelé Bouddhisme vajrayāna, parfois confondu avec le bouddhisme tibétain, s'est développé en Inde au VIIIe siècle apr.JC. Le "tantrisme" fait référence aux sutras ou tantras bouddhiques inspirées par des instructions de Siddhartha Gautama qui permettraient d’atteindre plus rapidement la bouddhéité que ne le proposent le Hinayana (le Premier tour de la roue de la Loi, exprimé par les Quatre nobles vérités) ou le Mahayan (le Deuxième tour de la roue de la Loi), exprimés au travers de recueils de rites et de pratiques magico-ésotériques (le “Troisième tour de la roue de la Loi”, la “Claire Lumière ultime”), avec parfois une symbolique sexuelle (dans le Tantra, la réalisation spirituelle est décrite comme l'union de l'homme et de la femme, la déesse ayant une position première comme force créatrice du cosmos). Fondamentalement les tantras s'efforcent de réconcilier toutes les émotions en les reconnaissant comme faisant partie de la nature bouddhique essentielle qui est en chacun de nous.  Le bouddhisme tantrique est une fusion de principes du bouddhisme mahāyāna, mais aussi de l'hindouisme, particulièrement le shivaïsme cachemirien, et de bön, tradition religieuse ancienne au Tibet. Les bouddhistes tantriques, dont les écoles fleurissent au Tibet, en Inde, en Chine, au Japon, au Népal, révèrent nombre de bouddhas et de boddhisattvas, dont Amitabha, le Bouddha de la lumière infinie, et nombre d'éléments tantriques ont pénétré les mouvements religieux asiatiques.

La pratique Tantrik Vidhya se retrouve dans des temples tels que "Vaital Temple" (Bhubaneswar, Orissa), dédiée à Kali, "Kalighat Temple" (Kolkata, capitale du Bengale-Occidental), dédié à la déesse Sati, "KamaKhya Temple" (Guwahati, Assam), l'un des plus puissants peethas Shakti de l'hindouisme, "Mehandipur Balaji Temple" (Rajasthan), temple singulier dédié à l'exorcisme et à Balaji, avatar du dieu hindou Hanuman, "Baijnath Temple" (Himachal Pradesh), dédié au Seigneur Shiva, le créateur des pouvoirs tantriques en Inde, "Ekling ji Temple" (Rajasthan), dédié aussi à Shiva, "Khajuraho Temple" (Madhya Pradesh), célèbre pour ses sculptures érotiques et uniques au monde, "Kodungallur Bhagavathy Temple" (Kodungallur, Kerala), singulier sanctuaire dédié à la déesse Bhadrakali, avatar redoutable d'Adi Parashakti recherché pour conjurer tous les maux...


Bouddhisme Zen, un éveil sans paroles

Le Bouddhisme Zen est née d'une tradition qui remonterait à un moine indien, Bodhidharma, qui l'a introduit en Chine en 520 ap.JC, sous-entendant par "zen" (ou chan, en chinois), "une transmission directe de la conscience éveillée, en dehors de toute tradition et de toute écriture", pour s'étendre au Japon et y être travaillé entre les XIIe et XIIIe siècle. Cet "un éveil sans paroles" remonterait aux premiers enseignements de Bouddha, a été transmis de génération en génération et s'est développé indépendamment des branches principales du bouddhisme. L'idée centrale du bouddhisme est de soutenir que le malheur existentiel a pour cause première l'illusion que chaque personne a un ego fixe, séparé du reste du monde. Il faut donc pour se libérer de cet état découvrir en soi l'idée de Bouddha. L'approche Zen constate que ceci ne revient simplement qu'à identifier ce qui a toujours été en nous. Il faut au contraire atteindre notre "visage originel", celui que nous avions avant notre naissance et qui a été façonné par l'expérience. Comment procéder? Utiliser des mots en discutant, penser ou lire  créent le désordre dans notre esprit, et notre désir de trouver des réponses participe à ce trouble, il nous faut donc vider notre esprit pour voir apparaître éveil et compréhension. L'esprit zen consiste donc à créer des situations qui apportent l'éveil, sans chercher à exprimer quoique ce soit rationnellement. Rempli de paradoxes, le zen décompose ainsi les processus de la pensée logique : la pratique du "Kōan" (Gong'an) en est l'exemple type, formule énigmatique ou paradoxale échangée entre maître et disciple, donnée non pas à comprendre mais à méditer. Le "Recueil de la falaise bleue" (Biyan lu) et "La Barrière sans porte" (en mandarin, Wumenguan, en japonais, Mumonkan) sont les plus anciens recueils de gong’an de la littérature chan...

 

Au Nord-Est de Kyoto, s'élève le Mont Hiei (848m), montagne sacrée qui jadis comptait 3000 temples éparpillés et plusieurs dizaines de milliers de moines, aujourd'hui site du temple Enryaku-ji, un temple et école bouddhiste de la branche Tendai (forme japonaise de l'école chinoise du bouddhisme mahâyâna)…

Deux écoles de Zen sont pratiquées au Japon, l'école Rinzai, qui remonte au XIIe siècle,  branche japonaise de l'école chinoise Linji développée par Myoan Eisai, une tradition de méditation qui vise, via une relation maître-disciple, à déclencher un éveil et pratique le Kōan, et l'école Soto, qui s'est développé au XIIIe siècle,  fondée en Chine et développée au Japon par Eihei Dōgen, qui se base sur une méditation assise (zazen) pour mettre en place un processus progressif d'illumination. Si l'école Rinzai compte 2 millions d'adeptes, l'école Sōtō est la plus importante des écoles zen du Japon avec plus de 14 700 temples, plus de 15 000 moines et nonnes et près de 7 millions d'adhérents.  Les temples Soujiji 'Tsurumi (Yokohama) et Eiheiji (Fukui Prefecture) sont les plus connus de la Soto Zen School. La contre-culture occidentale a popularisé ces démarches dans les années 1950-1960...

Le bouddhisme tel qu'il fut transmis au Japon, par l'intermédiaire de la Corée, vers le milieu du vie siècle après J.-C., avait été auparavant modifié par la Chine, soit les doctrines du Grand Véhicule (Mahāyāna) qui remontaient jusqu'au bouddhisme indien, modiées par la culture chinoise à partir de la fin du Ier siècle de l'ère chrétienne. Le Japon n'eut pas de contacts directs avec le bouddhisme des autres grandes aires culturelles de l'Extrême-Orient et les bouddhistes japonais firent du chinois littéraire leur langue sacrée. A l'issue de la seconde guerre mondiale, l'adoption d'une constitution libérale, l'empereur Hirohito renonçant à son statut divin et le shintoïsme cessant d'être la religion officielle, favorisa le développement de sectes néo-bouddhiques fréquemment inspirées par le Sûtra du Lotus (Bouddhisme de Nichiren), le Bouddhisme Terre pure (Jôdo, centré sur la dévotion à Amitabha, le Bouddha de lumière infinie), le Shingon (école ésotérique fondée par Kūkai), auxquels se sont ajoutés depuis des maîtres zen d'importance et d'autres mouvements religieux. Environ 85% de la population japonaise se dit bouddhiste, le groupe le plus important (environ 25 millions de personnes) se référant à l'école Nichiren. Cependant, le nombre de Japonais revendiquant leur allégeance au shintoïsme ou au bouddhisme a dépassé 213 millions, soit près de 70 % de plus que la population du Japon, qui compte 127,5 millions de personnes.

Le bouddhisme japonais comptait 76 000 temples (tera, jiin) qui accueillent des cérémonies liées aux décès ou à la piété personnelle pour atteindre l’Eveil, indépendamment du courant auquel ils appartiennent. Mais un déclin semble s'amorcer, plus de 27000 temples devraient fermer au rythme de la disparition des villages et petites villes au Japon. Le temple bouddhiste s’ouvre sur un bâtiment couvert, le "mon", abritant les statues des divinités protectrices Agyô et Ungyô. Parmi ces différents temples, citons l'immense "Kiyomizu-dera Temple" (Kyoto), construit en l'honneur de Kannon, la déesse de la miséricorde, composé d’un temple bouddhique et d’un sanctuaire shinto, le temple le plus visité de Kyoto, célèbre pour son singulier accès à l’utérus de Daizuigu Bosatsu, la mère du Bouddha. "Kinkakuji Temple" (Kyoto) possède deux atouts qui attire nombre de touristes, des parois recouvertes de feuilles d'or et des jardins digne d'un paradis terrestre. "Senso-ji Temple" (Tokyo), dédié à la déesse bodhisattva Kannon, est le plus vieux temple de la capitale japonaise….

.."Hokokuji Temple" (Kamakura) est un lieu célèbre où tout inspire la méditation, son jardin de bambous, son sol recouvert de mousse, ses petites statues bouddhistes éparpillées ici et là. "Todai-ji Temple" (Nara) est le plus grand bâtiment en bois du monde et abrite, entre autres statues, une immense statue de bronze dédiée à Vairocana (le Tout rayonnant), le Bouddha absolu. "Sanjusangendo Temple" (Kyoto), tout en longueur, un temple unique par le nombre de statues religieuses qu'il contient, la Grande Salle abrite 1 001 statues "grandeur nature" de la déesse Kannon recouvertes à la feuille d’or.  "Shitennoji Temple" (Osaka), l'un des plus anciens temples du Japon, il y a plus de 1 400 ans, et le temple le plus représentatif de l'histoire spirituelle et temporelle du Japon.  Enfin, le temple bouddhique Adashino Nenbutsu-ji (Kyoto) expose près de 8000 statuettes qui rappelle qu'Adashino, situé aux confins nord de la ville de Kyoto, servait d’immense cimetière il y a plus de 1200 ans...

Situé dans la ville de Kamura, le Ōfuna Kannon est un temple bouddhiste édifié en statue géante de 25 m de haut, consacrée au bodhisattva Kannon : la construction a été réalisée entre 1929 et 1960 et intègre des pierres en provenance des points zéro d'Hiroshima et de Nagasaki. Mais le monument le plus célèbre de Kamura, ville balnéaire et touristique, est le grand bouddha Amitabha de Kamakura, en posture de méditation zen, une sculpture en bronze, fondue vers 1252, d'une hauteur de l'ordre de 13,35 m. Kamakura et Kyôto sont les deux capitales du zen, chacune compte cinq temples, Kenchoji est le plus ancien à Kamakura, Kennin-ji à Kyoto, tous deux voués structurellement à la méditation. Côté shintoïsme, le petit sanctuaire Goryô-jinja est, à Kamura, dédié à Kagemasa Gongoro, un samouraï du XIe siècle: ici, toute âme troublée par la violence gagne l'apaisement....

La particularité du bouddhisme japonais est de coexister le plus souvent étroitement avec le shintoïsme : une religion qui, ne disposant pas d'une véritable doctrine, est devenue perméable à des constructions plus intellectuelles telles que le bouddhisme ou le confucianisme. Le shintoïsme est la religion traditionnelle du Japon, une manière de vivre plus qu'une religion dans un contexte insulaire isolé, ancrée depuis les origines dans des croyances animistes, au centre de laquelle règnent des énergies sacrées, ou kami ("ce qui est caché), une essence présente partout qui s'exprime tant au travers des forces naturelles (les rivières, les arbres, les montagnes, les tempêtes) que des âmes des ancêtres. Vivre la voie des dieux, vivre la voie des kami (Kami no michi), c'est au fond pratiquer les rituels qui relient chacun de nous au passé. C'est au début du VIIIe siècle ap.JC que furent compilés, à la demande de l'impératrice Genmer, les grands textes shinto : le Kojiki (Chronique des faits anciens), le Nihon Shoki (Chroniques du Japon), installant la lignée des empereurs comme descendants des dieux. La prière et les offrandes aux temples et sanctuaires, sanctuaires domestiques (kami-dona) ou temples d'une grande simplicité,  permettent de maintenir une relation harmonieuse entre tout être et les kamis.

On dénombre près de 85 000 sanctuaires shintô et 22 000 prêtres shintoïstes dans tout le Japon. Les Japonais utilisent les sanctuaires shintô pour des cérémonies liées aux étapes de la vie (naissances, mariages) ou pour la prospérité (personnelle ou non). Ces lieux de culte sont généralement appelés jinja. A l'entrée de tout temple shintoïste, le torii, une entrée en portique rouge qui sépare le sacré du profane, et un mur où l'on place les messages éventuels aux kamis, les divinités shintô ne font pas l'objet de représentations. Les rituels de purification (harai) sont au coeur du shintoîsme, nous sommes nés purs mais devenus impurs par notre existence et la mort elle-même est considérée comme impure. C'est bien l'esprit du shintoïsme, sous ses deux aspects, sacralisation de la nature et rattachement à l'esprit des ancêtres, qui maintient l'ordre et l'harmonie de toutes les relations sociales…

Le Sanctuaire d'Ise (Ise Grand Shrine, Ise-jingū) est un immense complexe shinto situé au cœur d'une forêt sacrée dans la préfecture de Mie, sur l'île de Hoshu, le plus important du Japon (chaque année environ six millions de touristes le visitent), sanctuaire ancestral des empereurs du Japon. 16 des 125 bâtiments et éléments sont reconstruit à leur image tous les vingt ans, gage de leur pureté. Il s'articule autour de deux sanctuaires principaux, Naikū et Gekū, et se compose de plusieurs petits sanctuaires dédiés à beaucoup d'autres esprits kami.  Naiku, ou sanctuaire intérieur, construit en bois de cyprès, est dédié à Amaterasu Omikami, déesse du soleil et divinité suprême du panthéon Shinto : il fut édifié pour la première fois sur le site, selon la tradition, en l'an 4 avant notre ère, sous le règne de l'empereur Suinin et renferme le miroir (yata no jingi) que les dieux utilisèrent pour extraire la déesse d'une grotte dans laquelle elle s'était enfermée. Geku, le sanctuaire extérieur, se trouve à 5km à travers la forêt de Naiku, est dédié à Toyouke omikami, la déesse de la nourriture, des vêtements et du logement. Comme pour le sanctuaire naïku, seuls les grands prêtres et l'empereur peuvent y entrer...

Le Yasukuni-jinja (Tokyo) est un sanctuaire shinto consacré aux  âmes des deux millions de soldats japonais qui ont donné leur vie, de 1868 à 1951, à l'Empereur du Japon.

Meiji-jingu est immense complexe shintoïste édifié en 1920, contigu au parc Yoyogi, dans le quartier de Harajuku (Tokyo), prisé des touristes et lieu de cérémonie de mariage traditionnel. Au milieu du jardin impérial qui compte plus de 100 000 arbres, un chemin,  ouvert par un torii de 12 m de hauteur, mène au sanctuaire en bois de cèdre dédié aux âmes divines de l'Empereur Meiji, mort en 1912, et de sa femme l'Impératrice Shōken, morte en 1914...

Le Sanctuaire shinto d'Itsukushima (Itsukushima-jinja), célèbre pour sa couleur laquée de rouge vermillon, est situé dans un lieu saint du shintoïsme depuis les temps les plus reculés, sur l'île d'Itsukushima, dans la mer intérieure de Seto. Son célèbre torii rouge aux pieds dans l'eau (à marée haute) est l'un des monuments les plus photographiés du Japon, avec en fond le mont Misen. L'arrivée au sanctuaire se fait traditionnellement depuis la mer,  on arrive directement en bateau sans fouler le sol de l'île, le sanctuaire lui-même étant construit sur pilotis. Sur les premières hauteurs de Miyajima, le Pavillon aux mille tatamis (Senjôkaku) s'élève au dessus du sanctuaire d'Itsukushima, et constitue le cœur de la vie religieuse et touristique de l'île. Le gigantesque plafond, recouvert d'une mosaïque de peintures représentant les sujets les plus divers, est la principale attraction du lieu. À quelques pas, se trouve la pagode à cinq étages...