Harper Lee (1926-2016), "To Kill a Mockingbird" (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", 1960) - "Roll of Thunder, Hear My Cry" (1976), de Mildred D. Taylor (1943) - ...
Last update: 12/12/2023
"I Think there's just one kind of folks, Folks" (Je pense qu'il n'y a qu'une sorte de gens, les gens" - Mais alors, comment le bien et le mal peuvent-ils coexister au sein d'une communauté? Harper Lee , ami intime de Truman Capote, est l'auteur en 1960 d'un seul livre, "To Kill a Mockingbird", qui traite de la discrimination raciale dans le Sud profond, un livre qui fut l'un des plus lus de cette décennie. Elle l'écrivit à 34 ans, s'inspirant des gens et des évènements de son enfance : une petite fille, naïve et pleine d'idéaux, regarde le monde qui l'entoure et, à mesure qu'elle grandit, apprend que la vie n'est pas toujours juste. Plus le roman avance, plus elle prendra conscience de l'existence d'un mal profond qui ronge la société, le racisme et l'intolérance. Et cependant, grâce à l'influence de son père et de son entourage, Scout continuera d'avoir foi en la bonté humaine. Il n'en sera pas de même pour d'autres personnages du roman, certains comme Tom Robinson et Boo Radley ne sont pas préparés au mal qu’ils rencontrent et n'y survivront pas ...
"To Kill a Mockingbird" est l'un des titres les plus célèbres et symboliquement riches de la littérature américaine, symbole puissant de l'innocence, de la pureté et de la bonté qui ne fait de mal à personne. Tuer un moqueur est un péché absurde et une destruction de l'innocence. La métaphore est explicitement énoncée par Atticus Finch à ses enfants : « Vous pouvez tirer sur tous les geais bleus que vous voudrez, si vous arrivez à les toucher, mais souvenez-vous que c'est un péché de tuer un oiseau moqueur. » Miss Maudie explique ensuite : « Les oiseaux moqueurs ne font rien d'autre que de nous faire profiter de leur musique […] Ils ne font rien d'autre que de chanter pour nous de tout leur cœur. C'est pour cela que c'est un péché de tuer un oiseau moqueur. » La traduction française, "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur", est à l'impératif ("Ne tirez pas...") tandis que le titre original anglais est à l'infinitif ("To Kill..." - Tuer). C'est une différence de traduction significative. Le titre anglais "To Kill a Mockingbird" donne l'impression de définir un péché, un concept, une idée philosophique. Il est pesant et abstrait. Le titre français "Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur" est plus direct, une supplique ou un ordre. C'est un appel immédiat à l'action, exhortant le lecteur (et par extension, la société) à ne pas commettre ce péché. Malgré cette différence, le titre français est devenu tout aussi iconique dans le monde francophone ...
Harper Lee imagina une suite à ce livre, "Go Set a Watchman" (2015), Scout Finch, devenue adulte, se retrouve confrontée aux contradictions morales de son père, Atticus, dans un contexte de tensions raciales croissantes,
un manuscrit découvert en 2014 ...
"You never really understand a person until you consider things from his point of view – until you climb into his skin and walk around in it" ...
La voix de ce roman est celle de Scout (Jean Louise Finch), une fillette de six ans extrêmement intelligente et précoce. Maycomb, sa petite ville d'Alabama dans les années 1930, est un endroit stable et conservateur. Ici, "la journée semble durer plus de vingt-quatre heures", rien ne semble pouvoir évoluer : les Noirs vivent à la périphérie de la ville, nous sommes dans les années qui précèdent le mouvement des droits civiques et les préjugés racistes minent le vieux Sud américain. Celui pour lequel Flannery O'Connor et Carson McCullers ont créé un nouveau genre littéraire, le "Southern Gothic", pour sonder les âmes tortueuses et la troublante réalité qui se cachent sous le vernis de la respectabilité sudiste ...
Introduction à Maycomb et aux Finch - Début du livre, Scout nous fait découvrir Maycomb et nous raconte l'histoire de sa famille. Elle parle de son père, Atticus Finch, qui est devenu avocat dans la ville de Maycomb. Jem est le frère de Scout, et Calpurnia les aide à s'élever après la mort de leur mère. Les frères et sœurs se lient d'amitié avec un garçon nommé Dill qui leur suggère d'attirer Boo Radley, un voisin reclus, hors de sa maison. Lorsque Dill convainc Jem de courir pour toucher la maison, Scout croit voir un volet bouger, comme si quelqu'un jetait un coup d'œil à l'extérieur...
Part One - Chapter 1 - "When he was nearly thirteen, my brother Jem got his arm badly broken at the elbow. When it healed, and Jem’s fears of never being able to play football were assuaged, he was seldom self-conscious about his injury. His left arm was somewhat shorter than his right; when he stood or walked, the back of his hand was at right angles to his body, his thumb parallel to his thigh. He couldn’t have cared less, so long as he could pass and punt.
When enough years had gone by to enable us to look back on them, we sometimes discussed the events leading to his accident. I maintain that the Ewells started it all, but Jem, who was four years my senior, said it started long before that. He said it began the summer Dill came to us, when Dill first gave us the idea of making Boo Radley come out.
I said if he wanted to take a broad view of the thing, it really began with Andrew Jackson. If General Jackson hadn’t run the Creeks up the creek, Simon Finch would never have paddled up the Alabama, and where would we be if he hadn’t? We were far too old to settle an argument with a fist-fight, so we consulted Atticus. Our father said we were both right.
Being Southerners, it was a source of shame to some members of the family that we had no recorded ancestors on either side of the Battle of Hastings. All we had was Simon Finch, a fur-trapping apothecary from Cornwall whose piety was exceeded only by his stinginess. In England, Simon was irritated by the persecution of those who called themselves Methodists at the hands of their more liberal brethren, and as Simon called himself a Methodist, he worked his way across the Atlantic to Philadelphia, thence to Jamaica, thence to Mobile, and up the Saint Stephens. Mindful of John Wesley’s strictures on the use of many words in buying and selling, Simon made a pile practicing medicine, but in this pursuit he was unhappy lest he be tempted into doing what he knew was not for the glory of God, as the putting on of gold and costly apparel. So Simon, having forgotten his teacher’s dictum on the possession of human chattels, bought three slaves and with their aid established a homestead on the banks of the Alabama River some forty miles above Saint Stephens. He returned to Saint Stephens only once, to find a wife, and with her established a line that ran high to daughters. Simon lived to an impressive age and died rich.
It was customary for the men in the family to remain on Simon’s homestead, Finch’s Landing, and make their living from cotton. The place was self-sufficient: modest in comparison with the empires around it, the Landing nevertheless produced everything required to sustain life except ice, wheat flour, and articles of clothing, supplied by river-boats from Mobile.
Simon would have regarded with impotent fury the disturbance between the North and the South, as it left his descendants stripped of everything but their land, yet the tradition of living on the land remained unbroken until well into the twentieth century, when my father, Atticus Finch, went to Montgomery to read law, and his younger brother went to Boston to study medicine. Their sister Alexandra was the Finch who remained at the Landing: she married a taciturn man who spent most of his time lying in a hammock by the river wondering if his trot-lines were full.
When my father was admitted to the bar, he returned to Maycomb and began his practice. Maycomb, some twenty miles east of Finch’s Landing, was the county seat of Maycomb County. Atticus’s office in the courthouse contained little more than a hat rack, a spittoon, a checkerboard and an unsullied Code of Alabama. His first two clients were the last two persons hanged in the Maycomb County jail.
Atticus had urged them to accept the state’s generosity in allowing them to plead Guilty to second-degree murder and escape with their lives, but they were Haverfords, in Maycomb County a name synonymous with jackass. The Haverfords had dispatched Maycomb’s leading blacksmith in a misunderstanding arising from the alleged wrongful detention of a mare, were imprudent enough to do it in the presence of three witnesses, and insisted that the-son-of-a-bitch-had-itcoming-to-him was a good enough defense for anybody. They persisted in pleading Not Guilty to first-degree murder, so there was nothing much Atticus could do for his clients except be present at their departure, an occasion that was probably the beginning of my father’s profound distaste for the practice of criminal law..."
"Mon frère Jem allait sur ses treize ans quand il se fit une vilaine fracture au coude mais, aussitôt sa blessure cicatrisée et apaisées ses craintes de ne jamais pouvoir jouer au football, il ne s’en préoccupa plus guère. Son bras gauche en resta un peu plus court que le droit ; quand il se tenait debout ou qu’il marchait, le dos de sa main formait un angle droit avec son corps, le pouce parallèle à la cuisse. Cependant, il s’en moquait, du moment qu’il pouvait faire une passe et renvoyer un ballon.
Bien des années plus tard il nous arriva de discuter des événements qui avaient conduit à cet accident. Je maintenais que les Ewell en étaient entièrement responsables, mais Jem, de quatre ans mon aîné, prétendait que tout avait commencé avant, l’été où Dill se joignit à nous et nous mit en tête l’idée de faire sortir Boo Radley.
À quoi je répondais que s’il tenait à remonter aux origines de l’événement, tout avait vraiment commencé avec le général Andrew Jackson. Si celui-ci n’avait pas croqué les Creeks dans leurs criques, Simon Finch n’aurait jamais remonté l’Alabama et, dans ce cas, où serions-nous donc ? Beaucoup trop grands pour régler ce différend à coups de poing, nous consultions Atticus, et notre père disait que nous avions tous les deux raison.
En bons sudistes, certains membres de notre famille déploraient de ne compter d’ancêtre officiel dans aucun des deux camps de la bataille d’Hastings. Nous devions nous rabattre sur Simon Finch, apothicaire de Cornouailles, trappeur à ses heures, dont la piété n’avait d’égale que l’avarice. Irrité par les persécutions qu’en Angleterre leurs frères plus libéraux faisaient subir à ceux qui se nommaient « méthodistes », dont lui-même se réclamait, Simon traversa l’Atlantique en direction de Philadelphie, pour continuer ensuite sur la Jamaïque puis remonter vers Mobile et, de là, jusqu’à St Stephens. Respectueux des critiques de John Wesley contre le flot de paroles suscitées par le commerce, il fit fortune en tant que médecin, finissant, néanmoins, par céder à la tentation de ne plus travailler pour la gloire de Dieu mais pour l’accumulation d’or et de coûteux équipages. Ayant aussi oublié les préceptes de son maître sur la possession de biens humains, il acheta trois esclaves et, avec leur aide, créa une propriété sur les rives de l’Alabama, à quelque soixante kilomètres en amont de St Stephens. Il ne remit les pieds qu’une fois dans cette ville, pour y trouver une femme, avec laquelle il fonda une lignée où le nombre des filles prédominait nettement. Il atteignit un âge canonique et mourut riche.
De père en fils, les hommes de la famille habitèrent la propriété, Finch’s Landing, et vécurent de la culture du coton. De dimensions modestes comparée aux petits empires qui l’entouraient, la plantation se suffisait pourtant à elle-même en produisant tous les ingrédients nécessaires à une vie autonome, à l’exception de la glace, de la farine de blé et des coupons de tissus, apportés par des péniches remontant de Mobile.
Simon eût considéré avec une fureur impuissante les troubles entre le Nord et le Sud qui dépouillèrent ses descendants de tous leurs biens à l’exception des terres. Néanmoins ils continuèrent à vivre de la terre jusqu’au vingtième siècle, époque où mon père, Atticus Finch, se rendit à Montgomery pour y faire son droit, et son jeune frère à Boston pour y étudier la médecine. Leur sœur, Alexandra, fut la seule Finch à rester dans la plantation : elle épousa un homme taciturne qui passait le plus clair de son temps dans un hamac au bord de la rivière, à guetter les touches de ses lignes.
Lorsque mon père fut reçu au barreau, il installa son cabinet à Maycomb, chef-lieu du comté du même nom, à environ trente kilomètres à l’est de Finch’s Landing. Il occupait un bureau tellement petit, à l’intérieur du tribunal, qu’il put à peine y loger un porte-chapeaux, un échiquier et un code de l’Alabama flambant neuf. Ses deux premiers clients furent les deux derniers condamnés à la pendaison de la prison du comté. Atticus leur avait conseillé de faire appel à l’indulgence du jury en plaidant coupables de meurtre au second degré et de sauver ainsi leurs têtes, mais c’étaient des Haverford, autant dire des crétins aux yeux de tout habitant du comté. À cause d’un malentendu provoqué par la détention illégale d’une jument, ils avaient commis l’imprudence de tuer le meilleur maréchal-ferrant de la ville devant trois témoins, et ils crurent pouvoir se défendre en affirmant que « ce salaud ne l’avait pas volé ». Ils persistèrent à plaider non coupables d’un meurtre au premier degré, aussi Atticus ne put-il faire grand-chose pour eux, si ce n’est d’assister à leur exécution, événement qui fut sans doute à l’origine de la profonde aversion de mon père envers le droit pénal.
Durant ses cinq premières années à Maycomb, il ne fit guère de dépenses ; ensuite, pendant plusieurs années, il consacra ses revenus aux études de son frère. John Hale Finch avait dix ans de moins que lui et opta pour la médecine en un temps où le coton ne rapportait plus assez pour valoir la peine d’être cultivé ; mais, après avoir placé oncle Jack sur les rails, Atticus tira des revenus raisonnables de la pratique du droit. Il se plaisait à Maycomb, chef-lieu du comté qui l’avait vu naître et grandir ; il en connaissait les habitants qui le connaissaient eux aussi et devait à Simon Finch de se retrouver lié, par le sang ou par mariage, avec à peu près toutes les familles de la ville.
Quand je vins au monde, Maycomb était déjà une vieille ville sur le déclin. Par temps de pluie, ses rues prenaient l’aspect de bourbiers rouges ; l’herbe poussait sur les trottoirs, le palais de justice penchait vers la place. Curieusement, il faisait plus chaud à l’époque : les chiens supportaient mal les journées d’été ; les mules efflanquées, attelées à leurs carrioles, chassaient les mouches à grands coups de queue à l’ombre étouffante des chênes erts sur la place. Les cols durs des hommes se ramollissaient dès neuf heures du matin. Les dames étaient trempées de sueur dès midi, après leur sieste de trois heures et, à la nuit tombante, ressemblaient à des gâteaux pour le thé, glacés de poudre et de transpiration.
Les gens se déplaçaient lentement alors. Ils traversaient la place d’un pas pesant, traînaient dans les magasins et devant les vitrines, prenaient leur temps pour tout. La journée semblait durer plus de vingt-quatre heures. On ne se pressait pas, car on n’avait nulle part où aller, rien à acheter et pas d’argent à dépenser, rien à voir au-delà des limites du comté de Maycomb. Pourtant, c’était une période de vague optimisme pour certains : le comté venait d’apprendre qu’il n’avait à avoir peur que de la peur elle-même.
Nous habitions la rue principale, Atticus, Jem et moi, ainsi que Calpurnia, notre cuisinière. Jem et moi, nous étions très satisfaits de notre père : il jouait avec nous, nous faisait la lecture et nous traitait avec un détachement courtois.
Calpurnia, c’était une autre histoire : toute en angles et en os, elle était myope et louchait, elle avait les mains larges comme des battoirs et deux fois plus dures. Elle passait son temps à me chasser de la cuisine, à me demander pourquoi j’étais incapable de me conduire aussi bien que Jem, alors qu’elle savait pertinemment qu’il était plus grand que moi, à m’appeler pour rentrer à la maison quand je n’y étais pas disposée. Nos algarades épiques s’achevaient toujours de la même manière : elle gagnait, essentiellement parce qu’Atticus prenait toujours sa défense. Elle travaillait chez nous depuis la naissance de Jem et, aussi loin que je pouvais remonter dans mes souvenirs, j’avais senti peser sur moi sa présence tyrannique.
J’avais deux ans à la mort de notre mère, aussi ne me manquait-elle pas. C’était une Graham, de Montgomery ; Atticus l’avait rencontrée lorsqu’il avait été élu pour la première fois à la Chambre des représentants de l’État. Proche de la cinquantaine, il était son aîné de quinze ans. Jem fut le fruit de leur première année de mariage. Je naquis quatre ans plus tard, notre mère mourut d’une crise cardiaque deux ans après ma naissance. Il paraît que c’était fréquent dans sa famille. Elle ne me manqua pas, mais à Jem si, je crois. Il se souvenait bien d’elle et parfois, en plein jeu, il poussait un soupir et s’en allait jouer tout seul derrière le garage. Dans ces moments-là, je préférais ne pas l’ennuyer.
Quand j’avais presque six ans et lui pas loin de dix, nos quartiers d’été (à portée de voix de Calpurnia) étaient bornés par la maison de Mrs Henry Lafayette Dubose, deux numéros au nord de la nôtre, et par celle des Radley, trois numéros au sud. Nous ne fûmes jamais tentés de dépasser cette frontière. Chez les Radley habitait un être non identifié, dont la seule description suffisait à nous tenir tranquilles ; quant à la maison de Mrs Dubose, c’était tout simplement la porte de l’enfer.
Ce fut l’été où Dill se joignit à nous.erts sur la place. Les cols durs des hommes se ramollissaient dès neuf heures du matin. Les dames étaient trempées de sueur dès midi, après leur sieste de trois heures et, à la nuit tombante, ressemblaient à des gâteaux pour le thé, glacés de poudre et de transpiration.
Les gens se déplaçaient lentement alors. Ils traversaient la place d’un pas pesant, traînaient dans les magasins et devant les vitrines, prenaient leur temps pour tout. La journée semblait durer plus de vingt-quatre heures. On ne se pressait pas, car on n’avait nulle part où aller, rien à acheter et pas d’argent à dépenser, rien à voir au-delà des limites du comté de Maycomb. Pourtant, c’était une période de vague optimisme pour certains : le comté venait d’apprendre qu’il n’avait à avoir peur que de la peur elle-même.
Nous habitions la rue principale, Atticus, Jem et moi, ainsi que Calpurnia, notre cuisinière. Jem et moi, nous étions très satisfaits de notre père : il jouait avec nous, nous faisait la lecture et nous traitait avec un détachement courtois.
Calpurnia, c’était une autre histoire : toute en angles et en os, elle était myope et louchait, elle avait les mains larges comme des battoirs et deux fois plus dures. Elle passait son temps à me chasser de la cuisine, à me demander pourquoi j’étais incapable de me conduire aussi bien que Jem, alors qu’elle savait pertinemment qu’il était plus grand que moi, à m’appeler pour rentrer à la maison quand je n’y étais pas disposée. Nos algarades épiques s’achevaient toujours de la même manière : elle gagnait, essentiellement parce qu’Atticus prenait toujours sa défense. Elle travaillait chez nous depuis la naissance de Jem et, aussi loin que je pouvais remonter dans mes souvenirs, j’avais senti peser sur moi sa présence tyrannique.
J’avais deux ans à la mort de notre mère, aussi ne me manquait-elle pas. C’était une Graham, de Montgomery ; Atticus l’avait rencontrée lorsqu’il avait été élu pour la première fois à la Chambre des représentants de l’État. Proche de la cinquantaine, il était son aîné de quinze ans. Jem fut le fruit de leur première année de mariage. Je naquis quatre ans plus tard, notre mère mourut d’une crise cardiaque deux ans après ma naissance. Il paraît que c’était fréquent dans sa famille. Elle ne me manqua pas, mais à Jem si, je crois. Il se souvenait bien d’elle et parfois, en plein jeu, il poussait un soupir et s’en allait jouer tout seul derrière le garage. Dans ces moments-là, je préférais ne pas l’ennuyer.
Quand j’avais presque six ans et lui pas loin de dix, nos quartiers d’été (à portée de voix de Calpurnia) étaient bornés par la maison de Mrs Henry Lafayette Dubose, deux numéros au nord de la nôtre, et par celle des Radley, trois numéros au sud. Nous ne fûmes jamais tentés de dépasser cette frontière. Chez les Radley habitait un être non identifié, dont la seule description suffisait à nous tenir tranquilles ; quant à la maison de Mrs Dubose, c’était tout simplement la porte de l’enfer.
Ce fut l’été où Dill se joignit à nous...."
(Éditions de Fallois, 2005, pour la traduction française. La traduction de Mme Stoïanov (1989)
a été relue et actualisée pour cette édition par Mme Isabelle Hausser.)
La mère de Scout est morte ; elle et son frère aîné Jem (Jeremy) sont élevés par leur père, un avocat d'âge mûr, Atticus Finch, qui, avec Calpurnia, la cuisinière noire, devient peu à peu le centre moral du livre. Les deux adultes sont décrits avec beaucoup d'affection et de détails, comme des piliers de la société qui ne partagent pas les préjugés de la société, comme des figures d'autorité qui semblent souvent obstinées et difficiles à comprendre pour la narratrice de six ans, mais qui ne sont pourtant jamais cruelles ou distantes. Bien que le célèbre film mettant en scène Gregory Peck dans le rôle d'Atticus soit largement fidèle au livre, notamment en suivant l'arc dramatique fourni par le procès de Tom Robinson, il ne capte pas entièrement la chaleur et l'humour qui imprègnent le récit de Scout, qui est animé d'une pointe de satire qui fait mentir son âge (tout comme, de temps à autre, sa façon précoce de manier les mots).
Au début, le roman se concentre sur les jeux enfantins de Scout et Jem et de leur ami Dill, un garçon insolite, mais le Southern Gothic fait toujours apparaître des éléments étranges, ainsi Boo Radle, un homme qui vit reclus dans une maison prétendument hantée et sur lequel les enfants brodent bien des histoires. Mais peu à peu, le véritable thème du roman, à savoir les préjugés raciaux dans les États du Sud, émerge...
L'imagination de l'enfance autour de Boo Radley - L’innocence ...
Chapitres 2 et 3 - Scout, âgée de 6 ans, commence sa première année d’école avec enthousiasme, mais se heurte rapidement aux méthodes rigides de son enseignante, Miss Caroline Fisher, allant jusqu'à demander à la petite fille de dire à son père, Atticus, d’arrêter de lui apprendre à lire. C'est aussi un temps de prise de conscience des différence sociales, les Cunningham et les Ewell représentent deux extrêmes de la pauvreté à Maycomb, les fameuses divisions sociales du Sud, et autant d'expériences difficiles à vivre. Scout en sera à demander à Atticus de ne plus aller à l’école : celui-ci lui enseignera alors une leçon fondamentale, la nécessité de comprendre les autres en se mettant à leur place. Il promettra également à Scout qu’ils continueront à lire ensemble en secret si elle continue à aller à l’école...
Ce sont aussi les jeux de l'enfance. Toute l'imagination de l'enfance en ces premiers chapitres, Jem, Scout, et Dill se retrouvent autour du même fascination pour le personnage de Boo Radley : dont l'escapade nocturne, effrayante, du chapitre 6 et les mystères de l'arbre aux cadeaux (chap.7). Scout, quant à elle, se lie d'amitié avec Miss Maudie Atkinson, avec qui elle partage des histoires sur Maycomb et offre à la jeune fille une relation d'adulte positive.
Atticus est désigné pour défendre Tom Robinson, un homme noir accusé d’avoir violé une femme blanche, Mayella Ewell. Il accepte le cas, malgré l’hostilité croissante de la communauté.
Chapitres 9-11- Scout apprend par d’autres enfants que son père défend un homme noir, Tom Robinson, qui a été accusé d’avoir agressé Mayella Ewell, une femme blanche : elle doit désormais affronter bien des insultes de la part de ses camarades. Plus tard, elle entendra une conversation entre Atticus et son frère Jack, celui-ci exprimant ses préoccupations pour le procès, pour ses enfants, et pour leur risque d'être ainsi totalement exposés à la haine raciale de la communauté. Atticus affirme que Tom est innocent mais condamné, car il est inconcevable qu'un jury entièrement blanc l'acquitte...
"When he gave us our air-rifles Atticus wouldn’t teach us to shoot. Uncle Jack instructed us in the rudiments thereof; he said Atticus wasn’t interested in guns.
Atticus said to Jem one day, “I’d rather you shot at tin cans in the back yard, but I know you’ll go after birds. Shoot all the bluejays you want, if you can hit ‘em, but remember it’s a sin to kill a mockingbird.” That was the only time I ever heard Atticus say it was a sin to do something, and I asked Miss Maudie about it. “Your father’s right,” she said. “Mockingbirds don’t do one thing but make music for us to enjoy. They don’t eat up people’s gardens, don’t nest in corncribs, they don’t do one thing but sing their hearts out for us. That’s why it’s a sin to kill a mockingbird.”
Scout et Jem trouvent qu’Atticus, âgé de 50 ans, est "trop vieux" pour être comme les autres pères, ils le considèrent comme ennuyeux. Mais un jour, à la surprise totale de ses enfants, Atticus prend le fusil offert par Heck Tate et abat un chien enragé (Tim Johnson) d’un seul tir. Ils apprennent alors qu'Atticus était autrefois surnommé "One-Shot Finch" en raison de son habileté exceptionnelle avec un fusil. Un moment qui symbolise sa maîtrise et sa capacité à agir lorsque c’est nécessaire. Mme Dubose, une vieille dame acariâtre, dit aux enfants qu'Atticus ne vaut pas mieux que les gens qu'il défend, ce qui amène Jem à perdre son sang-froid et à détruire tous les camélias de Mme Dubose. En guise de punition, Jem se rend chez elle tous les jours pour lui faire la lecture et, lorsqu'elle meurt à cause de sa dépendance à la morphine, elle laisse à Jem une boîte contenant un seul camélia...
Deuxième partie - Jem commence à passer moins de temps avec Scout, l'adolescence aidant, lui disant qu'elle devrait se comporter davantage comme une fille, ce qui la contrarie. Jem et Scout accompagnent Calpurnia à l’église (chap.12), First Purchase African M.E. Church, fréquentée par la communauté noire de Maycomb. À leur arrivée, Lula, une femme noire, s’oppose à la présence des enfants blancs dans l’église, mais d'autres fidèles, dont le Reverend Sykes, les accueillent chaleureusement. Et c'est pour Jem et Scout la découverte d'un autre monde, la simplicité, la chaleur, la collecte de fonds pour aider la famille de Tom Robinson, qui est en difficulté financière en raison de son emprisonnement. Scout commence à comprendre les implications du procès et les sacrifices que la communauté noire est prête à faire pour soutenir l’un des leurs. A leur retour, Scout demandera à Calpurnia pourquoi elle parle différemment lorsqu’elle est avec sa communauté : Calpurnia navigue entre les mondes blancs et noirs et a appris à gérer bien des tensions sociales et raciales. (Chap.13) De retour à la maison, ils retrouvent tante Alexandra, qui est venue s'installer chez les Finch, estimant qu'ils ont besoin d'une « influence féminine » au sein de la famille. Lorsqu'Atticus tente de faire la leçon aux enfants sur leur ascendance, à la demande d'Alexandra obsédée par les "bones familles" (Tante Alexandra représente les valeurs les plus conservatrices de Maycomb, notamment l'importance des lignées et des hiérarchies sociales), il ne réussit qu'à faire pleurer Scout. D'autant qu'Alexandra insistera pour qu’Atticus renvoie Calpurnia, arguant que Scout et Jem n'ont plus besoin d'une figure maternelle noire maintenant qu'elle est là. Atticus refusera catégoriquement, affirmant que Calpurnia est une membre essentielle de la famille ..
Le procès de Tom Robinson approche, et le rôle d'Atticus en tant qu'avocat de la défense soumet Jem et Scout aux rumeurs de la ville. Scout se dispute avec Jem après qu'il lui a demandé de ne pas contrarier Alexandra, et lorsqu'elle va se coucher, elle trouve Dill caché sous le lit. Le shérif Heck Tate se présente chez les Finch et s'inquiète de la possibilité d'un lynchage au moment où Tom Robinson est transféré à la prison de Maycomb.
La scène de la prison - Une foule en colère se rassemble devant la prison pour lyncher Tom Robinson. Atticus veille sur lui pour le protéger. Scout intervient et désamorce la situation. De la puissance de l’innocence et de l’empathie face à la haine collective.
Chapitre 15, la foule devant la prison. Tom Robinson est transféré à la prison de Maycomb. La tension monte dans la ville alors que des rumeurs circulent sur une possible tentative de lynchage par un groupe d’hommes blancs. Plusieurs hommes rendent visite à Atticus chez lui pour discuter de leur inquiétude concernant la sécurité de Tom. Atticus reste calme et refuse de céder à la peur ou à la pression. Ce soir-là, il prend une lampe et se rend à la prison pour surveiller Tom Robinson, seul. Jem, Scout et Dill, intrigués, décident de le suivre en secret. Une foule d’hommes armés arrive devant la prison pour enlever et lyncher Tom Robinson. La tension est palpable. Atticus reste calme et tente de raisonner les hommes. Scout ne comprend pas complètement pourquoi son père est entouré d'une foule si menaçante mais, agissant instinctivement, elle reconnaît parmi eux Walter Cunningham, le père d’un camarade de classe, et l’aborde en toute innocence à propos de son fils. Un geste qui va désarmer toute agressivité. Walter Cunningham demande à la foule de se disperser, ce qu’ils font rapidement...
Le chapitre 16, pont crucial entre l'insouciance de l'enfance et la dure réalité du monde adulte, et les enfants, surtout Scout, confrontés à la complexité déroutante du comportement humain. La veille au soir, les enfants ont été témoins de la formation d'une foule d'hommes venus pour lyncher Tom Robinson. Pour Jem et Scout, la menace est simple et terrifiante : ce sont des "méchants" qui veulent du mal à leur père et à Tom. Leur perception est encore manichéenne. Le lendemain, au procès, Scout regarde cette même foule qui s'est déplacée pour assister au procès. C'est là que sa confusion naît :elle reconnaît des visages familiers : elle voit M. Cunningham, le père de son camarade de classe Walter. C'est le même homme qui faisait partie de la foule menaçante la veille. Son cerveau d'enfant ne parvient pas à concilier ces deux réalités. Comment le père de Walter, un fermier ordinaire qu'Atticus a aidé, peut-il être le même homme qui voulait commettre un acte de violence horrible ? Elle avait catalogué les hommes de la veille comme des "étrangers malfaisants", mais là, elle doit admettre qu'ils sont aussi des membres "normaux" de la communauté de Maycomb. En parlant à Atticus, les enfants cherchaient des réponses simples ....
" Jem heard me. He thrust his head around the connecting door. As he came to my bed Atticus’s light flashed on. We stayed where we were until it went off; we heard him turn over, and we waited until he was still again. Jem took me to his room and put me in bed beside him. “Try to go to sleep,” he said, “It’ll be all over after tomorrow, maybe.”
We had come in quietly, so as not to wake Aunty. Atticus killed the engine in the driveway and coasted to the carhouse; we went in the back door and to our rooms without a word. I was very tired, and was drifting into sleep when the memory of Atticus calmly folding his newspaper and pushing back his hat became Atticus standing in the middle of an empty waiting street, pushing up his glasses. The full
meaning of the night’s events hit me and I began crying. Jem was awfully nice about it: for once he didn’t remind me that people nearly nine years old didn’t do things like that...."
"Jem m’entendit. Il passa la tête par la porte de communication. Il arrivait près de mon lit, quand la chambre d’Atticus s’éclaira soudain. Nous restâmes immobiles jusqu’à ce qu’elle s’éteignît. Nous l’entendîmes se retourner et attendîmes qu’il ne bougeât plus.
Jem m’emmena dans sa chambre et me fit une place dans son lit.
— Essaie de dormir, dit-il. Après-demain, tout sera peut-être terminé.
Nous étions rentrés sans bruit afin de ne pas réveiller Tatie. Atticus avait coupé le moteur en haut de l’allée et continué en roue libre jusqu’au garage. Nous passâmes par la porte de derrière et montâmes à nos chambres sans un mot. Exténuée, j’allais m’endormir quand le souvenir d’Atticus pliant calmement son journal et repoussant son chapeau en arrière se transforma en Atticus debout au milieu d’une rue déserte, remontant ses lunettes sur le front. Comprenant d’un coup le sens exact des événements de la nuit, je me mis à pleurer. Jem se montra terriblement gentil : pour une fois, il ne me rappela pas que les gens de presque neuf ans ne se laissaient pas aller ainsi.
Personne n’avait beaucoup d’appétit ce matin-là, à part Jem qui dévora trois œufs. Atticus le regardait avec une franche admiration ; tante Alexandra sirotait son café en irradiant des ondes de désapprobation : les enfants qui se glissaient la nuit hors de la maison jetaient le déshonneur sur la famille. Atticus dit qu’il était bien content que ses petits déshonneurs soient venus le trouver, mais Tatie répliqua :
— Voyons ! Mr Underwood a été là tout le temps.
— Tu sais que c’est bizarre de la part de Braxton. Il déteste les Noirs et ne supporte pas leur présence.
À Maycomb, on considérait Mr Underwood comme un petit homme vif et impie. Dans un accès d’excentricité, son père l’avait prénommé Braxton Bragg[20], ce dont Mr Underwood fit de son mieux pour s’accommoder. Atticus disait que donner à ses enfants le nom de généraux confédérés revenait à fabriquer de futurs ivrognes.
Calpurnia resservait du café à tante Alexandra et elle secoua la tête devant ce que je pensais être un regard irrésistiblement implorant.
— Tu es encore trop petite ! décréta-t-elle. Je te dirai quand tu ne le seras plus.
Je dis que cela pourrait améliorer l’état de mon estomac.
— Bon, si tu y tiens…
Prenant une tasse dans le placard elle y versa une cuillerée à soupe de café et l’emplit de lait jusqu’au rebord. Je la remerciai en lui tirant la langue puis, levant les yeux, je vis que Tatie fronçait les sourcils ; mais c’était à Atticus que cette mimique était destinée.
Elle attendit que Calpurnia eût regagné la cuisine pour lancer :
— Ne parle pas ainsi devant eux !
— Parler comment, devant qui ? demanda-t-il.
— Comme ça, devant Calpurnia. Tu as dit juste devant elle que Braxton Underwood détestait les Noirs.
— Mais je suis sûr qu’elle le sait ! Tout le monde le sait, à Maycomb.
J’avais commencé à remarquer un changement subtil ces derniers jours chez Atticus, quand il parlait à tante Alexandra. Il se braquait sans jamais manifester ouvertement de l’irritation. Il y avait une légère raideur dans sa voix lorsqu’il déclara :
— Tout ce qui est bon à dire à table l’est devant Calpurnia. Elle sait quelle place elle occupe dans cette famille.
— Je ne pense pas que ce soit une bonne habitude, Atticus. Cela les encourage. Tu sais combien ils peuvent bavarder entre eux. Tout ce qui se passe dans cette ville est connu dans les Quartiers avant le soir.
Mon père reposa son couteau.
— Je ne connais aucune loi leur interdisant de parler. Peut-être que si nous ne leur fournissions pas tant matière à bavardage, ils se tairaient. Pourquoi ne bois-tu pas ton café, Scout ?
Je jouais avec ma cuillère en le remuant.
— Je croyais que Mr Cunningham était un de nos amis. Tu me l’avais dit il y a longtemps.
— Il l’est toujours.
— Mais la nuit dernière, il voulait te faire du mal.
Atticus posa sa fourchette à côté de son couteau et repoussa son assiette.
— Mr Cunningham est foncièrement un brave homme. Seulement, il porte des œillères, comme nous tous.
Jem intervint :
— Ce ne sont pas des œillères ! Il avait l’intention de te tuer la nuit dernière quand il est arrivé.
— Il aurait peut-être pu me faire un mauvais parti, admit Atticus, mais, mon garçon, tu comprendras un peu mieux les gens quand tu seras plus grand. Une foule, quelle qu’elle soit, est toujours composée de gens. Mr Cunningham faisait partie de cette foule la nuit dernière, mais il était toujours un homme. Toute foule, dans n’importe quelle petite ville du Sud est composée de gens que tu connais… Ce n’est pas à leur honneur, non ?
— Bien sûr que non.
— Et, vois-tu, il a suffi d’une enfant de huit ans pour les ramener à la raison. Ce qui prouve qu’on peut arrêter une bande de bêtes sauvages, tout simplement parce qu’ils restent des êtres humains. Tiens, ce serait peut-être une idée de fonder une milice d’enfants… en tout cas, cette nuit, les enfants, vous avez forcé Mr Cunningham à se mettre cinq minutes à ma place, et cela a suffi.
Il était à espérer que Jem comprendrait un peu mieux les gens quand il serait plus grand, parce que ce ne serait pas mon cas.
— Le jour où Walter remettra les pieds à l’école sera le dernier de sa vie ! affirmai-je.
— Tu ne toucheras pas à un seul de ses cheveux, dit Atticus tout net. Et je ne veux pas, quoi qu’il arrive, que vous éprouviez de la rancune à cause de cet événement.
— Regarde ce qui se passe ! dit tante Alexandra. Ne me dis pas que je ne t’avais pas averti !
Atticus répondit qu’il ne dirait jamais cela, recula sa chaise et se leva.
— J’ai une rude journée devant moi, alors excusez-moi. Jem, s’il te plaît, je veux que ni toi ni Scout ne descendiez en ville aujourd’hui.
Quand il partit, Dill déboula dans la salle à manger.
— Toute la ville est au courant ! annonça-t-il. Tout le monde sait comment nous avons repoussé une centaine de personnes à mains nues.
Tante Alexandra le fit taire d’un regard.
— Ils n’étaient pas une centaine, rectifia-t-elle, et personne n’a repoussé personne. Il s’agissait seulement d’une descente de ces Cunningham, des ivrognes et des agités.
— Laisse, Tatie, Dill exagère toujours un peu ! dit Jem.
Il nous fit signe de le suivre.
— Vous restez tous dans le jardin, aujourd’hui ! s’écria-t-elle en nous voyant partir vers la véranda.
On se serait cru un samedi ; les gens du sud du comté passaient devant notre maison en un flot tranquille, mais ininterrompu.
Mr Dolphus Raymond vacilla sur son pur-sang.
— Je ne sais pas comment il tient en selle, murmura Jem. Ni comment on peut être ivre avant huit heures du matin.
Un chariot empli de dames passa dans un bruit de ferraille ; elles étaient vêtues de robes de coton à manches longues et coiffées de bonnets pour les protéger du soleil. Un homme barbu au chapeau de laine les conduisait.
— Je crois que ce sont des mennonites, expliqua Jem à Dill. Ils ne portent pas de boutons à leurs vêtements.
Ils habitaient au fond des bois, traitaient surtout avec les habitants de l’autre rive et ne venaient que rarement à Maycomb. Dill parut intéressé.
— Ils ont tous les yeux bleus, poursuivit Jem, et les hommes ne se rasent plus après leur mariage. Leurs femmes aiment qu’ils les chatouillent avec leur barbe.
Mr X Billups passa sur sa mule et nous fit signe...."
Le procès de Tom Robinson - Le procès constitue le cœur dramatique tant du roman que du film. Atticus démontre que Tom est innocent, et malgré cela, Tom est déclaré coupable par un jury blanc. Les injustices systémiques du Sud ségrégationniste et le courage d’Atticus dans sa quête de justice...
Le chapitre 16 voit s'ouvrir le procès. Des gens de tout le comté assistent au procès, à l'exception de Mlle Maudie qui n'approuve pas l'idée d'assister au procès. Jem, Scout et Dill parviennent à se faufiler dans la salle d'audience et trouvent des places au balcon, là où les Noirs sont relégués. Le procès commence avec le témoignage du shérif Heck Tate (chap. 17) : Heck Tate décrit la nuit où il a été appelé par Bob Ewell, le père de Mayella Ewell, la prétendue victime. Tate raconte qu’il a trouvé Mayella blessée, affirmant qu’elle avait été battue et violée. Sous les questions d’Atticus, Tate admet qu’il n’a jamais appelé un médecin pour examiner Mayella, malgré ses blessures, premières incohérences. Il note que les blessures étaient principalement sur le côté droit de son visage, ce qui suggère que c'est un gaucher aurait frappé Mayella. Suit le témoignage de Bob Ewell qui affirme qu'il a entendu des cris en revenant chez lui et qu'il a vu Tom Robinson s'enfuir de sa maison. Il prétend avoir trouvé Mayella blessée et en pleurs, disant qu’elle avait été attaquée. Comme Heck Tate, il admet qu’il n’a pas appelé de médecin pour examiner sa fille. Aux questions d'Atticus Finch il répondra qu'il n'a pas cru bon d'appeler un médecin parce qu’il ne trouvait pas cela nécessaire et qu’il ne voulait pas dépenser de l’argent. Et lorsque celui-ci lui demande d'écrire son nom devant le tribunal, est étébli le fait que Bob Ewell, étant gaucher, aurait pu être responsable des blessures sur le côté droit du visage de Mayella. Un témoignage qui alimente la tension du procès, par l'évidence de ses mensonges. Mayella Ewell (chap.18) se présente ensuite pour raconte sa version de l’incident. Elle prétend que Tom Robinson l’a attaquée alors qu’elle lui avait demandé de l’aider à casser une chiffonnette. Sous la pression d’Atticus, elle semble perdre contenance. Atticus pointe des contradictions dans son histoire et souligne son isolement et sa pauvreté. Il en vient à révéler que Bob Ewell, son père, est gaucher, laissant entendre qu’il pourrait être responsable des blessures de Mayella. Bien que Atticus ait pu démontrer le peu de fiabilité de son témoignage, Mayella s'obstine dans sa version des faits : elle en vient réclamer avec force cris et larmes la condamnation de Tom Robinson, et refuse de répondre à d'autres questions.
Tom Robinson (Chapitre 19) comparait ensuite, affirmant que Mayella l’a attiré dans la maison et qu’il a fui, lorsque Bob est apparu, alors qu'elle avait tenté de l’embrasser. Il explique qu’il a souvent aidé Mayella par le passé car il voyait qu’elle était seule et maltraitée. Tom révèle de plus qu’il n’a qu’un bras valide (le bras gauche est inutilisable en raison d’un accident), ce qui rend improbable qu’il ait pu blesser Mayella comme elle le décrit. Link Deas est expulsé alors qu'il défend Tom, et Dill est tellement bouleversé que Scout doit le faire sortir de la salle d'audience.
Avec le chapitre 20 nous touchons à la fin du procès. Atticus se livre à un plaidoyer passionné, demandant au jury de mettre de côté leurs préjugés raciaux et de juger Tom Robinson uniquement sur les preuves. Il souligne les contradictions dans les témoignages des Ewells et met en avant l’absence de preuves solides contre Tom. Celui-ci n’a aucun mobile pour commettre un tel acte tandis que Mayella est une jeune femme blanche qui a enfreint le plus grand tabou social de cette époque, tenter une relation avec un homme noir. Atticus demande au jury de faire abstraction de leurs préjugés raciaux et souligne que dans une cour de justice, tous les hommes sont censés être égaux, quelle que soit leur couleur de peau. Il admet que les gens peuvent mentir ou faire des erreurs, mais il insiste sur le fait que juger Tom uniquement à cause de sa race est une grave injustice. Il critique au passage la mentalité selon laquelle tous les Noirs sont malhonnêtes ou dangereux. Il conclut en demandant au jury de dépasser leurs préjugés pour rendre un verdict juste, basé uniquement sur les preuves. Il leur rappelle leur responsabilité morale en tant qu’arbitres de la vérité...
Malgré ses efforts, il apparaît que quoiqu'il dise et quelque soient les preuves qu'il avance, le verdict sera influencé uniquement par des préjugés raciaux ...
"Atticus put his hands in his pockets, and as he returned to the jury, I saw his gold collar button and the tips of his pen and pencil winking in the light.
"Gentlemen," he said. Jem and I again looked at each other: Atticus might have said, "Scout." His voice had lost its aridity, its detachment, and he was talking to the jury as if they were folks on the post office corner.
"Gentlemen," he was saying, "I shall be brief, but I would like to use my remaining time with you to remind you that this case is not a difficult one, it requires no minute sifting of complicated facts, but it does require you to be sure beyond all reasonable doubt as to the guilt of the defendant. To begin with, this case should never have come to trial. This case is as simple as black and white.
"The state has not produced one iota of medical evidence to the effect that the crime Tom Robinson is charged with ever took place. It has relied instead upon the testimony of two witnesses whose evidence has not only been called into serious question on cross-examination, but has been flatly contradicted by the defendant. The defendant is not guilty, but somebody in this courtroom is.
"I have nothing but pity in my heart for the chief witness for the state, but my pity does not extend so far as to her putting a man's life at stake, which she has done in an effort to get rid of her own guilt.
"I say guilt, gentlemen, because it was guilt that motivated her. She has committed no crime, she has merely broken a rigid and time-honored code of our society, a code so severe that whoever breaks it is hounded from our midst as unfit to live with. She is the victim of cruel poverty and ignorance, but I cannot pity her: she is white. She knew full well the enormity of her offense, but because her desires were stronger than the code she was breaking, she persisted in breaking it. She persisted, and her subsequent reaction is something that all of us have known at one time or another. She did something every child has done- she tried to put the evidence of her offense away from her. But in this case she was no child hiding stolen contraband: she struck out at her victim- of necessity she must put him away from her- he must be removed from her presence, from this world. She must destroy the evidence of her offense.
"What was the evidence of her offense? Tom Robinson, a human being. She must put Tom Robinson away from her. Tom Robinson was her daily reminder of what she did. What did she do? She tempted a Negro.
"She was white, and she tempted a Negro. She did something that in our society is unspeakable: she kissed a black man. Not an old Uncle, but a strong young Negro man. No code mattered to her before she broke it, but it came crashing down on her afterwards.
"Her father saw it, and the defendant has testified as to his remarks. What did her father do? We don't know, but there is circumstantial evidence to indicate that Mayella Ewell was beaten savagely by someone who led almost exclusively with his left. We do know in part what Mr. Ewell did: he did what any God - fearing, persevering, respectable white man would do under the circumstances - he swore out a warrant, no doubt signing it with his left hand, and Tom Robinson now sits before you, having taken the oath with the only good hand he possesses- his right hand.
"And so a quiet, respectable, humble Negro who had the unmitigated temerity to 'feel sorry' for a white woman has had to put his word against two white people's. I need not remind you of their appearance and conduct on the stand- you saw them for yourselves.
The witnesses for the state, with the exception of the sheriff of Maycomb County, have presented themselves to you gentlemen, to this court, in the cynical confidence that their testimony would not be doubted, confident that you gentlemen would go along with them on the assumption - the evil assumption - that all Negroes lie, that all Negroes are basically immoral beings, that all Negro men are not to be trusted around our women, an assumption one associates with minds of their caliber.
"Which, gentlemen, we know is in itself a lie as black as Tom Robinson's skin, a lie I do not have to point out to you. You know the truth, and the truth is this: some Negroes lie, some Negroes are immoral, some Negro men are not to be trusted around women - black or white. But this is a truth that applies to the human race and to no particular race of men. There is not a person in this courtroom who has never told a lie, who has never done an immoral thing, and there is no man living who has never looked upon a woman without desire."
Atticus paused and took out his handkerchief. Then he took off his glasses and wiped them, and we saw another "first": we had never seen him sweat- he was one of those men whose faces never perspired, but now it was shining tan.
"One more thing, gentlemen, before I quit. Thomas Jefferson once said that all men are created equal, a phrase that the Yankees and the distaff side of the Executive branch in Washington are fond of hurling at us. There is a tendency in this year of grace, 1935, for certain people to use this phrase out of context, to satisfy all conditions.
The most ridiculous example I can think of is that the people who run public education promote the stupid and idle along with the industrious - because all men are created equal, educators will gravely tell you, the children left behind suffer terrible feelings of inferiority. We know all men are not created equal in the sense some people would have us believe- some people are smarter than others, some people have more opportunity because they're born with it, some men make more money than others, some ladies make better cakes than others- some people are born gifted beyond the normal scope of most men.
"But there is one way in this country in which all men are created equal- there is one human institution that makes a pauper the equal of a Rockefeller, the stupid man the equal of an Einstein, and the ignorant man the equal of any college president. That institution, gentlemen, is a court. It can be the Supreme Court of the United States or the humblest J.P. court in the land, or this honorable court which you serve. Our courts have their faults, as does any human institution, but in this country our courts are the great levelers, and in our courts all men are created equal.
"I'm no idealist to believe firmly in the integrity of our courts and in the jury system - that is no ideal to me, it is a living, working reality. Gentlemen, a court is no better than each man of you sitting before me on this jury. A court is only as sound as its jury, and a jury is only as sound as the men who make it up. I am confident that you gentlemen will review without passion the evidence you have heard, come to a decision, and restore this defendant to his family. In the name of God, do your duty."
Atticus's voice had dropped, and as he turned away from the jury he said something I did not catch. He said it more to himself than to the court. I punched Jem. "What'd he say?"
"'In the name of God, believe him,' I think that's what he said."
Dill suddenly reached over me and tugged at Jem. "Looka yonder!"
We followed his finger with sinking hearts. Calpurnia was making her way up the middle aisle, walking straight toward Atticus ...."
Le chapitre 21 correspond au verdict : le jury a délibéré pendant une période inhabituellement longue, ce qui donne un espoir temporaire à Atticus et aux enfants: mais Tom Robinson est déclaré coupable. Scout et Jem, qui avaient espéré, commencent à comprendre la profondeur de l’injustice et de l’inégalité dans leur société. Les spectateurs noirs dans la galerie se lèveront pour honorer Atticus alors qu’il quitte la salle, reconnaissant son courage ..
La mort de Tom Robinson - Tom tente de s’échapper de la prison et est abattu par les gardiens, ce qui bouleverse Scout et Jem. La brutalité des inégalités raciales...
"... Jem was staring at his half-eaten cake. "It's like bein' a caterpillar in a cocoon, that's what it is," he said. "Like somethin' asleep wrapped up in a warm place. I always thought Maycomb folks were the best folks in the world, least that's what they seemed like."
- "We're the safest folks in the world," said Miss Maudie. "We're so rarely called on to be Christians, but when we are, we've got men like Atticus to go for us."
Jem grinned ruefully. "Wish the rest of the county thought that."
- "You'd be surprised how many of us do."
- "Who?" Jem's voice rose. "Who in this town did one thing to help Tom Robinson, just who?"
- "His colored friends for one thing, and people like us. People like Judge Taylor. People like Mr. Heck Tate..."
Le chapitre 22 relate les conséquences du verdict. Scout et Jem sont dévastés, Jem, en particulier qui se confiera à Miss Maudie : elle soulignera que quelques habitants de Maycomb, comme le juge Taylor et Heck Tate, partagent les valeurs d’Atticus et tentent, à leur manière, de contrer les préjugés. Bien que déçu par le verdict, Atticus accepte la décision avec une résignation stoïque, conscient des réalités du racisme dans Maycomb. Il exprime néanmoins de l’espoir en notant que le jury a délibéré plus longtemps que prévu, ce qui indique une petite lueur de progrès.
Mais Bob Ewell fait une apparition lourde de menace, furieux de l’humiliation publique qu’il a subie lors du procès. Une confrontation qui préfigure les événements tragiques à venir (chap. 23) et un tournant dramatique dans le roman. Jem et Scout s’inquiètent pour leur père, craignant que Bob Ewell ne mette ses menaces à exécution. Atticus les rassure en disant qu’il préfère être la cible de la colère d’Ewell plutôt que Mayella ou ses frères et sœurs et répond à leurs interrogations en leur expliquant que les préjugés des jurés dominent souvent toute logique, peu importe la justice.
Réunion chez les Finch, au chapitre 24, Tante Alexandra organise une réunion de son cercle de dames qui parlent de charité et de moralité tout en se lançant dans une critique acerbe de la communauté noire locale, une hypocrisie que découvre Scout. Mais Atticus interrompt leur réunion pour annoncer une tragédie : Tom Robinson a été tué en prison. Il a tenté de s’échapper et a été abattu par les gardiens. Atticus demande à Calpurnia de l’accompagner pour informer la famille de Tom. La nouvelle de la mort de Tom se répand rapidement à Maycomb. Cependant, bien qu'un éditorial émouvant soit rédigé par le journal local, la majorité des habitants voient sa tentative d’évasion comme une preuve de culpabilité, renforçant leurs préjugés (chap. 25). Scout réfléchira à la fragilité de la vie, comparant Tom à un oiseau moqueur abattu pour rien ..
L’attaque de Bob Ewell - Bob Ewell, humilié par Atticus lors du procès, s’en prend à Scout et Jem dans une attaque nocturne. Les enfants sont sauvés par Boo Radley, qui tue Ewell en légitime défense. Le mystère de Boo Radley et illustre le thème central du film : protéger les innocents, comme les "oiseaux moqueurs"...
À la rentrée des classes (chap. 26-27), l'ombre du procès plane toujours sur Scout qui découvre plus que jamais l'hypocrisie de la société dans laquelle elle vit. Elle pense notamment à Miss Gates qui critique durement le régime nazi et la persécution des Juifs, insiste sur l'importance de l'égalité et de la justice, et exprime pourtant des propos racistes après le procès de Tom Robinson. La tension monte à Maycomb : Bob Ewell, a perdu son emploi et blâme Atticus pour cela, il harcèle Helen Robinson, la veuve de Tom, lorsqu’elle passe près de chez lui pour aller travailler. Le patron d’Helen, Link Deas, la défend et avertit Bob Ewell alors que Maycomb se prépare à fêter Halloween : Scout est choisie pour jouer le rôle d’un jambon dans une pièce de théâtre locale célébrant les produits agricoles de Maycomb et Jem l'accompagne. C'est au chapitre 28, sur le chemin du retour, que Bob Ewell attaque Scout et Jem. Cette scène est à la fois terrifiante et révélatrice, sans doute le passage le plus dramatique du roman. Jem est gravement blessé, inconscient, et Scout est incapable de voir ce qui se passe. Un mystérieux personnage surgit alors pour protéger les enfants, lutte avec Bob Ewell et le désarme : Bob Ewell est retrouvé mort, poignardé ...
Scout rencontre Boo Radley - Après l’attaque, Scout voit Boo Radley pour la première fois. Elle comprend que Boo a veillé sur eux tout au long de l’histoire et lui témoigne respect et gratitude. Comprendre quelqu’un en acceptant de voir le monde de son point de vue ...
Scout, encore désorientée, ne comprend pas immédiatement ce qui s’est passé, mais découvre que leur sauveur est Boo Radley, l’homme reclus que les enfants avaient tant imaginé et craint auparavant. Suit un débat le shérif Heck Tate et Atticus sur l'attitude à prendre quant à la culpabilité de Boo Radley, un homme reclus et vulnérable, pour qui projecteurs publics serait une cruauté inutile : "tuer un oiseau moqueur" (une personne innocente) est un acte moralement condamnable.
"Neighbors bring food with death and flowers with sickness and little things in between. Boo was our neighbor. He gave us two soap dolls, a broken watch and chain, a pair of good-luck pennies, and our lives. But neighbors give in return. We never put back into the tree what we took out of it: we had given him nothing, and it made me sad..."
Le discours final d’Atticus à Scout - Le roman et le film se termine avec Atticus veillant sur Jem, blessé, tandis que Scout réfléchit aux leçons apprises sur la justice, la moralité et l’humanité. Un dénouement qui offre une note d’espoir et de réaffirmation des valeurs d’Atticus, malgré les injustices ...
Au dernier chapitre, Scout réalise que Boo a veillé sur elle et Jem tout au long de leur enfance. Il les a observés avec affection et les a protégés dans l’ombre, comme un ange gardien. Boo Radley demande silencieusement à Scout de l’accompagner chez lui et, avec calme et maturité, elle va lui prendre la main et l’accompagne sur le chemin.
De retour chez elle, Scout s’assied avec Atticus pendant qu’il veille sur Jem. Elle lui demande de lui lire une histoire avant de s’endormir, réaffirmant sa foi dans la bonté humaine, malgré les injustices de ce monde qu’elle a du affronter ..
En 1962, "To Kill a Mockingbird" fut adapté au cinéma par Robert Mulligan, sur un scénario de Horton Foote (Oscar du meilleur scénario), avec Gregory Peck dans le rôle de l'avocat Atticus Finch (Oscar du meilleur acteur), Mary Badham dans celui de « Scout » Finch, Phillip Alford, John Megna, Brock Peters et Robert Duvall ..
"Roll of Thunder, Hear My Cry" (1976), de Mildred D. Taylor (1943)
Un pilier de la littérature afro-américaine, particulièrement reconnu dans les contextes éducatifs (Médaille Newbery en 1977) et un roman, situé dans le Sud ségrégationniste des années 1930 : il raconte l'histoire de la famille Logan, une famille noire propriétaire de terres, à travers les yeux de Cassie Logan, une jeune fille de neuf ans.
Mildred DeLois Taylor naquit à Jackson, dans l’État du Mississippi, au cœur du Sud ségrégationniste, puis s'est installée à Toledo, dans l’Ohio. Elle a acquis sa renommée via des romans portant sur les luttes des Afro-Américains face au racisme et à l'injustice dans le Sud des États-Unis. Elle donna une suite à son oeuvre la plus célèbre "Roll of Thunder, Hear My Cry", avec "Let the Circle Be Unbroken" (1981), "The Land" (2001) et "All the Days Past, All the Days to Come" (2020) : dans ce dernier volume, Cassie est devenue adulte et participe au mouvement des droits civiques dans les années 1950 et 1960...
Le livre débute en décrivant un climat d'injustices quotidiennes : les Logan sont fiers de posséder leur propre terre, un héritage transmis par le grand-père de Cassie, une terre symbole de leur indépendance face à la domination blanche. Cependant, ils doivent rembourser une hypothèque à un homme blanc, ce qui les rend vulnérables. Au centre de ces violences, les Wallace, propriétaires d’un magasin local. Au fil d'incidents dramatiques, Cassie prendra conscience de l'impuissance de s communauté, que l'on soit propriétaire ou non ..
