2023-2025 - Lectures XXIe Chronologie/Timeline
Last update : 12/31/2025
Entre 2023 et 2025, le monde s’installe durablement dans une ère de crises multiples et interconnectées : conflits armés, rivalités de puissances, fragilisation des démocraties, urgence climatique et bouleversements technologiques rapides. Cette période confirme la fin de l’illusion d’un ordre international stable et annonce un XXIᵉ siècle marqué par l’incertitude, la compétition et la recherche de nouveaux équilibres.
En 2025, la population mondiale est estimée à environ 7,8 milliards de personnes....
La population mondiale continue de croître, mais à un rythme plus lent qu’auparavant. Selon les projections des Nations Unies, elle pourrait atteindre 9,7 milliards en 2050 (contre 7,7 milliards aujourd’hui). En 2025, les pays les plus peuplés sont l'Inde (1,44 milliard), la Chine (1,39 milliard), les États-Unis (342 millions, suivis par l’Indonésie, le Pakistan).
Le taux de fécondité global (nombre moyen d’enfants par femme) a baissé à environ 2,2 enfants en 2025, contre 2,5 en 2015, ce qui traduit un ralentissement de la croissance naturelle. Dans de nombreux pays développés, le taux est en dessous du seuil de remplacement (2,1), ce qui signifie qu’à terme la population pourrait décroître si la migration ne compense pas. L’espérance de vie mondiale continue d’augmenter (elle s’élève à plus de 73 ans en 2024 et devrait atteindre 77 ans d’ici 2050). La population âgée (65 ans et plus) est le groupe qui croît le plus vite : d’ici le milieu du siècle, il pourrait y avoir plus de personnes âgées que d’enfants dans le monde.
L’Afrique subsaharienne reste le moteur principal de la croissance démographique : déjà près de 1,5 milliard de personnes, soit 20 % de la population mondiale en 2025, elle devrait continuer à croître fortement vers 2,5 milliards en 2050 et au-delà.
L’année 2026 ne renversera pas brutalement l’ordre intergénérationnel, mais elle accentue plusieurs dynamiques déjà en cours,
- Les jeunes générations pèsent davantage sur la culture du travail et les attentes sociétales.
- Les déséquilibres démographiques continuent de poser des défis économiques et sociaux.
- Les perceptions de justice ou d’injustice entre générations alimentent le débat public.
- La coopération intergénérationnelle devient une ressource stratégique pour les organisations.
2026 va sans doute accroître l’interdépendance et les tensions complexes entre les âges, qui se joueront dans les politiques publiques, les entreprises et les relations sociales.
En 2026, les milléniaux et la génération Z représenteront une large part de la population active, et sont en train de devenir majoritaires à l’échelle mondiale, ce qui explique leur influence croissante sur les cultures d’entreprise, les pratiques managériales et les attentes professionnelle).
Aux États-Unis, la somme des travailleurs appartenant à la génération Z + les milléniaux représentait environ 68 % de la main-d’œuvre active, elle représentera environ 74 % en 2026.
Cela signifie que ces deux générations sont largement majoritaires dans la population active américaine moderne, dépassant les générations X et les baby-boomers. À l’échelle mondiale (estimation), les milléniaux + génération Z pourraient représenter environ 75 % de la main-d’œuvre mondiale (dont milléniaux, 35 %, génération Z, 27%).
- Les plus jeunes générations, notamment la génération Z, favorisent souplesse, technologie et authenticité, et sont souvent plus mobiles d’un travail à l’autre, ce qui peut redistribuer les rapports de pouvoir dans les organisations.
- L’intégration des technologies comme l’IA change les types d’emplois recherchés, valorise certaines compétences et transforme les chemins de carrière intergénérationnels.
- Cela signifie que les générations plus jeunes ne sont pas seulement plus nombreuses ; elles influencent aussi les normes du travail, ce qui peut peser sur les décisions stratégiques des entreprises et des gouvernements.
Les sociétés développées, y compris dans l’OCDE, font face à un vieillissement démographique marqué ...
- Dans les pays de l’OCDE, la part de la population âgée de 65 ans et plus a presque doublé depuis les années 1960, passant de moins de 9 % en 1960 à environ 18 % en 2021. Ce vieillissement va continuer : en moyenne, la proportion de 65 ans et plus devrait atteindre près de 27 % d’ici 2050 dans l’OCDE. Autrement dit, plus d’un habitant sur quatre dans les pays développés pourrait être âgé de 65 ans ou plus d’ici 2050.
- Aujourd’hui (début des années 2020), il y a déjà environ 31 personnes âgées (65+) pour 100 personnes en âge de travailler en moyenne dans l’OCDE. Il y a 30 ans, ce ratio était autour de 20 pour 100, ce qui montre un vieillissement manifeste de la population active. À l’avenir, ce ratio pourrait encore augmenter significativement dans de nombreux pays : dans certaines projections, il dépasserait 70-80 personnes âgées pour 100 personnes en âge de travailler dans des pays comme l’Italie, l’Espagne, le Japon ou la Corée.
- Moins de personnes en âge de travailler et plus de retraités. Cela modifie les priorités budgétaires, fiscales et sociales — et in fine les rapports entre générations. Les ressources publiques sont davantage allouées aux retraites et aux soins, ce qui peut susciter des tensions sur la redistribution entre générations.
- Les enquêtes sociologiques montrent que les préoccupations et priorités diffèrent selon l’âge — même si certaines, comme la santé et la sécurité économique, transcendent les générations.
Ces différences peuvent alimenter des perceptions de déséquilibre ou d’injustice, surtout quand les jeunes estiment que les structures sociales ou économiques favorisent des générations plus âgées — un sentiment qui, dans certains cas, s’exprime fortement dans le débat public.
Accélération technologique, connectivité et transition énergétique ...
Sur le plan technologique, l’accès à Internet et aux outils numériques continue de s’étendre, mais des fractures importantes persistent. En 2025, environ 6 milliards de personnes — soit près des trois quarts de la population mondiale — utilisent Internet, en progression régulière par rapport aux années précédentes. Dans le même temps, plus de 2 milliards de personnes restent hors ligne, souvent en raison de barrières d’accès, de coût ou de compétences numériques, révélant l’existence d’un important fossé numérique entre pays développés et pays à faible revenu. Dans les pays riches, près de 93 % de la population est connectée, contre seulement environ 27 % dans les pays à faible revenu. L’accès mobile reste la voie principale pour la connectivité, avec une majorité des utilisateurs accédant à Internet via des smartphones, même si des centaines de millions de personnes ne les utilisent toujours pas malgré la disponibilité du réseau.
Cette diffusion d’Internet est accompagnée d’une très forte intégration des technologies numériques dans la vie quotidienne, du travail ou des loisirs, avec une quantité spectaculaire de dispositifs connectés (les réseaux « Internet des objets » comptent des dizaines de milliards d’unités) et une expansion rapide des technologies d’intelligence artificielle générative et des réseaux 5G. Ces transformations, tout en augmentant l’efficacité et l’innovation, soulèvent des questions sociales fortes, car l’automatisation et la numérisation peuvent d’une part générer de la croissance et de l’emploi, mais d’autre part aggraver les inégalités d’accès, de compétences et de revenus entre populations connectées et non-connectées.
La période 2023-2025 marque moins un abandon de la transition énergétique qu’un moment de doute, où l’urgence climatique se heurte aux contraintes économiques, sociales et géopolitiques, révélant les limites et les contradictions du projet écologique contemporain.
Si la transition énergétique a connu des avancées technologiques notables, la période 2023-2025 est marquée par un ralentissement politique et social de la dynamique écologique. Les crises successives — guerre en Ukraine, inflation, tensions sur l’énergie — ont conduit de nombreux États à réaffirmer des priorités économiques et sécuritaires, parfois au détriment des objectifs climatiques. Le recours temporaire aux énergies fossiles (charbon, gaz) a été relancé dans plusieurs pays afin de garantir l’approvisionnement énergétique et la stabilité des prix, révélant la dépendance persistante des économies mondiales aux hydrocarbures.
Parallèlement, la transition suscite des interrogations croissantes dans les sociétés. Les politiques climatiques sont de plus en plus perçues comme socialement coûteuses, inégalement réparties et parfois technocratiques, alimentant des résistances populaires, notamment autour du prix de l’énergie, de la fiscalité écologique ou des contraintes imposées aux modes de vie. Cette situation fragilise le consensus en faveur de l’écologie politique, autrefois porté par un large soutien moral et scientifique.
Le mouvement écologique lui-même traverse une phase de difficulté.
Dans plusieurs pays occidentaux, les partis écologistes reculent électoralement, tandis que l’urgence climatique, bien que scientifiquement établie, entre en concurrence avec d’autres préoccupations immédiates : pouvoir d’achat, sécurité, immigration, souveraineté industrielle. L’écologie tend ainsi à passer d’un projet mobilisateur global à un enjeu clivant, parfois instrumentalisé politiquement.
Enfin, la transition énergétique révèle des contradictions structurelles : dépendance aux métaux rares, coûts élevés des infrastructures, impacts environnementaux locaux des technologies « vertes » et inégalités entre pays du Nord et du Sud dans la capacité à financer la transition. Ces limites nourrissent un débat croissant sur la soutenabilité réelle du modèle actuel et sur la nécessité de repenser non seulement les sources d’énergie, mais aussi les modes de production, de consommation et de croissance.
La période 2023-2025 révèle une démocratie plus fragile, plus conflictuelle et confrontée à une crise de gouvernance, où la recherche d’efficacité et de sécurité entre en tension croissante avec les principes libéraux et pluralistes...
La période 2023-2025 est marquée par une dégradation du fonctionnement des démocraties libérales, de plus en plus traversées par des logiques de confrontation et de polarisation. Le débat public se durcit, les compromis deviennent plus difficiles et la légitimité des institutions est fréquemment contestée. Cette conflictualisation s’explique par la multiplication des crises (sanitaire, économique, sécuritaire, climatique), mais aussi par la transformation des modes de communication politique, largement dominés par les réseaux sociaux, qui favorisent la simplification, l’émotion et la radicalisation des discours.
Dans ce contexte, on observe une montée de pratiques autoritaires ou illibérales dans plusieurs régions du monde.
Certains régimes renforcent le contrôle de l’information, limitent les libertés publiques ou affaiblissent l’indépendance de la justice, souvent au nom de la sécurité nationale, de la stabilité ou de l’identité culturelle. Même dans des États formellement démocratiques, des tendances à la concentration du pouvoir exécutif et à la remise en cause des contre-pouvoirs apparaissent, brouillant la frontière entre démocratie libérale et gouvernance autoritaire.
L’Europe est particulièrement confrontée à ces tensions. L’Union européenne peine à définir des réponses communes face aux crises géopolitiques, migratoires, économiques et climatiques, ce qui nourrit un sentiment d’inefficacité et de distance entre les citoyens et les institutions européennes. Les divergences entre États membres, la montée des partis populistes et la difficulté à concilier souveraineté nationale et gouvernance supranationale illustrent une crise de gouvernance plus large, où la capacité à décider collectivement est mise à l’épreuve.
Enfin, ces évolutions traduisent un changement profond des mentalités politiques : le recul de la confiance envers les élites, les médias et les institutions traditionnelles s’accompagne d’une demande accrue d’autorité, de protection et de résultats rapides. Cette tension entre aspiration démocratique et tentation autoritaire constitue l’un des paradoxes majeurs du début des années 2020 et pose la question de l’avenir des modèles démocratiques face à un monde instable et conflictuel.
Vers un débat démocratique qui s’appauvrit ?
Depuis les années 2010, les sociétés démocratiques connaissent une intensification des luttes pour le contrôle de l’opinion, liée moins aux technologies numériques elles-mêmes qu’à leur appropriation stratégique par les pouvoirs politiques, médiatiques et économiques.
Cette dynamique se traduit par une généralisation de la simplification, de la polarisation et de la disqualification morale, au détriment de l’argumentation et du dialogue, rendant de plus en plus difficile pour le citoyen ordinaire la compréhension du monde social et l’exercice éclairé de la citoyenneté ...
1. Dans cette nouvelle bataille de l'opinion et de l'argumentation qui s'engage, mettre « les algorithmes » au centre de l’explication est souvent une façon commode de déplacer la responsabilité, voire de neutraliser l’analyse politique et institutionnelle. La technologie n’invente ni le mensonge, ni la propagande, ni la simplification, pas plus qu’elle n’invente l’autoritarisme ou la polarisation.
La propagande est plus ancienne que la radio, qui est plus ancienne que la télévision, qui est plus ancienne que les réseaux sociaux. Les médias traditionnels ont pratiqué l’agenda-setting, la dramatisation, la personnalisation et l’émotion bien avant l’ère numérique. Les plateformes numériques n’en sont pas la cause, mais un accélérateur, un démultiplicateur et un outil. La confusion actuelle vient du fait qu’on confond l’outil avec l’intention politique ou plus grave encore, l'ignorance.
2. Les médias dominants et les institutions gouvernantes utilisent activement les mêmes ressorts qu’ils dénoncent.
On en connaît des exemples structurels :
- simplification extrême de sujets complexes (réformes, géopolitique, économie),
- recours systématique à la peur, à l’urgence, à l’émotion morale,
- disqualification morale de l’adversaire plutôt que réfutation argumentée,
- réduction du débat à des oppositions binaires (responsables/irresponsables, rationnels/irrationnels, progressistes/réactionnaires).
Et quand cela produit du chaos informationnel, on invoque « les réseaux »,« les fake news », et la fameuse « post-vérité ». Soit une stratégie de déresponsabilisation.
3. On observe au final
- une guerre permanente des récits (officiels, oppositionnels, complotistes, technocratiques),
- une surabondance d’informations contradictoires,
- une raréfaction des cadres explicatifs stables.
Conséquence : la participation démocratique devient cognitivement coûteuse, presque réservée à ceux qui ont le temps, les codes et les outils intellectuels pour naviguer dans ce chaos.
La technocratie et l’autoritarisme doux ne s’opposent pas à la polarisation — ils la gèrent et parfois/souvent l’exploitent...
Events ...
1. Guerres, conflits et instabilité géopolitique persistante
La guerre en Ukraine, déclenchée par l’invasion russe de février 2022, se prolonge tout au long de la période. Elle entraîne une militarisation accrue de l’Europe, un soutien occidental durable à l’Ukraine et une dégradation profonde des relations entre la Russie et l’Occident. Le conflit confirme le retour de la guerre interétatique de haute intensité sur le continent européen.
À partir d’octobre 2023, la guerre entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza constitue un nouveau foyer majeur de tensions internationales. Le conflit a de lourdes conséquences humanitaires et ravive les fractures géopolitiques au Moyen-Orient, tout en polarisant fortement les opinions publiques à l’échelle mondiale.
2. Recomposition des équilibres de puissance et monde multipolaire
La période 2023-2025 confirme l’affirmation d’un monde multipolaire. La Chine poursuit sa rivalité stratégique avec les États-Unis, notamment autour de Taïwan, des semi-conducteurs et des technologies de pointe. Les BRICS élargis renforcent leur visibilité, illustrant la volonté de nombreux États du « Sud global » de s’affranchir de l’ordre international dominé par l’Occident.
Les institutions multilatérales (ONU, OMC, OMS) apparaissent affaiblies, souvent paralysées par les rivalités entre grandes puissances.
3. Vie politique et tensions démocratiques dans les États occidentaux
Les démocraties libérales sont traversées par de fortes tensions politiques et sociales. En Europe, les mouvements sociaux liés au pouvoir d’achat, aux réformes des retraites ou à la transition écologique se poursuivent, tandis que les partis populistes et nationalistes consolident leurs positions dans plusieurs pays.
Aux États-Unis, l’élection présidentielle de 2024 s’inscrit dans un climat de polarisation extrême, illustrant la fragilité du consensus démocratique et la persistance des fractures politiques, sociales et culturelles.
4. Accélération technologique et révolution de l’intelligence artificielle
Les années 2023-2025 sont marquées par une rupture technologique majeure avec la diffusion rapide de l’intelligence artificielle générative. L’IA transforme en profondeur les secteurs de l’économie, de l’éducation, de la création culturelle et de l’information, tout en soulevant des enjeux éthiques, sociaux et géopolitiques (emploi, désinformation, souveraineté numérique).
Les grandes puissances entrent dans une course à la régulation et à la domination technologique, illustrée par les débats sur l’encadrement de l’IA en Europe, aux États-Unis et en Chine.
5. Crises climatiques et environnementales accrues
La période est marquée par une intensification des dérèglements climatiques : records de chaleur, sécheresses, incendies géants, inondations et stress hydrique touchent de nombreuses régions du monde. Malgré les conférences internationales sur le climat (COP), l’écart entre les engagements des États et la réalité des émissions demeure important.
Le changement climatique s’impose de plus en plus comme un facteur de déstabilisation économique, sociale et géopolitique, notamment dans les régions les plus vulnérables.
6. Mutations économiques et sociales mondiales
L’économie mondiale est caractérisée par une inflation persistante, des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une remise en cause partielle de la mondialisation classique. Les États cherchent à relocaliser certaines productions stratégiques (énergie, défense, technologies), accentuant la fragmentation économique mondiale.
Parallèlement, les inégalités sociales et territoriales restent fortes, alimentant les contestations et la défiance envers les institutions politiques.
