Barcelona - Gaudi & la Sagrada Familia - Els Quatre Gats - ....

Last update: 11/11/2016

Barcelona est plus que la capitale de la Catalonia, plus que la rivale économique et culturelle de Madrid, plus qu'un des ports les plus actifs de la Méditerranée, c'est une des plus grandes villes de convergence du monde entier, au dynamisme constant, parfois débridé, abritant plus de trois millions d'habitants dans toute sa périphérie, dont plus de 5% d'étrangers, et possédant un front de mer de plus de quatre kilomètres de plages.

Traversée par la célèbre avenue des Ramblas, la Ciutat Vella de Barcelone est l'un des centres-villes médiévaux les plus étendus d'Europe; l'architecture d'Antoni Gaudí a constellé la ville d'oeuvres incomparables, la fascinante Sagrada Família, la Pedrera, le Parc Guëll, et Joan Miró, Pablo Picasso, Dali, Antoni Tàpies en ont fait l'un des grands foyers culturels de l'Europe actuelle.

Foyer de l'identité et de l'exubérance catalane, peu de villes de cette importance ont un tel goût de la modernité : c'est en procédant quartier (bario) par quartier que l'on entre dans Barcelona, se coulant ainsi dans une ambiance magique : le Barrio Gotico,  la "vieille ville", le Barrio El Born, connu pour sa vie nocturne, le Barrio Gràcia, le Quartier de l' Eixample, lieu moderniste par excellence, le quartier toujours aussi  controversé d'El Raval, Montjuïc, qui offre ses fabuleuses vues sur la ville, les zones de Bogatell et de Ciutadella, qui mènent à cette petite ville dans la ville qu'est Barceloneta..

 

Mais depuis quelques années, l'attrait touristique de Barcelona est devenu un sujet de préoccupation majeure tant pour les autorités locales que pour ses habitants, voir pour les visiteurs eux-mêmes qui peuvent ne jamais pouvoir atteindre les abords du site désiré tant est important le nombre des touristes de toutes langues suspendus à leurs smartphones et regroupées en couches successives, El Templo Expiatorio de la Sagrada Familia, 4,5 millions de visiteurs, le parc Güell, 2,9 millions, le musée du FC Barcelone, 1,9 million.... Soit  1,7 million d'habitants face à dizaine de millions de touristes, qui s'y arrêtent au moins une nuit, auquel s'ajoutent dix autres millions de personnes, notamment des croisiéristes, qui se contentent d'y passer une journée (Barcelone est devenu l'un des premiers ports de croisières d'Europe, avec 2,6 millions de passagers). Barcelone est d'autant plus exposée que la ville est devenue un gigantesque  parc à thèmes riche en expériences parfaitement séquencées  ("Navegar por las siempre animadas Ramblas o La Rambla", " Visitar El Barrio Gótico", "Mirar el ingenio creativo modernista de Gaudí", "Disfrutar del arte en el Museo Picasso en el barrio del Born", "Vive la emoción de pisar el terreno de juego del Camp Nou", "Degustar tapas en uno de los bares de la Barceloneta", "Escuchar flamenco en vivo"...) et que sa réputation festive attire les compagnies aériennes low-cost de toute la planète. Depuis lors, restrictions et quotas en tout genre, droit d'accès et limitation des capacités de visite se développent progressivement ...

 

Qué ver, qué hacer, qué experimentar en Barcelona ...                                      

Toute visite de Barcelone débute dans le Barri Gòtic (la Ciutat Vella), le quartier gothique d'où s'élance l'imposante masse de la cathédrale du XIIIe siècle (dont la crypte consacrée à sainte Eulalie), à deux pas de la plaça de Sant Jaume, le centre historique qui comporte le Palau de la Generalitat (siège du gouvernement autonome de Catalogne), le Palau Reial Major et la Casa de la Ciutat.

Une promenade à travers un dédale de ruelles médiévales débouche sur la célèbre Rambla, envahie d'un flot ininterrompu de touristes, réalisée pour l'essentiel au XIXe et bordée d'édifices comme le Mercat de la Boqueira, le Gran Teatre del Liceu, ou la place la plus vivante de Barcelona, la Plaça Reial. Au Sud de la Rambla, le Monument a Colom et le Port Vell marquent la façade maritime de Barcelona, au Nord, la plaça de Catalunya marque la frontière entre la Barcelone médiévale et la Barcelone moderniste de Lluis Domènech i Montanet, Josep Puig i Cadafalch et surtout Antoni Gaudi...

 

Eixample, el barrio del Modernismo

L'Eixample est le miroir de l'essor économique et culturel de la bourgeoisie barcelonaise du XIXe et du début du XXe siècle. La Renaixença, mouvement littéraire qui apparaît dans les années 1850, et que porte cette bourgeoisie, précède et inspire le "modernisme". On distingue en général l'Esquerra Eixample (gauche), proche de la plaça Espana et de l'Estació de Sants, et renommé pour sa zone Gayxample, et le Dreta Eixample (droit, ou Dret Eixample) qui concentre l'architecture moderniste, le fameux Quadrat d'Or, et parmi les plus belles boutiques et magasins de Barcelona. C'est la fameuse Avingunda Diagonal, une avenue de 50 mètres de large et de de 11 km de long qui assure ce partage.

La grande bourgeoisie de Barcelona a rivalisé, au début du XXe, de raffinement esthétique dans la construction de leurs logements, décorant à profusion façades, intérieurs, pourtours de fenêtres, vitrages, mais aussi ameublements, en utilisant des matériaux comme le bois, la céramique, le verre plombé ou le fer forgé, dans un style résolument néo-gothique. 

Le Palau de la Musica Catalana, situé dans l'étroite carrer de Sant Pere més Alt (Barri Gotic), est le premier symbole attaché tant au modernisme qu'à cette bourgeoisie catalane éclairée du début du XXe siècle : les mosaïques colorées et les sculptures de la façade, les baies vitrées et l'imposante coupole inversée en verre polychrome constituent un véritable hymne au nationalisme et à la musique populaire catalane. 

Mais c'est dans l'Eixample que débute la fameuse "Ruta del Modenismo", tout autant route du top model et des boutiques les plus luxueuses : partant de la Plaça de Catalunya, nous parcourons successivement la Rambla de Catalunya, le bâtiment en briques rouges de la Fondacio Antoni Tapiès qui porte la sculpture emblématique de l'artiste, "Nuvoli i Cadira", le Passeig de Gràcia qui regroupe les plus beaux bâtiments de l'architecture moderniste, les demeures de la "Manzana de la Discordia" (trois riches propriétaires, trois palais, trois architectes) : Casa Lleo i Morera (Domenech i Montaner, 1905), la Casa Amatler (Puig i Cadfalch, 1900), la Casa Batllo (Gaudi, 1904-1906).

Le Passeig de Gràcia est aussi l'incontournable devanture de la mode barcelonaise, derrière les imposantes façades, bien des escaliers dissimulés, des portes qui ne peuvent être franchies qu'en sonnant, un luxe confiné, secret, connu des seuls initiés, jusqu'au Majestic, l'hotel des Arts et des personnalités du spectacle ou de la politique: sa terrasse panoramique du 10e étage, sa piscine extérieure, son mobilier design signé Philippe Starck et sa fresque murale de Philip Stanton constituent le summum du prestige barcelonais. 

 

La Casa Milà (La Pedrera) est l'une des plus belles et des plus connues des oeuvres de Gaudi, l'architecture générale rappelle le mouvement de la mer, et sur la terrasse, une forêt magique de formes capricieuses domine Barcelona (Metro: Diagonal, líneas 3 y 5). 

 

Dans "Vicky Cristina Barcelona" (Woody Allen, 2008) se succèdent la Sagrada Família, le Parc Güell, la Casa Milà (La Pedrera), Tibadabo, le Miro Museu, las Ramblas, le Barri Gòtic, Els 4 Gats, Santa María del Mar et la Méditerranée, près du Port Olympique ... 

 

Empruntant l'Avinguda Diagonal, qui traverse la ville d'est en ouest, et permet d'atteindre la Cité universitaire, le Camp Nou, les Torres Trade, nous passons successivement devant la Casa Quadras (Puig i Cadafalch, 1904), la Casa Terrades ou Casa de Les Punxes en raison de sa toiture en forme d'aiguilles (Puig i Cadafalch, 1905), pour atteindre l'oeuvre incomparable de Gaudi :  une quarante d'années consacrées à un projet controversé, inachevé, sans doute inachevable, un temple néo-gothique expiatoire unique au monde dont le chantier débuta en 1882, la Sagrada Familia (metro Sagrada Familia (Ligne Bleue, L5)...

 

Les façades évoquent la naissance, la mort et la résurrection du Christ, les huit tours, les douze apôtres, les quatre évangélistes, la Vierge Marie et le Christ, l'immense flèche de 112m de haut, tout le savoir architectural de Gaudi est mis en oeuvre pour construire une symbolique des mystères de la foi sculptée dans des blocs de pierre dont l'irrégularité native accroît le sentiment d'inachevé. La façade de la Nativité, dite "du Levant", fut la seule construite du vivant de Gaudi. Les sculptures de la façade de la Passion furent réalisées, dans la controverse, par Josep María Subirachs: il est notamment l'auteur de l'énigmatique carré magique de la Sagrada Familia. Les travaux de la façade de la Gloire restent inachevés. "La arquitectura es la ordenación de la luz; la escultura es el juego de la luz", l'architecture est la mise en ordre de la lumière, a écrit Gaudi, et pénétrer à l'intérieur de la basilique, c'est entrer dans un univers organique entièrement voué à la recréation de la lumière naturelle, d'une lumière enveloppante, colorée, atteignant directement l'âme, et dont chaque élément de construction rythme la respiration : l'immense nef centrale, les colonnes arborescentes qui supportent les voûtes en forme d'hyperboles à 40m de hauteur, l'orientation nord-est/sud-ouest du transept de la basilique qui relie la façade de la Nativité à celle de la Passion, les grandes fenêtres et rosaces...

L'Avinguida de Gaudi, qui prend naissance au pied de la façade de la Nativité de la Sagrada Familia, conduit au bâtiment de briques rouges de l'Hospital de Sant Pau, construit entre 1902 et 1912 par Domènech i Montaner, secondés par les sculpteurs Pablo Gargallo et Eusebio Arnau : l'esthétique architecturale a pour finalité d'accompagner la convalescence des malades. 

A peu de distance, le Parc Güell, qui abrite par ailleurs la Cas-Museu Gaudi, s'ouvre sur deux bâtiments en forme de champignons, une allée soutenue par des colonnes torsadées semblant avoir poussé du sol comme des troncs d'arbres, un dragon de mosaïques colorées, un escalier qui mène à la salle des Cent Colonnes et qui supporte une grande place circulaire dominant Barcelone, entourée par un interminable banc ondulant. C'est toute l'extravagance de Gaudi qui se donne dans ce qui n'est que l'ébauche d'une ville-jardin idéale.

 

On ne peut évoquer le modernisme catalan sans omettre les peintres Santiago Rusiñol (1861-1931) et Ramon Casas (1866-1932), nés tous deux dans des familles de la haute bourgeoisie catalane, qui ont parcouru ensemble la Catalogne, et ensemble effectué de longs séjours à Paris (1890). Ils appartiennent à ce fameux groupe de "Els Quatre Gats", dénomination attachée à ce café-brasserie de la Carrer de Montsió, au rez-de-chaussée d’un bâtiment moderniste de Barcelone construit par l’architecte Puig i Cadafalch, et conçu par Pere Romeu à l'instar des cabarets et cafés-théâtres parisiens : de 1890 à 1903, c'est non seulement un lieu emblématique pour les milieux bohèmes barcelonais, mais une étape sans doute décisive dans la maturation artistique d'un Picasso.

Enfin, le Museu del Modernisme Català (Carrer Balmes, 48), d'ouverture très récente, expose 350 œuvres de toutes disciplines (peinture, sculpture, mobilier, arts décoratifs) une quarantaine d'artistes parmi les plus représentatif de ce mouvement artistique (Joan Busquets, Ramón Casas, Antoni Gaudi, Gaspar Homar, Josep Llimona, Joaquim Mir et Puig i Cadafalch).

 

La Ribera y El Born,
Le quartier de la Ribera (El Born), quartier historiquement de grands et puissants commerçants, d'artisans et de marins, s'étend du Mercat de Santa Caterina, marché le plus ancien de Barcelona (1848) , couvert depuis 2004 d'un superbe toit ondulant de mosaïques colorées aux motifs de fruits et de légumes, au Passeig del Born, où se dresse un second marché, la structure métallique du Mercat del Born, non loin du Parc de la Ciutadella et de la Estació de França. Les marchés couverts font partie intégrante de la vie catalane et ressemblent ici à des basiliques : l'art de la cuisine est ici un art de vivre, un art festif dont les différents ingrédients font l'objet d'une mise en scène codifiée, élaborée, colorée, odorante, avec un souci du détail, de la saveur et de l'harmonie peu commun.

 

La carrer de Montcada sert de fil conducteur à ce parcours, palais et musées se succèdent, le Palau Berenguer d'Aguilara, la Casa Cervello-Giudice qui abrite la galerie d'art contemporain Maeght, le Palau Dalmases, le Museu Picasso, la Plaça des les Olles, pour atteindre l'iglesia de Santa Maria del Mar (Metro: L4 Jaume I). C'est ici que sévissent nombre de bars à tapas, le fameux Cal Pep (plaça de les Olles) et ses tapas à base de fruits de mer, l'un des plus anciens de Barcelone, couvert de faïences chamarrées, le Xampanyet (Montcada), ou le basque Euskal Etxea (placeta Montcada).

Le Palau Meca, qui héberge le Museu Picasso, vaut pour illustrer les premiers pas que fit l'artiste dans le monde de l'art, après avoir quitté à 14 ans Malaga pour Barcelona. Les oeuvres exposées couvrent la période 1890-1917 : Autoportrait de1896, Première communion, 1896, Science et Charité (Ciencia y Caridad,1897), L’étreinte (El abrazo,1900), Danseuse naine (La nana), 1901,  La espera (Margot, 1901), Desamparados, 1903, Toits de Barcelone, 1903, Retrato de la señora Canals (1905), Arlequin (1917) et les 58 huiles qui composent sa série de Las Meninas, inspirée de Velazquez.. Une première période, liée à  la brasserie Els Quatre Gats, correspond à l'euphorie de la découverte du modernisme catalan (Rusiñol et Casas rapportent une bouffée d’air frais de Paris) et du post-impressionnisme, il réalise sa première exposition le 1er février 1900, et découvre à la même époque les vives couleurs d'un Anglada Camarasa qui expose à la Sala Parés. Suit une période plus sombre :  "Desamparados" (1903) reflète sa période bleue faisant suite à Paris au suicide de son ami Casagemas (1901). C'est le 12 avril 1904 que Picasso quittera définitivement Barcelona pour Paris.


 

L'église gothique de Santa Maria del Mar, construite au 14e, est le centre spirituel du quartier, célèbre, à l'extérieur, pour sa rosace et ses deux tours-clochers, à l'intérieur, pour cette amplitude de l'espace et d'épuration des formes qui caractérise l'architecture gothique catalane. Alors que la Cathédrale de la Santa Creu respire la monarchie, l'autorité, la richesse, le haut clergé, l'église Santa Maria del Mar est le symbole de l'humilité et de la foi des pêcheurs qui la construisirent.


"La Barceloneta no se vende"? - Barceloneta, un barrio junto al mar en la ciudad de Barcelona, est devenu l'un des grands points d'attractivité deu flux touristiques, son front de mer rivalise presque avec Malibu ne serait-ce que dans les comportements et l'imaginaire de ceux qui arpentent cette longue promenade, allemands, américains, russes ou français, et si le quartier ne dispose que d'un hôtel de 27 chambres, ce sont plus de 600 "pisos turísticos" qui progressivement s'emparent de ce lieu…


Los 5 mejores miradores de Barcelona - (1) La "Basílica Santa Maria del Pi" (metro Línea Verde (L3), parada del Liceu), cernée par les places de Pi et Sant Josep Oriol dans le quartier gothique, 54 mètres à gravir par un étroit escalier en colimaçon. (2) El "Park Güell" (metro Línea Verde (L3), paradas Lesseps o Vallcarca), de son immense terrasse de la Plaza de la Naturaleza. (3) Los "bunkers del Carmel" (autobús V17 y 119), dans la partie supérieure du Turó de la Rovira, à 250 mètres de hauteur. (4) Las "terrazas del MNAC" (metro L1, L3 Parada Pl. Espanya), offrant un premier point de vue sur l'Avenida Reina Cristina, la Fontaine de Montjuic, la Plaza España, la lointaine Tour de Collserola et Tibidabo, et un second sur la Sagrada Familia et la Tour Agbar. (5) El castillo de Montjuïc, à gagner via le téléphérique de l'Avinguda Miramar. Le Tibidabo  n'offre quant à lui que des vues par trop lointaines....