Fauvisme - André Derain (1880-1954) - Hans Purrmann (1880-1966) - Jan Sluijters (1881-1957)  - Filipp Maliavine (1869-1940) - ..

Last update : 11/11/2016

André Derain (1880-1954)

"Le but que nous nous proposons, c'est le bonheur, un bonheur que nous devons créer par conséquent…" - Ses parents, commerçants, le destinaient à une carrière d'ingénieur, mais sa vocation se décida très tôt. À dix-neuf ans, il fréquente l'Académie Carrière et se consacre à la peinture, encouragé par son ami Vlaminck, rencontré en 1900. Ils louent ensemble la même année, dans l'île de Chatou, un atelier qui deviendra l'un des foyers du Fauvisme. Bientôt, ces deux hommes dissemblables prennent des directions différentes : Vlaminck se proclame " tout instinct ", tandis que la nature exigeante et inquiète de Derain l'entraîne vers la réflexion et la culture, en particulier vers l'art des musées.

Derain passe à Collioure l'été de 1905 en compagnie de Matisse. Ses paysages seront exposés dans la fameuse " cage aux fauves " du Salon d'automne suivant. Ambroise Vollard, que Matisse lui avait présenté, achète à Derain toute sa production et lui suggère d'aller à Londres, où il peindra en 1905 et en 1906 les toiles célèbres de Hyde Park et la flamboyante série des quais de la Tamise. Collioure, Londres, deux sources d'inspiration au cours desquelles André Derain donne le meilleur de lui-même : "nous devons tendre vers le calme par opposition aux générations qui nous précèdent, écrit-il à Vlaminck. Ce calme, c'est la certitude. La beauté doit donc être une aspiration au calme."

À partir de 1907, Derain quitte Chatou et s'éloigne de Vlaminck, pour s'installer à Montmartre, près du Bateau-Lavoir et de ses nouveaux amis, Braque, Max Jacob, Apollinaire, Van Dongen, Picasso. Sans sacrifier tout à fait la couleur, dont il avait tiré à Chatou, à Collioure et à Londres les effets les plus intenses, il s'en détache, comme le fait Braque à la même époque. La culture des musées sera de plus en plus sensible dans les solutions picturales et dans la technique de Derain : ses nus rappellent tantôt Courbet, tantôt Renoir ; ses paysages, tantôt Corot tantôt l'école de Barbizon..

Derain abandonne donc le fauvisme via une rupture sans appel à partir de 1910, son style devient plus éclectique inspiré des primitifs et de l'art classique du XVIIe, puis 1914 le voit réunir des groupes de personnages austères et figés..

"Derain a vécu deux vies contradictoires, écrit Edmonde-Charles Roux à l'occasion d'une exposition à Paris (L'Orangerie, 1991). L'une commence avec le siècle. C'est la vie d'un conquérant qu'aucune conquête n'apaise, ce sont les débuts d'un jeune homme forcené arpentant le Louvre en tous sens à la recherche des secrets de fabrication des maîtres de la peinture, puis allumant de ses mains le brasier fauve et, de ses mains, l'éteignant, ce sont trente-cinq années qui ont fait d'André Derain le plus audacieux des peintres et l'une des dominantes de l'art contemporain. L'autre vie, la dernière, va de la mort de son marchand Paul Guillaume, survenue de 1er octobre 1934, jusqu'au jour de la mort du peintre..."

1934-1935_Gravelines - Entrée du Port

Où rencontrer André Derain?

- Barges on the Thames (1906) Leeds Art Gallery

- Big Ben (1905) Musée d'Art Moderne de Troyes

- Blackfriars Bridge, London (1906) Kelvingrove Art Gallery and Museum, Glasgow

- Charing Cross bridge (1906) Musée d'Orsay, Paris

- Charing Cross Bridge (1906) National Gallery of Art, Washington DC

- Charing Cross Bridge, London (1905-1906), Museum of Modern Art, New York

- Collioure, the Village and the Ocean (1905) Scottish National Gallery of Modern Art 

- Effects of Sunlight on the Thames (1906) Musée de l'Annonciade, Nice

- Drying the Sails (1905) The Pushkin State Museum of Fine Arts

- Fishing Boats, Collioure (1905) Museum of Modern Art, New York

- Henri Matisse (1905) Philadelphia Museum of Art

- Henri Matisse (1905) Tate Modern, London

- Houses of Parliament at Night, London (1906) Metropolitan Museum of Art, New York


Hans Purrmann (1880-1966)

Natif de Spire, Hans Marsilius Purrmann fait des études à l'école des Beaux-Arts de Karlsruhe (1897-1899), puis à l'Académie des Arts de Munich(1900 à 1905) avant de séjourner à Paris de 1906 à 1914 où il est et l'élève et un ami d'Henri Matisse. Il a créera des natures mortes, des nus, des portraits et des paysages, surtout dans le midi et le Sud ensoleillé, influencé par l'expressionnisme pictural allemand et le fauvisme de Matisse. A Paris, son atelier se trouve  juste en dessous de celui de sa future épouse, Mathilde Vollmoeller (1876-1943) et la grande exposition commémorative de Cézanne lors du Salon d’Automne sera pour Purrmann, comme pour de nombreux artistes, une expérience marquante. En juin 1907, Purrmann se rend à L’Estaque, en compagnie d'Othon Friesz, au mois de juin 1908, il effectue son premier voyage avec Matisse à Heidelberg, en passant par Spire, Munich et Nuremberg...


Jan Sluijters (1881-1957)

Natif de Bois-le-Duc, coloriste affirmé sensible à tous les styles de son temps, Jan Sluyters est considéré  le chef de file de l'avant-garde aux Pays-Bas durant la période de l'entre-deux-guerres (1920-1940) et a parcouru, depuis sa formation à l'Académie des beaux-arts d'Amsterdam (1896), la gamme de tous les courants artistiques qui ont rénové le paysage artistique du XXe, symboliste, il découvre Paris (1904, 1906, 1911), l'Italie, l'Espagne, fauve, se rapproche de  Van Dongen (Deux danseuses, 1906), pointilliste  (1907) puis luministe (1908-1911, Paysage au clair de lune II, La Haye, Gemeentemuseum; Fleurs dans un vase, 1912, Kröller-Müller Museum, Otterlo), cubiste audacieux (Adam en Eva, 1913 , Portrait cubiste d'une femme, 1914, Famille de paysans à Staphorst, 1917, Haarlem, musée Frans Hals)...

Works: "Twee vrouwen die elkaar omhelzen", 1905 - "Spaanse danseres", 1906 - "Composition (earthly and heavenly love)", 1912, Kröller-Müller Museum - "Portrait of a Lady in Red", 1912 - "Artiste", 1914 - "Portrait of Tonia Stieltjes", 1922, Drents Museum, Assen - "Houses at the Oudezijds Achterburgwal in Amsterdam", 1927 - "Young Woman with Cigarette", 1929 - ...


Filipp Maliavine (1869-1940)

La couleur du rire et de la joie de vivre - Maliavine entre officiellement en peinture en 1900 avec son fameux tableau, "Éclat de rire" présenté à l'Exposition universelle à Paris. Jusque-là, il s'était perfectionné dans l'art des icônes dans le monastère orthodoxe Saint-Pantaleimon du Mont Athos (1885) puis s'était formé à l'Académie russe des beaux-arts à Saint-Pétersbourg. de 1892 à 1894 où régnait le maître Ilia Répine, côtoyant des peintres tels qu'Igor Grabar, Constantin Somov, Anna Ostroumova-Lebedeva. C'est le créateur d'une série impressionnante, la "floraison de femmes russes", une extraordinaire floraison de rouge illuminant la campagne russe, la femme y est peinte vive et espiègle à souhait, la couleur emportant tous les soucis du quotidien...

 

Ses tableaux sont exposés à la Tretyakov Gallery, Moscow (The Whirl, 1906; The Green Shawl, 1914), au State Russian Museum de Saint Petersburg (Dancing Woman, 1913), au Volgograd Fine Arts Museum (Peasant Girl) ou dans des collections privées...